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lilly et ses livres
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27 mars 2007

Le crime de Paragon Walk et Resurrection Row ; Anne Perry

2264035293Édition 10/18 ; 316 pages.
7,30 euros.

" Un crime sordide vient troubler la quiétude huppée de Paragon Walk. Tandis que l'inspecteur Pitt, chargé de l'affaire, se heurte à l'hostilité et au mutisme des résidents du quartier, son épouse Charlotte, assistée de sa sœur Emily, la charmante Lady Ashworth, ne se laisse pas intimider par cette omerta de classe. De garden-parties en soirées, elles font tomber un à un les masques de l'élite. Les façades respectables de Paragon Walk se lézarderont peu à peu pour exposer à cet infaillible trio de détectives leurs inavouables secrets et mensonges. "

Choupynette avait raison. Anne Perry, ça se boit vraiment comme du petit lait. Alors que je m'étais dit qu'il fallait passer à autre chose quelques temps, j'ai été attirée de force vers ma PAL, où trônait encore des enquêtes de l'Inspecteur Pitt, toujours aussi mal fagotté.

Dans ce troisième opus, Thomas Pitt est appelé à Paragon Walk, après le viol et l'assassinat d'une jeune fille de très bonne famille. Il est d'autant plus bouleversé par cette affaire que cette adolescente a été tuée alors qu'elle revenait de chez Lady Ashworth, sa voisine, qui n'est autre que la soeur de la femme de Pitt, Charlotte. De plus, le mari d'Emily Ashworth, George, est incapable de dire où il était le soir du meurtre. Il n'en faut pas plus pour faire ressurgir les vieux démons de l'époque de Cater Street. Emily s'interroge sur son mari, les grandes dames jasent, les hommes tentent de garder une contenance.
Dans la haute société victorienne, se faire violer est la preuve que l'on n'était pas aussi chaste qu'on le prétendait. Encore une fois, chacun tente de se disculper en pointant le doigt sur son voisin.
Et encore une fois, j'ai dévoré ce livre en quelques heures à peine, incapable de le poser avant de l'avoir achevé. La fin est surprenante (surtout pour les naïves dans mon genre...). J'aime beaucoup la façon qu'a Anne Perry d'achever ses romans, en laissant une ouverture pour nous obliger à fondre sur le tome suivant. Surtout, j'ai trouvé ce livre très drôle, beaucoup plus que les précédents tomes dans lesquels il y avait surtout des pointes d'humour par moments.

Édition 10/18 ; 313 pages.2264035137
7,30 euros.

"Bas les masques", tel paraît être le mot d'ordre d'Anne Perry dans la série de romans où elle met en scène son couple de héros "victoriens", l'inspecteur Thomas Pitt et son épouse Charlotte, les personnages de roman policier les plus pittoresques et attachants qui nous aient été donnés à découvrir ces dernières années. Dans le Londres de la fin du XIXè siècle qui sert de cadre à leurs exploits, c'est en effet le code hypocrite de bonne conduite de la société anglaise de l'époque qui se trouve singulièrement mis à mal, sa corruption et sa fausse respectabilité. Anne Perry ou le polar au vitriol : décapant ! "

Qui donc s'amuse à déterrer les morts ? L'inspecteur Pitt ne peut pas emmener sa femme Charlotte au théâtre sans qu'un cadavre tombe d'un cab à la sortie. La stupeur est d'autant plus grande qu'il s'agit d'un Lord vivant dans un quartier très chic de la capitale anglaise. Le scandale ne fait qu'enfler lorsque le mort est déterré pour la deuxième fois. Cet homme sexagénaire n'est-il pas mort de façon naturelle ? Son épouse, très jeune, était-elle lassée de cet ennuyeux personnage ? L'inspecteur Pitt découvre avec stupeur qu'elle a un admirateur, qui n'est autre que Dominic Corde, ancien beau-frère et (surtout) ancien amour de Charlotte. Jaloux et soucieux de ne pas tourmenter son épouse, il aimerait régler cette affaire au plus vite. Mais les choses se compliquent avec la découverte d'un second cadavre, lui aussi déterré.

Je vais vous lasser, mais j'ai encore une fois succombé au charme des aventures de Charlotte et Thomas Pitt. J'ai particulièrement apprécié le fait de retrouver la Tante Vespasia, qui continue à bouleverser les conventions sans rien perdre de son allure de grande et belle dame. En l'absence d'Emily Ashworth, qui vient d'accoucher d'un garçon, son aide est plus que précieuse pour infiltrer la haute société de Gadstone Park. De plus, Anne Perry ancre son histoire dans les réalités sociales de l'époque. On découvre (même si ce n'est qu'en surface) la misère de Londres, qui côtoie le luxe de la bourgeoisie et de la noblesse.
Et encore une fois, Anne Perry brouille complètement les pistes, si bien que l'on ne découvre le fin mot de l'histoire qu'à la toute dernière page. Avec une touche d'humanité, qui rend l'inspecteur Pitt encore plus sympathique.

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27 février 2007

L'infamille ; Christophe Honoré

2020557207Editions du Seuil ; 166 pages.
6 euros.

"Septembre 1996. Guillaume se rend à la morgue pour y reconnaître le corps de son frère. Thomas était écrivain : il transformait les récits familiaux en règlements de comptes, pillait allégrement au passage les souvenirs de Guillaume et révélait la barbarie ordinaire de la famille. Désormais Guillaume se retrouve seul à porter le fardeau de cette mémoire. Ce rôle, il n'en veut pas, et pourtant les souvenirs lui viennent, un à un : les parents, cet autre frère disparu avant la naissance de Guillaume et Thomas bien sûr, leur enfance commune, leurs personnalités si différentes. Mais ce frère dont le corps est à peine reconnaissable à la morgue, est-il bel et bien mort ? N'est-ce pas encore un de ces jeux entre frères dont Thomas usait à l'envi ? Un mensonge de plus dans la famille ? "

J'ai beaucoup aimé ce livre qui traînait depuis quelques mois dans les endroits les plus reculés de ma PAL (je crois vous avoir déjà parlé de ces livres achetés sur un coup de tête et qui ne me disent plus rien une fois qu'ils se trouvent dans ma bibliothèque). C'est une vraie bonne surprise.

Mis à part quelques chanceux, nous avons tous plus ou moins déjà eu l'impression d'appartenir à une famille de fous. Quant aux relations entre frères et soeurs, elles sont généralement faites de hauts et de bas. Et puis surtout, il n'est pas toujours facile de dire à ses frères et soeurs qu'on les aime, ni pourquoi (essentiellement pourquoi d'ailleurs). Thomas et Guillaume n'ont pas le même âge, ni la même personnalité. Guillaume ne se confie pas à Thomas lorsqu'il découvre son homosexualité, et Thomas ne se gêne pas pour mettre la vie de sa famille sur la place publique en l'écrivant dans ses romans. Pourtant, ces deux là s'aiment. Ils se jettent dans de l'eau glacée en riant, s'en prennent à leur lapin au lieu de se battre tous les deux. Même si Thomas brise leur famille, même si Guillaume rêve de tuer son frère (qui est déjà à la morgue), ils ont du mal à vivre l'un sans l'autre.
Christophe Honoré nous parle des secrets de famille terribles, d'actes d'amour qui sont pourtant interprétés comme des actes de haine.
Afin de souligner l'incompréhension qui règne entre les deux frères, il alterne habilement le passé et le présent, le témoignage de Guillaume et celui de Thomas.

C'est prenant, les personnages sont complexes et attachants. Une jolie découverte.

20 mars 2007

L'étrangleur de Cater Street ; Anne Perry

2264035129Édition 10/18 ; 381 pages.
7,30 euros.

