22 octobre 2006

Fiancés sans amour ; Barbara Cartland

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Edition J'ai Lu ; 281 pages.
5 euros.

"Plutôt la mort!" murmure Aline Camberley face aux flots noirs de la Tamise, mais dans la nuit un bras vigoureux la retient, une voix chaude l'interroge. Pour une fois, lord Dorrington, ce frivole dandy, est ému. Oui, à dix-sept ans, l'exquise et pure Aline se voit contrainte par sa mère d'épouser le richissime prince Ahmadi, qui ne lui inspire que dégoût et crainte. Une crainte légitime car Ulric Dorrington connaît les mœurs dépravées de ce seigneur persan. Alors Ulric décide d'enlever l'adolescente, de la cacher dans un manoir lointain. Aventure folle, illégale... et périlleuse ! Le prince Ahmadi n'est pas homme à accepter sans réagir pareille humiliation..."

Vous devez vous demander quelle mouche m'a piquée, pour que j'aille ainsi chercher un livre au rayon "Littérature Passion"... En fait, c'est parce que j'ai lu un article où Barbara Cartland était présentée comme un héritière de Jane Austen. Le gros avantage de ce livre, c'est qu'il se lit très vite. Ainsi, je l'ai terminé, ce qui me permet d'avoir une vue d'ensemble. Barbara Cartland est l'auteure la plus lue au monde, mais cela s'explique certainement beaucoup plus par le nombre de livres qu'elle a écrit, et par le contenu de ceux-ci (une belle histoire d'amour qui se passe au temps des contes de fées et qui s'achève merveilleusement), que par ses talents d'écrivain. J'ai beaucoup ri au cours de ma lecture, mais ce n'était sans doute pas volontaire de la part de l'auteure. Il y a un passage que j'aime particulièrement, où le méchant se fait traiter de "vil pourceau" par le héros, avant de se faire fouetter. Ecrire "Vous aimez les battre : eh bien à votre tour maintenant ! ", il fallait oser. Certes, je sort la phrase de son contexte, et je me suis plue à imaginer une scène sadomasochiste un peu exagérément, il n'empêche que cette scène est d'un ridicule achevé. Barbara Cartland tente de donner un cadre historique à son livre. La description des costumes, l'introduction de personnages qui ont réellement existé y servent. Cependant, mélanger la passion de l'époque pour l'Italie avec des histoires de réincarnation, ainsi qu'avec la "légende" selon laquelle il n'y aurait qu'un seul homme invincible à l'épée par siècle (je vous laisse imaginer de quel personnage du livre il s'agit...), c'est un peu énorme. Ce qui m'a le plus gênée est le fait que Barbara Cartland reprenne les stéréotypes de l'époque de son livre pour expliquer la cruauté et les moeurs du prince (violent, à la limite de la polygamie, avec un caractère sauvage). A plusieurs reprises, les héros se basent sur ce qu'ils ont lu sur les Orientaux pour expliquer le caractère du prince. Si ce n'est pas forcément totalement faux, c'est du moins très simpliste et généralisateur au possible. Attention, je n'accuse pas l'auteure de racisme (je ne rentrerai pas dans ce genre de débat ici), seulement d'avoir choisi la voie de la facilité pour construire le personnage du méchant. Voilà donc ma première approche du roman "passion". Je pense que ça en vaut la peine, pour se rendre compte, d'en lire au moins un dans sa vie. 

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20 octobre 2006

Ces livres que l'on ne trouve nulle part...

Je ne sais pas si vous rencontrez le même problème que moi, mais c'est assez courant que les livres que je recherche soient non seulement indisponibles à la vente, mais en plus absents des bibliothèques... J'en ai encore fait deux fois l'amère expérience ces deux derniers jours.

Ainsi, après avoir été séduite par Charlotte Brontë, j'ai voulu continuer mon exploration de cette auteure en lisant Villette, la seule édition disponible en français est à plus de vingt-cinq euros, et comprend trois livres des soeurs Brontë, dont un que je possède déjà.

