51QWQVF2H7LFolio SF ; 533 pages.
6,60 euros.

Pour me faire pardonner cette longue absence, je reviens avec un très bon roman à vous conseiller. Je l'ai acheté lors d'une de mes flâneries à la librairie. Il me semblait avoir lu des billets dessus il y a déjà un certain temps, et le résumé me tentait bien.
Les avis de Papillon et de Thom m'ont poussée à le lire tout de suite, et bien m'en a pris.

L'histoire : Elle se déroule dans un monde qui pourrait être le nôtre, mais ce n'est ni tout à fait notre époque, ni tout à fait la réalité. Le siège de l'Église dominante n'est pas à Rome mais en Suisse, les Tartares sèment la terreur dans l'imaginaire collectif, et chaque être humain possède un "daemon", qui prend la forme d'un animal de sexe opposé au sien. Tant qu'une personne est enfant, son "daemon" peut changer de forme à sa guise, un peu comme un jeune humain fait des choix variés avant de devenir la personne qu'il veut être.  Une fois l'humain adulte, son daemon ne peut plus se transformer, et garde la forme d'une créature qui reflète une part de sa personnalité.
Lyra est l'une des enfants de l'univers créé par Philip Pullman. Curieuse, têtue et effrontée, elle vit à Jordan College au milieu des Érudits, jusqu'au jour où une envoûtante jeune femme vient la chercher. Ce même jour, Roger, le meilleur ami de Lyra, est enlevé par les Enfourneurs, qui capturent des enfants sans que personne ne sache vraiment ce qu'il advient d'eux.
Peu après, Lyra décide de partir à la recherche de son ami Roger. Cela la mène dans le Nord, où vivent également des ours guerriers terrifiants, qui détiennent Lord Asriel, l'oncle de Lyra. 

Mon avis : En ce moment, j'ai besoin d'évasion dans mes lectures. En cela, Les royaumes du Nord est tombé à merveille. Philip Pullman mêle les légendes et les époques avec une habileté remarquable. L'univers qu'il construit est parfaitement crédible, et lui permet à la fois de nous faire voyager dans un monde passionnant et de critiquer habilement la fragilité des institutions et des esprits humains quand ils sont manipulés par une personne habile.
Car si cette histoire est parsemée de touches d'humour et de merveilleux qui la rende très agréable à lire, le sujet en lui même n'a rien de léger. D'ailleurs, je trouve étrange que l'édition jeunesse soit "à partir de 10 ans". Certains éléments abordés dans ce livre me semblent plutôt difficile à comprendre pour des enfants. Sans parler de ce qu'il advient des plus jeunes dans ce roman... Au début de ma lecture, j'ai pensé aux Chroniques de Narnia, mais ce sentiment s'est très vite estompé. Pour en revenir au livre, j'ai trouvé que Philip Pullman allait beaucoup plus loin que je ne le pensais au premier abord. Comme je l'ai déjà dit, il utilise le merveilleux pour introduire des questions très sérieuses et toujours d'actualité comme des autorités fermant les yeux sur des drames touchant des gens considérés comme en marge de la société, ou sur les activités de certaines personnes très puissantes.
Toutefois, il ne nie pas la complexité de ces choses. Quand le Maître de Jordan College verse du poison dans le vin de Lord Asriel au tout début du livre, qui est le vrai méchant ? Ce genre de mystère permet par ailleurs de rendre le récit captivant et de créer un rythme très soutenu. En effet, chaque personnage est un mystère en lui même, et tient le lecteur curieux en haleine. Qui est gentil et qui est méchant sont des questions auxquelles Philip Pullman se garde d'ailleurs bien de répondre à la fin du tome 1. Au contraire, il s'amuse même à brouiller les pistes. Si un tel est méchant, pourquoi refuse t-il de prendre ce que Lyra lui tend ?

A peine avais-je refermé ce livre que les personnages me manquaient déjà. Trop de questions restent en suspens, du coup j'ai couru acheter la suite de cette trilogie !

L'avis de Chrestomanci.