La foire aux vanités ; William Makepeace Thackeray
Édition Folio ; 1071 pages.
10,30 euros.
Lettre "T" Challenge ABC 2007 :
"Il s'agit de l'un des plus grands classiques du roman anglais. Le XIXe siècle britannique est divisé entre Dickens et Thackeray comme le nôtre entre Balzac et Stendhal. Thackeray (1811-1863) est l'égal de Stendhal et La Foire aux Vanités (1848), son chefs-d'œuvre. Il y utilise un style humoristique ou ironiquement épique pour donner l'un des plus grands romans de satire sociale en langue anglaise. La thèse fondamentale du livre est que, dans la société occidentale, le seul moyen d'arriver, si l'on est sans naissance ni fortune, est de violer tous les principes moraux que la société fait semblant de respecter. La question qu'il pose donc est : qui faut-il blâmer, ces aventuriers, ou le système qui les rend nécessaires ? Le personnage principal est une femme hypocrite, ambitieuse et sans scrupules : on assiste à son ascension au sommet de la société et à sa chute. Autour d'elle s'agite, dans une immense fresque, la " Foire aux Vanités ". "
Je viens d'achever la lecture de l'un des meilleurs livres que j'ai jamais lus, La foire aux vanités. Impossible de me détacher des trois cents dernières pages, qui m'ont encore plus comblée que les fantastiques sept cents premières. William Makepeace Thackeray nous raconte l'histoire de Rebecca, fille d'un maître de dessin et d'une danseuse, qui va se faire une place dans le monde en usant de ses charmes et de ses vices. En parallèle, nous suivons sa jeune et douce compagne de pension, Amélia, qui est aussi fragile et sincère que Rebecca est manipulatrice et forte. Autour d'elles gravitent de nombreux personnages, liés entre eux par une vanité excessive (c'est normal, nous sommes au coeur de la Foire aux vanités).
Grâce à cette profusion de personnages, dont la description est faite avec légèreté et humour, et qui évolue dans une société parfaitement comprise par l'auteur, nous sommes plongés avec délice dans cette histoire.
Dès leur sortie de la pension où elles ont passé plusieurs années, Rebecca et Amélia sont confrontées à une société où la réputation et l'argent sont considérés comme les seules preuves de vertu.
Rebecca en tirera son parti, Amélia se fera briser, du moins dans un premier temps. A force de cajoleries à l'égard des bonnes personnes, Becky parvient à se hisser dans les plus hautes sphères de la société anglaise. Quant à la jeune et honnête Emmy, après son mariage avec un personnage égoïste et faible, dont elle est cependant éperdument amoureuse, elle se retrouve rapidement veuve. Nous sommes en effet plongés au coeur des batailles napoléoniennes, où Georges Osbourne, le mari d'Emmy, trouve la mort. De retour en Angleterre, elle est rejetée par son beau-père qui s'était opposé au mariage de son fils avec la fille de celui à qui il devait toute sa fortune, mais dont la ruine l'a mis au ban de la société (les amitiés sont fragiles dans la Foire aux vanités...). De sombres années de tristesse et de misère attendent encore Amélia, tandis que Rebecca vit dans le luxe et la profusion. Mariée à un homme vaniteux, qui finit par devenir extrêmement touchant et qu'elle manipule à sa guise, elle dédaigne son fils, et passe ses soirées à flirter en compagnie de nombreux hommes.
Mais la roue de la Fortune tourne. Car la douce Emmy possède un ange gardien encore plus bienveillant et dévoué qu'elle qui veille sur son bien être. Quant à Rebecca, elle apprendra que l'illusion est éphémère, et que même (surtout) les anges sont capables de haïr et de détruire.
Ceux qui aiment Jane Austen ne peuvent que savourer ce roman. Le ton employé par l'auteur rappelle les sarcasmes de celle-ci, avec encore plus de cynisme. Par ailleurs, j'ai apprécié le fait que Thackeray s'adresse au lecteur, un peu comme dans Northanger Abbey, créant une complicité encore plus grande entre lui et son lecteur. Il use à la perfection de l'ironie pour nous décrire cette "pauvre Becky" ou l'hypocrite Dobbin (même si celui-ci est une perle d'homme). Il existe beaucoup d'autres points communs entre les deux auteurs. J'ai beaucoup ri de ces personnages gonflés de vanité, qui se moquent les uns des autres sans voir à quel point eux mêmes sont ridicules. De plus, j'ai apprécié le fait qu'un même personnage, selon l'angle par lequel on l'étudie, soit tour à tour attachant, ridicule, méprisable ou même détestable.
Surtout, pour mon côté fleur bleue, j'ai adoré la présence d'un capitaine Wentworth en encore mieux (si si, c'est possible), le capitaine/major/colonel Dobbin (le seul personnage que j'ai aimé passionnément du début à la fin, avec la timide Lady Jane).
