26 janvier 2010

Virginia Woolf, biographies de Viviane Forrester et d'Alexandra Lemasson

41526_004_1DDB8F8AL'un des premiers biographes de Virginia Woolf sera son neveu, Quentin Bell, publié en 1972. Alors que, dans l'entourage de la romancière, la plupart sont déjà morts, il donne le coup d'envoi à la légitimation de la légende autour de Virginia Woolf, celle qui la décrit comme folle et frigide notamment.
Les travaux récents remettent toutefois en cause cette représentation de la romancière. Alexandra Lemasson, tout comme Genviève Brisac et Agnès Desarthe, est beaucoup plus modérée.

"Virginia Woolf a la réputation d'être un auteur difficile. Sa vie elle-même est nimbée d'un halo de mystère. Ses dépressions. Sa folie. Son suicide. Tout semble converger pour faire de cette femme une héroïne tragique. En 1966, le dramaturge Edward Albee écrit une pièce sans relation avec la romancière mais dont le titre suggère à merveille les sentiments qu'elle a le don de susciter. Presque malgré elle. Qui a peur de Virginia Woolf ? Beaucoup de monde. Qui l'a lue ? Beaucoup moins. Il faudrait donc commencer par ses livres sans jamais avoir entendu parler de sa vie. Ignorer sa légende pour découvrir sa vérité. Commencer par la fin dans l'espoir de redécouvrir le début et que surgisse au détour d'une phrase le rire de cette femme pour qui seule la vie imaginaire valait la peine d'être vécue."

Virginia_Woolf_with_her_father__Sir_Leslie_StephenEn effet, il suffit de se pencher sur les écrits de Virginia Woolf pour s'apercevoir de son humour, de sa vitalité, de sa curiosité et de sa connaissance de la sensualité.   
La réputation de folie entourant la romancière s'est développée bien avant sa mort. Elle en a conscience, et note dans son Journal en 1922 :

"Le seul intérêt que l'on me porte en tant qu'écrivain provient, je commence à m'en rendre compte, de ma bizarre personnalité."

Très tôt, elle doit faire face à des drames successifs et cruels ; sa mère, sa demi-soeur, son père avec lequel elle entretient des rapports ambigus, puis son9782070307265_1_ frère, lui sont arrachés en l'espace de dix ans. Elle traverse des crises qui l'établissent aux yeux des siens comme fragile psychologiquement. Qu'en était-il réellement ? Cette question semble hanter ses biographes aussi bien qu'elle-même. Je m'interrogeais il y a de cela quelques mois sur la raison pour laquelle elle avait écrit Nuit et Jour, qui ressemble si peu à ses autres romans. C'est ici que Viviane Forrester trouve une explication :

"Le premier [roman] offert, La Traversée des apparences, provenait des racines de son désir, de ses peurs, de sa substance, d'un travail de sept ans. Le suivant dépendra de sa crainte d'être jugée victime de déraison : elle voudra le présenter comme la preuve du contraire, d'où la "platitude" qu'elle lui reconnaîtra."

Quel rôle ont joué Vanessa Bell, sa soeur, et Leonard Woolf, son mari, dans cette idée que Virginia Woolf avait d'elle-même ? Leonard Woolf était lui même un homme en proie à la mélancolie, et a pu répercuter ses propres démons sur sa femme, Alexandra Lemasson et Viviane Forrester s'accordent sur ce point. Cependant, la biographie de Viviane Forrester est un véritable charge contre le mari de Virginia Woolf, ce colonialiste zélé, dépressif, manipulateur, qui a fait croire à tous que sa femme était frigide quand il l'était, qui lui a imposé une vie parfaitement contrôlée, sans enfants, et qui l'a délaissée quand elle avait le plus besoin de lui. A lire cette biographie, on pourrait croire qu'il l'a lui même poussée dans l'eau.
Je trouve le travail de Viviane Forrester intéressant, et je n'ai aucune raison de vouloir imaginer à tout prix un Leonard parfait. Elle refuse de dire que Virginia Woolf était folle et déprimée en permanence, moi aussi.

