27 août 2007

Les quatre filles du Docteur March ; Réalisé par Gillian Armstrong

51YYTM7N3SLDurée du film : 1h54.

Date de sortie : 1994.

Distribution : Winona Ryder (Jo), Claire Danes (Beth), Kirsten Dunst (Amy) ; Susan Sarandon (Mrs March), Christian Bale (Teddy Laurentz), Gabriel Byrne (Friedrich Bhaer).

Musique : Thomas Newman.

J'ai été absolument enchantée par cette adaptation de Les quatre filles du Docteur March et de Les filles du Docteur March se marient.

Les acteurs sont excellents. Winona Ryder campe une Jo March exactement comme je me l'imaginais, à la fois entêtée, extravertie, rêveuse, généreuse et fragile. Christian Bale est également le Laurie de ma lecture, un peu chien fou, attentionné et surtout terriblement séduisant^^. Le duo qu'ils forment est vraiment excellent, et fait parfaitement ressortir la complicité qui lie Laurie à Jo. 

main05Deux autres actrices que j'apprécie contribuent à me faire aimer ce film, Claire Danes et Kirsten Dunst. Cette dernière est toute petite, mais joue très bien Amy, que l'on a à la fois envie d'étrangler et de cajoler. D'ailleurs, je la trouve bien meilleure que l'actrice qui joue Amy plus âgée, et qui ne cerne pas le personnage comme je le voyait (mais comme ce n'est pas non plus mon personnage préféré, ça vient peut-être un peu de là également). Quant Claire Danes, elle nous présente une Beth angélique mais aussi courageuse et très complice avec sa soeur Jo, ce qui ne lui donne pas un rôle de pauvre petite fille comme ça aurait pu être le cas.

Les livres sont très bien respectés également au niveau du choix des scènes tournées. Bien que le film résume en à peine deux heures deux livres, il n'y a pas de gros manques, sauf peut-être en ce qui concerne la relation Amy/Laurie. Mais sinon, on a un très bon aperçu des livres, avec un soin particulier apporté au développement de chacune des filles March (même si c'est naturellement Jo qui est la grande héroïne du film).

800px_Lwomen05La musique est très belle, les costumes sont vraiment beaux, et les couleurs contribuent à donner de la fraîcheur au film. Certaines scènes sont un pur régal (la première rencontre de Jo et Laurie, le retour du père et le piano de Beth, la demande de Laurie, même la mort de Beth...), et le reste est à peine moins touchant.
On a envie de chanter avec eux, de valser avec eux et de les consoler quand ils traversent des épreuves difficiles.

Pour résumer, ce film enchateur est à consommer sans aucune modération.

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14 décembre 2006

Coup de foudre à Bollywood (Bride and Prejudice) ; Réalisé par Gurinder Chadha

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Acteurs : Aishwarya Rai (Lalita), Martin Henderson (William Darcy), Daniel Gillies (Johnny Wickham), Naveen Andrews (Balraj), Namrata Shirodkar (Jaya).

Musique : Anu Malik.

Durée : 107 minutes.

" Mme Bakshi n'a qu'une seule idée en tête : marier les aînées de ses quatre filles - Jaya et Lalita. Mais pas n'importe comment ! Comme toute bonne mère, Mme Bakshi est exigeante : son futur gendre se doit d'être indien et surtout... riche. Mr. Balraj, leur nouveau voisin fraîchement revenu de Londres, ferait à ce titre un prétendant parfait pour Jaya, l'aînée. Sa soeur Lalita, quant à elle, tient tête à sa mère : elle ne se mariera que par amour. Lors d'une des nombreuses fêtes extravagantes offertes par les Bakshi et leur voisin, Lalita rencontre Darcy, le meilleur ami de Balraj. Il a tout pour plaire ou presque... Ce bel hôtelier n'a que deux défauts : il est américain et fiancé. Si Darcy tombe immédiatement sous le charme de la belle Lalita, les sentiments de celle-ci sont plus mitigés... "

