22 janvier 2009

A Tale of Two Cities ; Charles Dickens

doverpublications_2035_411048333_1_Dove Thrift Editions ; 304 pages.
1859.
V.F. : Un conte de deux villes ou Le marquis de Saint Evrémont
.

Lettre D du Challenge ABC :

Je crois que j'avais acheté ce livre plutôt qu'un autre Dickens parce que j'aime beaucoup l'édition (économique, format agréable, couvertures soignées...). Il s'agit d'une oeuvre de l'auteur peu connue en France par rapport à Oliver Twist ou David Coperfield je pense. C'est aussi l'un des seuls romans historiques de Dickens d'après ce que j'ai pu lire (Isil et Fashion, les gardiennes du temple de Dickens, le savent mieux que moi), et un très très grand livre.

L'histoire se déroule entre deux villes, Paris et Londres, pendant la Révolution française. Cela donne lieu à des personnages dont on ne sait plus trop de quelle nationalité ils sont et surtout à des situations très cocasses. J'ai particulièrement apprécié le face à face entre Miss Pross et la terrifiante Madame Defarge dans les toutes dernières pages :

"Each spoke in her own language; neither understood the other's words; both were very watchful, and intend to deduce from look and manner, what the unintelligible words meant."

Tout commence en 1775, lorsque le docteur Manette est sorti de prison après dix-huit ans à la Bastille. On ignore tout de ce qui lui est arrivé, et lui-même semble avoir perdu la raison : il se prend pour un cordonnier lorsque Mr Lorry, qui prétend n'être qu'un businessman, et la fille du docteur, le retrouvent chez un ancien serviteur, Monsieur Defarge. Après qu'il ait recouvré ses esprits, il se rend en Angleterre, et tente de reprendre une vie normale auprès de sa fille qu'il n'avait jamais vue et qui le croyait mort.
Cinq ans plus tard, le docteur Manette et sa fille sont amenés à témoigner dans un procès pour trahison. L'accusé, Charles Darnay, ne doit sa survie qu'à sa ressemblance troublante avec le clerc de son avocat, un jeune homme peu avenant, Sydney Carton.
Les années passent, Charles Darnay épouse Lucie Manette, qui a aussi fait (bien involontairement) la conquête de Sydney. Mais le bonheur du jeune couple est fragile.
Lorsque la Révolution éclate, avec les Defarge mari et femme en première ligne, Charles est contraint de retourner en France pour secourir un ancien serviteur.

Je suis vraiment désolée pour ce résumé absolument minable, mais je ne veux pas en dire trop, et le livre ne me facilite vraiment pas la tâche. Les intrigues sont beaucoup plus nombreuses et complexes qu'elles ne le paraissent. Je ne suis pas une grande amatrice de livres concernant la Révolution (à part Quatre-Vingt Treize lu et adoré il y a bien longtemps), et j'ignorais totalement les talents de Dickens pour le roman historique, mais là je suis bluffée. Il est évident que c'est du Dickens : ses personnages hauts en couleur (Mme Defarge et son tricot, Mr Lorry, Miss Pross...), ses périphrases exquises, sa façon de nous faire rire et pleurer à la fois... Je ne sais pas si c'est juste moi, mais il me semble qu'il y a vraiment un côté enfantin chez Dickens. Dans le ton employé par moments, qui fait que l'on sourit même dans les situations les plus tragiques, même lorsqu'on a le coeur brisé. La dernière phrase du roman est l'une des plus belles que j'ai jamais lues, une des plus émouvantes (je la remets pour ceux qui l'ont lue, les autres ne pourront de toute façon pas la comprendre hors contexte) :

"It is a far, far better thing that I do, than I have ever done; it is a far, far better rest that I go to than I have ever known."

Grâce à son génie, Dickens nous fait littéralement vivre dans le Paris de la fin du XVIIIe, plein de misères et de colère. La description des miséreux se jetant sur le vin renversé m'a particulièrement marquée. L'ironie que l'auteur met dans les descriptions d'exécutions sous la Terreur, ses répétitions, rendent la guillotine encore plus menaçante, et la misère encore plus visible.
Je ne peux pas clôre ce billet sans avoir un peu parlé de Sydney Carton. Il est présenté comme un être raté, peu intéressant, dont il faudrait presque se défier. Mais quand on comprend le rôle qu'il doit jouer... ! Je crois que c'est l'un des personnages de roman les plus sincères que j'ai rencontré. Ses discussions avec Mr Lorry, totalement insouciant, et sa promenade dans Paris, sa rencontre avec la jeune femme, toutes ces scènes sont superbes et terribles à la fois.   

Je voudrais bien avoir du mal à dire de ce livre afin de contrarier Isil et Cryssilda, une fois de plus... Mais je ne peux que vous engager à vous plonger dans ce chef d'oeuvre. J'ai découvert qu'il avait fait l'objet d'une récente réédition l'année dernière, sous le titre de Le marquis de Saint Evrémont.