Aujourd'hui, en furetant sur le blog d'Allie, j'ai lu son commentaire de Miles et Isabel, puis j'ai lu le premier chapitre en ligne. Mais dès que j'ai voulu l'acheter, je me suis aperçue qu'il n'existait pas en France...

2752900031J'ajouterai la même chose pour tous les livres ou presque d'Elizabeth Goudge, ainsi que pour Route des Indes de E.M. Forster.

Certes, la joie n'en est que plus grande lorsque l'on met la main sur le livre tant désiré, comme cela s'est produit avec Sanditon de Jane Austen (l'édition achevée du Livre de Poche). Il n'empêche que cela me fait pester pendant des jours et des jours ce genre de choses.

C'est vrai que l'on pourrait me dire qu'à vue d'oeil, ma PAL est suffisamment haute pour être pleine de bons livres, mais quand je ne peux pas obtenir ce que je veux, je fais une fixation, et je ne peux pas m'empêcher d'être frustrée... Je me dis que je rate quelque chose, que c'était forcément LE bouquin à avoir lu...

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Northanger Abbey ; Jane Austen

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Edition 10/18 ; 286 pages.
6,90 euros.

"Jane Austen jugeait désuet l'engouement de son héroïne Catherine Morland pour les terrifiants châteaux moyenâgeux de Mrs Radcliff et les abbayes en ruine du préromantisme anglais. Parodie du roman gothique, satire pleine de saveur de la société anglaise qui prenait ses eaux à Bath, Northanger Abbey est aussi le roman très austénien du mariage et très moderne du "double jeu ". "

Vous allez dire que je commence à vous agacer avec ma Jane Austen... Mais je vous assure que vous auriez tort de ne pas essayer de lire ses livres. Ses livres sont plein d'humour, ses personnages sont extrêmement attachants, son style est unique et très agréable, c'est émouvant, mais sans aucune mièvrerie. En fait, quand on lit un roman de cette auteure, on ne peut qu'être réconcilié avec la littérature classique, et cela nous ouvre de belles perspectives.

Dans Northanger Abbey, l'héroïne, Catherine Morland, se rend à Bath avec des amis de ses parents pour la chaperonner. Il s'agit d'une jeune fille qui n'a rien d'extraordinaire, mais qui se passionne pour les romans gothiques, très prisés par la gent féminine de la fin du XVIIIe siècle. Lors d'un bal, elle rencontre le charmant Mr Tilney, dont elle tombe amoureuse, comme n'importe quelle jeune fille naïve. Il possède de nombreux attraits, dont celui de vivre dans une demeure au nom délicieusement gothique, Northanger Abbey.
A Bath, elle retrouve également son frère, accompagné de l'un de ses amis, le fier et frivole Mr Thorpe. Ce dernier a une soeur, qui est toujours pleine d'enthousiasme, et qui jure aussi souvent que possible qu'elle est une femme parfaitement indépendante, ainsi qu'une grande connaisseuse de la gent masculine qu'elle se plaît à dédaigner. Cependant, elle ne semble pas indifférente au charme du frère de Catherine, inclination qui est partagée du reste.

Ce livre est écrit de façon assez différente des autres romans de Jane Austen. Celle-ci se moque souvent de la naïveté de son héroïne, même si elle éprouve pour elle un grand attachement. Catherine est en fait une jumelle d'Emily, l'héroïne de Les mystères d'Udolphe d'Ann Radcliffe. Elle rêve de vivre des aventures terrifiantes, et son séjour dans la demeure des Tilney permet à son imagination de déborder.
Le lecteur est souvent interpellé par Jane Austen, qui le fait donc participer à cette histoire. C'est extrêmement plaisant, et pourtant, il fallait une certaine habileté pour y parvenir.
C'est aussi dans ce livre que j'ai trouvé les personnages les plus détestables d'Austen (avec Lady Susan bien entendu). La "bonne" société de Bath contient des personnages faux, et qui dévorent les individus naïfs tels Catherine et son frère.

