31 mars 2007

Un étranger dans le miroir ; Anne Perry

2264033045Édition 10/18 ; 414 pages.
7,80 euros.

" William Monk, inspecteur de police chevronné, se réveille à l'hôpital. Violemment agressé il y a quelques semaines, il a perdu la mémoire. Ce qu'il s'empresse bien de taire à ses supérieurs, qui auraient tôt fait de l'exclure manu militari de la police londonienne. Revenu à la vie professionnelle, il mène parallèlement une enquête sur le meurtre d'un jeune aristocrate, survivant de la bataille de Crimée, et sur lui-même. Il découvre d'abord qu'il n'était ni très sympathique ni très aimé, et qu'il avait laissé tomber sa famille, d'origine trop modeste, pour mieux réaliser ses ambitions. Il se rend compte aussi qu'il avait été mêlé de très près au meurtre sur lequel son supérieur, qui veut sa peau, le laisse investiguer... "

J'ai continué ma découverte d'Anne Perry en me lançant dans les aventures de William Monk. Dès les premières lignes, j'ai été happée par cette histoire. L'amnésie de l'inspecteur, sa détresse face à ce vide, le rendent immédiatement très intrigant. Il est effaré de découvrir qu'il n'a rien d'un Thomas Pitt (qu'il ne peut pas connaître et auquel il n'envierait sans doute pas tout). Monk est autant sûr de lui, très élégant et ambitieux que Pitt est poli, plein de tact et complètement débraillé. Mais cela ne rend pas du tout Monk moins sympathique. Car ce n'est pas parce qu'on voudrait être un gentleman et que l'on ne se laisse pas marcher sur les pieds par la haute société qu'on est dépourvu d'humanité et d'intelligence. De plus, pour tenir tête à une Miss Latterly, il vaut mieux être un William Monk qu'un Thomas Pitt...

L'enquête que doit mener l'inspecteur est captivante, le suspens est immense du début à la fin. Les personnages mis en scène sont incroyablement humains, leurs passions extrêmement fortes. William Monk doit travailler dans un milieu où les gens semblent le craindre et même le détester, sans qu'il se souvienne pourquoi. Son enquête est d'autant plus difficile qu'il devient vite clair qu'il s'agit d'un crime passionnel, et qu'elle touche des gens hauts placés qui n'hésiteraient pas à l'écraser pour étouffer un scandale.
Beaucoup de personnages sont attachants, et leurs défauts et faiblesses ne font que les rendre plus proches de nous. Cela explique que j'ai eu un pincement au coeur au moment du dénouement. Les méchants ne sont pas forcément les monstres que l'on s'imagine.

J'ai beau ne pas avoir encore d'autre "William Monk" sur ma PAL, je compte bien le retrouver sous peu. Je crois que j'aime encore plus ce personnage que les époux Pitt...
Je trouve sympathique le fait que 10/18 fasse une symétrie entre les deux séries avec les couvertures. Celles de la série "Charlotte et Thomas Pitt" représentent des tableaux de femmes tandis que celles de la série "William Monk" nous montrent des hommes.

L'avis de Frisette.

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28 mars 2007

Premier Amour ; Ivan Tourgeniev

2290345717Édition J'ai Lu (Collection Librio) ; 96 pages.
2 euros.

" Quelle fille excitante que Zinaïda ! " écrit Flaubert à Tourgueniev à propos de son roman.
" C'est une de vos qualités de savoir inventer les femmes. Elles sont idéales et réelles. Elles ont l'attraction et l'auréole. " Irrésistible du haut de ses vingt et un printemps, la capricieuse et attirante Zinaïda fait chavirer le cœur du jeune Vladimir Petrovitch, seize ans à peine. Premier amour et premiers tourments d'un enfant épris de la jolie princesse pour l'avoir vue par-dessus la palissade de son domaine...
Mais lorsque Zinaïda devient froide et mystérieuse, d'étranges soupçons envahissent l'esprit de Vladimir. Quel est donc ce rival secret qui l'éloigne de lui ? "

Si j'ai peur de lire des romans russes c'est parce que ça finit toujours très mal... Mais quand j'ai vu le titre de ce livre chez Tamara, j'ai décidé de tenter le coup. Bon, ça ne se finit pas de façon très joyeuse. Mais lorsque l'on regarde bien l'histoire, ça se finit le moins mal possible.

