20 septembre 2006
Nord et Sud ; Elizabeth Gaskell
Edition Fayard ; 512 pages.
25 euros.
Margaret Hale a vécu pendant longtemps à Londres, près de sa tante et de sa cousine, qui possèdent un train de vie élevé. Peu après le mariage de sa cousine, Magaret rentre à Heldstone, où se trouve le confortable mais humble presbytère de son père.
Celui-ci, peu après le retour de Margaret, décide de cesser son activité de pasteur, et de partir pour le Nord de l'Angleterre. Ce sera Milton, ville industrielle plongée en permanence dans la brume, qui accueillera la famille Hale. Mr Hale, par sa nouvelle activité d'enseignant, rencontre Mr Thornton, un patron manufacturier. De son côté, Margaret se lie d'amitié avec les Higgins, une famille de pauvres ouvriers. Elle ne tarde pas à ressentir de la compassion à leur égard, ce qui l'entraîne à avoir un regard impitoyable sur la classe des patrons. Mais dans le Nord, si la misère lui semble plus présente qu'ailleurs, elle lui fait surtout oublier que rien n'est soit noir soit blanc.
"C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre."
Ce livre m'a fait penser à Orgueil et Préjugés, en raison de la relation Margaret Hale/John Thornton, mais c'est beaucoup plus que cela. Elizabeth Gaskell, davantage que Jane Austen, ancre son histoire dans son époque. Si ses personnages principaux sont extrêmement bien étudiés et si leur relation est une part essentielle du roman, ils ne sont pas le seul intérêt du livre. Nous assistons à une grève ouvrière, à une confrontation d'idées entre patrons et ouvriers, à une dure réalité quotidienne. Et pourtant, ce livre se lit avec un immense plaisir, très facilement, et ne tombe jamais dans le rébarbatif.
On tombe presque immédiatement sous le charme de John Thornton, qui malgré sa mère envahissante, est un homme volontaire, travailleur et séduisant. Par moments, j'avais du mal à comprendre Margaret, sans doute parce que le monde du travail nous est aujourd'hui davantage familier que celui de la petite bourgeoisie anglaise du XIXème siècle. A eux deux, John et Margaret incarnent deux mondes totalement opposés, ce qui conduit à d'inévitables malentendus et même à de la rancune de part et d'autre.
Et la fin, que dire dessus à part qu'elle est tout simplement parfaite, drôle, sincère... Surtout quand on imagine Richard Armitage prononcer les mots écrits... Mais je ne veux pas gâcher votre plaisir, alors je ne vous en dis pas plus !!!
Commentaires
Je ne connais pas ce livre, mais ta critique m'a donnée envie de le lire. donc, direction ma librairie...
Audrey : n'hésite surtout pas. Si tu aimes Austen, tu aimeras presque assurément ce livre ;)
hé, hé, il est déjà en commande. je donnerais mon avis quand je l'aurais lu.
Audrey : Bonne lecture en tout cas ;)
Celui-ci aussi, je note, je note. En fait, dès que tu fais allusion à Jane Austen, je note ;o)
Cuné : je t'en prie ;)
si tu aimes gaskell et austen
tu aimeras surement cet endroit: http://the-inn-at-lambton.cultureforum.net/index.htm
Camille : Merci, je connais ;)
Je viens de finir ce livre, j'ai vraiment adoré! Je partage tout ce que tu dis dans le commentaire! Merci pour le lien, c'est vraiment intéressant!
Blablabla : ça me fait plaisir de voir une autre fan de ce livre. Si tu trouves l'adaptation, elle est fabuleuse :o))
Bonjour Lilly :)
Es-tu en possession de ce livre ? Il est en rupture et Charlie Bobine qui est une bloggeuse canadienne le recherche avidemment et je pense que bcp d'autres souhaiteraient le lire.
Serais tu pour l'idée d'en faire un livre voyageur si tu l'as ?
Je vois que nous partageons un faible pour la littérature victorienne, et que vous avez un goût très sûr. Gaskell est très méconnue en France et c'est bien dommage. Elle figurait dans le Larousse jusqu'au début des années quatre-vingts, mais ne figure plus dans mon édition 2002.
Puisque vous êtes si bien partie, je suggère que vous jetiez un coup d'oeil à Trollope un de ces jours et, pour rester chez les dames anglaises, George Eliot. Le Moulin sur la Floss, c'est du bon.
Xavier Lechard : Je possède déjà plusieurs romans de George Eliot, mais je vais jeter un coup d'oeil à Trollope. Merci de ces conseils.
Recherche ...
Bonsoir Lilly ! Je suis toujours à la recherche de se livre en français, avez-vous un conseil ou une adresse à me donner ? il est vraiment très difficile de trouver des livres d'E.Gaskell...et entre-nous, tout aussi rare de voir sur nos chaînes francophone ces belles production de la bbc 'période drama'...Dommage!!! Merci à vous, mp
Marie : Hélas, je crois que ce livre n'est plus disponible en VF...