Ce roman est mon préféré de l'auteur, avec Persuasion. Il est vif, délicieusement ironique, comme tous les textes de Jane Austen, et les clins d'oeil qu'il fait au livre d'Ann Radcliffe, que j'ai adoré, le mettent un peu à part dans l'oeuvre de l'auteur (même s'il est vrai que Raison et Sentiment parle aussi de littérature, en se moquant du romantisme).

19 octobre 2006

Alcools ; Apollinaire

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Les trois arbres, automne ; Claude Monet


Automne Malade

Automne malade et adoré
Tu mourras quand l'ouragan soufflera dans les roseraies
Quand il aura neigé dans les vergers

Pauvre automne
Meurs en blancheur et en richesse
De neige et de fruits mûrs
Au fond du ciel
Des éperviers planent
Sur les nixes nicettes aux cheveux verts et naines
Qui n'ont jamais aimé

Aux lisières lointaines
Les cerfs ont bramé

Et que j'aime saison que j'aime tes rumeurs
Les fruits tombant sans qu'on les cueille
Le vent et la forêt qui pleurent
Toutes leurs larmes en automne feuille à feuille
Les feuilles
Qu'on foule
Un train qui roule
La vie
S'écoule

Guillaume Apollinaire

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17 octobre 2006

Mansfield Park ; Réalisé par Patricia Rozema

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Billet réécrit en juin 2008

Réalisatrice : Patricia Rozema.

Durée : 107 minutes.

Date de Sortie : 1999.

Musique : Lesley Barber.

Acteurs : Frances O'Connor (Fanny Price), Jonny Lee Miller (Edmund Bertram), Victoria Hamilton (Maria Bertram), Alessandro Nivola (Henry Crawford), Embeth Davidtz (Mary Crawford).

Mansfield Park est un roman de Jane Austen que je n'aime pas particulièrement. Il faudrait que je le relise, parce que je l'ai lu en pleine fièvre austenienne, ce qui m'a certainement conduite à être indulgente avec ce roman.

Cette adaptation de Patricia Rozema est extrêmement personnelle, et je ne m'en plains pas. Tandis que Jane Austen s'amuse à dépeindre le milieu restreint de la bonne société anglaise du XIXème siècle dans laquelle elle vit, sans se soucier aucunement du monde qui l'entoure, la réalisatrice a pris un parti beaucoup plus engagé. Une vive critique de l'esclavage apparaît dans ce film, ce qui n'est pas (ou presque pas) le cas dans le roman.3_00191_1_
De façon plus flagrante, le caractère de l'héroïne, Fanny Price, est fortement modifié. La jeune fille, effacée et franchement ennuyeuse dans le livre, se transforme en une jeune femme très sûre de ses opinions. En fait, Patricia Rozema a donné à son héroïne le caractère sarcastique de Jane Austen, ainsi que certains événements de la vie de cette dernière. Cela donne lieu à des scènes qui éveillent fortement l'intérêt du spectateur et rendent l'histoire moins linéaire que dans le roman (je pense notamment à la venue de Henry Crawford chez les parents de Fanny, au côté plus sociable de Fanny). D'autres scènes rajoutées sont très drôles (le tout début par exemple).

De cette façon, Patricia Rozema parvient à effacer ce qui rend le roman parfois ennuyeux. Car Jane Austen, si elle critique dans ses romans la société dans laquelle elle vit, ne peut pas s'empêcher d'adhérer à bon nombre de ses manières. Dans Mansfield Park,  cela rend la gentille petite héroïne peu attachante et parfois même irritante.
Je reconnais quand même que j'ai été surprise quand Fanny trouve les croquis de son cousin, et surprend deux personnages au lit.