Vladimir Petrovich est un garçon attachant, naïf, innocent. Et comme toute personne qui découvre l'amour, il est à la merci de toutes les désillusions amoureuses. En tombant amoureux d'une jeune fille comme Zinaïda, il ne peut que souffrir. Elle a besoin qu'on l'admire, mais elle ne donne rien en retour, méprisant d'ailleurs ceux qui se jettent à ses pieds au lieu de la dompter comme elle le voudrait. Elle manipule Vladimir, lui tord le coeur. Lui, éperdument amoureux, ne peut que l'aimer davantage. Quand un coeur à vif rencontre une jeune fille cruelle, il ne s'en remet pas. Mais pour Vladimir, il y a plus. Il y a le fait qu'elle lui a préféré un autre homme, et pas n'importe lequel.

Lorsqu'il raconte cette histoire plus de vingt ans après, il est facile de voir que ses blessures ne sont pas refermées. Mais lui s'en est sorti à moindres frais. Tourgeniev nous plonge au milieu de la petite société qui entoure Zinaïda. En peu de pages, il parvient à nous décrire l'éveil des sentiments et les tourments de l'amour chez ses personnages. Une lecture très agréable.

Les avis de Cécile et de Tamara.

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27 mars 2007

Le crime de Paragon Walk et Resurrection Row ; Anne Perry

2264035293Édition 10/18 ; 316 pages.
7,30 euros.

" Un crime sordide vient troubler la quiétude huppée de Paragon Walk. Tandis que l'inspecteur Pitt, chargé de l'affaire, se heurte à l'hostilité et au mutisme des résidents du quartier, son épouse Charlotte, assistée de sa sœur Emily, la charmante Lady Ashworth, ne se laisse pas intimider par cette omerta de classe. De garden-parties en soirées, elles font tomber un à un les masques de l'élite. Les façades respectables de Paragon Walk se lézarderont peu à peu pour exposer à cet infaillible trio de détectives leurs inavouables secrets et mensonges. "

Choupynette avait raison. Anne Perry, ça se boit vraiment comme du petit lait. Alors que je m'étais dit qu'il fallait passer à autre chose quelques temps, j'ai été attirée de force vers ma PAL, où trônait encore des enquêtes de l'Inspecteur Pitt, toujours aussi mal fagotté.

Dans ce troisième opus, Thomas Pitt est appelé à Paragon Walk, après le viol et l'assassinat d'une jeune fille de très bonne famille. Il est d'autant plus bouleversé par cette affaire que cette adolescente a été tuée alors qu'elle revenait de chez Lady Ashworth, sa voisine, qui n'est autre que la soeur de la femme de Pitt, Charlotte. De plus, le mari d'Emily Ashworth, George, est incapable de dire où il était le soir du meurtre. Il n'en faut pas plus pour faire ressurgir les vieux démons de l'époque de Cater Street. Emily s'interroge sur son mari, les grandes dames jasent, les hommes tentent de garder une contenance.
Dans la haute société victorienne, se faire violer est la preuve que l'on n'était pas aussi chaste qu'on le prétendait. Encore une fois, chacun tente de se disculper en pointant le doigt sur son voisin.
Et encore une fois, j'ai dévoré ce livre en quelques heures à peine, incapable de le poser avant de l'avoir achevé. La fin est surprenante (surtout pour les naïves dans mon genre...). J'aime beaucoup la façon qu'a Anne Perry d'achever ses romans, en laissant une ouverture pour nous obliger à fondre sur le tome suivant. Surtout, j'ai trouvé ce livre très drôle, beaucoup plus que les précédents tomes dans lesquels il y avait surtout des pointes d'humour par moments.

Édition 10/18 ; 313 pages.2264035137
7,30 euros.