" Suffragette avant l'heure, l'indomptable Charlotte Ellison contrarie les manières et codes victoriens et refuse de se laisser prendre aux badinages des jeunes filles de bonne famille et au rituel du tea o'clock.
Revendiquant son droit à la curiosité, elle parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides. Aussi bien le Londres des années 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle : le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie. Dans cette nouvelle série " victorienne ", la téméraire Charlotte n'hésite pas à se lancer dans les enquêtes les plus périlleuses pour venir au secours du très séduisant inspecteur Thomas Pitt de Scotland Yard.
Charmante Sherlock Holmes en jupons, Charlotte a déjà séduit l'Angleterre et les Etats-Unis. La voici partie à l'assaut de l'Hexagone. "

Difficile d'échapper à l'engouement suscité par Anne Perry. Après quelques mois d'hésitations, j'ai enfin décidé de lire le premier volume de la série "Charlotte et Thomas Pitt".
J'ai eu un vrai coup de foudre pour ce livre. Les personnages sont attachants, c'est drôle (souvent proche du cynisme, j'adore). J'aime énormément la relation qui s'instaure entre Charlotte et Thomas, l'admiration du policier pour la jeune fille, sa façon de lui prouver son estime, de la provoquer tout en délicatesse afin de l'amener à s'intéresser à lui.
J'ai vraiment adoré l'ambiance du livre, les efforts d'Anne Perry pour brouiller les pistes. Beaucoup de suspects s'offrent à nous, et rien ne nous permet de les disculper avant le dénouement.
Et puis, j'ai apprécié le fait qu'Anne Perry nous montre que lorsque l'on doit chercher quelque chose, on déterre des secrets souvent embarrassants. Ce livre nous fait vivre la remise en question de toute une famille, que l'on ne peut s'empêcher d'aimer malgré ses défauts.
C'est vif, il est difficile de lâcher ce livre. D'ailleurs, j'ai très envie d'attaquer la suite des aventures de Charlotte et Thomas !

Je vous mets un extrait de l'un des dialogues entre Charlotte et Thomas. Ca peut paraître horrifiant comme ça, en fait je trouve que le ton cynique d'Anne Perry s'exprime ici avec délice. De plus, il montre bien la malice Thomas Pitt.

" - Je vous ai déjà dit le peu que je sais, fit-elle, exaspérée. Plusieurs fois. Si vous n'arrivez pas à résoudre cette affaire, peut-être devriez-vous abandonner ou laisser quelqu'un de capable s'en charger.
Il ignora sa grossièreté.
- C'était une jolie fille Lily Mitchell ?
- Vous ne l'avez pas vue ? dit Charlotte, surprise. L'omission semblait tellement énorme !
Pitt eut un sourire désolé, comme s'il plaignait Charlotte, tout en essayant de rester patient.
- Si Miss Ellison, je l'ai vue, mais elle n'était pas très jolie, à ce moment-là. Son visage était gonflé, bleu, ses traits déformés, sa langue...
- Arrêtez ! Arrêtez ! s'entendit crier Charlotte.
- Alors auriez-vous l'amabilité de mettre votre dignité en veilleuse, dit-il plutôt calmement, et de m'aider à trouver celui qui a fait ça, avant qu'il le fasse à une autre ? "
(pages 109-110)

24 septembre 2006

Son frère ; Philippe Besson

Sans_titreEdition Pocket ; 152 pages.
5,20 euros.

Thomas et Lucas sont frères. Lorsque Thomas tombe malade, Lucas ne veut pas perdre un instant, et se consacre entièrement à cet être avec lequel il a partagé son enfance. A l'hôpital d'abord, puis sur l'île où ils ont passé leurs vacances, étant enfants, lorsque Thomas, lassé des contraintes d'une médecine impuissante, va accepter son sort.

Ensemble, ils vont revivre les petites anecdotes du passé, profiter de chaque seconde qui leur reste pour trouver l'apaisement.

Toujours avec une sensibilité profonde, Philippe Besson nous livre là une formidable histoire d'amour. C'est simple, un sujet traité cent fois déjà, mais c'est sincère. J'ai toujours, avec Philippe Besson, la sensation qu'il raconte une histoire qu'il a lui même vécue, et je pense que c'est cela que j'apprécie tant chez lui...

17 mars 2007

Mal de pierres ; Milena Agus

2867464331Édition Liana Levi ; 123 pages.

" Au centre, l'héroïne: jeune Sarde étrange "aux longs cheveux noirs et aux yeux immenses".
Toujours en décalage, toujours à contretemps, toujours à côté de sa propre vie... A l'arrière-plan, les personnages secondaires, peints avec une touche d'une extraordinaire finesse: le mari, épousé par raison pendant la Seconde Guerre, sensuel taciturne à jamais mal connu; le Rescapé, brève rencontre sur le Continent, à l'empreinte indélébile; le fils, inespéré, et futur pianiste; enfin, la petite-fille, narratrice de cette histoire, la seule qui permettra à l'héroïne de se révéler dans sa vérité.
Mais sait-on jamais tout de quelqu'un, aussi proche soit-il..."

Je m'en veux un peu d'avoir lu ce livre juste après avoir refermé La Foire aux vanités. Je suis passée brusquement d'un univers vivant, piquant, dynamique à un récit sobre et tranquille. Sans doute pour cela, j'ai eu énormément de mal à m'intéresser à ce livre. Je n'avais pas particulièrement envie de connaître la suite, j'ai tourné les premières pages un peu mécaniquement. Mais il y a quelque chose d'envoûtant dans l'écriture de Milena Agus. Elle a fini par me plonger dans l'histoire de cette femme, dont le mal-être transparaît à chaque page, sans que cela soit clairement établi. Les personnages deviennent peu à peu familiers, les choses se mettent progressivement en place, du moins le pense t-on. J'ai beaucoup aimé la fin, qui remet en cause tout le reste, qui met enfin des mots sur tous ces non-dits. Comme pour nous glisser que l'on connaît des autres uniquement ce qu'ils nous montrent et ce que l'on veut savoir pour les faire correspondre à l'image que l'on se fait d'eux, et que finalement, il n'y a qu'une mince barrière entre le rêve et la réalité.

Ceux qui ont aimé La note sensible de Valentine Goby seront certainement charmés par ce texte.

EDIT de 03/09 : je garde finalement un mauvais souvenir de ce livre. J'ai été indulgente en rédigeant mon billet, puisqu'il venait après un roman qui figure désormais dans mon panthéon littéraire, mais je n'ai gardé que les mauvais aspects du livre en mémoire...

Les critiques enthousiastes de Chimère, de Clarabel, de Cuné, de Laure et de Papillon.

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5 février 2007

La peine ; Maurice Carême

glaneuses_1_
Les Glaneuses ; Jean-François Millet

La peine

On vendit le chien, et la chaîne,
Et la vache, et le vieux buffet,
Mais on ne vendit pas la peine
Des paysans que l’on chassait.

Elle resta là, accroupie
Au seuil de la maison déserte,
A regarder voler les pies
Au-dessus de l’étable ouverte.

Puis, prenant peu à peu conscience
De sa force et de son pouvoir,
Elle tira d’un vieux miroir
Qui avait connu leur présence,

Le reflet des meubles anciens,
Et du balancier, et du feu,
Et de la nappe à carreaux bleus
Où riait encore un gros pain.

Et depuis, on la voit parfois,
Quand la lune est dolente et lasse,
Chercher à mettre des embrasses
Aux petits rideaux d’autrefois.

