lilly et ses livres

Un blog pour y décrire les livres que j'ai aimés, et que je désire partager avec les mordus de lecture ... mais aussi ceux qui m'ont déçue, et sur lesquels je serais ravie d'échanger mon point de vue. Les billets, notamment dans la catégorie jeunesse, qui

18 mars 2007

Angel ; Elizabeth Taylor

2743616563Édition Rivages ; 365 pages.
9,50 euros.

" Voici un roman dont le sujet est le don d'une vie à l'écriture, et cela conté d'une façon si romanesque que nous sommes pris dans une sorte de tourbillon circulaire et dramatique. L'extravagante enfant qui en est l'héroïne, Angel, qui est tout sauf angélique, nous apparaît tout de suite rétive, méprisant l'épicerie où travaille sa mère, absente de la vie quotidienne, volontairement aveugle au réel. "
(Extrait de la préface de Diane de Margelle)

Heureusement qu'il existe des cinéastes qui n'hésitent pas à redonner de l'éclat à de grands romans oubliés. La couverture du livre peut en rebuter plus d'un, laissant croire qu'il s'agit d'un conte de fées. Or, il ne s'agit pas du tout de cela. En fait, c'est l'histoire d'une héroïne difficile à aimer qui s'est plue à croire en ses rêves

Angel, une adolescente de quinze ans, vit tellement dans ses rêves qu'elle se met à mépriser la réalité de son existence, et à raconter aux autres la vie qu'elle s'est forgée. Sûre d'elle et très prétentieuse, malgré les humiliations subies (parfois bien méritées, il faut le reconnaître), elle parvient à devenir un écrivain que l'on s'arrache. Mais sa personnalité, qui se répercute dans son travail, lui vaut la haine des critiques et les sarcasmes du "grand monde".
Elle ne commence à se soucier du monde réel que lorsqu'elle rencontre Esmé, un peintre volage et surtout très séduisant. La jeune Angel, qui rêvait d'une vie de princesse, tombe éperdument amoureuse du jeune homme.

Cette héroïne a été décrite comme étant fabulatrice, détestable et même démoniaque dans les critiques que j'ai lues. Certes, ce n'est pas une sainte, et elle sait (souvent) être extrêmement désagréable. Toutefois, quelle petite fille n'a jamais rêvé d'être une princesse ? Qui ne s'est jamais inventé une autre vie ?
Angel est aussi une femme qui a le mérite d'avoir de la volonté, de l'ambition. Elle a l'audace de vouloir assumer ce qu'elle écrit, et de se forger une place dans le monde. Elle n'a pas conscience du décalage entre son imagination et la réalité. Quant à sa vanité, bien qu'immense et insupportable, elle ne contient pas de réelle méchanceté. Aussi haïssable que puisse être sa conduite, Angel n'est pas quelqu'un de fondamentalement mauvais. Ses rêves de gloire lui ont fait oublier la réalité, elle n'a pas vraiment conscience de son caractère tyrannique.

En tombant amoureuse, Angel devient vulnérable. Car celui qu'elle aime n'a rien d'un prince charmant. A partir de là, on sent que le drame commence à se nouer. Il y aura le manque d'inspiration, la passion aveugle pour Esmé, la guerre, les deuils, qui lui feront payer son indifférence à l'égard de la vie réelle. Mais là encore, pour Angel, il est impossible d'admettre sa propre chute, de la regarder en face.

Cette femme m'a souvent déplue, mais les rares moments où elle est sincère la montrent tellement humaine et enfantine, que son histoire m'a prise au ventre, si bien que je n'ai pas pu lâcher ce livre avant de l'avoir terminé. Là où l'on voit, de l'extérieur, de la vanité, il y a surtout une petite fille qui refuse de perdre ses illusions.
Elizabeth Taylor décrit extrêmement bien les scènes qu'elle nous raconte. Il est aisé de se représenter les tenues extravagantes d'Angel, l'atelier d'Esmé, Paradise House en ruines. Surtout, j'ai été bouleversée par la course désespérée d'Angel vers l'étang, hurlant de douleur lorsqu'elle voit son bonheur s'écrouler. 