"Bas les masques", tel paraît être le mot d'ordre d'Anne Perry dans la série de romans où elle met en scène son couple de héros "victoriens", l'inspecteur Thomas Pitt et son épouse Charlotte, les personnages de roman policier les plus pittoresques et attachants qui nous aient été donnés à découvrir ces dernières années. Dans le Londres de la fin du XIXè siècle qui sert de cadre à leurs exploits, c'est en effet le code hypocrite de bonne conduite de la société anglaise de l'époque qui se trouve singulièrement mis à mal, sa corruption et sa fausse respectabilité. Anne Perry ou le polar au vitriol : décapant ! "

Qui donc s'amuse à déterrer les morts ? L'inspecteur Pitt ne peut pas emmener sa femme Charlotte au théâtre sans qu'un cadavre tombe d'un cab à la sortie. La stupeur est d'autant plus grande qu'il s'agit d'un Lord vivant dans un quartier très chic de la capitale anglaise. Le scandale ne fait qu'enfler lorsque le mort est déterré pour la deuxième fois. Cet homme sexagénaire n'est-il pas mort de façon naturelle ? Son épouse, très jeune, était-elle lassée de cet ennuyeux personnage ? L'inspecteur Pitt découvre avec stupeur qu'elle a un admirateur, qui n'est autre que Dominic Corde, ancien beau-frère et (surtout) ancien amour de Charlotte. Jaloux et soucieux de ne pas tourmenter son épouse, il aimerait régler cette affaire au plus vite. Mais les choses se compliquent avec la découverte d'un second cadavre, lui aussi déterré.

Je vais vous lasser, mais j'ai encore une fois succombé au charme des aventures de Charlotte et Thomas Pitt. J'ai particulièrement apprécié le fait de retrouver la Tante Vespasia, qui continue à bouleverser les conventions sans rien perdre de son allure de grande et belle dame. En l'absence d'Emily Ashworth, qui vient d'accoucher d'un garçon, son aide est plus que précieuse pour infiltrer la haute société de Gadstone Park. De plus, Anne Perry ancre son histoire dans les réalités sociales de l'époque. On découvre (même si ce n'est qu'en surface) la misère de Londres, qui côtoie le luxe de la bourgeoisie et de la noblesse.
Et encore une fois, Anne Perry brouille complètement les pistes, si bien que l'on ne découvre le fin mot de l'histoire qu'à la toute dernière page. Avec une touche d'humanité, qui rend l'inspecteur Pitt encore plus sympathique.

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26 mars 2007

Vous Parlez ? ; Sabine Sicaud

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Psyché ; Jean Baptiste Greuze

Vous parlez ?

Vous parler ? Non. Je ne peux pas.
Je préfère souffrir comme une plante,
Comme l'oiseau qui ne dit rien sur le tilleul.
Ils attendent. C'est bien. Puisqu'ils ne sont pas las
D'attendre, j'attendrai, de cette même attente.

Ils souffrent seuls. On doit apprendre à souffrir seul.
Je ne veux pas d'indifférents prêts à sourire
Ni d'amis gémissants. Que nul ne vienne.

La plante ne dit rien. L'oiseau se tait. Que dire ?
Cette douleur est seule au monde, quoi qu'on veuille.
Elle n'est pas celle des autres, c'est la mienne.

Une feuille a son mal qu'ignore l'autre feuille.
Et le mal de l'oiseau, l'autre oiseau n'en sait rien.

On ne sait pas. On ne sait pas. Qui se ressemble ?
Et se ressemblât-on, qu'importe. Il me convient
De n'entendre ce soir nulle parole vaine.

J'attends - comme le font derrière la fenêtre
Le vieil arbre sans geste et le pinson muet...
Une goutte d'eau pure, un peu de vent, qui sait ?
Qu'attendent-ils ? Nous l'attendrons ensemble.
Le soleil leur a dit qu'il reviendrait, peut-être...

Sabine Sicaud

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25 mars 2007

Métaphysique des tubes ; Amélie Nothomb

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Édition Le Livre de Poche ; 156 pages.
4,50 euros.