Recherche...bis
Bonsoir Lily,
Je présume que le livre est toujours indisponible...
Je suis américaine, j'ai découvert Elizabeth Gaskell il y a une dizaine d'années grâce à une amie anglaise.
Je ne comprends toujours pas pourquoi les éditeurs français ne font pas l'effort de traduire Gaskell, ni de la faire connaître, car je SAIS qu'elle pourrait trouver un public tout à fait confortable en France, ne serait-ce que parmi des jeunes filles françaises désireuse d'échapper à la "reality fiction", aux vampires tièdes, etc etc, pour croquer des histoires qui ont de la chaire et du goût.
Bon courage pour vos lectures, et je vais essayer de suivre votre parcours.
Frenchy : il a été réédité en fin d'année dernière, donc normalement il est à nouveau possible de le trouver :)
Je viens de voir le DVD, j'ai très envie de découvrir le livre maintenant, de toute manière je suis folle de Thornton ! Voilà, c'est dit :)
Lou : dis toi bien que je l'ai vu la première, et que Milton est plus proche de moi que de toi à l'heure actuelle :P
Pffff... je ne vais tout de même pas me rabattre sur le frère de Cadiz ! ;)
Lou : il est minou le frère, et en plus tu n'auras pas à braver les océans, le brouillard et la pluie pour te trouver un Anglais ;o)
Ah oui mais j'aime le romantisme qui pousse à braver océans et tempêtes pour retrouver un Anglais à l'accent du Nord et aux manières rustres ;o)
Chose positive : j'ai trouvé le livre dans une des deux éditions qui me tentaient ! Yesss ! Et ce n'était évident ! :)
Lou : aaaaaah, ce merveilleux accent du nord (à part les "botch") !!!
En effet, tu l'as lu!!! je vais le faire cette année... Je te recommande Filles et femmes et Cranford.
Keisha : les deux sont dans ma PAL. J'ai lu la moitié de "Cranford", mais je peine un peu, et je suis sure d'aimer "Femmes et Filles" dont j'ai adoré le début (mais qui est très gros et très lourd, donc difficile à lire).
Elizabeth Gaskell
Bonjour, c'est mon premier commentaire. J'aime beaucoup ton blog, je crois qu'il va m'inspirer de nombreuses lectures.
J'ai beaucoup aimé ce livre, j'aime la fluidité du style de Elizabeth Gaskell et son aisance à analyser les sentiments et les relations entre les personnages, mais j'ai préféré "Femmes et filles" que je trouve plus foisonnant. A voir également après lecture, l'adaptation de la bbc "Wives and Daughters" qui est merveilleuse !
lilisand : je suis sûre que je vais adorer "Femmes et Filles". J'en ai lu le début, mais le livre est tellement gros que je ne peux pas le trimballer ;o)
Ah! Elizabeth Gaskell! Depuis le temps que je cherche ses livres en français!!! Mollat, à Bordeaux, les a en anglais. Mais je ne me sens pas encore assez sûre de moi en anglais "victorien" pour les lire en VO! Je risque de perdre beaucoup de choses et de m'énerver si je ne comprends pas tout!
J'ai vu les adaptations de la BBC sur YouTube et j'ai adoré! "North and South", "Wives and Daughters", ainsi que "Cranford"... et je me suis dit: c'est pour moi! Vite, les bouquins! Mais ils sont introuvables...
Bye!
J'ai lu un peu les réactions aux scènes de "violence" dans "North and South".
Je pense pouvoir dire que je suis beaucoup plus âgée que la plupart d'entre vous sur ce blog... (53 ans). J'ai vu un peu d'eau couler sous le pont...
Thornton est un homme... passionné. La passion et la violence vont main dans la main, et elles font partie d'un univers masculin qui dérange beaucoup... les femmes, et l'héroine du roman qui voudrait bien que le monde des hommes soit... tout propre, tout rose, tout beau, et qui voudrait aussi ignorer à quel point ses PROPRES émois pour cet homme sont... VIOLENTS.
Elizabeth Gaskell était une femme extraordinaire qui réussissait à garder en tête l'énorme différence entre l'univers masculin et féminin, en même temps qu'elle naviguait entre le monde des hommes (écrivain) et l'univers des femmes (femme de pasteur).
Une très grande dame, en somme.
Gabrielle : ils sont à nouveau disponibles à la vente, mais c'est vrai qu'ils coûtent assez cher...
Frenchy : je ne suis pas d'accord pour excuser la violence physique au prétexte qu'il s'agit d'une émanation de la passion. Je crois que si l'on s'engouffre là-dedans, on excuse bientôt des actes inadmissibles et très graves.
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