9782226189882

Toutefois, j'ai du mal avec ses arguments. Il y a beaucoup d'interprétations psychologiques (j'ai régulièrement pensé à ma mère, très portée sur la chose, en lisant ce texte), et donc non vérifiables. Ce qu'elle dit est souvent possible, mais pas irréfutable, ou du moins peut aisément être nuancé. Je pense par exemple à l'accusation de négligence portée contre Leonard, qui ne voit pas que sa femme est au bord du gouffre et qui la conduit la veille de sa mort chez unLeonard_et_Virginia médecin incompétent selon Viviane Forrester. Pour elle, Leonard a seulement voulu voir un médecin pour être rassuré, lui. Il ne me semblait pas que les gens qui se suicident étaient repérables, et faire l'autruche n'est pas non plus un comportement si incompréhensible. Je pense que Viviane Forrester a joué un rôle important pour réhabiliter Virginia Woolf, mais Leonard était sans doute un être complexe également, et les remarques qui se veulent modérées n'empêchent à mon sens pas de le montrer comme le grand méchant de l'histoire.
Il y en a d'autres, des méchants, dans cette histoire. De ce fait, cette biographie est la plus sombre que j'ai lue sur l'auteur. Ou plutôt sur sa famille, parce que Virginia Woolf est finalement assez en arrière-plan, la place occupée par ses fantômes étant majeure. Heureusement, la quatrième partie arrive pour justifier un peu toutes ces informations sulfureuses. Viviane Forrester commence alors à évoquer réellement l'oeuvre et à l'expliquer. Alexandra Lemasson, tout en évoquant la vie de Virginia Woolf, a choisit un parti plus intéressant à mes yeux en la liant en permanence avec le travail de la romancière tout au long du livre. Son étude est passionnante, pleine d'entrain et se lit comme un roman pour qui veut découvrir Virginia Woolf en douceur.   
On y rencontre d'abord l'enfant, celle qui passe des vacances merveilleuses à St. Ives, que Virginia Woolf recherchera plus tard dans La Chambre de Jacob, Vers le Phare, ou Les Virginia_et_VanessaVagues :

"Depuis la chambre des enfants, la vue sur la baie de St. Ives est d'une beauté à couper le souffle. Virginia passe des heures à observer le va-et-vient perpétuel de la flottille de pêche. Ce qu'elle préfère, ce sont les jours de régate. Tous ces drapeaux et ces petites personnes aussi agitées sur terre que sur mer qui donnent l'impression de s'être évadées d'un tableau français."

Celle aussi qui écrit avec Vanessa et Thoby le Hyde Park Gate News. Plus tard, il y aura la femme, belle, intelligente, curieuse, drôle, moderne, exigeante, mais aussi peu sûre d'elle, parfois mesquine et envieuse (comme de Katherine Mansfield et de James Joyce). Elle anime le groupe de Bloomsbury, qui comporte des personnalités toutes plus fascinantes les unes que les autres, fonde la Hogarth Press qui fait des choix audacieux. Dans les deux biographies, on trouve des anecdotes délicieuses, comme celle de Dreadnought Hoax. En 1910, Adrian Stephen, Virginia Woolf, Duncan Grant et d'autres, se font passer pour une délégation princière venue d'Abyssinie auprès de la marine britannique. Ainsi, pendant quelques heures, on leur fait des courbettes. Ils se sont maquillés avec du cirage, et la moustache de Duncan se décolle, mais la farce réussit. La marine apprécie moyennement la vérité lorsqu'elle l'apprend quelques jours plus tard.

Virginia_Woolf_in_Dreadnought_Hoax

Il y a aussi la dépression qui suit le mariage de Virginia et Leonard Woolf, les dix ans d'exil à Richmond, les médecins, dont l'auteur se vengera dans ses textes, comme Mrs Dalloway. Les doutes. Et encore les deuils. Lytton Strachey, le grand ami du couple Woolf, puis Roger Fry, l'ancien amant de Vanessa, auquel Virginia consacre une biographie, un "pensum" pour Viviane Forrester. En 1937, Julian, le fils aîné de Vanessa et Clive Bell est tué en Espagne. La guerre est là, et Virginia va s'effondrer. Le 28 mars 1941, elle pose en évidence trois lettres pour Leonard et Vanessa, sa soeur avec qui elle a entretenu une relation faite de hauts et de bas, sort de sa maison, remplit ses poches de pierre, et va se jeter dans l'Ouse, qui borde une zone industrielle.

Bien qu'imparfaites (mais toute biographie l'est nécessairement, et je pense que les travaux engagés sont une chose indispensable), ces deux portraits de Virginia Woolf se lisent très facilement, et permettent de découvrir une petite part de la femme qu'elle était.