Ce livre est un petit bijou, même si l'histoire qu'il nous raconte est douloureuse. J'espère que j'aurai du plaisir à retrouver les personnages en visionnant le film, dont la bande-annonce est très prometteuse.

"Lorsque j'étais enfant, je me racontais des histoires du temps où j'habiterais cette maison. Les gens appelaient ça des mensonges, parce que j'oubliais parfois la réalité et disais tout haut ce que j'aurais mieux fait de garder en rêves ; mais je ne faisais que me vouloir vraie, tendre ma volonté vers cette vérité." (page 216)

Posté par lillounette à 12:17 - Romans Anglais et Ecossais XXe et XXIe siècles - Commentaires [24] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Ça semble prometteur! J'aime beaucoup ta critique! :)

Posté par Allie, 18 mars 2007 à 15:21

Ta critique m'a donné envie de le lire...donc, je le note pour ma LAL!

Posté par katell bouali, 18 mars 2007 à 18:00

Allie et Katell : j'espère que comme moi, vous serez touchées par Angel.

Posté par Lilly, 18 mars 2007 à 20:55

Aaaah ! Magnifique !
J'ai découvert la bande-annonce du film de François Ozon et je me suis surprise à rêver ! Cela me correspond tout à fait !
J'ai été étonnée d'apprendre qu'il s'agissait d'un roman d'E. Taylor, je la connaissais très vaguement et, à vrai dire, j'en avais une opinion plutôt négative.
Quelle andouille, je suis !
J'ai donc trèèèèèès envie de lire ce roman, et moi j'aime bien la couverture, bah oui !!!

Posté par Clarabel, 19 mars 2007 à 09:46

Ta critique donne envie de le lire, c'est vrai. la couverture ne me rebute pas au contraire. j'ai vu la bande-annonce et c'est très beau visuellement. Plus qu'à noter tout çà. Bonne semaine.

Posté par Beloved, 19 mars 2007 à 10:43

Je vais aller voir le film et, peut-être, achèterai-je ensuite le livre. J'aime beaucoup Ozon.

Posté par Holly G., 19 mars 2007 à 13:45

J'aime beaucoup la couverture ainsi que le résumé que tu en as fait. Le film aussi me tente bien ! ;-)

Posté par Florinette, 19 mars 2007 à 14:22

A toutes : oui, moi aussi j'aime bien (j'adore même) la couverture. Mais le livre n'est pas aussi enchanté qu'elle le laisse penser... J'espère que ça vous plaira, et que vous ferez des comptes-rendus de vos séances ciné !

Posté par Lilly, 19 mars 2007 à 16:42

Arfffffff le livre ou le film en premier? éternel conflit!!! :o))

Posté par lamousmé, 19 mars 2007 à 20:51

Alors, comment trancher ???? (gloups)

Posté par Clarabel, 20 mars 2007 à 09:57

Tiens, j'ai vu le film avant-hier et tes impressions rejoignent les miennes. Je serais curieuse de voir à quoi ressemble le livre. J'y jetterai peut-être un oeil à l'occasion. J'ai l'impression qu'il y a plus d'ironie dans le film (d'après ce que tu dis).

Posté par clarinette, 20 mars 2007 à 13:42

Lamousmé et Clarabel : personnellement, je lis (presque) toujours le livre en premier. Là, je pense que c'est le bon choix, parce que d'après la bande annonce, le livre est plus cruel. Donc il doit être plus difficile de l'apprécier après avoir vu le film... Mais bon, comme je n'ai pas vu le film... ;)

Clarinette : il y a quand même un peu d'ironie dans ce livre, mais d'après les critiques que j'ai vues, François Ozon l'a accentuée dans son film. Il faut vraiment que j'aille le voir !!