L'avis de Karine (dans le même état que moi après sa lecture, en plus je vois qu'elle aussi a adoré le chapitre "Echoing Footsteps")


10 janvier 2009

Le portrait de Dorian Gray ; Oscar Wilde

98375630_L_1_Presses Pocket ; 283 pages.
Traduction de Michel Etienne.
V.O. : The Picture of Dorian Gray. 1891.

Oscar Wilde est un auteur dont j'aime tout, et dont la vie me fascine. Pourtant, je n'avais jamais lu son unique roman, dont tout le monde connaît la trame sans même l'avoir lu tellement il a marqué les esprits. En voyant la couverture, j'ai du mal à croire que c'est moi qui ai acheté ce livre. Je suis plus exigeante d'ordinaire, j'essaie quand même d'acquérir des livres dont l'aspect fait envie.

Basil Hallward est peintre à Londres, à la fin du XIXe siècle. Sa vie bascule lorsqu'il rencontre le jeune Dorian Gray, au visage d'ange et à l'âme encore pure. Son portrait est un chef d'oeuvre complet, mais il sera aussi le début de la fin pour nombre de protagonistes de l'histoire. Car le tableau est magique, il vieillit et encaisse les erreurs de l'homme qu'il représente à la place de ce dernier. Dorian est en effet un esprit naïf, ce qui est très dangereux lorsque l'on possède la jeunesse éternelle et que rien ne semble pouvoir nous détruire.

A l'exception de quelques passages que j'ai trouvés un peu laborieux (quelques descriptions sont franchement longues et ennuyeuses), cette lecture a dépassé mes espérances (pourtant élevées). Le portrait de Dorian Gray est un roman incroyablement fort, dont on ne ressort pas indemne. Je crois que j'avais rarement utilisé autant de post-it pour noter les passages marquants d'un roman.
Celui-ci est composé de plusieurs couches. La première donne une apparence de légèreté à l'histoire. Dorian et Lord Henry sont de véritables dandys qui ne se préoccupent que de clubs, opéras, apparences, femmes, et autres plaisirs en tous genres. Ce sont des hommes très jeunes, qui semblent très éloignés des ennuis en général, et qui ne veulent que jouir de la jeunesse.
La deuxième couche est beaucoup plus sombre, et l'on réalise vite que la légèreté apparente de ce roman n'a pour but que de faire mieux ressortir le drame qui se noue. Mon personnage préféré est sans aucun doute Lord Henry Wotton. Il est délicieusement ironique et détaché, ses conversations sont toujours extrêmement drôles, mais c'est bien lui qui, par son insouciance, fait basculer Dorian. Basil avait prévenu :

" He has a very bad influence over all his friends, with the single exception of myself. "

Du début à la fin, Henry demeure le même, et malgré sa vivacité d'espritoscar_wilde, on réalise qu'il n'est pas plus clairvoyant qu'un autre. Ses propos sur la fin de son mariage m'ont beaucoup émue, et montrent à mon avis bien davantage le personnage et ses blessures dans ces quelques phrases échappées avec un ton ironique, que le reste du livre. Ce personnage m'a vraiment intéressée, pour moi il contient à lui seul tout le livre.
Plus discret, parce que plus timide, mais tout aussi émouvant, Basil Hallward est également un personnage indispensable au livre. Il est l'auteur du fameux portrait, et son amitié pour Dorian Gray est touchante, mais comme beaucoup de passionnés, il entraîne sa propre destruction.
Quant à Dorian, son insouciance est aussi grande que celle de ses amis. D'un caractère naïf et innocent, il se transforme peu à peu en individu instable. Il est impossible de le détester tout à fait, car il est une victime lui aussi, d'une certaine manière. J'ignorais la fin exacte du roman, aussi ai-je été surprise. Je pense qu'il peut y avoir une double interprétation de ce que Dorian désirait faire. Je préfère pour ma part penser qu'une part de lui même savait ce qu'il allait provoquer.

Oscar et moi sommes donc plus copains que jamais ! J'espère que vous ne tarderez pas à vous plonger dans cette merveille (pour ceux qui ne l'ont pas déjà fait).

Les avis de Livrovore, Papillon, et de Nanne.

06 janvier 2009

Sally Lockhart : La malédiction du rubis ; Philip Pullman

resize_2_Folio Junior ; 318 pages.
Traduction de Jean Esch. 1985.
Titre Original : The Ruby in the Smoke.

J'avais vaguement entendu parler de la première série écrite par Philip Pullman, mais j'ignorais de quoi il s'agissait. J'ai appris lors du Victorian Christmas Swap que les Sally Lockhart se déroulait à l'époque victorienne, ce qui a attiré mon attention.