Vous l'aurez compris en lisant le résumé, ce film s'est inspiré d'Orgueil et Préjugés. Je m'attendais à une comédie un peu folle et simplement amusante, en fait je me suis régalée. Le roman de Jane Austen n'est repris que pour la structure de l'histoire. Le film se passe essentiellement en Inde mais aussi aux Etats-Unis, à notre époque. Pour nos deux héros, ce sera surtout la barrière entre deux cultures qui sera difficile à franchir.
J'ai beaucoup aimé retrouver des scènes de l'adaptation BBC, les personnages du roman. Et je trouve les deux acteurs principaux sublimes. Même si mon coeur de fille battait davantage pour William Darcy, je comprend pourquoi Ashwarya Rai a été Miss Monde... Ce Darcy est Américain, il travaille, il sait bien jouer des poings. Et puis, c'est un sacré gaffeur aussi...
Johnny Wickham est tout aussi dépravé que dans le livre, mais pas de la même façon. Heureusement, Lakhi est seulement naïve, et non stupide comme dans le roman.
Mais il y a quand même un "Mr Collins" et une "Mme Bennet" pour embarrasser tout le monde. Et pas qu'un peu d'ailleurs... D'ailleurs, j'ai beaucoup ri de voir à quel point "Mr Collins" était tourné en ridicule dans les chansons, même s'il se calme quand il se marie.
La principal intérêt de ce film, ce sont toutes ces couleurs, cette musique, ces costumes, cette ambiance chaleureuse que l'on ne trouve pas dans les films hollywoodiens. Je n'avais jamais vu de film bollywoodien, je ne m'attendais pas du tout à ça.
J'aime beaucoup la scène où Lalita dit à William qu'elle refuse de l'épouser. La musique est sublime lorsqu'elle s'en va.
L'alternance entre des musiques orientales et plus classiques est parfaite, les scènes de rêve aussi. Et même si c'est une parodie, j'ai cru sans peine à ce conte de fée.

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04 novembre 2006

Ne le dis à personne ; Réalisé par Guillaume Canet

ne_le_disRéalisateur : Guillaume Canet.

Acteurs : François Cluzet (Alexandre Beck), Marie-Josée Croze (Margot Beck), André Dussolier (Jacques Laurentin), Krinstin Scott Thomas (Helene Perkins), Nathalie Baye (Elisabeth Feldman), Jean Rochefort (Gilbert Neuville), Guillaume Canet (Philippe Neuville).

Durée : 2 heures et 5 minutes.

L'histoire : "Sa femme Margot a été sauvagement assassinée par un serial killer. Totalement détruit, Alex ressasse jour après jour le souvenir bouleversant de son amour perdu.
Huit ans ont passé. Alex reçoit un e-mail anonyme. Il clique : une image... le visage d'une femme au milieu d'une foule, filmé en temps réel. Celui de Margot..." (résumé Allociné).

Confier l'adaptation du best-seller de Harlan Coben à un jeune réalisateur français (que j'apprécie pourtant beaucoup), cela me semblait être très risqué. Pourtant, je vais me joindre à l'immense majorité des critiques, et déclarer que ce film est une vraie réussite. Le mot qui me vient pour qualifier cette adaptation est "intelligente".

Le film ne suit pas le roman à la lettre. Pourtant, l'excellent François Cluzet parvient sans peine à nous faire oublier qu'il n'a pas l'âge du "vrai" Beck. C'est bien un homme poussé par un fol espoir qui agit, et qui nous rappelle que l'amour et le chagrin n'ont pas d'âge. Je donne également une mention spéciale à Nathalie Baye, sublime en avocate sûre d'elle et classe à souhait. Kristin Scott Thomas rayonne en confidente dévouée. Jean Rochefort, André Dussolier et François Berléand aussi sont très bien choisis, et nous rappellent que le cinéma français possède de grands acteurs.