Commentaires sur Virginia Woolf, biographies de Viviane Forrester et d'Alexandra Lemasson

    A la vue des extraits que tu cites, de leur style, la biographie de Viviane Forrester me fait tout de même beaucoup plus envie. Sinon j'ai trouvé la petite parenthèse sur ta mère joliment hors sujet et assez drôle !
    Je ne vais pas aussi vite que toi, mais j'ai également fait une petite lecture woolfienne supplémentaire...

    Posté par Mea, 27 janvier 2010 à 00:03 | | Répondre
  • C'est très intéressant tout ça! j'avais entendu un interview d'elle à la radio (V.F, pas V.W) où elle exposait justement sa thèse du méchant Leonard qui a lentement éteint toute joie de vivre en Virginia. J'avais aussi appris d'autres choses, comme l'antisémitisme de Virginia, alors qu'elle est mariée à un juif! (!!!!!)
    J'aime beaucoup ta piqûre de rappel sur VW, et ce que tu nous apprend (la photo en princes orientaux est tordante!).
    Quant à moi, il faut que je lise davantage de biographies!

    Posté par casanova, 27 janvier 2010 à 09:04 | | Répondre
  • Mea : j'ai vu ça, c'était très intéressant d'ailleurs. Au niveau du style, je trouve en fait la bio d'Alexandra Lemasson plus fluide. Et Viviane Forrester m'a ennervée un peu à ce sujet, avec deux ou trois petites remarques qui détonnent, du genre "mais pourquoi a t-elle attendu trente ans pour se foutre à la flotte". Ces écarts de registre me perturbent, et je n'aime pas le langage familier dans une bio qui se veut sérieuse. La bio de "Lou Andreas-Salomé" de Giroud m'avait aussi fait tiquer à cause de ça. Mais les deux sont à lire je pense, il faut de toute façon tout découvrir pour pouvoir prendre du recul et piocher ce qui semble le plus pertinent.

    Casanova : oui, V.F. parle longuement de ce rapport aux juifs, de V.W., mais aussi de son entourage. C'est intéressant, et d'autres biographies en parlent aussi. Mais pour elle, le fait que V.W. ait épousé un juif est aussi une forme de masochisme, elle pense que L. et V. se détestaient quelque part, et elle est convaincue que, dans "Les Années", une remarque antisémite d'un personnage est une attaque contre Leonard.
    J'adore aussi la photo, c'est incroyable que ça ait réussit !

    Posté par Lilly, 27 janvier 2010 à 11:13 | | Répondre
  • Le mieux est bien sûr de lire plusieurs biographies, pour l'instant je découvre ses romans.
    Il y a son journal aussi, qui a l'air intéressant...

    Posté par keisha, 27 janvier 2010 à 16:36 | | Répondre
  • Ta réponse m'inquiète un peu, car au fond, je n'aime pas trop les biographies. J'en ai très peu lu. Au moment où je m'étais passionnée pour Perec et où j'avais tout lu de lui et sur lui, j'avais fini par une biographie qui m'avait dégoûtée du genre. Mais c'est sûrement un tort, parce que je suis sûre dans le cas particulier des biographies d'écrivains, que ça pourrait être très intéressant. Et puis je vais retester le genre avec Carington, parce que je me dis que la biographie de quelqu'un qui m'est totalement inconnu doit pouvoir se lire comme un roman. Enfin j'espère...

    Posté par Mea, 27 janvier 2010 à 20:23 | | Répondre
  • J'avais regardé une entrevue avec V. Forrester à La grande librairie et cela m'avait donné envie de lire son livre.
    Toutefois, la question que je me pose toujours : ne vaut-il mieux pas avant d'entamer de telles biographies connaître un minimum l'œuvre de l'auteur ?

    Posté par In Cold Blog, 28 janvier 2010 à 10:39 | | Répondre
  • Quel beau billet ! Pour ma part j'ai la bio écrite par Hermione Lee "Virginia Woolf ou l'aventure intérieure" mais il fait plus de 1000 pages et en plus, écrit en tout petit... Je suis chaque fois découragée lorsque je le prends en main... Est ce que tu l'as lue ?
    Ceux dont tu parles m'ont l'air très intéressants mais je pense qu'il est plus raisonnable de commencer par celui que j'ai... Merci.

    Posté par L'or des chambre, 28 janvier 2010 à 10:39 | | Répondre
  • Tu me fais penser que j'ai la bio de Forrester sur ma PAL, je garderai tes commentaires en tête pour ma lecture

    Posté par Chinchilla, 28 janvier 2010 à 12:17 | | Répondre
  • La biographie de Lemasson me tentait bien, j'ai un a priori bête et méchant sur la bio de Forrester, mais sans doute ai-je tort ! merci pour ce bel article très intéressant !