Sally Lockhart a seize ans, et son père vient de mourir à l'autre bout du monde, où il s'était rendu pour affaires. Recueillie par une parente peu attentionnée, elle reçoit un billet étrange, qui l'amène à aller voir l'ancien associé de son père. Elle a finalement une entrevue avec Mr Higgs, un autre membre de la compagnie, qui décède devant ses yeux après qu'elle ait évoqué les "sept bénédictions" auxquelles le billet anonyme reçu fait allusion.
Dans le même temps, un marin accro à l'opium et terrifié par les Chinois débarque à Londres, où une femme cupide le prend en pension, et le retient prisonnier.
Sally, qui comprend que sa vie est menacée pour des raisons qui lui échappent, entreprend alors d'enquêter sur les mystères qui entourent la mort de son père, et sur les cauchemars étranges qui troublent son sommeil.
En chemin, elle rencontre Frederic Garland, un jeune photographe, Rosa, la soeur de ce dernier, Trembleur, leur fidèle ami et ancien pickpocket, et Jim, un jeune garçon qui travaille pour Mr Selby, l'ex-associé de Mr Lockhart.

Si vous chercher une série à la hauteur de A la croisée des mondes, vous risquez d'être déçu en lisant les Sally Lockhart. J'ai beaucoup aimé ce premier tome, mais il faut bien reconnaître que Sally fait pâle figure à côté d'une Lyra. Bien que la première soit plus âgée, je suis moins surprise de voir Sally Lockhart en lecture jeunesse que je ne l'avais été pour A la croisée des mondes. L'intrigue est moins complexe, les personnages ne nous font pas tourner en bourrique (à part un), nous ne sommes pas dans un univers avec des tas de mondes parallèles...
Mais, Philip Pullman a quand même un style qui me plaît beaucoup, et dont il usait déjà lorsqu'il a écrit les Sally Lockhart. J'aime particulièrement sa façon de présenter les événements avec brutalité et détachement :

"Elle s'appelait Sally Lockhart, et dans moins d'un quart d'heure, elle allait tuer un homme." (je vous rassure, c'est la première page du roman, aucun spoiler donc).

J'ai dit au début de mon billet que La malédiction du rubis est plus enfantin que A la croisée des mondes. C'est exact, mais Pullman n'est pas un auteur qui y va avec des pincettes. Certains passages sont violents, et supprimer des personnages ne lui pose aucun problème.   
Malgré tout, j'aime infiniment voyager avec lui, et je veux absolument aller sous les tropiques maintenant :

"Si vous n'avez vu les étoiles qu'en Angleterre, vous n'avez jamais vu d'étoiles. Sous les tropiques, elles ne luisent pas faiblement comme ici, elles étincellent ! Dans notre sillage, les gerbes d'écume se composaient de milliards de lumières blanches, et des deux côtés du bateau, la mer était remplie de mouvements vifs et brillants : des poissons qui filaient dans les profondeurs, de grands nuages scintillants et des voiles de couleurs indistinctes, des petites houles et des tourbillons de lumière tout en bas. "

J'ai du mal à vous parler de ce livre, je m'en rends bien compte. J'ai eu la bonne idée de découvrir Sally Lockhart en n'ayant pas lu Philip Pullman depuis un an, mais cela m'a donné envie de lire The Amber Spyglass avant d'avoir rédigé mon billet, et je n'arrive pas à me détacher de ce dernier. Pourtant, ce livre le mériterait, parce que Pullman ne sait pas créer des personnages insignifiants, et il le prouve ici encore. De même, l'intrigue est très bien menée, je ne me suis pas du tout ennuyée à la lecture de ce roman, qui est idéal en cette période un peu morose d'après Noël.

Les avis d'Isil et Clarabel.

04 janvier 2009

La Fille du capitaine ; Alexandre Pouchkine

resize_4_Le Livre de Poche ; 222 pages.
Traduction de Vladimir Volkoff.
1836.

Lettre P du Challenge ABC :

Le 1er janvier, j'ai rassemblé tous les livres que j'ai choisis pour mon challenge "classiques", et pendant quelques minutes, j'ai été horrifiée : rien ne me tentait... Il faut dire que je viens de passer une semaine avec Philip Pullman ( je vous en reparle très vite), et je ne savais pas si je pourrais apprécier une autre ambiance. Pouchkine m'a été conseillé pour compléter ma liste de livres à lire en 2009, alors j'ai ouvert La Fille du capitaine sans savoir de quoi il s'agissait.

Russie, 1773. Après avoir reçu une éducation plutôt succincte, Piotr Andréïtch Griniov est confié par son père, un ancien grand soldat, aux soins d'un vieil ami, qui doit faire de lui un combattant de Catherine II. Son vieux serviteur l'accompagne, et tous deux se rendent au fort de Bélogorsk (où les envoie l'ami du père de Piotr), où son supérieur et sa femme l'accueillent comme leur propre fils. Bien que le fort n'offre pas les loisirs dont Piotr pensait jouir à Saint Petersbourg (où il désirait faire son apprentissage de soldat avant que son père ne l'expédie dans un endroit plus dur), il se sent très vite à l'aise avec ses nouveaux compagnons, et son affection pour la fille de son supérieur se transforme très vite en amour.
Mais le rebelle Pougatchov attaque les forts de la tsarine, et menace celui où se trouve Piotr. 

