Gatsby le Magnifique ; F. Scott Fitzgerald
Le Livre de Poche ; 250 pages.
Traduction de Jacques Tournier. 1925.
Titre original : The Great Gatsby.
L'année dernière, le roman de Gilles Leroy, Alabama Song, a fait le tour des blogs. A cette occasion, j'avais pu m'apercevoir que j'étais visiblement la seule qui ne connaissais Fitzgerald que de nom. L'histoire de sa vie, et ses romans m'étaient totalement inconnus (à part quelques titres). Quand on me connaît, cela n'a rien de surprenant. Je suis une inculte complète en matière de littérature américaine. Cette histoire m'a quand même intriguée, alors j'ai jetée mon dévolu sur Tender is the night, et je l'ai naturellement oublié sur une étagère. C'est la couverture de Gatsby le Magnifique qui m'a de nouveau amenée à F. Scott Fitzgerald. Je trouve cette photo superbe.
L'histoire se déroule au début des années 1920, sur la côte est des Etats-Unis. Nick Carraway s'installe à proximité de New York afin d'y travailler. Là-bas, il retrouve sa cousine, Daisy, installée depuis peu avec Tom, son mari volage dans une splendide demeure. Nick fait également la connaissance de son voisin, M. Gatsby, qui donne en permanence des soirées auxquelles toute la bourgeoisie se rend, tout en s'interrogeant sur la véritable identité de son hôte. Très vite, Nick apprend que Gatsby n'est autre qu'un ancien soupirant de sa cousine Daisy, et qu'il est bien décidé à la reconquérir.
Je ne sais pas vraiment par où commencer pour vous parler de ce roman que j'ai dévoré aussi vite que j'ai pu. Gatsby le Magnifique est plus ancien, mais j'ai pensé au cours de ma lecture à La traversée de l'été de Truman Capote. La frivolité de Daisy rappelle un peu le personnage de Grady. C'est New York, c'est l'été, il fait une chaleur épouvantable, et le drame se dessine peu à peu.
Naturellement, Gatsby le Magnifique est plus creusé, moins brutal. Francis Scott Fitzgerald cerne parfaitement le côté désabusé de la société qu'il décrit dans ce roman. C'est la fête, mais le vin est triste, et les gens se disputent. Les foules se pressent chez Gatsby, mais il n'a jamais été si seul. La dernière scène dont il est le héros est d'une tristesse épouvantable. Tout semble éphémère et impitoyable dans ce livre. Les principaux protagonistes de l'histoire sont instables, égoïstes et frivoles, tellement que Fitzgerald donne la parole à un personnage secondaire pour narrer l'histoire, Nick Carraway. Ce dernier se décrit lui même comme foncièrement honnête, et sa non appartenance au monde dont il dresse le portrait lui donne un détachement précieux pour nous raconter l'histoire de Gatsby, même si naturellement son discours n'est pas aussi neutre que prévu.
L'écriture de Fitzgerald, très belle, dirige efficacement le récit. L'ambiance, bien que désenchantée, donne une impression d'élégance permanente, et est parfois empreinte de poésie et d'ivresse nocturne. Gatsby, est un héros émouvant, avec ses rêves qu'il ne veut pas abandonner. Ses preuves d'amour sont très belles, bien que vaines et finalement fatales. Tout comme le narrateur, on s'y attache énormément.
"Je ne pouvais ni m'attendrir, ni lui pardonner, mais j'ai compris que sa façon d'agir était tout à fait normale à ses yeux. Qu'il n'y avait dans tout cela qu'insouciance et maladresse. Tom et Daisy étaient deux êtres parfaitement insouciants -ils cassaient les objets, ils cassaient les humains, puis ils s'abritaient derrière leur argent, ou leur extrême insouciance, ou je-ne-sais-quoi qui les tenait ensemble, et ils laissaient à d'autres le soin de nettoyer et de balayer les débris." (pp 228-229)
Commentaires sur Gatsby le Magnifique ; F. Scott Fitzgerald
- Joli billet... en ce qui me concerne, je n'ai pas encore lu cet incontournable, mais seulement "tendre est la nuit" et un recueil de nouvelles. On ne peut malheureusement pas tout lire, mais celui-ci fait vraiment partie de ces classiques que je devrais mettre en priorité sur ma liste de lecture ! (Quant à Leroy, comptes-tu le lire ? Je l'ai fait récemment mais je n'ai pas été totalement convaincue)
- Karine : je pense que tu devrais aimer !
Alice : je ne sais pas si je vais me laisser tenter par le film. Il y a des livres pour lesquels je tiens à garder seulement mes impressions personnelles.
Lou : pour Leroy, je ne sais vraiment pas. En tout cas, je compte d'abord lire d'autres romans de Fitzgerald, au moins un de Zelda, et "Paris est une fête" d'Hemingway. Ca m'a l'air assez gratuit comme bouquin, donc je veux savoir à quoi m'en tenir.
Clarabel : je demanderai à ma grand-mère amoureuse de Robert Redford si elle a aimé ;o)
Karine
: j'aime beaucoup ton petit billet. Tu sais, j'en ai des bien plus lamentables sur ce blog, dont je rougis seulement en y pensant...
- (qu'est-ce que tu entends en disant que "Paris est une fête" est "gratuit"...? Tu veux dire qu'Ernest y descend Francis ?)
(il le fait en rigolant... ceci dit, c'est vraiment pas le meilleur texte d'Hemingway, mais bref !)
Figure-toi que je n'ai pas trop aimé Gatsby, moi. Je suis restée totalement extérieure à l'histoire, que j'ai trouvé très froide. A part quelques éclats, ici et là. Mais je suis bien contente que tu aies aimé, tu me donnerais presque envie de le relire, c'est dire ! - Bonjour !
Voila, j'étais tombée amoureuse de ce blog et je regrettais dés lors de me refuser constamment d'en créer un par manque de temps et de confiance, dirons-nous. Mais c'est désormais chose faite. J'en profite donc pour venir te féliciter pour ton blog et pour tes lectures, et pour t'ajouter à mes liens, si tu le permets ?
M.Swann
- J'ai ouvert Gatsby le magnifique après une tentative infructueuse pour Tendre est la nuit que j'ai trouvé vraiment très vieillot, c'est dire si j'y allais à contre-coeur. Mais bien m'en a pris parce que j'ai dévoré ce bouquin ! Autant Tendre est la nuit m'avait paru désuet autant j'ai trouvé Gatsby presque atemporel. Je n'ai pas vu le film. J'ai trop peur d'être déçue. ça vaut vraiment le coup ?
- Ah tu me donnes envie de le relire! J'ai aussi découvert cet auteur après avoir lu Alabama Song sur sa femme. Je me suis précipitée sur Gasby le Magnifique et j'ai acheté Tendre est la nuit qui est toujours sur mon étagère. J'ai beaucoup aimé l'ambiance de cette époque. Ces personnages étranges, triste et qui s'ennuient. Et puis cette histoire d'amour trop tard est belle.
















