226402382110/18 ; 379 pages.
1813.

Je débute mon blog par ce livre, car c'est celui qui m'a révélé combien la littérature anglaise était pleine de merveilles. Je l'ai lu totalement par hasard, sans savoir qu'il avait été adapté quelques mois auparavant seulement par Joe Wright. J'ai un peu peiné avec le début, je ne lisais plus vraiment de romans qui n'étaient pas des romans de plage depuis un an, mais lorsque je l'ai repris, je n'ai pas pu éteindre avant trois heures du matin. Je suis rentrée de vacances déterminée à découvrir les autres romans de Jane Austen, et c'est ce que j'ai fait durant le mois qui a suivi.

L'histoire ? Les parents Bennet ont cinq filles. La loi ne leur permettant pas de léguer les biens paternels aux femmes, c'est un cousin éloigné, Mr Collins, qui héritera des terres de Mr Bennet. Mrs Bennet, qui ne vit que pour voir ses filles mariées aux hommes riches et beaux dont elle rêve, a donc un argument difficilement contestable sur lequel s'appuyer.
Lorsque Mr Bingley, gentleman du nord de l'Angleterre, qui possède "cinq mille livres de rente", arrive dans le voisinage, Mrs Bennet s'imagine immédiatement qu'il va tomber amoureux de l'une de ses filles. Ce sera Jane, l'aînée, qui attirera l'attention du beau jeune homme. Mais ce dernier n'est pas venu seul, et son ami Mr Darcy, voit d'un très mauvais oeil une union entre son ami, sur lequel il possède une grande influence, et une jeune fille, certes, très belle, mais dôtée d'une mère et de deux soeurs (les plus jeunes, Kitty et Lydia) ridicules, et n'ayant pas de revenus satisfaisants.

Lui même ne va pas tarder à trouver Elizabeth, la seconde des enfants Bennet, pleine d'attraits. Mais ce sera après s'être fait haïr d'elle, et les reproches que Mr Darcy fait à Jane Bennet sont également valables pour Elizabeth. Celle-ci, belle, intelligente et pleine de vie, est rebuttée par Mr Darcy au premier regard, et est déterminée à le dédaigner plus que n'importe qui d'autre. La fierté de l'un, les préjugés de l'autre, renforcés par les événements qui se produisent, risquent de gâcher toute idée d'une relation entre nos deux héros.

Mais avec Jane Austen, ce n'est pas seulement une histoire d'amour, c'est aussi une habile description des personnages, de leur quotidien, une satyre de la société de la fin du XVIIIème siècle, de l'humour, des idées modernes, ce qui permet de ne pas tomber dans la mièvrerie, et de ne jamais s'ennuyer. Le milieu dans lequel évoluent les Bennet est extrêmement restreint. Cela explique pourquoi l'arrivée de Mr Bingley constitue un tel événement dans le voisinage de Longbourn.
Orgueil et Préjugés n'est pas mon roman préféré d'Austen. Je l'aime pour ce qu'il symbolise dans mon parcours de lectrice. Il s'agit aussi d'un roman qui analyse la nature humaine de façon admirable, qui est très drôle, et dont la relecture permet de dégager de nouvelles pistes de lecture. Toutefois, Persuasion et Northanger Abbey trouvent davantage grâce à mes yeux. Leurs héroïnes me touchent plus, me semblent plus proches, tandis que je n'ai pas grand chose d'une Elizabeth Bennet (à mon grand désarroi).

Si vous avez aimé ce livre, je ne peux que vous conseiller de voir l'adaptation BBC qui a été faite en 1995, avec Colin Firth et Jennifer Ehle. Cette mini-série de cinq heures retrace fidèlement le livre, et est à mon sens, une pure merveille.