 

Pour commencer, j'ai deux scoops à vous annoncer :
- Un roman russe peut être drôle : bon, ce n'est pas le livre le plus euphorique de la Terre, mais certains passages, particulièrement avec le valet de Piotr, sont extrêmement amusants.
- Un roman russe peut bien se terminer : désolée de vous gâcher le suspens, mais je ne m'y attendais pas le moins du monde. Et puis, tout est relatif, tout ne va pas non plus pour le mieux dans le meilleur des mondes. 
En revanche, j'ai pu vérifier avec délice que les noms des personnages russes sont impossibles à retenir... Les personnages de La Fille du capitaine ont la bonne idée de tous s'appeler Ivan, donc il faut retenir leurs autres noms. Sans parler des surnoms dont les russes sont très friands je crois... Moi qui ai prévu de lire Guerre et Paix, je sens que je vais déguster !

A part ça, j'ai bien aimé ce livre, mais je n'ai pas été subjuguée non plus. J'ai beaucoup aimé les personnages qui font ce livre, particulièrement Pougatchov, Shvabrine et la femme du capitaine. Ce sont des personnalités fortes, complexes, qui donnent lieu à des scènes cocasses, et dont la détermination est à toute épreuve.
Autre élément très appréciable, le contexte historique. Je n'y connais rien à l'Histoire de la Russie, mais j'adore l'Histoire en général, alors quelques bribes sont toujours bonnes à prendre. D'autant plus que je compte lire d'autres romans russes cette année, et je trouve qu'il est toujours bon d'avoir quelques bases.
Mais j'ai eu du mal à me mettre dans l'ambiance. J'ai trouvé le style assez froid (j'aimerais vraiment lire le russe...), l'histoire un peu trop rapide. J'aurais aimé voir davantage la Russie, vivre un peu plus avec les personnages. J'aime les pavés, et certains livres ont besoin de beaucoup de pages pour me captiver réellement. Je crois que La Fille du capitaine en fait partie. 

Une bonne lecture donc, pas totalement convaincante, mais qui me conforte dans mon envie de découvrir les auteurs russes !   

Les avis de Papillon et Majanissa.

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29 décembre 2008

Une étude en rouge ; Sir Arthur Conan Doyle

resize_2_Librio ; 126 pages.
Traduction de Lucien Maricourt.
Titre original : A Study in Scarlet. 1887.

Je rentre de vacances, et j'ai 186 billets non lus dans mon Google Reader, 186 ! (je voulais juste me plaindre...)

Sir Arthur Conan Doyle est encore un auteur que je voulais découvrir depuis très longtemps. Je ne suis pas du tout une connaisseuse en matière de romans policiers, et je crois qu'à part une obscure BD inspirée du Chien des Baskerville, je n'avais jamais eu aucun contact avec cet auteur. Comme tout le monde, je connaissais le nom de Sherlock Holmes, et son fameux "Elémentaire, mon cher Watson ! " (qui n'est d'ailleurs pas une invention de Doyle d'ailleurs) J'espère bien profiter de 2009 (année des classiques) pour faire plus ample connaissance avec les deux associés.

Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de faire preuve de logique en choisissant le titre de ce livre. Il s'agit tout simplement de la première apparition de Sherlock Holmes, et de sa rencontre avec le Docteur Watson, fraîchement rentré en Angleterre. Les deux hommes sont à la recherche d'un logement confortable, et la colocation leur apparaît comme une nécessité financière. Un ami les met en relation, et voilà Watson qui se retrouve devant un individu peu avenant (je commence d'ailleurs à croire qu'être très prétentieux est la condition sine qua none pour être un grand détective de la littérature), qui joue merveilleusement du violon, et qui exerce une profession un peu étrange, puisqu'il est amené à aider la police dans ses enquêtes.
Très vite, Sherlock Holmes démontre qu'il est difficile de lui dissimuler quoi que ce soit, et le meurtre pour lequel il est amené à s'associer à la police nécessite bien un tel talent. En effet, un homme a été retrouvé mort dans une maison vide. Rien sur le corps ne laisse soupçonner que le décès n'était pas dû à une cause naturelle, excepté le mot Rache (violence en allemand) écrit avec des lettres de sang sur le mur.