Même la transposition de l'histoire en France ne passe pas trop mal, grâce à une habile modification de l'histoire (le côté mafieux du livre ne pouvait pas passer en France).

Seulement quelques petits regrets, des phrases "cultes" qui manquent. L'absence du tueur à gages du livre (invraisemblable en France il me semble) , la modification de la fin s'expliquent très bien. Le fait d'expliquer la mort du fils Neuville de façon différente était indispensable, puisque Beck ignore que sa femme a été battue. Le temps limité d'un film ne permet pas de tout adapter dans son ensemble, et oblige donc le réalisateur à bouleverser quelques aspects de l'histoire. 

Vous l'aurez compris, je me suis régalée, et je n'ai qu'une envie, me replonger dans le livre...

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17 octobre 2006

Mansfield Park ; Réalisé par Patricia Rozema

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Billet réécrit en juin 2008

Réalisatrice : Patricia Rozema.

Durée : 107 minutes.

Date de Sortie : 1999.

Musique : Lesley Barber.

Acteurs : Frances O'Connor (Fanny Price), Jonny Lee Miller (Edmund Bertram), Victoria Hamilton (Maria Bertram), Alessandro Nivola (Henry Crawford), Embeth Davidtz (Mary Crawford).

Mansfield Park est un roman de Jane Austen que je n'aime pas particulièrement. Il faudrait que je le relise, parce que je l'ai lu en pleine fièvre austenienne, ce qui m'a certainement conduite à être indulgente avec ce roman.

Cette adaptation de Patricia Rozema est extrêmement personnelle, et je ne m'en plains pas. Tandis que Jane Austen s'amuse à dépeindre le milieu restreint de la bonne société anglaise du XIXème siècle dans laquelle elle vit, sans se soucier aucunement du monde qui l'entoure, la réalisatrice a pris un parti beaucoup plus engagé. Une vive critique de l'esclavage apparaît dans ce film, ce qui n'est pas (ou presque pas) le cas dans le roman.3_00191_1_
De façon plus flagrante, le caractère de l'héroïne, Fanny Price, est fortement modifié. La jeune fille, effacée et franchement ennuyeuse dans le livre, se transforme en une jeune femme très sûre de ses opinions. En fait, Patricia Rozema a donné à son héroïne le caractère sarcastique de Jane Austen, ainsi que certains événements de la vie de cette dernière. Cela donne lieu à des scènes qui éveillent fortement l'intérêt du spectateur et rendent l'histoire moins linéaire que dans le roman (je pense notamment à la venue de Henry Crawford chez les parents de Fanny, au côté plus sociable de Fanny). D'autres scènes rajoutées sont très drôles (le tout début par exemple).

De cette façon, Patricia Rozema parvient à effacer ce qui rend le roman parfois ennuyeux. Car Jane Austen, si elle critique dans ses romans la société dans laquelle elle vit, ne peut pas s'empêcher d'adhérer à bon nombre de ses manières. Dans Mansfield Park,  cela rend la gentille petite héroïne peu attachante et parfois même irritante.
Je reconnais quand même que j'ai été surprise quand Fanny trouve les croquis de son cousin, et surprend deux personnages au lit.

Les acteurs sont très bien choisis. Frances O'Connor dégage une grande douceur, sans avoir l'air de subir sa vie, contrairement à la Fanny Price du roman. Edmund est très bien interprété par Jonny Lee Miller, qui retranscrit bien la personnalité douce, raisonnable et droite du personnage du roman, sans son côté exaspérant. La soeur de Fanny, Suzy, est très attachante, et parvient à nous faire oublier l'absence du frère préféré.
4_00196_1_J'aime aussi beaucoup Henry Crawford, joué par Alessandro Nivola. Il a bien le physique d'un séducteur, mais sait aussi se montrer sincèrement amoureux. Quant à sa soeur, Mary Crawford, elle correspond à l'image d'une femme très élégante, mais aussi agaçante par moments, telle qu'elle est décrite dans le livre.
Je suis plus réservée sur le choix de Sir Thomas, auquel je trouve un air très sévère. Quant à Mr Rushworth, il est beaucoup trop caricaturé, et surjoue.
En revanche, le côté comique de Mrs Norris et de sa soeur est très bien géré, alors que c'est souvent ce qui pêche dans les adaptations des romans de Jane Austen.