Lettre "N" Challenge ABC 2007 : 

"Il existe des êtres qui ne subissent pas la loi de l'évolution. Ce sont les légumes cliniques", ou des tubes par où circule seule la nourriture. Ces tubes ne sont pas pour autant sans cervelle puisqu'il arrive que celle-ci, suite à un "accident fatal", se réveille soudain, et déclenche la vie. C'est exactement ce qu'a vécu la (très) jeune narratrice de Métaphysique des tubes durant les deux premières années de sa vie qui furent muettes, immobiles, végétatives, bref divines. Au sens propre, car ce singulier bébé n'ignore pas qu'il est Dieu lui-même, méditant sur ce monde qu'il hésite à rejoindre. Sous forme de monologues intérieurs, considérations philosophico-drolatiques, on déguste le récit de ces trois premières années d'une vie française au Japon, pays merveilleux où de la naissance à la maternelle, l'enfant est un dieu. "

N'ayant pas réussi à mettre la main sur Hygiène de l'assassin, je choisis de le remplacer par cet autre titre pour mon challenge 2007. Amélie Nothomb n'est pas une découverte pour moi, j'ai déjà lu plusieurs romans de cet auteur. En revanche, jusque là, je n'avais pas touché à ses romans "autobiographiques".
J'ai vraiment aimé ce livre. Je réalise que c'est bien supérieur à Acide Sulfurique que j'avais pourtant beaucoup apprécié. Le ton est moins cynique, mais cette humanité rend vraiment le livre touchant, on se sent vraiment concerné par l'histoire.
Amélie Nothomb se décrit comme une petite fille extrêmement intelligente, souvent calculatrice. Mais elle est aussi une enfant comme les autres quelque part, avec son imagination, ses découvertes, ses peurs, sa naïveté parfois.
L'auteur se met vraiment dans la peau d'un tout-petit qui voit le monde qui l'entoure, et l'apprivoise à son rythme, selon son envie, pour se préparer peu à peu à l'affronter. C'est beaucoup fantasmé, mais il y a un part de réalisme malgré tout.
Le début est un peu effrayant, je ne savais pas trop de quoi il s'agissait, mais une fois que l'on est entré dans l'histoire, il n'est plus possible de s'en détacher. Je fais partie de ceux qui apprécient les livres d'Amélie Nothomb, ce roman n'a pas fait exception.

Les avis de Caroline et de Majanissa.

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Le questionnaire des Quatre

Merci à Beloved et à Virginie/Chrestomanci de m'avoir désignée...

Les quatre livres de mon enfance :

- Les malheurs de Sophie/Les petites filles modèles/Les vacances de la Comtesse de Ségur.
- Les Sylvain et Sylvette.
- La petite sirène de Disney.
- Les aventures de Oui-Oui d'Enid Blyton.

Les quatre écrivains que je lirai et relirai encore :

- William Makepeace Thackeray.
- Kazuo Ishiguro.
- Nancy Huston.
- Jane Austen.

Les quatre auteurs que je n’achèterai (ou n'emprunterai) probablement plus :

- Paolo Coelho.
- Tania de Montaigne.
- Jean-Paul Dubois.
- Michel Houellebecq.

Les quatre livres que j’emmènerais sur une île déserte :

- La foire aux vanités ; William Makepeace Thackeray.
- Persuasion ; Jane Austen.
- Avec vue sur l'Arno ; Edward Morgan Forster.
- Les Hauts de Hurle-Vent ; Emily Brontë.

Les quatre premiers livres de ma liste à lire :

- la suite de la série "Charlotte et Thomas Pitt".
- L'ancre des rêves de Gaëlle Nohant.
- La duchesse de Langeais ; Honoré de Balzac.
- Si c'était si évident, je ne ressortirais jamais de la librairie avec des livres qui n'étaient même pas sur ma LAL...