Cette rencontre avec Sherlock Holmes a été une vraie réussite ! Ce qui m'a le plus bluffée est le changement total (désolée d'être si vague, mais c'est pour ne pas vous gâcher la découverte de cette enquête) qui intervient au moment où Sherlock Holmes annonce le nom du tueur. C'est à ce moment que j'ai compris que j'avais affaire à un grand auteur, qui était capable de rompre le rythme de son histoire, et de nous embarquer dans un endroit totalement différent que l'on n'aurait jamais soupçonné, et qui s'est révélé être captivant. J'entends beaucoup parler des mormons ces derniers temps, et je n'aurais jamais pensé qu'un auteur de la fin du XIXe pouvait envisager ce mouvement avec autant de recul.
A part cela, l'ambiance est délicieuse, mais je crois que je ne me lasserais jamais de Londres et du XIXe siècle. J'ai déjà dit deux mots sur les personnages, mais je vais quand même en rajouter un peu. En fait, on comprend très vite que ces deux personnages ne sont pas parfaits, qu'ils n'ont pas grand chose en commun, mais il me semble que l'auteur n'a pas totalement levé le voile sur leur identité, ce qui me donne encore plus envie de lire le reste des aventures de Sherlock Holmes et du Docteur Watson. Je ne suis pas une connaisseuse en matière de romans policiers (c'est peu de le dire), mais il me semble que certains des éléments que je viens d'évoquer pour vous parler des deux personnages principaux se retrouvent dans beaucoup d'enquêtes publiées par la suite.

Je ne sais pas quoi vous dire de plus. Ce livre m'a vraiment enchantée, et j'ai déjà commencé à acquérir d'autres ouvrages de Sir Arthur Conan Doyle. Comme nous sommes bientôt en période de voeux, et qu'il faut garder espoir, on va dire que je vous en reparle très vite !   


13 décembre 2008

Dracula ; Bram Stoker

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J'ai Lu ; 574 pages.
Traduction de Lucienne Molitor. 1897.

Après ma lecture de Carmilla, je me suis jetée sur Dracula en pensant qu'il allait avoir l'étoffe qui manque au texte de Le Fanu. J'ai été amèrement déçue.

Jonathan Harker, clerc de notaire, se rend en Transylvanie pour affaires chez le comte Dracula, qui vient d'acquérir une propriété en Angleterre. D'abord rassuré par la présence du comte, Jonathan Harker réalise bientôt qu'il est prisonnier de son château, et que Dracula n'est pas celui qu'il prétend être.

J'ai beaucoup de mal à comprendre comment il est possible de prendre plaisir à la lecture de ce roman. Je me suis un peu documentée au cours de ma lecture, et je veux bien croire que Dracula puisse être intéressant à étudier. En revanche, ma lecture "plaisir" de ce livre s'est vite transformée en une grosse déception.
Je ne sais pas à quoi je m'attendais, mais pour un roman qui est censé être plus ou moins angoissant, je trouve que la forme épistolaire est inapropriée. Toutes les actions sont rapportées, les dialogues sont posés, peu nombreux. Cela gâche totalement le suspens, et rend le roman long, mais long....
De plus, les personnages qui racontent l'histoire ne sont pas les plus importants. C'est Dracula qui donne son titre au roman, mais on a rarement vu un héros aussi absent. A aucun moment, le lecteur n'a accès à ses pensées, à qui il est vraiment. Il est vu par tous comme un monstre, mais ce ne sont que des avis rapportés. On passe davantage de temps à attendre la mort de Lucy, à attendre que les choses se passent en fait, qu'à être réellement dans l'action. Et dès qu'il se passe quelque chose, on n'a droit qu'à de vagues explications (du fait de la construction du roman), qui font de Dracula une idée plus qu'un être bien réel. J'attendais des explications à la fin, mais rien n'est venu. Tout est bâclé en quelques lignes, alors que Stoker nous a raconté en long en large et en travers le voyage des poursuivants de Dracula depuis l'Angleterre jusqu'à sa demeure, et tout un tas d'autres choses tout aussi captivantes... A plusieurs reprises, l'auteur lance des phrases qui m'ont fait espérer voir le personnage de Dracula prendre de l'épaisseur, mais Stoker ne les exploite pas.
L'autre personnage qui pouvait être intéressant est Van Helsing, mais lui aussi reste plutôt inaccessible. Par ailleurs, afin de ménager le suspens, le professeur dissimule des informations, ce qui a des conséquences fâcheuses.
Le seul personnage qui m'a paru intéressant est Renfield. Il se dévoile bien plus que Dracula, et ce n'est qu'à travers lui que j'ai ressenti le pouvoir du comte.
Pour ne pas être trop méchante, je dirais quand même que la première partie du livre (en gros, lorsque Jonathan est chez le comte) est bien. Les descriptions du château, le pouvoir du comte sur les loups, les découvertes de Jonathan, créent une ambiance gothique conforme à ce que j'attendais de ce livre. Malheureusement, ça ne dure pas.

Un livre que je n'ai pas du tout apprécié, donc. J'espère que l'adaptation de Coppola (qui s'éloigne beaucoup de l'histoire originale) sera plus appréciable.

Les avis beaucoup plus enthousiastes de Karine :), Isil, Hydromielle, et Romanza.