Vraiment aucune longueur, chaque phrase se savoure avec le même plaisir. J'aurais dévoré sans problème mille pages de plus. En fait, je ressors de ma lecture complètement désespérée. Je ne sais pas si vous avez déjà eu cette sensation que jamais vous ne retrouverez un livre de cette qualité... Vous qui n'avez pas encore lu cette merveille, précipitez-vous !
Commentaires sur La foire aux vanités ; William Makepeace Thackeray
- Oui, il est mordant et facétieux (j'ai beaucoup aimé le coup de théâtre "mais je suis déjà mariée") et il dépeint vraiment admirablement la société de cette époque, mais je butte sur sa façon "bavarde" de s'immiscer sans arrêts dans la narration, ça m'agace de plus en plus.
Mais ce n'est pas un abandon, attention, j'y reviendrai, juste une pause
- Oui, c'est juste pour Northanger Abbey, mais c'est très ponctuel, et puis c'est JA, elle a le droit ;o))
Mais là c'est franchement tout le temps, et la traduc a de la bouteille aussi, et encore ils disent dans la préface que le traducteur a opéré des coupes franches dans l'innombrable bavardage de l'auteur, il y avait beaucoup de redites (mais en même temps c'est tout à fait normal, vu la parution à l'époque en feuilletons).
Mais si ça se trouve je ne suis juste pas dans la bonne ambiance actuellement, ça va revenir !!
- Bonjour, j'ai découvert ce livre grâce à ton blog et j'ai beaucoup aimé ! Jane Austen est un de mes auteurs favoris, et la verve de Thackeray m'a bien amusée, surtout sa complicité avec le lecteur, sa façon de dire "nous savons bien, vous et moi, ce qu'il en est en vérité". Les caractères des personnages sont vraiment bien dessinés, ils sont très humains, avec leurs qualités comme leurs défauts, mais surtout l'auteur sait les faire évoluer et nous surprendre. Les retrouvailles d'Amélia et de Dobbin à la fin m'ont ravie. Et puis je ne savais pas que Thackeray avait écrit Barry Lydon. Encore un livre à lire
. Merci, à bientôt.
- InColdBlog : c'est ce qui fait pour moi la force de ces auteurs, deux cents ans après (ou presque), on se retrouve encore dans leurs romans.
Jules : excellente résolution
Tamara : ce roman fera assurément partie de mes énormes coup de coeur 2007, c'est clair ! Il se lit très vite, même pendant le boulot (je t'assure)
Allie : Merci
) Je suis sûre qu'il te plaira !
Fashion Victim : je suis comme toi, heureuse de voir que d'autres apprécient ce chef d'oeuvre
)
- Je l'ai acheté !!!!
As-tu l'adaptation filmographique de Mira Nair (sortie dvd Nov. 2005) ? Becky Sharp est incarnée par Reese Witherspoon, elle réussissait très bien à incarner cette jeune fille ambitieuse et futée, un peu trop aux goûts de certains...
Pas encore lu le roman, mais ta critique m'inspire ! Superbe !!! - Clarabel : je l'ai regardé juste après avoir fini le livre. C'est plutôt sympa, mais le film se penche surtout sur le personnage de Becky, et très peu sur Amélia. Or, il n'y a pas vraiment de héros dans le livre.Mais bon, vu la taille du livre, il fallait faire des choix. Ce qui me gêne plus, c'est que Rebecca est vraiment un personnage ignoble dans le livre, elle dédaigne son fils, n'a aucun sentiment pour personne (sauf pour Amélia, par moments). Dans le film, je la trouve plutôt sympathique (c'est dire à quel point son personnage est odieux dans le livre). Et puis, la fin est changée...
Gaëlle : Merci... Si je l'ai lu si vite, c'est aussi parce que tu m'avais mis l'eau à la bouche quand j'ai lu "Contes de la rose pourpre". Alors doublement merci !
Holly : j'ai également adoré ce ton, d'ailleurs je viens d'acheter "Barry Lyndon". J'espère que ça me plaira autant !! - Audrey : Je pense que ça ne peux que te plaire. Le film est très inférieur au livre (enfin, celui de 2004 en tout cas), le personnage de Becky Sharp très adouci et mis au coeur de toute l'histoire (ça se comprend, il faut faire des choix...), et la critique sociale est peu retranscrite. J'attends tes impressions
- J'ai vraiment aimé ce livre, malgré la longueur, que l'on oublie très vite d'ailleurs car le style de Thackeray est très divertissant, ironique, satirique. Ca m'a d'ailleurs amené à lire d'autres de ces romans, mais celui là reste quand même son grand chef-d'oeuvre, immortalisé dans d'autres domaines artistique (cinéma,..)
- J'ai vraiment aimé ce livre, malgré la longueur, que l'on oublie très vite d'ailleurs car le style de Thackeray est très divertissant, ironique, satirique. Ca m'a d'ailleurs amené à lire d'autres de ces romans, mais celui là reste quand même son grand chef-d'oeuvre, immortalisé dans d'autres domaines artistique (cinéma,..)
















