2264035129Édition 10/18 ; 381 pages.
7,30 euros.

" Suffragette avant l'heure, l'indomptable Charlotte Ellison contrarie les manières et codes victoriens et refuse de se laisser prendre aux badinages des jeunes filles de bonne famille et au rituel du tea o'clock.
Revendiquant son droit à la curiosité, elle parcourt avec intérêt les colonnes interdites des journaux dans lesquels s'étalent les faits divers les plus sordides. Aussi bien le Londres des années 1880 n'a-t-il rien à envier à notre fin de siècle : le danger est partout au coin de la rue et les femmes en sont souvent la proie. Dans cette nouvelle série " victorienne ", la téméraire Charlotte n'hésite pas à se lancer dans les enquêtes les plus périlleuses pour venir au secours du très séduisant inspecteur Thomas Pitt de Scotland Yard.
Charmante Sherlock Holmes en jupons, Charlotte a déjà séduit l'Angleterre et les Etats-Unis. La voici partie à l'assaut de l'Hexagone. "

Difficile d'échapper à l'engouement suscité par Anne Perry. Après quelques mois d'hésitations, j'ai enfin décidé de lire le premier volume de la série "Charlotte et Thomas Pitt".
J'ai eu un vrai coup de foudre pour ce livre. Les personnages sont attachants, c'est drôle (souvent proche du cynisme, j'adore). J'aime énormément la relation qui s'instaure entre Charlotte et Thomas, l'admiration du policier pour la jeune fille, sa façon de lui prouver son estime, de la provoquer tout en délicatesse afin de l'amener à s'intéresser à lui.
J'ai vraiment adoré l'ambiance du livre, les efforts d'Anne Perry pour brouiller les pistes. Beaucoup de suspects s'offrent à nous, et rien ne nous permet de les disculper avant le dénouement.
Et puis, j'ai apprécié le fait qu'Anne Perry nous montre que lorsque l'on doit chercher quelque chose, on déterre des secrets souvent embarrassants. Ce livre nous fait vivre la remise en question de toute une famille, que l'on ne peut s'empêcher d'aimer malgré ses défauts.
C'est vif, il est difficile de lâcher ce livre. D'ailleurs, j'ai très envie d'attaquer la suite des aventures de Charlotte et Thomas !

Je vous mets un extrait de l'un des dialogues entre Charlotte et Thomas. Ca peut paraître horrifiant comme ça, en fait je trouve que le ton cynique d'Anne Perry s'exprime ici avec délice. De plus, il montre bien la malice Thomas Pitt.

" - Je vous ai déjà dit le peu que je sais, fit-elle, exaspérée. Plusieurs fois. Si vous n'arrivez pas à résoudre cette affaire, peut-être devriez-vous abandonner ou laisser quelqu'un de capable s'en charger.
Il ignora sa grossièreté.
- C'était une jolie fille Lily Mitchell ?
- Vous ne l'avez pas vue ? dit Charlotte, surprise. L'omission semblait tellement énorme !
Pitt eut un sourire désolé, comme s'il plaignait Charlotte, tout en essayant de rester patient.
- Si Miss Ellison, je l'ai vue, mais elle n'était pas très jolie, à ce moment-là. Son visage était gonflé, bleu, ses traits déformés, sa langue...
- Arrêtez ! Arrêtez ! s'entendit crier Charlotte.
- Alors auriez-vous l'amabilité de mettre votre dignité en veilleuse, dit-il plutôt calmement, et de m'aider à trouver celui qui a fait ça, avant qu'il le fasse à une autre ? "
(pages 109-110)