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21 novembre 2008

Délivrez-moi ! ; Jasper Fforde

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Il y a presque deux ans, j'avais dévoré le premier tome de la série des Thursday Next. Je m'étais immédiatement jetée sur Délivrez-moi ! , mais comme je suis une parfaite illustration du proverbe disant qu'il ne faut pas abuser des bonnes choses, mon élan avait été coupé net. J'ai réouvert ce livre parce que j'avais besoin d'un bon divertissement, et j'ai eu un énorme choc : j'avais complètement oublié que Thursday avait un cousin qui s'appelait Wilbur ! Je ne comprends pas comment c'est possible tellement je trouve ce prénom abominable.

Mais passons, puisque l'heure est grave. Thursday croit nager dans le bonheur depuis son mariage avec Landen. Ils viennent juste d'apprendre qu'ils vont avoir un enfant, et seules les interviews auxquelles est conviée Next afin de raconter son aventure dans Jane Eyre apportent une ombre au tableau.
L'ennui est que Goliath n'apprécie pas du tout que l'un de ses agents ait été coincé dans Le Corbeau d'Edgar Allan Poe, que la ChronoGarde est toujours à la recherche du père de Thursday, et que les coincidences très étranges qui entourent la jeune femme sont de plus en plus menaçantes.
Quand Landen est éradiqué par la ChronoGarde, qui le fait mourir à l'âge de deux ans dans l'accident de voiture auquel il avait pourtant survécu, Thursday est prête à tout pour le ramener.
Elle nous emmène donc au Japon, puis se retrouve dans la bibliothèque dont nous rêvons tous, celle où sont rangés tous les livres jamais publiés, gardés par le chat de Alice au pays des merveilles (entre parenthèses, si ma swappeuse du Victorian Swap passe par là, je meurs d'envie de le lire maintenant). De là, elle commence son apprentissage pour entrer dans les textes avec Miss Havisham (que j'étais ravie de revoir), toujours vêtue de sa robe de mariée en lambeaux, mais délicieusement hargneuse.

Je ne vais pas vous raconter tout le livre, mais j'en meurs d'envie parce que je me suis régalée ! Fforde est vraiment un génie, le monde qu'il a créé est drôle, incroyablement loufoque, et fantastique pour toute personne qui aime les livres. On apprend que Heathcliff a passé trois ans à Hollywood (où il a également mijoté sa vengeance donc), Mrs Fanny Dashwood a presque l'air sympathique, et avance des arguments pour sa défense qui sont très convaincants. Les personnages des romans évoqués sont encore une fois des personnages qui ont une existence hors de celle que les auteurs leur ont offerte, et tout le monde trouve cela normal que la découverte d'une nouvelle pièce de Shakespeare puisse avoir des conséquences incalculables, ou que l'on se piétine dans une foire aux livres.
Et puis, Pickwick. J'adore cette bestiole !
Le tout est servi par la plume dynamique de Fforde, qui nous fait trembler et enrager. Les rebondissements sont légion, et le plus incroyable est que plus Fforde s'enfonce dans le fantastique et plus il est crédible. Lorsqu'il décrit le monde réel à la fin du livre, c'est nous qui nous paraissons complètement absurdes...

Le quatrième tome étant sorti en poche il y a peu, je sens que je ne vais pas tenir longtemps avant de retrouver Thursday Next !

L'avis de Karine :). Je tiens aussi à dénoncer le fait que Lou n'a pas aimé L'affaire Jane Eyre (comme ça je suis fâchée avec les DEUX organisatrices du Victorian Swap. J'aurais sans doute mieux fait d'attendre que les swappeuses et swappées soient déterminées, mais je suis une téméraire ! ).

10/18 ; 444 pages.
Traduction de Roxane Azimi.
Titre Original : Lost in a Good Book. 2002.

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12 novembre 2008

L'homme démasqué ; Thomas Hardy

51QIH7ptHQLLe Serpent à Plumes ; 84 pages.
Traduction de Diane de Margerie.
Titre Original : Barbara of the house of Grebe.

Elizabeth Gaskell me plaisant seulement à petites doses depuis que j'ai commencé Cranford, j'ai décidé de m'offrir une parenthèse avec Thomas Hardy qui m'a très récemment enchantée avec Far from the madding crowd. C'est chez Cryssilda, l'une des organisatrices du Victorian Swap auquel je me suis inscrite, que j'ai pioché cette lecture.

Alors qu'elle est courtisée par Lord Uplandtowers, Barbara Grebe s'enfuit avec celui qu'elle aime (un jeune homme sans rang), au cours d'un bal organisé par ses parents. Le mariage est heureux durant quelques semaines, puis Mr Willowes, afin d'achever son éducation et de devenir digne de son épouse, part pour le continent. Il y reste près d'un an et demi, et lorsqu'il revient, son visage a été ravagé par les brûlures d'un incendie. Or, il était autrefois un homme d'une remarquable beauté, et sa femme est paralysée d'horreur lorsqu'elle le revoit.

