product_9782070455294_195x320Buenos Aires, années 1950. Santiago, jeune réparateur de machines et homme à tout faire d'un journal, se retrouve propulsé enquêteur spécialisé dans la recherche de personnes en lien avec l'occulte. Envoyé à la recherche d'informations sur les "antiquaires", il rencontre un professeur d'université et sa fille Luisa, dont il tombe amoureux. Mais celle-ci est fiancée à Montiel, un disciple de son père, et lorsque les deux hommes sont mêlés à un interrogatoire d'antiquaire qui s'achève par la mort de ce dernier, la vie de Santiago prend une tournure découlant entièrement de cet événement.

Autant le dire tout de suite, cette lecture a été pour moi un échec total. J'ai mis des semaines à terminer cette histoire manquant cruellement de rythme.
C'est vraiment une question de forme, car le fond y est. Le fantastique arrive de façon impromptue pour le héros, il assiste à un meurtre, passe de l'autre côté de la barrière. Avec la transformation vient la soif primordiale, mais aussi le métier de bouquiniste, l'amour des vieilles choses, et la quête d'un livre permettant à un vampire d'aimer une mortelle. Ces thèmes font généralement mouche tant ils sont indémodables ou précieux pour les boulimiques de lecture, mais ici ça ne fonctionne pas. Les événements, pourtant violents parfois, semblent déconnectés les uns des autres, les personnages ressemblent à des automates, rien n'est familier.
Impossible donc d'éprouver la moindre empathie pour les personnages, à commencer par Santiago. Il est jeune, passionné par les livres, mais complètement spectateur de sa propre vie. Pour le lecteur, relegué spectateur d'un spectateur, ça devient dur de se sentir impliqué.

Le thème de la soif primordiale, celle des vampires, m'a rappelé un film récent, Only lovers left alive. Le rythme y était pourtant très lent aussi, mais il possédait ce truc qui fait qu'on entre dans une histoire (non, je ne parle pas de Tom Hiddleston).

Les seuls passages qui m'ont plu sont ceux qui évoquent les livres et ce qu'ils révèlent de nous.

Pablo de Santis m'aura quand même permis, contre toute attente, de réaliser mon challenge Myself, qui consistait à lire un livre de langue espagnole cette année.

Merci à Anna pour cette lecture.

Vous pouvez trouver ici un avis dithyrambique et très intéressant sur ce livre.

Folio. 273 pages.
Traduit par François Gaudry.
2012 pour l'édition originale.