Les acteurs sont très bien choisis. Frances O'Connor dégage une grande douceur, sans avoir l'air de subir sa vie, contrairement à la Fanny Price du roman. Edmund est très bien interprété par Jonny Lee Miller, qui retranscrit bien la personnalité douce, raisonnable et droite du personnage du roman, sans son côté exaspérant. La soeur de Fanny, Suzy, est très attachante, et parvient à nous faire oublier l'absence du frère préféré.
4_00196_1_J'aime aussi beaucoup Henry Crawford, joué par Alessandro Nivola. Il a bien le physique d'un séducteur, mais sait aussi se montrer sincèrement amoureux. Quant à sa soeur, Mary Crawford, elle correspond à l'image d'une femme très élégante, mais aussi agaçante par moments, telle qu'elle est décrite dans le livre.
Je suis plus réservée sur le choix de Sir Thomas, auquel je trouve un air très sévère. Quant à Mr Rushworth, il est beaucoup trop caricaturé, et surjoue.
En revanche, le côté comique de Mrs Norris et de sa soeur est très bien géré, alors que c'est souvent ce qui pêche dans les adaptations des romans de Jane Austen.

Les paysages que nous offre le film sont vraiment magnifiques, j'aime beaucoup la façon dont c'est filmé (le voyage pour aller à Mansfiel Park, le bal en l'honneur de Fanny...). Et certaines scènes sont un bonheur pour les fleurs bleues dans mon genre (l'envol des colombes, les baisers sur le front de mer...).

Donc vous êtes prévenus, il s'agit d'une interprétation extrêmement personnelle du roman de Jane Austen, mais qu'il est difficile de ne pas apprécier pour son originalité et son audace.

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16 octobre 2006

Mansfield Park ; Jane Austen

2264024704Mansfield Park est le roman préféré de beaucoup de janéites, à en croire ce que j'ai pu lire. Pour ma part, c'est celui qui m'a le moins plu.

Il raconte l'histoire de Fanny Price, recueillie et élevée dans une belle demeure anglaise, par son oncle et ses tantes. Mais ce n'est pas par amour filial que l'on reçoit cette petite fille sale et inculte, dont la mère a osé déshonorer la famille en faisant un mariage d'amour avec un homme de basse condition. Mrs Norris voit là un moyen de faire un acte de charité, d'une drôle façon d'ailleurs, puisqu'elle confie l'enfant à la charge de son beau-frère, Sir Thomas Bertram.

La petite fille grandit donc à Mansfield Park, entourée de ses quatre cousins, dont seul Edmund lui porte de la sympathie et de l'intérêt. Cette attitude lui vaudra d'abord de la reconnaissance et de l'affection, sentiments innocents et enfantins, puis de l'amour. Pourtant, lui continue à voir Fanny comme sa cousine, qu'il aime certes profondément, mais pas d'amour. Ainsi, lorsqu'un riche et élégant jeune homme viendra faire la cour à Fanny, il en sera ravi pour elle, et ne tardera pas lui même à tomber amoureux d'une belle jeune fille. Mais Jane Austen est un maître en l'art d'étudier les comportements humains, aussi pouvons nous nous douter que ce ne sera pas si simple.

Dans ce livre, Jane Austen nous présente une héroïne qui possède très peu de caractère, et dont le seul repère est son amour pour Edmund. Mais, un amour n'est pas toujours inébranlable, surtout lorsque le devoir et l'honneur se rappellent à la personne qui l'éprouve. Plus que les autres héroïnes pauvres de Jane Austen, Fanny est confronté à un choix difficile lorsqu'un homme qu'elle n'aime pas lui demande de l'épouser.
Mansfield Park est un vrai roman austenien, avec le sujet traditionnel du mariage d'une jeune fille de condition modeste. Les personnages ridicules sont également présents pour nous distraire, à l'image de Mrs Norris, qui martyrise la Cendrillon de Jane Austen.
Ce roman met aussi en scène des personnages vils prêts à se marier par intérêt tout en simulant des sentiments d'amitié et d'amour qu'ils n'éprouvent pas. Mary Crawford pourrait ainsi presque donner des leçons à une Isabella Thorpe.
Ce livre a aussi une particularité, celle d'avoir une fin dont nous ne sommes pas totalement sûrs jusqu'à la fin. Car nous sommes amenés à douter du fait que Jane Austen achève son roman de manière habituelle.

