La note sensible ; Valentine Goby
Edition Folio ; 242 pages.
6,60 euros.
" Je n'ai jamais connu de vous qu'un univers sonore, où dominaient Mozart et votre violoncelle. Vous jouiez. Les voix chantaient. J'écrivais. Votre musique est dans ce manuscrit. A vous entendre, j'ai eu peur de vous aimer. Je vous ai fui. J'ai écrit ce qui aurait pu être notre histoire. Ne me demandez pas pourquoi. Je ne vous demande pas pourquoi vous avez joué pour moi du violoncelle, chaque soir, pendant des mois. Quand vous aurez terminé votre lecture, je serai nue devant vous, et pourtant moins vulnérable qu'au soir du 15 octobre. Je n'aurai plus rien à dissimuler, pas même de l'amour. "
Ceci est un extrait de la lettre qu'Inès écrit à son voisin Vendello, pour lui raconter leur histoire d'amour, ou plutôt celle qui aurait pu être. Parce que, " A mi-chemin entre ma chambre et la porte d'entrée, une latte a grincé " , écrit Inès. Et de là se sont créées deux Inès. Celle, la vraie, timide et rêveuse, qui n'a pas osé ouvrir la porte. Et puis celle qui l'a fait, qui vit sous la plume de la première.
C'est un joli petit rêve que nous raconte Valentine Goby, avec une écriture délicate. Il ne manque presque rien pour que je trouve ce roman plein de poésie. La musique, la peinture, le rêve sont bien présents. Et puis certains passages sont vraiment très beaux. Je pense que Valentine Goby a juste besoin d'un petit rien pour que son écriture soit pleine de la sensibilité que je cherchais dans ce livre. Mais c'est aussi ma faute, je voulait vraiment adorer ce roman, toutes les critiques étaient fantastiques. J'avais vraiment envie d'une héroïne plus naïve plus enfantine. En écrivant je réalise qu'elle l'est en fait. Celle que je trouve attachante, c'est celle qui écrit la lettre. Celle qui appartient à un rêve ne peut pas être une rêveuse timide, puisqu'elle ose ouvrir la porte. Elle a forcément plus d'assurance, même si parfois elle se laisse aller à quelques faiblesses, quelques rêves, et redevient elle même (la vraie Inès). Parce que l'on ne peut pas être ce que l'on voudrait être, ce qui n'est pas nous, ou alors pas longtemps, on ne peut être que soi même. Alors dans l'histoire d'amour rêvée, Inès et Vendello sont deux parts d'Inès. L'une qui s'invente une identité qui n'est pas la sienne, et l'autre qui la démasque. Et Inès, la vraie, ne peut avouer ce qu'elle est, ce qu'elle ressent, qu'avec une lettre pleine de poésie et d'espoirs simples.
" - Tu es le demi-ton. Tu es l'entre-deux, la note suspendue, l'équilibre fragile. Tu es le vacillement qui contient la chute, tu es le fa dièse qui frôle le sol, un presque sol ; tu es la défaillance retenue d'extrême justesse, tu es le bord de l'abîme. Tu es tout ce qui pourrait être et qui n'est pas, tu es un possible. Tu es cette note en mouvement obligé vers une autre, qui voudrait se confondre avec elle et ne se confond pas. Tu es l'incertitude. Tu es la note sensible. "
J'espère que mon commentaire est intelligible, malgré mon évolution en cours de route...
Florinette a retranscrit la lettre dans son intégralité, et m'a fait découvrir ce livre.
Commentaires sur La note sensible ; Valentine Goby
- Lilly, tu dévores combien de livres par jour ? C'est impréssionnant !
Concernant Valentine GOBY, je te fais confiance et vais acheter ce livre de ce pas mais je suis en train de finir "La mémoire des murs" de Tatiane de Rosnay (après avoir lu "Spirales" du même auteur). Je te donnerai donc mon avis dès que possible. - Lilly, tu dévores combien de livres par jour ? C'est impréssionnant !
Concernant Valentine GOBY, je te fais confiance et vais acheter ce livre de ce pas mais je suis en train de finir "La mémoire des murs" de Tatiane de Rosnay (après avoir lu "Spirales" du même auteur). Je te donnerai donc mon avis dès que possible. - "j'ai eu peur de vous aimer..."
C'est magnifique!
Et ce qu'écrit Ines, aussi..."tu es un possible..."
Mais c'est que ça m'en fais trop à acheter...je veux dire, pour le poids!!!
Je pars pour ma France le 22 et je vous laisserai un mess. sur mon blob.
Je continue à écrire pour Lilly... et si tu vas y voir, tu vois la suite, non ,plutôt ce qui précède... la montée des petits vers la Borie.
Je m'amuse beaucoup à ce petit jeu d'ëcriture.
Oh! écriture qui libère...
Dis-moi...tu écris toi?
Gros poutouss, Lilly "enigmatic" et lointaine et...toute proche par l'écriture.
Bravo pour ton blog.
C'est que tu proposes...rien que du très bon!
Bise - Patch : Et oui, tout le monde craque ;D
Laurent : En fait, ces derniers temps, je lis assez peu... Certaines blogueuses sont beaucoup plus atteintes que moi !
Sinon, j'espère que ce livre te plaira. Il faut que je lise un livre de Tatiana de Rosnay, j'aime beaucoup son blog, et toutes les critiques que j'ai lues sur les blogs sont positives.
Lulu : Oui, certains passages sont très beaux. Je lis tous les jours ton blog, même si je ne laisse pas forcément de messages.
Non, je n'écris pas du tout en dehors de ce blog, en fait lecture et écriture sont des choses totalement séparées pour moi. Et merci beaucoup pour tous tes encouragements, ils me vont droit au coeur
Mélanie : quelque chose me dit qu'en plus, c'est un livre qui devrait te toucher particulièrement, d'après ce que j'ai pu apprendre de toi sur ton blog.

















