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J'ai fini et commencé l'année avec deux très brefs textes russes. Le second est le dernier Dostoïevski qui s'ennuyait dans ma PAL russe.* Le Rêve d'un homme ridicule est l'histoire d'un individu désespéré ayant décidé de se supprimer d'un coup de révolver. Cependant, alors qu'il rentre chez lui le jour choisi pour accomplir son acte, il se heurte à une petite fille qui le supplie de l'aider. 

Il y a (selon moi) chez Dostoïevski du très bon comme du très médiocre, et malheureusement ce très court texte appartient plutôt à la seconde catégorie. C'est un conte de Noël à la Dickens sans l'émerveillement enfantin de ce dernier et avec les tourments existentiels d'un Tolstoï en fin de vie. Tout ce que j'aime (non).

Dostoïevski étant tout sauf un écrivaillon, ce texte n'est pas complètement raté. Ca avait même plutôt bien commencé avec des réflexions passionnantes sur le suicide (je vous assure). Le narrateur entre dans une colère noire lorsqu'il s'aperçoit que, bien qu'ayant décidé de se supprimer, tout ne lui est pas indifférent. Il s'interroge sur la relativité de la culpabilité et sur l'existence des autres par rapport à soi-même, de quoi alimenter bien des conversations.

L'auteur m'a cependant complètement perdue dans la deuxième partie du livre, à savoir le fameux rêve, où le héros a une révélation mystique qui lui donne la force de vivre ainsi qu'une mission. Même les quelques allusions à la passion du personnage pour la douleur (on est chez Dostoïevski après tout) et au caractère meurtrier des religions en général n'ont rien pu faire pour moi.

Espérons que ma prochaine rencontre avec l'auteur soit plus concluante...

*(il y en a bien un autre dans le volume de la Pléïade des Frères Karamazov, mais il est à mon conjoint donc ça ne compte pas).

Babel. 58 pages.
Traduit par André Markowicz.
1877 pour l'édition originale.