Maurice Carême

1 novembre 2006

Une fenêtre sur l'Hudson ; Brian Morton

2714441254 Belfond ; 312 pages.

"Les amours contrariées de deux artistes new-yorkais... Une tendre ballade à Manhattan, une réflexion sur la fragile harmonie entre l'art et la vie, un roman brillant, plein d'humour et d'émotion. Nora, une jeune nouvelliste de trente-cinq ans, a cessé d'écrire. Ses textes, inspirés des expériences de ses proches, lui ont valu de se brouiller avec eux. Pourtant, elle ne peut se résoudre à renoncer à sa vocation. Un soir d'insomnie, elle appelle le seul être qui puisse la comprendre : Isaac, l'homme qu'elle a quitté cinq ans auparavant. Ce dernier, photographe, traverse lui aussi une crise : il a perdu l'inspiration. Aussitôt renaît leur ancienne complicité, et avec elle son lot de doutes et de peurs. Quelle relation possible entre un artiste dont le talent s'est érodé et un autre en plein devenir ? Peut-on conjuguer amour et dévotion à son art ? Une interrogation d'autant plus brûlante pour Nora que l'être aimé pourrait bien devenir la cible de sa plume acérée..."

Un livre tout en sensibilité, avec deux personnages un peu en manque de repères. On aimerait que Nora hésite moins, que Isaac essaie plus de la bousculer, mais ils ont déjà tant de problèmes qu'on ne peut pas leur en vouloir. Nora aime profondément Isaac, mais qui a peur de s'engager trop, parce qu'elle ne veut pas se perdre davantage. Parce que l'amour, c'est souvent plein de contradictions, d'actes absurdes. Ces deux là s'aiment, se détestent parfois, se font souffrir, mais surtout ils espèrent un peu follement qu'ils finiront par réussir à s'accorder. Puis il y a la maladie de Billie, la tante de Nora, ainsi que la nouvelle écrite par cette dernière, qui blesse profondément Isaac. Celui-ci s'en veut, d'aimer Nora, de croire en des lendemains plus ensoleillés, un peu naïvement.

Je trouve que Brian Morton est un très bon observateur du genre humain. Il met le doigt avec justesse sur la difficulté de comprendre l'autre, surtout lorsque l'on ne parvient même pas à se comprendre soi même. La fin est énigmatique, c'est vrai, mais je trouve qu'elle est parfaitement en harmonie avec le reste du livre. Que peuvent accepter les personnages, et surtout que veulent-ils accepter ? Parce que dans cette histoire, nous avons deux personnes, qui peuvent chacune décider de fuir ou de rester. Même si on préfèrerait qu'elles optent pour la seconde solution... Un livre dont on sort un peu mélancolique et chahuté, mais c'est probablement l'effet recherché.

Lire l'avis (beaucoup) plus enthousiaste de Clarabel.

14 janvier 2007

Les quatre filles du Docteur March ; Louisa May Alcott

2261400594Édition Rouge et Or ; 187 pages.
3,50 euros.

" Le docteur March s'est engagé dans l'armée, laissant seules sa femme et leurs quatre filles. Pour la coquette Meg, la bouillante Jo, la timide Beth et l'insupportable Amy, la vie est dure. Dure, mais entre les farces de leur jeune voisin Laurie et les colères de la tante March, elle n'est pas monotone ! Un jour le Docteur March tombe gravement malade... "

La première fois que j'ai entendu parler de ce livre, c'était à l'école primaire. Ça m'avait marquée, pourtant je n'ai jamais ouvert ce livre. Il y a quelques temps, je me suis décidée à l'acheter. Juste après, j'ai découvert que je possédais déjà ce livre, dans une édition assez ancienne et illustrée. C'est donc tout naturellement que je l'ai ouvert.
Malheureusement, je dois avouer que je suis un peu déçue par ce livre pour lequel j'avais de si grandes attentes. Même si j'ai adoré la fin, ce qui me permet de garder une très bonne impression à propos de cette lecture, la première moitié du livre ne m'a pas particulièrement amusée.
Pourtant, elles sont vraiment très attachantes ces filles March. Meg, l'aînée, qui essaie de jouer son rôle de grande-soeur. Jo, la seconde, un peu garçon manqué, qui s'entend à merveille avec Laurie, le petit voisin. Beth, dont la douceur et la gentillesse font une jeune fille adorable. Et puis Amy, la petite dernière, assez (parfois très) agaçante, qui devient moins égoïste à la fin.
Ce livre que je voyais comme un roman, est en fait construit un peu à la manière de Les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur. Ce sont plein de petites anecdotes, qui nous dévoilent l'évolution de la fratrie March. J'ai beau adorer les lectures d'enfants, celle-ci a été assez pénible par moments. Il y a des chapitres absolument passionnants, et puis d'autres qui le sont beaucoup moins. Les leçons données à ces petites filles par leur mère m'ont beaucoup agacée. J'adorais pourtant Mme de Fleurville dans Les petites filles modèles. Alors, est-ce parce que j'ai grandi ? Probablement en grande partie. Je n'ai pas beaucoup de patience, et je dois avouer que les petites pestes comme Amy qui savent être particulièrement insupportables ne font pas partie des personnages qui me rendent la lecture agréable. Heureusement, elle finit par montrer qu'elle essaie de se corriger, ce qui nous amène à lui pardonner ses erreurs d'enfant. Le côté enchanté, la bonne mère, n'ont pas vraiment pris avec moi. J'ai trouvé certains passages un peu neuneu.
Mais j'ai adoré Jo et Laurie, l'adorable Beth, le vieux Mr Laurentz. Les deux premiers pour leur tempérament aventurier, leur amour de la lecture, leur humour (j'adore lorsque Laurie se roule dans la neige pour embêter Meg) et leur simple soif de bonheur. Les deux suivants pour leur gentillesse, à laquelle il est difficile d'être insensible. Et puis, Meg et son chevalier servant sont vraiment mignons.
Les choses s'améliorent au fil de la lecture, les filles du Docteur March grandissent, elles découvrent l'amour, le chagrin, la force de l'amitié. Ça les rend plus humaines, plus proches de nous, elle ne sont plus exaspérantes à force d'être parfaites, chacune bien dans son rôle. C'est donc sur une note positive que s'est achevée ma lecture. J'ai lu que ce livre avait une suite, je pense me la procurer parce que je suis un peu restée sur ma faim.

22 décembre 2006

Histoires de Noël ; Bernard Clavel

2226118616Edition Armand Colin ; 192 pages.
12,50 euros.

" Voici le temps de Noël, le temps de tous les mystères, de tous les possibles... Les dix contes de Bernard Clavel, quels qu'en soient le lieu et l'époque, évoquent la justice retrouvée, la générosité qui se révèle, la solidarité simple et belle: Entre neige et feu de bois, tour à tour allégoriques et modernes, féeriques et inquiétantes, ces histoires prouvent combien la magique poésie des nuits de Noël sait nous émouvoir, encore et toujours. "

Que dire de plus ? Ces dix petites histoires se lisent d'une traite. La première histoire est assez déconcertante au début, puis la magie de Noël arrive pour nous rassurer. Ce petit livre est destiné aux grands enfants, il tente d'allier l'ambiance féérique de Noël et la dure réalité quotidienne des hommes et des femmes, de tous temps et de tous horizons.
Parce que quel que soit notre âge, notre lieu de vie, ou notre époque, nous avons besoin de retrouver l'espoir. Mais, comme parfois il nous faut de l'aide pour rêver d'un monde enchanté, Bernard Clavel a décidé de recréer pour nous nos illusions d'enfants. Chaque histoire commence mal, et même si toutes ne s'achèvent pas bien, leurs héros ont ressenti un peu de cette joie si vive qui nous prend le coeur en cette période de fête.
Mes histoires préférées sont Julien et Marinette, une histoire vue et revue, mais toujours aussi belle, et Les soldats de plomb, ou l'on assiste de façon totalement imprévue à la naissance du Père Noël.

