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" Voilà ce qu'on va faire ! On va conclure un pacte pour ne se poser qu'une question par soirée, d'accord ? Comme un voeu dans un conte.
- Il y en a plutôt trois, non ? répliqua Anna, sceptique.
- D'accord, trois alors. "

Anna est recueillie par les Preston après la mort de ses parents et de sa grand-mère, mais elle éprouve des difficultés à nouer des liens avec cette famille. A l'école aussi, elle est à l'écart. Sur les conseils du médecin, Mrs Preston décide d'envoyer Anna chez des amis pour l'été dans le Norfolk. Là-bas, Anna passe ses journées à se promener seule dans les dunes et à imaginer des histoires au sujet d'une maison qui borde la crique de Little Overton. Jusqu'à une nuit, où elle rencontre une fille de son âge en chemise de nuit, la fameuse Marnie.

Ce qui frappe d'abord, c'est l'objet lui-même. L'illustration de couverture, la couverture rigide, la police d'écriture, l'épaisseur du papier. Tout, dans ce livre, est élégant.

Je me suis glissée avec délice dans cette histoire mettant en scène une petite fille qui refuse qu'on l'aime pour ne pas souffrir. Je n'ai pas vu l'adaptation des studios Ghibli, mais j'ai imaginé sans peine la beauté des paysages du Norfolk, de la crique et de la maison qui hypnotise Anna lorsqu'elle la voit pour la première fois. Joan G. Robinson sait convoquer en quelques phrases un décor enchanteur. Parmi toutes les anecdotes raportées, le ramassage de la salicorne m'a rappelé mes propres vacances d'été au bord de la mer. Le genre de détails qui vous font succomber à tous les coups.

Anna est une héroïne à laquelle il est facile de s'identifier. Solitaire, rêveuse et trop sincère pour prétendre s'intéresser à des personnes ou à des choses qui l'ennuient, sa personnalité est perçue comme problématique. A Little Overton, grâce aux libertés qu'on lui accorde, elle trouve peu à peu sa place. Ses hôtes, les Pegg, le vieux Gossdetro, l'énigmatique Marnie, la maladroite Mrs Preston et plus tard les Lindsay, forment autour d'elle une communauté attachante.

Tout était donc parfait jusqu'à ce que j'arrive aux derniers chapitres. J'avais imaginé bien des révélations, je m'attendais à prendre une claque, mais ça a été la douche froide. Je n'aime pas les coïncidences tirées par les cheveux. Elles me font toujours penser que l'auteur a utilisé ce procédé parce qu'il n'arrivait pas à terminer son histoire.
Par ailleurs, j'ai beau savoir que c'est très courant en littérature jeunesse, les morales à gros sabots m'exaspèrent. Je n'avais pas besoin qu'on me dise en toutes lettres qu'il est difficile de se construire en tant qu'adulte quand on a été mal aimé enfant, le reste du livre l'évoquait parfaitement bien.

Malgré mes réserves concernant la fin qui m'empêchent de le considérer comme un coup de coeur, je garderai un beau souvenir de ce livre à recommander à ceux qui cherchent une lecture réconfortante.

Monsieur Toussaint Louverture. 249 pages.
Traduit par Patricia Barbe-Girault.
1967 pour l'édition originale.

Cartes postales : Henri Rivière et Salvador Dali.

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