Malgré tout, j'admets que le suspens ne m'a pas vraiment tenue en haleine. Ce livre est trop long à mon goût. Emma excepté, je n'avais jamais vu passer les pages des autres romans d'Austen. Cette fois-ci, ma concentration a été mise à rude épreuve. 

15 octobre 2006

North and South ; Réalisé par Sandy Welch

B0007N1BBCRéalisatrice : Sandy Welch.

Musique : Martin Phipps.

Acteurs : Richard Armitage (John Thornton), Daniela Denby-Ashe (Margaret Hale), Sinead Cusack (Mrs Thornton), Leslie Manville (Mrs Hale), Tim Pigott-Smith (Mr Hale), Pauline Quirke (Dixon), Brendan Coyle (Mr Higgins), Anna Maxwell Martin (Bessy Higgins).

"C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l'héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l'Eglise et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du
Nord. Margaret va devoir s'adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s'éveille à travers les liens qu'elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports
difficiles qui l'opposent à leur patron, John Thornton."

L'adaptation de ce roman est enchanteresse. Les acteurs sont iréprochables, Richard Armitage possède un visage expressif et une voix envoûtante qui en font un John Thorton indiscutable. Quant à Daniela Denby-Ashe, elle correspond parfaitement à la jeune fille fière et bien élevée, totalement étrangère au monde du Nord de l'Angleterre, décrite dans le roman. Mrs Thorton est une mère aimante pour son fils, et une femme froide pour le reste du monde, tout comme elle l'est dans le roman. J'aime aussi beaucoup Nicholas Higgins et Dixon.

Un effort particulier semble avoir été accordé aux décors, la ville industrielle où les saisons ne sont pas marquées, l'usine de Mr Thorton qui nous dévoile le dur travail des ouvriers. Et le cimetière, qui symbolise à la fois tous les malheurs qui arrivent et la sensation pour ceux du Sud d'être dans une ville maudite, où ne vivent que des damnés. Ceci contraste parfaitement avec Helstone, village extrêmement lumineux et fleuri qui nous donne la sensation d'être dans un rêve. La présence très importante du chemin de fer, invention de la Révolution industrielle, marque aussi les liens entre le nord et le sud de l'Angleterre.

Les dialogues sont très bien adaptés. A la courtoisie parfois hypocrite du sud s'oppose la franchise parfois violente du nord.

Quant à la musique, elle est absolument magnifique, et correspond très bien à l'histoire, alliant des passages d'une grande douceur avec d'autres plus rapides, plus assurés, et plus violents.

Le seul repproche que je pourrais faire à cette adaptation est la scène finale. Bien que magnifiquement interprétée et d'une grande poésie, elle ne peut pas nous empêcher de regretter celle du roman, pleine d'humour et de tendresse... Mais sinon, rien à redire. La BBC a une nouvelle fois prouvé qu'elle produisait les plus belles adaptations !

N.B : Le coffret de North and South n'existe qu'en VOST. Mais lorsque l'on a lu le livre et que l'on a un minimum de notions en anglais (comme moi ;-)), cela n'est pas dérangeant. Et puis, je vous assure que la voix de Richard Armitage est inimitable...

"I wish I could tell you Edith, how lonely I am, how harsh and cold it is here." "I think god has forsaken this place, I believe I have seen Hell, and it's white, it's snow white."