14 décembre 2006

Coup de foudre à Bollywood (Bride and Prejudice) ; Réalisé par Gurinder Chadha

B0009839LU

Acteurs : Aishwarya Rai (Lalita), Martin Henderson (William Darcy), Daniel Gillies (Johnny Wickham), Naveen Andrews (Balraj), Namrata Shirodkar (Jaya).

Musique : Anu Malik.

Durée : 107 minutes.

" Mme Bakshi n'a qu'une seule idée en tête : marier les aînées de ses quatre filles - Jaya et Lalita. Mais pas n'importe comment ! Comme toute bonne mère, Mme Bakshi est exigeante : son futur gendre se doit d'être indien et surtout... riche. Mr. Balraj, leur nouveau voisin fraîchement revenu de Londres, ferait à ce titre un prétendant parfait pour Jaya, l'aînée. Sa soeur Lalita, quant à elle, tient tête à sa mère : elle ne se mariera que par amour. Lors d'une des nombreuses fêtes extravagantes offertes par les Bakshi et leur voisin, Lalita rencontre Darcy, le meilleur ami de Balraj. Il a tout pour plaire ou presque... Ce bel hôtelier n'a que deux défauts : il est américain et fiancé. Si Darcy tombe immédiatement sous le charme de la belle Lalita, les sentiments de celle-ci sont plus mitigés... "

Vous l'aurez compris en lisant le résumé, ce film s'est inspiré d'Orgueil et Préjugés. Je m'attendais à une comédie un peu folle et simplement amusante, en fait je me suis régalée. Le roman de Jane Austen n'est repris que pour la structure de l'histoire. Le film se passe essentiellement en Inde mais aussi aux Etats-Unis, à notre époque. Pour nos deux héros, ce sera surtout la barrière entre deux cultures qui sera difficile à franchir.
J'ai beaucoup aimé retrouver des scènes de l'adaptation BBC, les personnages du roman. Et je trouve les deux acteurs principaux sublimes. Même si mon coeur de fille battait davantage pour William Darcy, je comprend pourquoi Ashwarya Rai a été Miss Monde... Ce Darcy est Américain, il travaille, il sait bien jouer des poings. Et puis, c'est un sacré gaffeur aussi...
Johnny Wickham est tout aussi dépravé que dans le livre, mais pas de la même façon. Heureusement, Lakhi est seulement naïve, et non stupide comme dans le roman.
Mais il y a quand même un "Mr Collins" et une "Mme Bennet" pour embarrasser tout le monde. Et pas qu'un peu d'ailleurs... D'ailleurs, j'ai beaucoup ri de voir à quel point "Mr Collins" était tourné en ridicule dans les chansons, même s'il se calme quand il se marie.
La principal intérêt de ce film, ce sont toutes ces couleurs, cette musique, ces costumes, cette ambiance chaleureuse que l'on ne trouve pas dans les films hollywoodiens. Je n'avais jamais vu de film bollywoodien, je ne m'attendais pas du tout à ça.
J'aime beaucoup la scène où Lalita dit à William qu'elle refuse de l'épouser. La musique est sublime lorsqu'elle s'en va.
L'alternance entre des musiques orientales et plus classiques est parfaite, les scènes de rêve aussi. Et même si c'est une parodie, j'ai cru sans peine à ce conte de fée.

20 septembre 2006

Nord et Sud ; Elizabeth Gaskell

gaskell
Margaret Hale a vécu pendant longtemps à Londres, près de sa tante et de sa cousine, qui possèdent un train de vie élevé. Peu après le mariage de sa cousine, Magaret rentre à Heldstone, où se trouve le confortable mais humble presbytère de son père.
Celui-ci, peu après le retour de Margaret, décide de cesser son activité de pasteur, et de partir pour le Nord de l'Angleterre. Ce sera Milton, ville industrielle plongée en permanence dans la brume, qui accueillera la famille Hale. Mr Hale, par sa nouvelle activité d'enseignant, rencontre Mr Thornton, un patron manufacturier. De son côté, Margaret se lie d'amitié avec les Higgins, une famille de pauvres ouvriers. Elle ne tarde pas à ressentir de la compassion à leur égard, ce qui l'entraîne à avoir un regard impitoyable sur la classe des patrons. Mais dans le Nord, si la misère lui semble plus présente qu'ailleurs, elle lui fait surtout oublier que rien n'est soit noir soit blanc.

"C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre."

Ce livre m'a fait penser à Orgueil et Préjugés, en raison de la relation Margaret Hale/John Thornton, mais c'est beaucoup plus que cela. Elizabeth Gaskell, davantage que Jane Austen, ancre son histoire dans son époque. Si ses personnages principaux sont extrêmement bien étudiés et si leur relation est une part essentielle du roman, ils ne sont pas le seul intérêt du livre. Nous assistons à une grève ouvrière, à une confrontation d'idées entre patrons et ouvriers, à une dure réalité quotidienne. Et pourtant, ce livre se lit avec un immense plaisir, très facilement, et ne tombe jamais dans le rébarbatif.
On tombe presque immédiatement sous le charme de John Thornton, qui malgré sa mère envahissante, est un homme volontaire, travailleur et séduisant. Par moments, j'avais du mal à comprendre Margaret, sans doute parce que le monde du travail nous est aujourd'hui davantage familier que celui de la petite bourgeoisie anglaise du XIXème siècle. A eux deux, John et Margaret incarnent deux mondes totalement opposés, ce qui conduit à d'inévitables malentendus et même à de la rancune de part et d'autre.
Et la fin, que dire dessus à part qu'elle est tout simplement parfaite, drôle, sincère... Surtout quand on imagine Richard Armitage prononcer les mots écrits... Mais je ne veux pas gâcher votre plaisir, alors je ne vous en dis pas plus !!!

Edition Fayard ; 512 pages.
25 euros.

20 septembre 2006

Aziyadé suivi de Fantôme d'Orient ; Pierre Loti

41NH3E3Y6VLEdition Folio ; 406 pages.
7,50 euros.

Ce roman autobiographique raconte le voyage de Pierre Loti en Turquie, où il a rencontré l'un des amours de sa vie, Aziyadé. Cette jeune femme turque vit dans un harem, et c'est en croisant son regard depuis la rue que Loti en tombe amoureux. Aidé de son fidèle Samuel, il la reverra, et vivra un bref amour avec elle, avant de repartir, avec la ferme intention de revenir.

C'est Fantôme d'Orient qui nous raconte en détails le retour de Loti en Turquie. Celui-ci intervient des années plus tard, et "Stamboul" à changé. C'est sans le jeune Samuel, que Loti part à la recherche d'Aziyadé.

A travers ce livre, Loti nous dévoile combien il a aimé la Turquie, et surtout sa capitale, "Stamboul". Il nous parle de ses amis, Achmet, Samuel (qui l'aime éperdument), et surtout de cet amour perdu, mystérieux, Aziyadé. Tout le livre sans le mystère, on imagine sans peine les rues de "Stamboul", son atmosphère, les habitants de cette ville tant aimée de Pierre Loti. L'histoire, par son caractère autobiographique, est à l'image de ce dernier, pleine de non-dits (il semblerait que ce soit aussi en raison du caractère "choquant" de certaines choses pour l'époque où a été écrit le livre), de dissimulations (les noms ont parfois été changés, et sont difficiles à vérifier), un peu comme si Loti avait voulu se confier, sans trahir les personnages qu'il a aimés et à qui il pense avoir fait suffisamment de tort.