Posté par Lilly, 20 mars 2007 à 15:02

Ah je viens de lire une critique très élogieuse du film de François Ozon, il FAUT absolument que j'aille le voir... et puis après peut-être le livre... Quoique j'aime assez Elizabeth Taylor aussi et ton billet est très émouvant...
Bon, je vais commencer par le livre !

Posté par Lily, 20 mars 2007 à 19:04

Lily : j'espère que ça te plaira !

Posté par Lilly, 21 mars 2007 à 09:30

ca y est, je le possède !

je suis tombée dessus par hasard en cherchant le titre d'autres livres ... De toute façon, comme je prévoyais de l'acheter, ça tombait bien, hihihi ... Bon, je termine vite mes lectures en cours pour t'en faire bientôt la critique mais je sens de d'ores et déjà, ce roman va me plaire !!!! Bisous

Posté par nathalie, 21 avril 2007 à 14:21

Nathalie : Je suis impatiente de voir ce que tu vas en penser !!

Posté par Lilly, 21 avril 2007 à 16:54

Combien de pages ?

Cela pourrait bien être mon roman de cet été mais quelqu'un(e) parmi vous pourrait me dire s'il se lit rapidement ?

(un peu surbookée en ce moment ;-) )

Merci

Posté par Larana, 24 juillet 2008 à 22:22

Larana : ce livre fait 365 pages, c'est noté au début de mon billet :o)

Posté par Lilly, 26 juillet 2008 à 14:23

j'ai vu le film et j'ai hate de lire le livre!!! une triste histoire et une heroine peu attachante a vrai dire, mais on reve toutes de gloire et d'amour n'est ce pas?

Posté par floflo, 31 août 2008 à 19:19

Floflo : j'espère n'avoir jamais été aux extrémités d'Angel, mais c'est vrai qu'on peut la comprendre dans une certaine mesure.

Posté par Lilly, 01 septembre 2008 à 18:50

"To wish, and to wish, and to wish, and to make it true"

J'ai vu le film, puis lu le livre, et les deux m'ont beaucoup plu. C'est vrai qu'on ne peut pas en vouloir à une petite fille de rêver sa vie autrement. Cela dit, j'ai personnellement beaucoup de mal avec les personnages aussi indiférents et égocentriques. C'est pire que de la méchanceté : pour elle les autres n'existent même pas, ce ne sont que des ombres, des pantins dans le théâtre de marionnettes qu'est sa vie.

Posté par Nataka, 15 octobre 2008 à 15:45

Nataka : je ne suis pas d'accord. Pour moi, quelqu'un qui ne veut pas blesser est moins méprisable que quelqu'un de méchant. D'autant plus que bien souvent, les gens dans leur monde se blessent tout autant qu'ils font du mal aux autres, et tout aussi involontairement.

Posté par Lilly, 15 octobre 2008 à 16:29

Lilly :

C'est vrai, mais les gens mauvais (à moins d'être psychopathes) peuvent en être conscients, avoir des remords et se réformer. Les égocentriques ne comprennent pas qu'on leur en veuille ou qu'on les punisse. Même s'ils le méritent, ils se sentent persécutés parce qu'ils pensent que tout leur est permis, que tout leur est dû et qu'ils sont irréprochables. Là je te ramènerais bien au personnage de Rosamund dans "Middlemarch" de george Eliott, mais apparement tu ne l'as pas lu (pas encore ?)

Posté par Nataka, 16 octobre 2008 à 15:44

Nataka : nous en arrivons à un point essentiel : je ne crois pas que l'on puisse vraiment changer.
De plus, une personne indifférente peut aussi réaliser qu'elle a fait du mal. Personne ne vit de façon complètement indépendante.
Angel est comme elle est parce qu'on la laisse faire, mais les méchants non plus n'ont pas d'états d'âmes si personne ne vient les confronter.

Posté par Lilly, 18 octobre 2008 à 10:23

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