Les paysages que nous offre le film sont vraiment magnifiques, j'aime beaucoup la façon dont c'est filmé (le voyage pour aller à Mansfiel Park, le bal en l'honneur de Fanny...). Et certaines scènes sont un bonheur pour les fleurs bleues dans mon genre (l'envol des colombes, les baisers sur le front de mer...).

Donc vous êtes prévenus, il s'agit d'une interprétation extrêmement personnelle du roman de Jane Austen, mais qu'il est difficile de ne pas apprécier pour son originalité et son audace.

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15 octobre 2006

North and South ; Réalisé par Sandy Welch

B0007N1BBCRéalisatrice : Sandy Welch.

Musique : Martin Phipps.

Acteurs : Richard Armitage (John Thornton), Daniela Denby-Ashe (Margaret Hale), Sinead Cusack (Mrs Thornton), Leslie Manville (Mrs Hale), Tim Pigott-Smith (Mr Hale), Pauline Quirke (Dixon), Brendan Coyle (Mr Higgins), Anna Maxwell Martin (Bessy Higgins).

"C'est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l'héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l'Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l'Eglise et déracine sa famille pour s'installer dans une ville du
Nord. Margaret va devoir s'adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s'éveille à travers les liens qu'elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports
difficiles qui l'opposent à leur patron, John Thornton."

L'adaptation de ce roman est enchanteresse. Les acteurs sont iréprochables, Richard Armitage possède un visage expressif et une voix envoûtante qui en font un John Thorton indiscutable. Quant à Daniela Denby-Ashe, elle correspond parfaitement à la jeune fille fière et bien élevée, totalement étrangère au monde du Nord de l'Angleterre, décrite dans le roman. Mrs Thorton est une mère aimante pour son fils, et une femme froide pour le reste du monde, tout comme elle l'est dans le roman. J'aime aussi beaucoup Nicholas Higgins et Dixon.

Un effort particulier semble avoir été accordé aux décors, la ville industrielle où les saisons ne sont pas marquées, l'usine de Mr Thorton qui nous dévoile le dur travail des ouvriers. Et le cimetière, qui symbolise à la fois tous les malheurs qui arrivent et la sensation pour ceux du Sud d'être dans une ville maudite, où ne vivent que des damnés. Ceci contraste parfaitement avec Helstone, village extrêmement lumineux et fleuri qui nous donne la sensation d'être dans un rêve. La présence très importante du chemin de fer, invention de la Révolution industrielle, marque aussi les liens entre le nord et le sud de l'Angleterre.

Les dialogues sont très bien adaptés. A la courtoisie parfois hypocrite du sud s'oppose la franchise parfois violente du nord.

Quant à la musique, elle est absolument magnifique, et correspond très bien à l'histoire, alliant des passages d'une grande douceur avec d'autres plus rapides, plus assurés, et plus violents.

Le seul repproche que je pourrais faire à cette adaptation est la scène finale. Bien que magnifiquement interprétée et d'une grande poésie, elle ne peut pas nous empêcher de regretter celle du roman, pleine d'humour et de tendresse... Mais sinon, rien à redire. La BBC a une nouvelle fois prouvé qu'elle produisait les plus belles adaptations !

N.B : Le coffret de North and South n'existe qu'en VOST. Mais lorsque l'on a lu le livre et que l'on a un minimum de notions en anglais (comme moi ;-)), cela n'est pas dérangeant. Et puis, je vous assure que la voix de Richard Armitage est inimitable...

"I wish I could tell you Edith, how lonely I am, how harsh and cold it is here." "I think god has forsaken this place, I believe I have seen Hell, and it's white, it's snow white."