    Posté par George, 28 janvier 2010 à 18:59 | | Répondre
  • Je n'ai lu que partiellement ton avis, comme j'ai déjà le livre de Lemasson et pense peut-être lire l'autre biographie, mais tu me rappelles mes bonnes résolutions woolfiennes. Nous avons prévu une lecture commune d'"Orlando" avec Titine si jamais tu es tentée (je suis certaine que tu le liras quoi qu'il en soit ).

    Posté par Lou, 28 janvier 2010 à 21:31 | | Répondre
  • Keisha : oui, son journal doit être passionnant. Je n'ai que la version expurgée, il faut que j'investisse dans les nouvelles éditions !

    Mea : je ne pense pas que ces biographies puissent dégouter du genre. Je vais dire un gros mot, mais je les classe du côté de la (bonne) vulgarisation. Elles se lisent comme des romans. A mon avis, l'étude d'Hermione Lee est beaucoup plus poussée et ardue (mais en ce qui me concerne, les essais de ce genre ne me rebutent pas du tout).

    ICB : si tu ne sais rien de Woolf, si tu n'en as pas l'image d'une pauvre petite chose déprimée, je te conseille absolument de la découvrir par ses oeuvres. Sinon, en fait je te donne le même conseil ;o), parce que les oeuvres sont souvent citées dans les bios, et tu risques de rater des informations...

    L'or des chambres : j'ai lu le premier chapitre d'Hermione Lee, mais pour des raisons matérielles, j'ai dû le laisser chez mes parents. Je pense que c'est un indispensable.

    Chinchilla : j'espère que tu en parleras !

    George : moi aussi je craignais un peu celle de Forrester, mais honnêtement, elle est bien plus intéressante que je l'imaginais (malgré les bonds que j'ai pu faire en la lisant).

    Lou : pour quand la lecture commune ?

    Posté par Lilly, 28 janvier 2010 à 21:53 | | Répondre
  • J'aime beaucoup et les bio et VW, j'ai lu avec passion la bio d'hermione Lee et celle de V Forrester, les deux se complètent car l'une est centrée sur l'oeuvre et l'autre fait une analyse plus "psychanalytique" mais en fait si l'on veut découvrir VW rien de vaut son journal
    il y a aussi le petit bouquin de Geneviève Brisac "VW"

    Posté par Dominique, 29 janvier 2010 à 09:43 | | Répondre
  • C'est toujours aussi passionnant de te lire quand tu évoques V. Woolf, tu sais !
    J'ai pris la grande résolution de m'offrir "La traversée des apparences", pour commencer par le commencement et pouvoir ensuite participer à cet engouement woolfien...
    Par contre, je suis toujours surprise quand je lis qu'elle enviait Katherine Mansfield - j'ai lu un recueil d'elle, et franchement, c'était pas transcendant...

    Posté par erzébeth, 29 janvier 2010 à 11:07 | | Répondre
  • Dominique : j'ai bien aimé le livre de Brisac et Desarthe moi aussi. Tu as parlé de Viviane Forrester ?

    Erzébeth : j'ai lu seulement deux nouvelles de Mansfield, mais je ne suis pas du tout d'accord avec toi (en même temps, depuis que j'ai lu ton com chez Levraoueg/Mea, je doute de toi ;o)), je les avais réellement trouvées excellentes. Je crois qu'elle a aussi écrit des romans, il faut que je me penche sur la question !
    Sinon, je suis ravie que tu songes à te procurer "La Traversée...", et j'ai plus que hâte que tu le découvres, il est merveilleux. Je me le fais en anglais la prochaine fois, je l'ai enfin acheté.

    Posté par Lilly, 29 janvier 2010 à 19:22 | | Répondre
  • Mon dieu, mais qu'ai-je écrit chez Mea ? (j'écris tellement de bêtises partout, comment m'en souvenir ? ).
    Je n'ai peut-être pas lu les bons textes de Mansfield - ce n'était pas mauvais pour autant, mais pas du tout comparable au talent de Woolf à mes yeux.

    Posté par erzébeth, 31 janvier 2010 à 15:46 | | Répondre
  • Tu m'as convaincu de lire la biographie de Lemasson, je voulais lire une biographie de Virginia mais je ne savais pas laquelle. J'étais attirée par celle de Forrester mais j'avais effectivement l'impression qu'il s'agissait plus d'un portrait à charge de Leonard. En tout cas, ce qui est important, c'est de casser les fausses idées sur VW. Je voudrais que l'on arrête avec cette image de femme perpétuellement déprimée et faible. C'est pour ça que je n'aime pas la partie de "The hours" consacrée à l'auteur puisque c'est l'image que l'on nous donne d'elle.