25 septembre 2006

Le Petit Prince ; Antoine de Saint Exupéry

Le_Petit_Prince_1_

Edition Folio Junior ; 95 pages.
5,50 euros.

"Un homme perdu au milieu du désert, suite à une panne d'avion, rencontre un étrange petit bonhomme, qui lui dis : "dessine moi un mouton." De là va naître une merveilleuse amitié. Le petit prince va raconter à l'aviateur d'où il vient, une autre planète, et sa traversée dans l'espace, pleine de découvertes et de fabuleuses rencontres. Chaque phrase de ce livre est pleine de douceur, de sincérité et de poésie. Un regard candide et drôle sur le monde des adultes. Après avoir lu ce livre, on regarde tous le ciel en espérant y apercevoir le petit prince et sa rose...

"Tu regarderas la nuit, les étoiles. C'est trop petit chez moi pour que je te montre la mienne. C'est mieux comme ça. Mon étoile, ça sera pour toi une des étoiles. Alors toutes les étoiles, tu aimeras les regarder."

19 janvier 2007

Dublinois ; James Joyce

2070385817Édition Folio ; 350 pages.
6,60 euros.

Lettre J Challenge ABC 2007 :

" Après la publication en 1907 de poésies de jeunesse, James Joyce publie en 1914 un recueil de nouvelles commencé dès 1902. Il s'agit de Dublinois. Quelle surprise pour les lecteurs de découvrir ces quinze nouvelles, si sages, si classiques, si claires. Dans ce livre, Joyce décrit, avec un sens profond de l'observation, les moeurs de la bourgeoisie irlandaise, l'atmosphère trouble et le destin tragique de la société de l'époque. Les thèmes favoris de Joyce, l'enfance, l'adolescence, la maturité, la vie publique sont ici incarnés par divers types d'habitants de Dublin, « ce cher et malpropre Dublin » que Joyce aimait tant. "

James Joyce est un auteur qui fait peur, comme l'a très bien dit Allie. Son nom est associé au monstre de 1171 pages qu'est Ulysse, ce qui a en effet de quoi en rebuter plus d'un. Dans ma tête, j'ai toujours associé Virginia Woolf et James Joyce, parce qu'il sont nés et morts la même année. C'est pourtant une simple coïncidence si j'ai débuté Dublinois et la biographie de Virginia Woolf le même jour. En lisant le livre de Nigel Nicolson, je me suis en fait aperçue qu'ils n'avaient eu presque aucune relation, à part lorsque Virginia Woolf a refusé d'éditer Ulysse, qui ne lui plaisait pas. Ca, c'était pour la petite histoire.

Pour mon challenge, j'ai décidé de m'attaquer à James Joyce, et comme il faut y aller en douceur avec moi, j'ai choisi Dublinois, ou Gens de Dublin. Il s'agit d'un recueil de quinze nouvelles qui mettent en scène des hommes, des femmes, des enfants dans leur vie de tous les jours. Les thèmes récurrents de la littérature irlandaise sont présents, l'alcoolisme, la misère, la mort, le sexe avant le mariage, l'envie de s'exiler malgré l'attachement sincère à la patrie. James Joyce parle d'une façon très simple des Dublinois, et c'est ce qui fait le charme de ce recueil.
D'un autre côté, j'ai été très surprise par l'écriture de Joyce, dont la simplicité est volontairement trompeuse. Elle frôle par moments la monotonie tellement le rythme de la lecture est monocorde. A de nombreuses reprises, j'ai dû relire des passages que j'avais lu sans concentration. C'est une volonté de l'auteur, pour servir le contenu du livre. Les choses suivent leur cours, les heures passent dans cet univers, et comme dans la vraie vie, nous avons parfois besoin de nous déconnecter de cette réalité.
L'impression que nous laisse James Joyce sur Dublin est celle d'une ville où la vie n'est pas plus facile sinon plus dure qu'ailleurs. Chacun tente de faire sa vie comme il peut, avec des scrupules ou non. Et comme partout, il y a des gagnants et des perdants, des envieux et des déçus.
Je ne sais pas trop quoi penser de ce livre, j'ai eu du mal à le lire . Les premières nouvelles s'avalent très rapidement. Mais j'ai eu l'impression d'être dans un état comateux vers le milieu. Cette atmosphère de Dublin est lourde et encore une fois, monotone. En fait, je pense qu'il faut lire ce livre tranquillement pour l'apprécier vraiment, ce que je n'ai pas fait.

9 décembre 2006

La note sensible ; Valentine Goby

207031331X

Edition Folio ; 242 pages.
6,60 euros.

" Je n'ai jamais connu de vous qu'un univers sonore, où dominaient Mozart et votre violoncelle. Vous jouiez. Les voix chantaient. J'écrivais. Votre musique est dans ce manuscrit. A vous entendre, j'ai eu peur de vous aimer. Je vous ai fui. J'ai écrit ce qui aurait pu être notre histoire. Ne me demandez pas pourquoi. Je ne vous demande pas pourquoi vous avez joué pour moi du violoncelle, chaque soir, pendant des mois. Quand vous aurez terminé votre lecture, je serai nue devant vous, et pourtant moins vulnérable qu'au soir du 15 octobre. Je n'aurai plus rien à dissimuler, pas même de l'amour. "

Ceci est un extrait de la lettre qu'Inès écrit à son voisin Vendello, pour lui raconter leur histoire d'amour, ou plutôt celle qui aurait pu être. Parce que, " A mi-chemin entre ma chambre et la porte d'entrée, une latte a grincé " , écrit Inès. Et de là se sont créées deux Inès. Celle, la vraie, timide et rêveuse, qui n'a pas osé ouvrir la porte. Et puis celle qui l'a fait, qui vit sous la plume de la première.
C'est un joli petit rêve que nous raconte Valentine Goby, avec une écriture délicate. Il ne manque presque rien pour que je trouve ce roman plein de poésie. La musique, la peinture, le rêve sont bien présents. Et puis certains passages sont vraiment très beaux. Je pense que Valentine Goby a juste besoin d'un petit rien pour que son écriture soit pleine de la sensibilité que je cherchais dans ce livre. Mais c'est aussi ma faute, je voulait vraiment adorer ce roman, toutes les critiques étaient fantastiques. J'avais vraiment envie d'une héroïne plus naïve plus enfantine. En écrivant je réalise qu'elle l'est en fait. Celle que je trouve attachante, c'est celle qui écrit la lettre. Celle qui appartient à un rêve ne peut pas être une rêveuse timide, puisqu'elle ose ouvrir la porte. Elle a forcément plus d'assurance, même si parfois elle se laisse aller à quelques faiblesses, quelques rêves, et redevient elle même (la vraie Inès). Parce que l'on ne peut pas être ce que l'on voudrait être, ce qui n'est pas nous, ou alors pas longtemps, on ne peut être que soi même. Alors dans l'histoire d'amour rêvée, Inès et Vendello sont deux parts d'Inès. L'une qui s'invente une identité qui n'est pas la sienne, et l'autre qui la démasque. Et Inès, la vraie, ne peut avouer ce qu'elle est, ce qu'elle ressent, qu'avec une lettre pleine de poésie et d'espoirs simples. 

" - Tu es le demi-ton. Tu es l'entre-deux, la note suspendue, l'équilibre fragile. Tu es le vacillement qui contient la chute, tu es le fa dièse qui frôle le sol, un presque sol ; tu es la défaillance retenue d'extrême justesse, tu es le bord de l'abîme. Tu es tout ce qui pourrait être et qui n'est pas, tu es un possible. Tu es cette note en mouvement obligé vers une autre, qui voudrait se confondre avec elle et ne se confond pas. Tu es l'incertitude. Tu es la note sensible. "

J'espère que mon commentaire est intelligible, malgré mon évolution en cours de route...
Florinette a retranscrit la lettre dans son intégralité, et m'a fait découvrir ce livre.