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09 octobre 2006

Raison et Sentiments ; Réalisé par Ang Lee

B000HWXZQWTitre : Raison et Sentiments.

Réalisateur : Ang Lee.

Musique : Patrick Doyle.

Acteurs : Emma Thomson (Elinor Dashwood), Kate Winslet (Marianne Dashwood), Alan Rickman (Colonel Christopher Brandon), Hugh Grant (Edward Ferrars), Greg Wise (John Willoughby).

Adapter en deux heures Raison et Sentiments de Jane Austen était un défi difficile à relever. Mais Ang Lee s'en est sorti à merveille, aidé par Emma Thomson (qui a obtenu un oscar pour son scénario). Tout est présent dans ce film, la grâce, la poésie, l'humour, la passion et la Raison.

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Kate Winslet révèle dans ce film son très grand talent. Dans les commentaires audios, on apprend que l'actrice a menti sur son âge pour obtenir le rôle. On peut l'en remercier, car elle donne à Marianne une fraîcheur et un côté dramatique remarquables, même si cela l'éloigne du personnage du roman. Elle nous fait intensément vivre sa passion pour Willoughby, de la légèreté qui entoure leur rencontre aux tourments de l'échec.
Emma Thomson est très convaincante. Elle est beaucoup plus âgée que Kate Winslet, mais cette différence s'estompe assez facilement grâce à la très bonne alchimie entre les deux actrices.

sns171_1_Du côté des hommes, Alan Rickman est l'incarnation du Colonel Brandon. Dans le livre, ce personnage très peu développé m'avait immédiatement plu, le film m'a définitivement acquise à sa cause. J'ai un faible pour la tête qu'il fait en voyant Marianne pour la première fois... Et j'aime beaucoup la façon dont il est décrit dans les commentaires audios, "le type qui n'a jamais la fille". Je sais, je suis cruelle...
Mon autre chouchou masculin dans ce film est Hugh Laurie. Il est vraiment trop drôlesns658_1_ en mari qui s'est retrouvé avec un pipelette qui ne s'arrête jamais, même pour respirer, et une belle-mère qui ne rate pas une occasion de retourner le couteau dans la plaie. La scène où il tient son fils est hilarante. Je sais que dans le livre, Elinor réalise très rapidement qu'il adore son fils même s'il refuse de le montrer, mais le plan de Hugh Laurie tenant du bout des bras un marmot hurlant, sous le regard embarrassé du Colonel Brandon est irrésistible. De plus, il a une autre occasion de prouver qu'il est moins désagréable qu'il n'en a l'air. Je crois ne me lasserai jamais de cet acteur.   
Seul Hugh Grant est un peu au-dessous du lot, mais son personnage n'apparaît que très peu, ce qui permet de ne rien gâcher. De plus, je ne suis pas certaine que ce soit vraiment son jeu qui me gêne. Edward Ferrars n'est pas le type le plus attachant de la terre même dans le roman.

Les décors, les paysages, la musique, tout est sublime. On est dans le roman de Jane Austen, ou plutôt on le vit. La détresse d'Elinor, la souffrance de Marianne, tout est admirablement construit. Il est évident qu'Ang Lee a favorisé une vision assez dramatique du livre, mais il n'a pas oublier de parsemer son film d'ironie. Et puis bon, désolée, mais je ne suis qu'une pauvre mortelle après tout...

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" Love is not love
Which alters when it alteration finds,
Or bends with the remover to remove.
O no ! It is an ever fixed mark
That looks on tempests and is never shaken. " (William Shakespeare)

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08 octobre 2006

Orgueil et Préjugés ; Réalisé par Simon Langton

B000DJBHCSAprès vous avoir parlé du roman de Jane Austen, j'ai décidé de vous faire partager mon avis sur les (nombreuses) adaptations qui ont été réalisées. On commence par ma préférée, qui est sans doute la plus connue.