A nouveau, j'ai été séduite par Thomas Hardy. Ce livre s'attache à dénoncer la superficialité qui conduit certains au mariage, en mettant à nouveau en scène des situations qui ont dû faire grincer bien des dents lorsque Hardy a publié ses écrits, d'autant plus que l'auteur manie très bien le cynisme lorsqu'il s'agit de parler de bonheur conjugal.
Hardy fait d'ailleurs preuve d'une très grande maîtrise tout au long de ce texte finalement très court. L'ambiance est malsaine. On a l'impression d'être en permanence dans des lieux où la lumière a du mal à pénétrer. La personnalité des personnages, qui est très bien croquée par l'auteur, ajoute à cette ambiance gênante. Lord Uplandtowers m'a beaucoup plu par exemple.
Quant à la chute, elle est très bien trouvée, et expose une nouvelle fois et avec beaucoup d'ironie la position de Thomas Hardy face aux mariages.

En résumé, une nouvelle qui n'a certes pas le charme de Far from the madding crowd, mais qui n'en est pas moins un vrai bonheur de lecture.

Même si je ne peux pas m'empêcher d'arranger la chose à ma sauce, comme d'habitude, j'ai entrepris d'accompagner Lou, Isil et Cryssilda dans leur découverte de romans victoriens en attendant les paquets du swap. En voilà une autre de faite !

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07 novembre 2008

La dame en blanc ; Wilkie Collins

resize_5_Le Masque ; 476 pages.
Traduction de L. Lenoir. 1860.
Titre Original : The Woman in White.

J'ai conscience de m'exposer à des représailles sévères avec la rédaction de ce billet, mais tant pis. La Dame en blanc était un livre qui avait tout pour me plaire, Wilkie Collins un auteur dont j'avais pu apprécier la plume, et Céline, qui partage souvent mes goûts, avait été soufflée par ce roman. Après cette lecture, je suis perplexe. J'ai même attendu quelques jours pour voir si mon avis bougeait, mais non...

Walter Hartright, un jeune professeur de dessin, rencontre à la veille de son départ chez deux nouvelles élèves, une étrange femme vêtue de blanc. Celle-ci est effrayée, et le quitte après avoir obtenu son aide. Il apprend un peu plus tard dans la soirée que la dame en blanc s'est échappée d'un asile.
Arrivé chez Mr Fairlie, l'oncle de l'une de ses deux élèves, il rencontre Marian Halcombe, soeur aînée bienveillante de Miss Fairlie, qui devient vite une amie et une alliée. Quand il voit Laura Fairlie, il en tombe amoureux. Mais celle-ci ressemble étrangement à la dame en blanc qu'il a croisée à Londres.

Côté défauts, j'ai trouvé que ce livre avait un côté profondément gnangnan. Ca peut sembler étrange pour quelqu'un qui a trouvé l'héroïne de Les mystères d'Udolphe attachante, mais cette Laura, je l'aurais étranglée avec sa bonté stupide et ses états d'âme exaspérants. Elle plonge la tête la première dans son malheur, et le seul moment où j'ai eu une (fausse) joie la concernant, c'est lorsqu'elle se rend à Londres chez son oncle. L'antipathie profonde que j'ai éprouvé pour ce personnage joue certainement beaucoup dans mon appréciation finale d'ailleurs.
Autre chose qui m'a gênée, le côté brouillon du livre. Certaines parties sont excellentes, d'autres arrivent beaucoup trop vite, et bonjour les situations invraisemblables (ce n'est pas un procédé nouveau, certes) ! Franchement, le coup du type qui enferme une jeune fille, puis décide d'épouser le sosie de cette dernière (comme si c'était la seule cruche du pays qu'il puisse trouver), ça m'a beaucoup fait rigoler. J'ai globalement lu ce livre avec avidité, Wilkie Collins n'est pas considéré comme un maître du suspens pour rien, mais les révélations et la résolution des problèmes m'ont déçue.
Là où Wilkie Collins est excellent, c'est pour dresser les portraits des méchants. L'ambiance est malsaine, et j'ai beaucoup pensé à Mary Elizabeth Braddon sur ce point. On enrage devant le comportement du comte, qui se joue non seulement de Marian mais aussi de nous. Ce personnage est fouillé, sa personnalité n'est jamais dévoilée, et Wilkie Collins laisse planer le doute sur la présence d'une quelconque bonté chez cet homme. Sir Percival est profondément antipathique, mais il se révèle davantage manipulé qu'autre chose. J'avais presque pitié pour lui à la fin. Leurs actions, très habiles, accentuent encore plus la complexité de leur caratère. 

Sacrée déception donc. J'ai encore un livre de cet auteur en stock, donc je relirai sûrement Wilkie Collins, mais ça ne sera pas pour tout de suite.