31 décembre 2006

Bilan littéraire 2006

Un soir de juillet, sous une chaleur étouffante, j'ai tapé "Orgueil et Préjugés" sur Google, et je suis tombée sur La Bibliothèque d'Allie. C'est comme ça que j'ai découvert qu'un blog, ce n'était pas toujours raconter sa vie (et éventuellement celle des autres) sans aucune pudeur. Puis, l'idée de créer un blog à mon tour a commencé à germer dans ma tête.

En septembre, quand j'ai commencé ce blog, je ne savais pas trop si j'allais le continuer longtemps. Certes, il n'a que trois mois et demi, mais il m'a déjà apporté beaucoup de choses et m'a permis de rencontrer des personnes avec lesquelles parler "bouquins" n'est pas barbant du tout. J'ai pu, grâce à vous, découvrir de nouveaux auteurs, acheter des livres presque les yeux fermés, et surtout échanger mon point de vue sur des lectures communes.

Tout ce blabla inutile pour en venir au fait que je vais faire mon bilan littéraire de l'année. Qui est plein de merveilles en grande partie grâce à vos bons conseils. 

Certains livres présentés sur mon blog ont été lus plusieurs fois en 2006 mais je ne les compte pas. D'autres livres (notamment les BD's) sont comptabilisés sans avoir fait l'objet d'une critique.

Nombre de livres lus : 101.

Les coups de coeur (il y en a eu d'autres, mais cela risquerait de faire un peu chargé) :

Austen Jane : Tous ses livres sont incontournables. Pour leur légèreté, leur humour, qui n'ont pas pris une ride en deux cents ans. Auteur de l'année avec E.M. Forster. Meilleure surprise de l'année avec Orgueil et Préjugés.

Brontë Charlotte : Jane Eyre. S'il fallait n'en retenir qu'un, ce serait celui-là (heureusement, je ne suis pas face à ce choix cornélien).

Dickens Charles : Un chant de Noël. Parce que l'on se souvient de son innocence en le lisant. Livre jeunesse de l'année.

Forster E.M. : Maurice et Avec vue sur l'Arno. Pour leur charme, pour leur bousculement des conventions, pour tout je crois. L'un de mes deux auteurs de l'année avec Jane Austen.

Gaskell Elizabeth : Nord et Sud. Pour ses héros, pour la confrontation de deux mondes qui tentent de s'imposer, de se comprendre. Difficile d'expliquer ses coups de coeur...

Gavalda Anna : Ensemble, c'est tout. Parce que la surprise causée par ce livre a été excellente. Pour son humour et son humanité.

O'Faolain Nuala : Chimères. Encore une fabuleuse surprise. Impossible de dire avec précision ce qui m'a tant plu.

Tremblay Michel : La nuit des princes charmants. Pour son titre et son côté enchanté.

Wilde Oscar : Le fantôme de Canterville. Pour son humour, pour son charme encore une fois.

Les déceptions :

Coben Harlan : Juste un regard. J'ai été très déçue alors que j'avais adoré ses précédents livres.

Coelho Paolo : Le Zahir. Je ne suis pas prête à ouvrir de nouveau un livre de cet auteur. Premier livre de l'année que je n'ai pas fini. J'en suis sortie écoeurée.

Jaenada Philippe : Vie et mort de la jeune fille blonde. Je n'ai pas du tout accroché au style, et n'ai pas eu la moindre indulgence quant au contenu du livre.

James Henry : Le menteur. Je n'aime pas les livres où je ne ressens aucune sympathie pour les principaux personnages, ou alors il faut être très doué (cf. Lady Susan).

Roegiers Patrick : La géométrie des sentiments. Parce que pour moi, art et vulgarité ne vont pas ensemble.

La plus belle couverture de l'année :

Les Heures

Cunningham Michael ; Les Heures.

Dans l'ensemble, 2006 a été une excellente année de lecture. J'espère que 2007 me réservera autant de belles surprises...

Les auteurs à suivre :

Besson Philippe.
Brontë Charlotte.
Gaskell Elizabeth.
Gavalda Anna.
Ishiguro Kazuo.
McCauley Stephen.
Morgan Robert.
O'Faolain Nuala.
Tremblay Michel.
Wilde Oscar.
[...]

27 septembre 2006

Trajets et Itinéraires de l'oubli ; Serge Brussolo

2070426718"Une fois par semaine, Georges s'aventure dans le Musée, monstruosité architecturale et labyrinthe à la fois fascinant et cauchemardesque. Il passe de salle en salle, d'escalier en escalier, à la recherche de sa femme partie en faire l'inventaire trois ans plus tôt. Quels secrets lui a-t-elle cachés ? Quels mensonges l'ont conduite à se perdre sans espoir de retour dans ce gigantesque piège ?"

Je vous préviens tout de suite, je ne connais absolument rien à la science-fiction. C'est parce qu'un ami me l'avait conseillé que j'ai lu ce livre. C'est cru, c'est glauque, mais j'adore... On est totalement plongé dans un autre monde. Ce musée où travaille la femme de Georges, on se demande bien ce qu'il renferme. Et cette relation de couple calamiteuse, Georges à la fois amoureux de sa femme, à moins qu'il n'ait le sentiment d'être son père, mais qui veut se venger quand elle le plante, à la première occasion. Cette femme qui se laisse exister, mais qui n'a aucun goût pour la vie, sauf lorsqu'elle se trouve face à elle. C'est court, une simple nouvelle, mais ça donne envie de lire d'autres ouvrages de cet auteur.

19 décembre 2006

L'amour ; Marguerite Duras

2070385531Edition Folio ; 130 pages.
5,10 euros.

" Texte d'une extrême concision et d'une gravité intense. La figure indécise d'une femme enceinte et de deux hommes (l'un est venu pour se tuer), sur une plage éclairée par S. Thala, une ville en flammes. Plus hiératique qu'énigmatique. "

C'est là que les choses se compliquent, parce que je n'ai rien, mais alors rien compris. C'est une lecture assez sympathique, rapide. Mais alors que les personnages principaux sont toujours les trois mêmes, on a l'impression d'en rencontrer des nouveaux à chaque page ou presque. Où cela se passe t-il ? A S. Thala. Ne me demandez pas ce que "S." signifie, je n'en ai pas la moindre idée.
Parfois on pense que c'est une ville au bord d'une rivière, puis une prison, puis le terrain de jeu d'un pyromane. Ou simplement un souvenir... Mais un souvenir de quoi alors ? Euh... là non plus je ne peux pas vous répondre. J'ai cru que c'était le lieu de souvenirs agréables, mais l'abandon semble le marquer.
Et puis, ces personnages, qui sont-ils ? Se connaissent-ils ? Ont-ils vécu une histoire d'amour ? Quel lien les unit ? Pourquoi "le voyageur" voulait-il se tuer ? En quoi la présence de "la femme" a pu le dissuader de se tuer ? Mais ne sont-ils pas déjà morts ?
A chaque fois que l'on pense tenir une réponse, la page suivante vient la contredire.
Bref, une lecture qui tient en haleine en raison de sa brièveté et de son rythme soutenu, mais aussi un roman qui me laisse perplexe, et que j'aurais tôt fait d'oublier.

14 novembre 2006

Les Colombes du Roi Soleil Tome 1 : Les comédiennes de monsieur Racine ; Anne-Marie Desplat-Duc

2081630397

Edition Flammarion ; 200 pages.
10 euros.