Diffusée en 1995 sur la BBC, chaîne productrice, cette mini-série de cinq heures a rencontré un véritable triomphe. Tout était réuni pour faire une adaptation réussie.

Tout d'abord, le choix des acteurs. Colin Firth est imbattable en gentleman aussi élégant que fier et hautain.

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Il possède le style idéal pour se faire à la fois haïr et respecter par la "vive et ironique" Elizabeth Bennet.  C'est aussi avec cette adaptation qu'est né le "mythe de la chemise mouillée". Comme je suis très gentille, je vous offre un aperçu : (esprits sensibles, s'abtenir)

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Elizabeth Bennet est jouée par Jennifer Ehle, qui parvient à transcrire avec beaucoup de justesse le mépris profond mais toujours contrôlé (en public du moins) que lui inspire Mr Darcy. C'est une jeune fille vive, et intelligente, traits de caractère que l'on lit sans difficulté dans les yeux de l'actrice qui interprète Lizzie.

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En ce qui concerne les acteurs secondaires, Jane Bennet est interprétée avec toute la douceur et l'indulgence du livre. Quant à son soupirant, Mr Bingley, il possède tout le charme, la distinction et la gentillesse timide du personnage du livre.

Mr Bennet est admirablement interprété par Benjamin Whitrow. Il possède tout le détachement et toute l'ironie du personnage de Mr Bennet. Chacune de ses phrases est percutante, et il nous fait beaucoup rire. Notamment lorsqu'il se moque de sa femme, laquelle est extrêmement agaçante. Peut-être un peu trop parfois, mais la caricature est très présente chez Jane Austen. On pourrait dire des choses assez semblables de Mr Collins, qui a tout de l'homme repoussant et embarrassant dans chacun de ses gestes, et chacune de ses paroles, et des trois plus jeunes filles Bennet, qui ont également l'art de se donner en spectacle.

Les seuls personnages que je ne trouve pas parfaits sont Georges Wickham et Lady Catherine. Le premier a tout de suite l'air d'être un menteur. Certes, Elizabeth est facilement dupée par lui en raison de son aversion pour Mr Darcy, mais le spectateur n'est pas pris par surprise lorsqu'il découvre la personnalité de l'officier, ce qui est assez dommage. En ce qui concerne Lady Catherine, elle a un aspect beaucoup trop caricatural. La mettre sur une sorte de trône n'était peut-être pas nécessaire. Mais son interprétation de ce personnage capricieux, colérique et bouffi d'orgueil est tout de même appréciable.

Les décors ont été très bien choisis. Les Bennet ne sont pas pauvres, leur père est quelqu'un de très respectable, il n'est seulement pas en mesure de transmettre ses biens à ses filles. L'amour de la nature d'Elizabeth transparaît bien, on a un magnifique panorama de la campagne anglaise dans ce téléfilm. Et quel meilleur choix que Lyme Park pour Pemberley ? Les grandes demeures anglaises ont toutes un charme incontestable, mais celle-ci est d'une élégance remarquable.

Il y a dans cette adaptation un respect très grand à l'égard de l'oeuvre de Jane Austen. Les dialogues sont repris pour beaucoup, les scènes ajoutées ne le sont que pour mettre en évidence certains aspects du livre (la scène où Elizabeth joue du piano sert à montrer l'évolution de la relation entre Mr Darcy et Elizabeth, par exemple). La musique nous plonge de façon délicieuse dans l'ambiance du livre. Vous l'aurez deviné, je suis totalement conquise par cette adaptation.

Avec Colin Firth (Fitzwilliam Darcy), Jennifer Ehle (Elizabeth Bennet), Crispin Bonham-Carter (Charles Bingley), David Bamber (Mr Collins), Anna Chancellor (Caroline Bingley), Alison Steadman (Mrs Bennet), Susannah Harker (Jane Bennet), Barbara Leigh Hunt (Catherine de Burgh), Adrian Lukis (George Wickham), Julia Sawalha (Lydia Bennet), Benjamin Witrow(Mr Bennet).
1995.

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