Les quatre x quatre derniers mots d’un de mes livres préférés :

" Il attendit un moment dans l'allée, puis s'en retourna vers la maison corriger ses épreuves et songer au moyen de dissimuler la vérité à sa femme. "

Maurice ; Edward Morgan Forster

Les quatre lecteurs ou lectrices dont j’aimerais connaître les quatre :

- Choupynette (tu as le choix entre publier ta LAL et ça...).
- Allie
- Céline/La Renarde
- Anne (pour te souhaiter un bon retour...).

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23 mars 2007

Vingt-Quatre heures d'une femme sensibles ; Constance de Salm

2752902484Édition Phebus ; 189 pages.
10 euros.

" Véritable petit bijou, ce roman épistolaire publiée en 1824 se présente comme une variation sur la jalousie et ses affres. Confrontée à l'image obsédante de son amant disparaissant dans la calèche d'une autre beauté au sortir de l'opéra, notre héroïne tente de comprendre et de calmer les milles émotions qui l'assaillent. Au cours d'une nuit d'insomnie et d'une journée perdue à guetter un signe de celui qui -semble-t-il vient de la trahir, elle ne trouve d'autre consolation que de lui écrire. Quarante-quatre lettres pour dire vingt-quatre heures de fièvres, de doutes et de désespoir.
Cet unique roman de roman Constance de Salm bouleversera tous les amoureux de Stefan Zweig et de Marcelle Sauvageot. Poétesse et dramaturge, celle que l'on surnommait " la muse de la Raison " défendit ardemment la cause féminine et tint un brillant salon littéraire, ou se côtoyèrent Alexandre Dumas fils, Paul Louis Courier, Stendhal et Houdon. "

Comme le dit la quatrième de couverture, ce livre est absolument sublime. Le style est élégant, délicat, plein de sensibilité. Cela se retrouve dans l'histoire du livre. En fait, je n'ai pas grand chose à vous dire, sinon qu'il faut lire ce roman.
Cette femme qui écrit a les mêmes sentiments que n'importe quelle femme doutant de l'homme qu'elle aime. Son imagination déborde de pensées douloureuses tellement elle est tourmentée. Elle souffre, elle pleure, ne se contrôle plus. Dans une société où la dignité est fondamentale, c'est s'exposer à la réprobation générale. Mais lorsque l'on voit sa raison de vivre s'échapper, quelle que soit l'époque ou le lieu, il est difficile de se soucier d'autre chose que de sa douleur.
On suit cette héroïne dans ses pensées, on apprend à l'apprécier. Elle nous dépeint celui qu'elle aime et nous le fait aimer. C'est vraiment nous que l'on retrouve dans ces lignes. Sauf que cette femme a un talent épistolaire que nous n'avons pas (moi non en tout cas) ...

" n'as-tu donc jamais éprouvé que le dernier mot que l'on se dit en se quittant laisse dans l'âme une impression qui dure jusqu'à ce que l'on se revoie ? " (page 16)

" Que me parle t-on de déshonneur ! S'il fallait paraître devant le tribunal de l'honneur même, je dirais : Je l'aimais ; ce mot suffirait pour ma défense. Que dirais-tu pour la tienne ? " (page 131)

L'avis de Clarabel (je sais que j'ai vu ce livre sur un autre blog, mais impossible de me rappeler lequel).

Remarque : Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais je trouve qu'il y a une certaine ressemblance entre ces couvertures :
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22 mars 2007

Lorna Doone ; R.D. Blackmore

2859400958Le clan des Doone fait régner la terreur à Exmoore, dans le sud ouest de l'Angleterre, à la fin du XVIIème siècle. Cette famille, issue d'une très noble lignée a été réduite au brigandage. Le héros, John Ridd, perd son père, alors qu'il n'est encore qu'un enfant, assassiné par les Doone. Tout le monde les craint, aussi le meurtre reste impuni. Un jour, John s'aventure sur le terrain des Doone. Il y rencontre une magnifique petite fille, dont il tombe éperdument amoureux. Mais comment pourrait-il aimer, sans honte, la fille du clan meurtrier de son père ? Comment les Doone pourraient-ils accepter de voir l'une des leurs épouser un simple fermier ? Parce que Lorna est belle, et est promise au cruel Carver Doone, qui possède déjà un grand nombre de femmes, victimes de rapts pour la plupart.