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14 octobre 2006

Les Hauts de Hurle-Vent ; Emily Brontë

2253004758(mise à jour : juin 2007)

Mr Lockwood, gentleman qui se croit misanthrope, décide de louer une maison dans un lieu isolé. Il fait alors la connaissance de son propriétaire, Mr Heathcliff, dont les manières avec ses semblables le surprennent et l’amènent à se demander à qui il a affaire.
C’est Nelly Dean, une servante, qui lui raconte comment, plus de trente ans auparavant, Mr Earnshaw, le maître des Hauts de Hurle-Vent, a recueilli un petit garçon, qui a introduit la désolation dans la lande, Heathcliff. Ce dernier est tombé fou amoureux de la fille de son bienfaiteur, Catherine, qui l’a rejeté. Après s’être enfui trois ans durant, Heathcliff est revenu à Hurle-Vent, avec la ferme intention de se venger des responsables de son malheur, à l’exception de Catherine, qu’il aimera même après la mort. 

Les Hauts de Hurle-Vent est mon roman préféré depuis que j’ai quatorze ans, et à chaque fois que je le lis, il me bouleverse autant que les précédentes.

La lande isolée sur laquelle souffle le vent fait parfaitement écho au désespoir, à la souffrance et à la passion des personnages de ce roman. Un brin de fantastique, avec de brèves apparitions fantômatiques, renforce l'atmosphère inquiétante qui règne sur ces décors.

La plume dynamique et poétique d’Emily Brontë nous attache à cette histoire aussi effrayante qu’attirante. C'est le livre de tous les excès, de la passion amoureuse, de la haine destructrice, de la lutte entre le bien et le mal.

 

Aucun personnage n'est entièrement sympathique dans ce presque huis-clos qui nous oppresse et nous enferme dès les premières pages. Toutefois, je n’ai pu m’empêcher de ressentir de l’affection, ou au moins de les comprendre un peu. Celui qui parvient le plus à me toucher est Heathcliff. Malgré sa frustration, sa rudesse, et les tentatives de Mr Lockwood et surtout de Nelly de nous le faire détester, je suis profondément émue par ce personnage.

Son désespoir est déchirant dès le début du roman, quand plus de vingt ans après la mort de Cathy, il continue à l’appeler, à rechercher son fantôme :

 

Page 48 : « Entre, entre, disait-il en sanglotant, Cathy, viens ! Oh ! viens… une fois encore ! Oh ! amour de mon cœur, écoute-moi enfin cette fois, Catherine ! »

 

Heathciff est le Mal, l'enfant, donc l'émotion pure, celui qui ne peut concevoir que des aspects matériels puissent faire obstacle à son obsession pour Catherine.

 

Page 105 : « Je l’aime non parce qu’il est beau, Nelly, mais parce qu’il est plus moi-même que je ne le suis. »

Page 202 : «  Catherine Earnshaw, puissiez-vous ne pas connaître le repos aussi longtemps que je vivrai ! Vous avez dit que je vous avais tuée… Revenez pour me hanter alors ! Les victimes hantent leur meurtrier et je sais que des fantômes ont erré sur la terre. Restez toujours auprès de moi… prenez la forme que vous voudrez… rendez-moi fou ! Seulement ne me laissez pas seul dans cet abîme où je ne peux vous trouver ! Oh ! Dieu, c’est indicible ! Je ne peux vivre sans ma vie ! Je ne peux vivre sans mon âme ! »


Certes, son attitude avec tout autre que Catherine est impardonnable. Il utilise les gens comme des pions à placer là où il le souhaite pour mieux les détruire et punir à travers eux ceux qu'il estime être la cause de son malheur. Hareton est condamné à être un rustre, Catherine et Linton se font dépouiller de leurs biens et priver de leur liberté.
Pourtant, à l'image d'une tragédie grecque, on a le sentiment qu'il ne pourrait en être autrement et que la paix ne peut revenir à Hurle-Vent qu'après la disparition de tous les protagonistes.

 

Page 372 : « - Triste fin, n’est-ce pas ? dit-il après avoir médité un moment sur la scène qu’il venait de surprendre. Absurde aboutissement de mes efforts acharnés ! Je prends des pioches et des leviers pour démolir deux maisons, et je m’entraîne à un travail d’Hercule et, quand tout est prêt, que j’approche du but, je m’aperçois que je n’ai plus l’envie d’ôter une simple tuile des toits. »


Un chef d'oeuvre dont on ressort éprouvé, mais le plus beau roman que j'ai lu.

