2264035242Édition 10/18 ; 7,30 euros.
382 pages.

En creusant dans Callender Square, deux jardiniers découvrent un cadavre de bébé. Alerté, l'inspecteur Thomas Pitt se rend sur les lieux, où il découvre un second corps. Il entreprend dès lors une enquête dans ce lieu habité par la grande bourgeoisie, qui n'apprécie pas beaucoup de voir ses secrets mis à jour. Pour l'aider dans sa tâche, l'inspecteur Pitt peut compter (d'ailleurs, elles ne lui laissent pas le choix) sur son épouse, Charlotte, ainsi que sur la soeur de celle-ci, Emily.

Si ça continue, je vais me faire toute la série en un rien de temps... C'est avec un plaisir immense que j'ai retrouvé les personnages de L'étrangleur de Cater Street. Je quitte souvent des personnages que j'ai aimés avec un peu de tristesse, aussi me suis-je régalée de savoir ce que Charlotte, Thomas, Emily, et même George étaient devenus.
Cette enquête est différente de la première. Tout le roman est centré autour de Callender Square, les personnages principaux ayant déjà été présentés. De ce fait, l'histoire est plus dynamique, et j'ai eu un mal fou à m'empêcher de lire la dernière page.
J'aime beaucoup la description de cette société faite d'apparences, où tout le monde sait tout sur tout le monde, mais où chacun fait semblant d'ignorer les potins. Comme le résume bien Charlotte, une épouse trompée ne se considère blessée que si le scandale éclate. Aucun de ces bourgeois ne doute un seul instant que les corps des nouveaux nés sont le fruit des amours illégitimes d'une servante aux moeurs douteuses avec un homme, quel qu'il soit (même si c'est un gentleman, peu importe, rien de plus normal que de coucher avec sa femme de chambre).
Encore une fois, Anne Perry brouille bien les pistes. Elle nous familiarise avec les habitants de Callender Square, les rend très attachants même. Cet auteur sait très bien manier le suspens, avec une tension qui va crescendo (à la fin, je rageais de devoir tourner encore quelques pages pour connaître la vérité).
Quant à la solution, elle m'a une fois de plus surprise (il est vraiment trop fort cet inspecteur Pitt), mais il faut admettre qu'elle est remarquablement trouvée.
Je vais peut-être faire une petite pause avec Anne Perry, pour ne pas me lasser, mais je compte bien y revenir rapidement.