Alice au Pays des Merveilles ; Lewis Carroll
Folio ; 140 pages.
Traduit par Jacques Papy.
1865.
Voilà longtemps que je voulais découvrir Lewis Carroll. Bien entendu, je connais le dessin animé, qui m'effrayait quand j'étais petite. Je suis surprise, maintenant que je suis plus grande, de constater à quel point les oeuvres destinés aux enfants peuvent être cruelles et/ou sombres. Souvenez-vous de toutes ces chansons que vous connaissiez par coeur, et dont vous ne saisissez le sens qu'aujourd'hui...
Alice est allongée dans l'herbe aux côtés de sa soeur, quand elle voit passer près d'elle un lapin blanc qui semble pressé. Quand le lapin s'écrie " Ô mon dieu ! Ô mon dieu ! Je vais être en retard ! ", la petite fille n'y voit rien d'étrange. Mais quand il sort une montre de son gilet, Alice se lance à sa poursuite, "dévorée de curiosité". Elle pénètre ainsi dans un terrier, et finit par tomber, à au moins sept kilomètres de profondeur, avant de se retrouver dans un monde étrange, où toutes les idées farfelues du monde réel prennent vie.
Il n'a fallu que quelques lignes à Lewis Carroll pour me faire plonger dans son univers. La dédicace qui ouvre ce texte est juste vraie et belle :
Prends cette histoire, chère Alice !
Place-la, de ta douce main,
Là où les rêves de l'Enfance,
Reposent, lorsqu'ils ont pris fin,
Comme des guirlandes fanées
Cueillies en un pays lointain.
Avec ce texte, on navigue entre l'absurde, le rêve et la peur.
Les perceptions sont brouillées, Alice ne sait plus se repérer. Les éléments les plus étranges deviennent familiers. Il y a bien quelques indices, comme les transformations subites, les mots qui ont une signification différente, le temps qui s'écoule de façon étrange. Mais tout cet absurde poursuit malgré tout une logique, telle qu'il y en a dans tous les rêves-cauchemars. Et dans le monde des enfants.
J'ai vu dans ce livre, à travers tous ces personnages hauts en couleurs et tous ces jeux de mots, une critique forte du monde réel. Alice semble comme un vilain petit canard qui ne sait pas se tenir, et qui ne cesse de dire ce qu'il ne faut pas.
Le Pays des Merveilles apparaît alors comme un refuge, un lieu secret où l'on peut se rendre discrètement à tout moment, pour ceux qui veulent garder leur coeur d'enfant.
Avant de clore ce billet, un petit clin d'oeil à Erzébeth (y'a pas de raison) :
"Parlez rudement à votre bébé ;
Battez-le quand il éternue ;
Ce qu'il en fait, c'est pour vous embêter,
C'est pour cela qu'il s'évertue."
L'avis Alice.
* La photo représente Alice Liddell, la petite fille pour laquelle Lewis Carroll a écrit les aventures de la petite fille du même nom. Le cliché est également de l'auteur. J'aime les profils, on y trouve plus de sincérité je trouve.
Commentaires sur Alice au Pays des Merveilles ; Lewis Carroll
- L'univers d'Alice est tellement associé à moi !
J'aime énormément l'univers de Lewis Carroll
Et puis plus je lis de la littérature jeunesse plus je rejoins l'avis de ceux qui dise qu'il n'y a pas la littérature jeunesse d'un côté et la littérature générale de l'autre ( c'est le côté cartésien des français). Alice aux pays des merveilles est une merveilles tout simplement. Et toi qui aime bien Mervyn Peake tu devrais jeter un œil voir ici : http://livresdemalice.blogspot.com/2008/05/mervyn-peake-mervyn-lettre-dun-oncle.html
- Ohh, MERCI pour ce clin d'œil, je l'adore !!
Je suis comme toi : enfant, j'étais terrifiée par le dessin animé, car comme tu le dis si bien, ça ressemblait à l'absurdité de mes cauchemars et rien qu'en voyant Alice rapetisser et grandir, je sentais la fièvre me venir... Horrible.
J'ai lu ce roman il y a quelques années, je ne m'en souviens plus; je sais que je n'avais pas réussi à le "comprendre".
(hé, rien à voir, mais j'ai acheté "Howards end" cette semaine ! Mon premier Forster... ça va, de commencer par là ?) - Isil : je n'ai encore pas lu "Peter Pan", mais j'ai hâte.
Manu : c'était une bonne idée ;o)
Cryssilda : oui, c'est très divertissant. On ne doit pas avoir la même perception que les enfants en fait.
Titine : ces personnages m'ont conquise moi aussi.
Alice : je pense que ça dépend quand même. Aujourd'hui, il y a des collections destinées à des publics spécifiques. Après, tout le monde a le droit de les lire. Les grands romans jeunesse, ceux que l'on peut apprécier à tout âge, en ayant une vision qui évolue, sont plus rares je pense.
Praline : je le lirai aussi.
Lepetitmouton : oui, les jeux de mots doivent être plus clairs en VO.
Maribel : parce que tu avais déjà des centaines de livres qui t'attendaient ;o)

















J'en garde un bon souvenir mais il faudrait que je le relise parce que c'est un des premiers roman que j'ai lu en anglais, alors que je commençais juste à l'étudier.