Lorna est une héroïne d'une grande beauté, d'une intégrité sans faille et d'un courage indéniable. Mais que peut une femme à cette époque contre la volonté des hommes ?

Son seul espoir de bonheur réside dans John Ridd, qui est pourvu d'une grande stature, et qui possède un goût certain pour la bagarre. Certes, il a du courage, lorsqu'il  s'agit de servir celle qu'il aime. Mais ce bon géant a des manières assez maladroites, et seul son grand coeur parvient à effacer un peu son côté anti-héros.

Ce livre possède une immense qualité, il s'y passe toujours quelque chose. Ainsi, on ne s'ennuie jamais en le lisant. Les personnages sont bien décrits, attachants, parfois agaçants tout de même (John Ridd a un côté lourdaud qui est parfois lassant). L'auteur a parfaitement su intégrer son histoire avec un fond historique. C'est un roman dont l'écriture n'a rien d'extraordinaire, ni de déplaisante. J'ai été un peu gênée par le fait que ce soit John Ridd qui nous raconte l'histoire. Ce n'est pas le personnage le plus plaisant, il est parfois très misogyne, et on sent toute l'importance que prend son envie de se glorifier dans le réçit (lorsqu'il nous conte tous ses combats de "champion" par exemple). Ce n'est pas quelqu'un de prétentieux, il est un peu gauche, possède un esprit simple, mais tout cela ressort dans la lecture que nous faisons de façon un peu trop évidente à mon goût. Mais c'est aussi probablement ce qui fait, d'après moi, son intérêt, par rapport à mes précédentes lectures de livres anglais du XIXème siècle. Une grande place est accordée à l'action, il est très facile de se représenter la vallée où se situe le repère des Doone, les personnages sont décrits sans indulgence (tous possèdent leurs qualités et leurs défauts, ou presque), ce qui les rend plus réalistes. Avec toutefois un côté enchanteur, qui fait le charme de ce livre méconnu à tort du public français.

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21 mars 2007

Le mystère de Callander Square ; Anne Perry

2264035242Édition 10/18 ; 7,30 euros.
382 pages.

En creusant dans Callender Square, deux jardiniers découvrent un cadavre de bébé. Alerté, l'inspecteur Thomas Pitt se rend sur les lieux, où il découvre un second corps. Il entreprend dès lors une enquête dans ce lieu habité par la grande bourgeoisie, qui n'apprécie pas beaucoup de voir ses secrets mis à jour. Pour l'aider dans sa tâche, l'inspecteur Pitt peut compter (d'ailleurs, elles ne lui laissent pas le choix) sur son épouse, Charlotte, ainsi que sur la soeur de celle-ci, Emily.

Si ça continue, je vais me faire toute la série en un rien de temps... C'est avec un plaisir immense que j'ai retrouvé les personnages de L'étrangleur de Cater Street. Je quitte souvent des personnages que j'ai aimés avec un peu de tristesse, aussi me suis-je régalée de savoir ce que Charlotte, Thomas, Emily, et même George étaient devenus.
Cette enquête est différente de la première. Tout le roman est centré autour de Callender Square, les personnages principaux ayant déjà été présentés. De ce fait, l'histoire est plus dynamique, et j'ai eu un mal fou à m'empêcher de lire la dernière page.
J'aime beaucoup la description de cette société faite d'apparences, où tout le monde sait tout sur tout le monde, mais où chacun fait semblant d'ignorer les potins. Comme le résume bien Charlotte, une épouse trompée ne se considère blessée que si le scandale éclate. Aucun de ces bourgeois ne doute un seul instant que les corps des nouveaux nés sont le fruit des amours illégitimes d'une servante aux moeurs douteuses avec un homme, quel qu'il soit (même si c'est un gentleman, peu importe, rien de plus normal que de coucher avec sa femme de chambre).
Encore une fois, Anne Perry brouille bien les pistes. Elle nous familiarise avec les habitants de Callender Square, les rend très attachants même. Cet auteur sait très bien manier le suspens, avec une tension qui va crescendo (à la fin, je rageais de devoir tourner encore quelques pages pour connaître la vérité).
Quant à la solution, elle m'a une fois de plus surprise (il est vraiment trop fort cet inspecteur Pitt), mais il faut admettre qu'elle est remarquablement trouvée.
Je vais peut-être faire une petite pause avec Anne Perry, pour ne pas me lasser, mais je compte bien y revenir rapidement.