"Dans la Maison Royale de Saint-Louis tenue par Madame de Maintenon, quatre jeunes filles se voient offrir des rôles dans une pièce expressément écrite pour les collégiennes par le célèbre Jean Racine. Elles ont ainsi l'occasion inespérée de jouer devant le roi Soleil, la cour et ses courtisans. Chacune découvre peu à peu sa vocation. -- Un roman léger prétexte à la description de la vie quotidienne ainsi que des us et coutumes des pensionnaires de cette école de Saint-Cyr, non loin de Versailles, qui recueillait et éduquait les demoiselles par charité au 17e siècle."

Je suis tombée sur ce livre un peu par hasard, en cherchant Coup de Gigot. Les couvertures des quatre tomes qui composent cette histoire m'ont interpelée, car je suis une vraie amatrice de belles robes et d'histoires de princesses. C'est un livre qui nous parle de quatre jeunes filles éduquées à Saint-Cyr, et qui sont sous la protection de Mme de Maintenon, et surtout de son époux, le Roi Soleil. Dans cette période troublée où la foi religieuse a une grande importance, nous avons Charlotte, huguenote arrachée à sa famille et forcée à abjurer sa foi, le Roi Soleil étant très dur à l'égard des protestants. Il s'agit d'une jeune fille rebelle, pleine de convictions, ce qui effraie parfois ses amies. Nous avons également Hortense, qui songe à vouer sa vie au Dieu des catholiques, jusqu'à ce qu'un événement la détourne de cet objectif. Isabeau, quant à elle, veut retrouver sa jeune soeur, Victoire, et désire enseigner. Enfin, Louise, qui est une jeune orpheline qui ignore la raison pour laquelle elle a été admise à Saint-Cyr, et surtout qui ne sait rien sur sa famille.
Lorsque M. Racine vient à Saint-Cyr avec une pièce de théâtre qu'il a composée pour "les colombes de Roi Soleil", l'excitation est à son comble, et chaque jeune fille ne rêve plus que de se faire remarquer par le roi. Cependant, toutes ont conscience que des hommes les considérant comme de potentielles épouses viendront les admirer. Parmi eux, certains sont âgés et ne rêvent que de bonne chair. Le langage employé dans ce livre est certainement beaucoup plus cru qu'il ne l'était dans la réalité. Cependant, les questions religieuses, de la condition d'épouse à la fin du XVIIe siècle, les intrigues de la Cour sont très bien retranscrites, avec pédagogie et humour. Les jeunes filles sont attachantes, d'ailleurs comment ne pas se sentir proche de ce groupe d'amies qui s'interrogent sur leur avenir, leurs racines, l'amour, comme toutes les adolescentes de notre époque ?
Je suis charmée par ce premier tome, et je compte bien lire la suite des aventures des "colombes du Roi Soleil". 

27 novembre 2006

Demain, dès l'aube... Victor Hugo

Aujourd'hui, je vous mets le très célèbre et superbe poème de Victor Hugo, Demain, dès l'aube... C'est l'un des poèmes écrits pour sa fille Léopoldine, morte prématurément.
Pour la photo, n'ayant pas de photo d'Harfleur, je vous mets Etretat, l'une des plus jolies villes de la côte normande que je connaisse...

etretat

"Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends.
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne.
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps.

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit.

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe,
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur."

Extrait de Les Contemplations ; Victor Hugo.

26 octobre 2006

La lanterne des morts ; Frédéric H. Fajardie

2709628155

Edition JC Lattès ; 426 pages.
19 euros.
(la version poche devrait sortir d'ici quelques mois je pense)

"Héros de la guerre d'Amérique mais banni par Louis XVI, Joachim Valencey d'Adana et ses amis sont rappelés de leur exil par la Révolution aux abois attaquée sur toutes les frontières. Il sait qu'en France se trouve Victoire, celle dont il partageait l'amour. Dans un Paris méconnaissable voué à la Révolution, Robespierre, qu'il a jadis sauvé, l'envoie en Vendée avec ses 714 compagnons. La Vendée où, justement, le comte de Blacfort, qui a tué son père et décimé presque tous ceux qu'il aimait, est devenu général royaliste. Il s'y déroule la plus horrible des guerres civiles. On se crucifie sur les portes d'églises, on achève les blessés, on torture, on mutile. Valencey d'Adana essaie de ne pas trahir son esprit chevaleresque et tient tête aux royalistes. Il ignore que Victoire, tour à tour captive et chef de bande, tente, au milieu de mille dangers, de traverser les lignes des deux armées pour le rejoindre. Entre Valencey d'Adana et Blacfort, la lutte est d'autant plus vive qu'ils furent amis d'enfance. L'un se réclame de la liberté et des Lumières, l'autre est un féodal, cruel et cynique. Et pourtant, ils se cherchent... L'auteur des Foulards rouges met en scène des héros plus romanesques que jamais, qui font merveille dans une guerre de bocage, de brouillards, de chemins creux, daubes incertaines. Avec F. H. Fajardie, le roman d'aventures historique a encore de beaux jours devant lui."

Voici la suite de La Tour des Demoiselles qui m'avait tant plu il y a quelques semaines. Je l'ai dévorée avec un immense plaisir. Quel bonheur de retrouver Joachim, Mahé, Victoire, et même Gréville... Dès le début du livre, on est happé dans cette histoire. On y apprend que Joachim, qui était si résolu à épouser Victoire à la fin du premier tome, n'a pas pu réaliser ses plans de la façon qu'il aurait désiré. Le Comte de Blacfort est bien là, symbolisant les atrocités de la guerre civile pendant la Révolution. Viols, massacres, pillages, tout ceci est décrit de façon assez crue, sans pour autant être choquante. L'ombre de la Terreur et de la guillotine planent autour de tous les personnages. Et dans ce livre également, les personnages historiques comme Robespierre sont présents de façon tout à fait acceptable. Frédéric Fajardie a visiblement étudié le personnage, afin de lui donner un rôle qu'il aurait pu jouer (sa grande clairvoyance sur son avenir, ses idées d'une fermeté absolue pour ce qui concerne la politique à mener), en s'affranchissant de l'image monstrueuse que la mémoire populaire garde de lui.

Mais je vous avoue quand même que c'est surtout le désir de savoir ce qui allait se passer entre Victoire et Joachim qui m'a poussé à lire cette suite. On enrage à chaque fois qu'ils se frôlent, et on espère pour eux que la chance tourne...

" - Imaginez-vous la scène... Au pied de l'échafaud, M. de Malesherbes butte sur un pavé, manque de tomber, se tourne vers le boureau qui l'a retenu et lui dit : "Voilà ce qui s'appelle un mauvais présage ; un Romain, à ma place, serait rentré chez lui."

On rit, malgré tout, et c'était souligner la supériorité de l'esprit sur toute chose, même la mort, en cela que, si elle a le dernier acte, il a le dernier mot ! "

19 novembre 2006

Comme une vallée de larmes ; Robert Morgan

2253113654

Edition Le Livre de Poche ; 406 pages.
6,95 euros.

"Lorsque Julie Harmon quitte sa ferme des Appalaches, elle n'a que 17 ans. Elle a déjà vu son petit frère mourir dans ses bras, soigné son père et assisté, impuissante, à sa fin. Il lui reste sa mère et ses trois soeurs pour s'occuper de la ferme mais, depuis l'enfance, c'est elle qui fait marcher la maison. Quand elle rencontre Hank, elle tombe aussitôt amoureuse de lui : il est beau, il a de larges épaules, il est fort et saura l'aimer. Car, pour subsister dans un monde qui ne leur épargnera aucune souffrance, seul l'amour pourra les préserver du chaos et de la folie... Avec Julie Harmon, Robert Morgan a créé un superbe personnage de femme."