13 octobre 2006

Jane Eyre ; Charlotte Brontë

9782253004356_G_1_Orpheline, Jane Eyre est élevée jusqu'à l'âge de dix ans par une tante qui la hait, et qui finit par l'envoyer à Lowood, une école où elle passe huit ans. Sa seule amie, Helen, y meurt du typhus lors d'une épidémie. Bien que timide, Jane parvient à devenir institutrice à Lowood, avant d'être recrutée comme gouvernante à Thornfield, la demeure d'un certain Mr Rochester.
Elle ne tarde pas à être témoin d'événements inquiétants que tout le monde tait, et à se prendre d'affection pour son maître torturé et lunatique.

Je me demande comment j'ai pu ne pas lire ce livre avant cette semaine... Il s'agit de l'un des plus beaux romans que j'ai lus. Aucune mièvrerie dans ce livre, tout est vrai, simple, pur. Les héros ne sont pas des personnes parfaites, ils ne sont pas beaux, ni à l'abri de tous les vices. L'un a un passé trouble et possède un caractère très sombre de prime abord. L'autre semble frêle et timide, mais est en fait très sûre de ses opinions, et d'une grande franchise. 
L'ambiance est incroyable. Il y a du brouillard, une demeure immense et pleine de secrets, de la violence et une sensualité certaine. Certaines scènes ont été jugées scandaleuses lorsque le livre est sorti (celles où Jane Eyre et Mr Rochester expriment physiquement la tendresse qu'ils éprouvent l'un pour l'autre). C'est certain qu'il fallait que l'auteur ait une grande indépendance d'esprit pour décrire ces gestes d'affection, mais c'est surtout très heureux, car ce sont les moments les plus forts et les plus touchants du roman. Tout comme avec le livre d'Emily Brontë, on se demande comment une fille de pasteur a pu écrire un roman si flamboyant.
Je pensais lire un livre extrêmement sombre et déprimant, mais Jane Eyre a été un enchantement du début à la fin.

Un énorme coup de coeur !

NB : Si vous possédez l'édition du Livre de poche, ne lisez pas la quatrième de couverture, elle révèle la principale énigme du roman, ce qui est extrêmement dommage.

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11 octobre 2006

L'affaire Raphaël ; Ian Pears

2264032774"Le policier italien Taddeo Bottando et son adjointe Flavia sont confrontés à une incroyable révélation. Un étudiant britannique, Jonathan Argyll, affirme que, sous la toile obscure d'une petite église romaine, se cache en réalité un chef-d'oeuvre de Raphaël. Les policiers arrivent, hélas, trop tarda ; le curé de la paroisse a déjà cédé ce tableau à un collectionneur. Le gouvernement italien devra le racheter à un prix exorbitant lors d'une vente aux enchères. Pourtant, malgré les expertises, un doute demeure sur l'authenticité de cette œuvre et les soupçons d'escroquerie risquent fort d'être confirmés au-delà de toute espérance."

Un livre très agréable à lire, une intrigue assez intéressante. Je pense que les fans de romans policiers auront un peu de mal à trouver l'intérêt de ce livre. Je me fie à ma modeste expérience des livres de ce genre pour dire que ce n'est pas le livre du siècle. J'avoue que j'ai aimé ce livre davantage parce que je suis sensible aux informations sur l'histoire de l'art qui sont données,  que pour ses qualités de roman policier. Le suspens est loin d'être l'une des caractéristiques du livre (il y en a un peu, certes, mais on n'est pas tenu en haleine du début à la fin). Par ailleurs, les personnages m'ont beaucoup plu. J'ai trouvé la fin assez surprenante, amusante, bien qu'assez facile. Je pense lire d'autres livres de la série de Ian Pears, afin de me faire une idée plus précise de cet auteur.

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