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20 mars 2007

L'étrangleur de Cater Street ; Anne Perry

2264035129Édition 10/18 ; 381 pages.
7,30 euros.

" Suffragette avant l'heure, l'indomptable Charlotte Ellison contrarie les manières et codes victoriens et refuse de se laisser prendre aux badinages des jeunes filles de bonne famille et au rituel du tea o'clock.
Revendiquant son droit à la curiosité, elle parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides. Aussi bien le Londres des années 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle : le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie. Dans cette nouvelle série " victorienne ", la téméraire Charlotte n'hésite pas à se lancer dans les enquêtes les plus périlleuses pour venir au secours du très séduisant inspecteur Thomas Pitt de Scotland Yard.
Charmante Sherlock Holmes en jupons, Charlotte a déjà séduit l'Angleterre et les Etats-Unis. La voici partie à l'assaut de l'Hexagone. "

Difficile d'échapper à l'engouement suscité par Anne Perry. Après quelques mois d'hésitations, j'ai enfin décidé de lire le premier volume de la série "Charlotte et Thomas Pitt".
J'ai eu un vrai coup de foudre pour ce livre. Les personnages sont attachants, c'est drôle (souvent proche du cynisme, j'adore). J'aime énormément la relation qui s'instaure entre Charlotte et Thomas, l'admiration du policier pour la jeune fille, sa façon de lui prouver son estime, de la provoquer tout en délicatesse afin de l'amener à s'intéresser à lui.
J'ai vraiment adoré l'ambiance du livre, les efforts d'Anne Perry pour brouiller les pistes. Beaucoup de suspects s'offrent à nous, et rien ne nous permet de les disculper avant le dénouement.
Et puis, j'ai apprécié le fait qu'Anne Perry nous montre que lorsque l'on doit chercher quelque chose, on déterre des secrets souvent embarrassants. Ce livre nous fait vivre la remise en question de toute une famille, que l'on ne peut s'empêcher d'aimer malgré ses défauts.
C'est vif, il est difficile de lâcher ce livre. D'ailleurs, j'ai très envie d'attaquer la suite des aventures de Charlotte et Thomas !

Je vous mets un extrait de l'un des dialogues entre Charlotte et Thomas. Ca peut paraître horrifiant comme ça, en fait je trouve que le ton cynique d'Anne Perry s'exprime ici avec délice. De plus, il montre bien la malice Thomas Pitt.

" - Je vous ai déjà dit le peu que je sais, fit-elle, exaspérée. Plusieurs fois. Si vous n'arrivez pas à résoudre cette affaire, peut-être devriez-vous abandonner ou laisser quelqu'un de capable s'en charger.
Il ignora sa grossièreté.
- C'était une jolie fille Lily Mitchell ?
- Vous ne l'avez pas vue ? dit Charlotte, surprise. L'omission semblait tellement énorme !
Pitt eut un sourire désolé, comme s'il plaignait Charlotte, tout en essayant de rester patient.
- Si Miss Ellison, je l'ai vue, mais elle n'était pas très jolie, à ce moment-là. Son visage était gonflé, bleu, ses traits déformés, sa langue...
- Arrêtez ! Arrêtez ! s'entendit crier Charlotte.
- Alors auriez-vous l'amabilité de mettre votre dignité en veilleuse, dit-il plutôt calmement, et de m'aider à trouver celui qui a fait ça, avant qu'il le fasse à une autre ? "
(pages 109-110)

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