Ce livre est un nouveau coup de coeur. Je ne lis pratiquement jamais d'histoires comme celle-ci, mais là j'ai énormément aimé le dépaysement procuré par ce livre. On a l'impression d'être dans les Appalaches avec Julie et Hank, on entend le vent souffler dans les arbres, on voit la grange à côté de la rivière. Julie et Hank ont une vie très dure, Hank est parfois vraiment horrible avec sa femme, mais ces deux-là on une volonté de fer, et malgré tout, on sent qu'ils s'aiment. C'est l'histoire de deux enfants qui tombent amoureux et qui pensent que tout va aller pour le mieux. C'est aussi celle de deux être aux mentalités très éloignées de la nôtre, et dont les préoccupations sont beaucoup moins superficielles que les nôtres. Les pages défilent sans qu'on s'en aperçoivent, et à la fin du livre, j'ai ressenti la même résignation que Hank et Julie, le même espoir ou plutôt la même certitude que quoi qu'il arrive, tout irait bien ou pas trop mal.

20 novembre 2006

Je me souviens de la bohême ; Francis Carco

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Aujourd'hui, j'ai envie de partager avec vous ce petit poème que j'avais recopié sur un cahier quand j'étais au lycée. J'espère ne pas avoir fait de fautes...

"Je me souviens de la bohême,
De mes amours de ce temps là !
Ô mes amours j'ai trop de peine
Quand refleurissent les lilas...
Qu'est-ce que c'est que cette antienne ?
Qu'est-ce que c'est que cet air là ?
Ô mes amours, j'ai trop de peine...
Le temps n'est plus de la bohême.
Au diable soient tous les lilas !
Il pleut dans le petit jour blême.
Il pleut, nous n'irons plus au bois.
Toutes les amours sont les mêmes,
Les morts ne ressuscitent pas.
Un vieil orgue, comme autrefois,
                                              Moud, essoufflé, "la Marjolaine".
                                              Ô mes amours de ce temps-là.
                                              Jamais les mortes ne reviennent.
                                              Elles dorment sous les lilas
                                              Où les oiseaux chantent ma peine.
                                              Sous les lilas qu'on a mis là...
                                              Les jours s'en vont et les semaines :
                                              Ô mes amours, priez pour moi."

Extrait de Mortefontaine ; Francis Carco.

22 octobre 2006

Fiancés sans amour ; Barbara Cartland

2290354368

Edition J'ai Lu ; 281 pages.
5 euros.

"Plutôt la mort!" murmure Aline Camberley face aux flots noirs de la Tamise, mais dans la nuit un bras vigoureux la retient, une voix chaude l'interroge. Pour une fois, lord Dorrington, ce frivole dandy, est ému. Oui, à dix-sept ans, l'exquise et pure Aline se voit contrainte par sa mère d'épouser le richissime prince Ahmadi, qui ne lui inspire que dégoût et crainte. Une crainte légitime car Ulric Dorrington connaît les mœurs dépravées de ce seigneur persan. Alors Ulric décide d'enlever l'adolescente, de la cacher dans un manoir lointain. Aventure folle, illégale... et périlleuse ! Le prince Ahmadi n'est pas homme à accepter sans réagir pareille humiliation..."

Vous devez vous demander quelle mouche m'a piquée, pour que j'aille ainsi chercher un livre au rayon "Littérature Passion"... En fait, c'est parce que j'ai lu un article où Barbara Cartland était présentée comme un héritière de Jane Austen. Le gros avantage de ce livre, c'est qu'il se lit très vite. Ainsi, je l'ai terminé, ce qui me permet d'avoir une vue d'ensemble. Barbara Cartland est l'auteure la plus lue au monde, mais cela s'explique certainement beaucoup plus par le nombre de livres qu'elle a écrit, et par le contenu de ceux-ci (une belle histoire d'amour qui se passe au temps des contes de fées et qui s'achève merveilleusement), que par ses talents d'écrivain. J'ai beaucoup ri au cours de ma lecture, mais ce n'était sans doute pas volontaire de la part de l'auteure. Il y a un passage que j'aime particulièrement, où le méchant se fait traiter de "vil pourceau" par le héros, avant de se faire fouetter. Ecrire "Vous aimez les battre : eh bien à votre tour maintenant ! ", il fallait oser. Certes, je sort la phrase de son contexte, et je me suis plue à imaginer une scène sadomasochiste un peu exagérément, il n'empêche que cette scène est d'un ridicule achevé. Barbara Cartland tente de donner un cadre historique à son livre. La description des costumes, l'introduction de personnages qui ont réellement existé y servent. Cependant, mélanger la passion de l'époque pour l'Italie avec des histoires de réincarnation, ainsi qu'avec la "légende" selon laquelle il n'y aurait qu'un seul homme invincible à l'épée par siècle (je vous laisse imaginer de quel personnage du livre il s'agit...), c'est un peu énorme. Ce qui m'a le plus gênée est le fait que Barbara Cartland reprenne les stéréotypes de l'époque de son livre pour expliquer la cruauté et les moeurs du prince (violent, à la limite de la polygamie, avec un caractère sauvage). A plusieurs reprises, les héros se basent sur ce qu'ils ont lu sur les Orientaux pour expliquer le caractère du prince. Si ce n'est pas forcément totalement faux, c'est du moins très simpliste et généralisateur au possible. Attention, je n'accuse pas l'auteure de racisme (je ne rentrerai pas dans ce genre de débat ici), seulement d'avoir choisi la voie de la facilité pour construire le personnage du méchant. Voilà donc ma première approche du roman "passion". Je pense que ça en vaut la peine, pour se rendre compte, d'en lire au moins un dans sa vie. 

19 septembre 2006

Ensemble, c'est tout ; Anna Gavalda

2290343714

Edition J'ai Lu ; 573 pages.
7,60 euros.

" Et puis, qu'est-ce que ça veut dire, différents ? C'est de la foutaise, ton histoire de torchons et de serviettes... Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c'est leur connerie, pas leurs différences... " Camille dessine. Dessinais plutôt, maintenant elle fait des ménages, la nuit. Philibert, aristo pur jus, héberge Franck, cuisinier de son état, dont l'existence tourne autour des filles, de la moto et de Paulette, sa grand-mère. Paulette vit seule, tombe beaucoup et cache ses bleus, paniquée à l'idée de mourir loin de son jardin. Ces quatre là n'auraient jamais dû se rencontrer. Trop perdus, trop seuls, trop cabossés... Et pourtant, le destin, ou bien la vie, le hasard, l'amour -appelez ça comme vous voulez -, va se charger de les bousculer un peu. Leur histoire, c'est la théorie des dominos, mais à l'envers. Au lieu de se faire tomber, ils s'aident à se relever."

J'ai ouvert ce livre, sceptique.

Je l'ai refermé, conquise.

L'écriture est fluide, c'est drôle, touchant, captivant, vraiment très agréable ! Ce livre raconte l'histoire de Camille, jeune femme un peu pommée, trop maigre, qui adore le dessin, mais doit gagner sa vie en tant que femme de ménage. Elle se lie d'amitié avec Philibert, jeune homme issu de la noblesse qui ne possède plus que ses titres, passionné d'histoire et qui vit de la vente de cartes postales. Il partage son immense appartement rempli de meubles anciens fascinants avec Franck, cuisinier au langage très familier, qui change de copine tous les deux jours, mais qui s'occupe de Paulette, sa grand-mère, dont plus personne ne veut se soucier.

L'amitié qui va naître entre tous ces personnages va leur permettre de donner du sens à leur existence, de se sentir entouré. Ces quatre personnages pourraient presque être des gens que nous connaissons, ordinaires et pourtant exceptionnels les uns pour les autres. Un vrai coup de coeur !

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