18 octobre 2008

L'infortunée ; Wesley Stace

9782290355664_cb_1_J'ai Lu ; 602 pages.
Traduction de Philippe Giraudon. 2004.
Titre Original : Misfortune.

Encore un roman qui me tentait énormément, mais qui attendait (en anglais et en français) sur une étagère depuis sa sortie en poche. Comme je ne suis pas très emballée par le Thomas Hardy que j'ai commencé, je me suis dit que ce roman allait me faire office de récréation. Je l'ai commencé en anglais, mais mon exemplaire pesant pas loin de trois kilos m'a fait préférer mon édition de poche en français...

Un soir, en rentrant chez lui, le Jeune Lord Loveall découvre un bébé aux pieds d'une chienne. Il l'identifie immédiatement à sa petite soeur Dolorès, morte à cinq ans en tombant d'un arbre. Le bébé est baptisé Rose, et pour faire croire à une naissance légitime et tromper les vautours qui lorgnent sur l'héritage des Loveall, Geoffroy épouse Anonyma, sa bibliothécaire, et ne dévoile l'existence de l'enfant que quelques mois plus tard. Rose grandit entourée d'amour, faisant le bonheur de ses parents mais aussi de ses amis Stephen et Sarah. Cependant, plus les années passent et plus les événements étranges se multiplient autour d'elle, l'amenant à s'interroger sur qui elle est vraiment. Car Rose est en fait un garçon, ce que son père a toujours refusé de voir.

Bizarrement, j'ai adoré ce livre, alors même qu'il présente des défauts notoires. Déjà, il est trop long. La deuxième partie aurait été amputée de cent ou cent-cinquante pages, cela n'aurait pas été gênant, au contraire. Le passage où Rose quitte l'Angleterre m'a profondément ennuyée, et j'ai trouvé que ce qui suivait la révélation de la véritable identité du jeune homme était très brouillon en plus d'être cousu de gros fils. Quant à la fin, elle est tout simplement bâclée.
Mais j'ai été captivée par la première partie du roman. Elle est très bien écrite, maîtrisée, drôle, dynamique, angoissante aussi parfois. On ne se sent pas totalement dans l'Angleterre du début du XIXe siècle, mais en même temps cela ne décrédibilise pas l'intrigue. J'avais plutôt l'impression d'être dans un lieu indéterminé, pas très éloigné des contes de fées. Tout est très travaillé, même les noms des personnages, ce qui donne lieu à un roman très riche.

Car tout est surprenant dans ce livre, à commencer par les personnages. Geoffroy est très attachant, sa bonté et sa sincérité font qu'on lui pardonne son excentricité. Il croit vraiment que Rose est une fille, son bien-être en dépend. Anonyma peut apparaître comme une intrigante, mais elle aime son enfant plus que tout, et elle n'abuse jamais de la gentillesse de son maître (qui devient ensuite son mari). De plus, son personnage étant un hommage aux livres et aux bibliothèques, il est difficile de ne pas se trouver des poins communs avec elle.
En fait, il est possible d'être choqué par ce qui est imposé à Rose par tous ceux qui sont adultes au moment où elle arrive à Loveall. Mais le comportement des compagnons du Jeune Lord n'est guidé que par leur loyauté envers leur maître.
Quant aux enfants, ils sont de toute façon dans l'insouciance jusqu'au moment où la vérité éclate. Rose est un personnage complexe. On peut penser que cela va de soi étant donné que son identité est floutée, mais il aurait été très facile de tomber dans la caricature avec un tel sujet. Ce n'est pas le cas ici. Rose s'interroge, teste, rejette les évidences, tente de les accepter, puis trouve ce qu'il veut. C'est la même chose pour le lecteur, qui voit alterner des "il" et des "elle" sans trop savoir sur quel pied danser.

Il n'y a pas que des gentils dans ce roman. Nous avons aussi droit à toute la famille, qui n'attend que son heure pour fondre sur Loveall. Les Osbern sont presque tous ridicules, cupides, un peu caricaturaux, mais c'est l'histoire qui veut ça. De plus, ils ne sont pas dépourvus d'une certaine intelligence, et quelques éléments montrent des signes de faiblesse bienvenus pour Rose et ses amis.

Autre élément fascinant, Loveall. Ce lieu est plein de mystères, de souvenirs parfois douloureux (comme l'arbre d'où Dolorès a mortellement chuté). Et puis cette bibliothèque... Difficile de ne pas mourir d'envie d'y mettre les pieds.

En fait, je ressort de ce livre charmée, parce que la première partie m'avait complètement convaincue, et que de ce fait, je ne pouvais que vouloir connaître la fin de l'histoire. L'auteur a réellement une imagination débordante, et son livre était ambitieux dans le bon sens du terme. Cependant, je ne peux pas crier au chef d'oeuvre, parce que la deuxième partie du roman n'est vraiment pas à la hauteur. 

Les avis de Sophie et Laurent.