41e1N5vi4dLLivre de Poche ; 184 pages

Il y a environ un an, j'avais adoré La petite robe de Paul du même auteur. Je m'étais promis de lire Un secret assez rapidement, mais comme d'habitude, j'avais tout un tas de livres à lire avant. Il y a quelques mois, j'ai appris par Choupynette qu'une adaptation de Un secret venait de sortir, mais en fait ça m'a plutôt refroidie. Finalement, on me l'a offert, et je l'ai lu tout de suite après.

L'histoire est celle d'un homme (Philippe Grimbert lui même semble t-il) qui nous raconte son enfance auprès de ses parents, Maxime et Tania, deux êtres amoureux du sport. Contrairement à eux, le narrateur n'a pas une forme éclatante, et a le sentiment d'être une déception pour sa famille. Pour compenser, il s'invente un frère, et sa raconte les années de bonheur de ses parents avant sa naissance. Un jour, à l'école, il se jette sur un garçon qui a fait une remarque qui l'a blessé. Il ignore pourquoi, mais il s'est senti insulté. C'est Louise, qui prend soin des muscles de Tania et Maxime, qui va finalement lui dévoiler ce qu'il a toujours pressenti.

Ce que j'aime le plus chez Philippe Grimbert, c'est son style, très technique et très efficace. Cela donne du rythme et de la clarté à ses romans. Grâce à lui, il rend ses histoires parfaitement crédibles, met le doigt exactement là où il le faut, et nous embarque complètement dans son livre. Je pensais qu'en ayant déjà lu Philippe Grimbert, je savais à quoi m'attendre, mais cela ne m'a pas empêché de tomber de haut et de ressortir bouleversée par ce livre. Il démontre que le poids des non-dits, de la culpabilité jamais soulagée peut prendre le visage d'un bonheur parfait grâce à la complicité de tous, de ceux qui essaient d'être heureux comme de ceux qui veulent simplement oublier que le présent a chassé un passé douloureux. C'est évident que tout cela est assez cliché, mais je n'ai absolument pas eu le sentiment d'avoir lu un roman téléphoné de A à Z. Les personnages sont complexes, leurs actions sont parfois cause, parfois conséquence, même si souvent il est difficile de savoir s'il y a vraiment des coupables. De toute façon, la seule chose qui compte, c'est comment les personnages ressentent ce qui s'est passé. Maxime se sent coupable, mais pas parce que Hannah s'est volontairement jetée dans la gueule du loup, parce qu'il croit à une punition du Destin. Il ignore la vérité, alors il se construit des preuves de sa culpabilité. La scène où le narrateur tente d'apaiser son père, après toutes ces années de silence, quand leur chien s'est fait écrasé, m'a énormément touchée.

En résumé, j'ai trouvé ce roman très maîtrisé et bouleversant. Finalement, je verrais bien le film...

" Un 'm' pour un 'n', un 't' pour un 'g', deux infimes modifications. Mais 'aime' avait recouvert 'haine', dépossédé du 'j’ai' j’obéissais désormais à l’impératif du 'tais'. "

Les avis de Biblioblog, Jules, Lily, Anne-Sophie, Anne, et Patch.
Flo a moins aimé.