2253082791

Edition Le Livre de Poche ; 152 pages.
5,50 euros.

" Les " créatures de la terre " sont des êtres ordinaires confrontés aux situations élémentaires de la vie, et qui peuvent révéler des gouffres de méchanceté ou de bêtise, aussi bien que des trésors de bonté. Allez savoir... John McGahern nous offre, à travers trois nouvelles, une série de portraits hauts en couleur : deux vagabonds capables de tuer des animaux innocents, sans même savoir pourquoi ils le font ; deux policiers chargés d'arrêter l'homme qui leur offrait, en toute amitié, des billets pour la coupe de l'Ulster ; trois frères contraints d'assister aux obsèques d'un oncle qu'ils détestaient... Prenant prétexte de situations simples sinon banales, le grand romancier irlandais explore les thèmes de la solitude, de l'abandon, de l'incompréhension entre les êtres. Bien que sa vision du monde soit sombre, son humour et son exceptionnel talent de conteur éclairent ces récits d'une lumière contrastée comme celle qui ennoblit les paysages d'Irlande. "

C'est Yvon qui m'a conseillé cet auteur. Oui, en ce moment, j'achète beaucoup de livres grâce aux critiques que j'ai lues... Bref, donc, j'ai lu ce recueil de nouvelles, et j'ai beaucoup aimé. Le rythme est assez lent, mais l'atmosphère rappelle bien l'Irlande embrumée, les paysages de campagne, les tourbières, l'herbe très verte, les moutons. Chacune des nouvelles nous donne le sentiment de débarquer au milieu de l'histoire, notamment la deuxième, où l'on comprend ce qui se passe seulement vers la fin. Finalement, ces gens sont un peu comme nous, ils vivent leur vie, n'ont rien d'extraordinaire, mais nous la font quand même un peu partager. Puis, ils ressortent de notre lecture, comme ça, sans nous dire comment l'histoire finira. L'auteur nous donne une vision assez pessimiste du monde, des hommes surtout, qui agissent sans scrupules, qui n'hésitent pas à manipuler ou à céder à la cruauté et à l'hypocrisie. Cependant, j'ai beaucoup apprécié l'écriture pleine de poésie et de piquant d'une certaine manière de John McGahern.