    Posté par Titine, 01 février 2010 à 12:07 | | Répondre
  • Erzébeth : je plaisantais, hein !
    Sinon, je ne me souviens pas précisément de Katherine Mansfield, il faudrait que je la relise pour préciser.

    Titine : "The Hours" donne effectivement une image tronquée de l'auteur, d'ailleurs Alexandra Lemasson l'évoque. Mais j'aime tellement ce film malgré tout !

    Posté par Lilly, 01 février 2010 à 21:35 | | Répondre
  • C'est très intéressant de comparer ces deux biographies de cette femme fascinante, que je ne connais pas beaucoup finalement. C'est vrai que ton billet donne plus envie de lire le Lemasson que le Forrester, qui semble nettement plus partial. Et comme toi je n'aime pas le langage familier dans un ouvrage "sérieux". C'est une rupture de ton qui me gêne. Bref je suis plus tentée par le Lemasson. Merci pour cet article, que j'ai dévoré avec plaisir.

    Posté par Gaelle Nohant, 02 février 2010 à 10:48 | | Répondre
  • Gaelle : ça me rassure que toi non plus tu n'aprécies pas les ruptures de registre, parce qu'en lisant d'autres avis, j'ai vu que pour certains c'était une très bonne chose.
    Sinon, j'ai énormément de mal à parler de deux livres simultanément, mais comme j'ai lu à la suite ces deux biographies, j'étais un peu au pied du mur.

    Posté par Lilly, 02 février 2010 à 11:55 | | Répondre
  • J'aime beaucoup les deux premiers personnages de "The hours", c'est juste la dernière partie avec Virginia qui m'agace !

    Posté par Titine, 02 février 2010 à 16:24 | | Répondre
  • J'ai eu entre les mains la biographie de Viviane Forrester, en bibliothèque, et j'ai eu l'impression qu'elle s'attardait (trop) longuement sur le personnage de Leonard, ce que tu me sembles confirmer.
    Je note donc plutôt celle de Lemasson, mais pas pour tout de suite. Je pense continuer d'abord à découvrir l'oeuvre car pour le moment je n'ai lu que Mrs Dalloway.

    Posté par Brize, 07 février 2010 à 19:50 | | Répondre
  • Je suis comme vous une fan de V.W. Et j'ai visité récemment l'expo (photos, peintures, décoration...) que le musée de la Piscine de Roubaix a consacré aux artistes de 'Bloomsbury' - J'y ai découvert au moins un écrit que je souhaitais lire depuis longtemps, le Journal du 22, Hyde park Gate.

    Une étude que je poursuis depuis pas mal d'années o))

    En effet, sans doute, un moment donné, faut-il prendre ses distances par rapport aux biographies. Elles sont intéressantes dans la mesure où il y a un bon appareil critique (et donc des références) et parce qu'il y a des écrivains dont la vie est passionnante - mais on en apprend autant en lisant (c'est vrai que c'est une chance de posséder les volumes édités chez Stock!) son journal ...

    Je me rappelle que pendant mes études on ne nous faisait pas trop trop la promo des biographies. Par contre, la biographie est vraiment un genre littéraire en soi dans la littérature anglaise...

    Posté par Pivoine, 07 février 2010 à 19:50 | | Répondre
  • Brize : "Vers le Phare" est mon chouchou si tu cherches des idées ;o)

    Posté par Lilly, 09 février 2010 à 13:51 | | Répondre
  • Pivoine : le journal de 'Hyde Park' est dans ma bibliothèque, c'est aussi un document qui m'intéresse beaucoup.
    Pour les biographies, de toute façon, toutes sont romancées, puisqu'il est impossible d'être exhaustif au niveau des sources, et même les sources mentent...

    Posté par Lilly, 09 février 2010 à 13:55 | | Répondre
  • Lilly, tu ne voudrais pas t'inscrire au Portrait of a lady swap? Je ne sais rien faire non plus avec mes 10 doigts mais il y a plein de façon de personnaliser un objet...je ne veux pas te forcer la main mais ça me ferait très plaisir de te compter parmi nous !

    Posté par Titine, 09 février 2010 à 14:50 | | Répondre
  • Lilly, je viens de m'inscrire au challenge "virginia Woolf" quel livre me conseillerais tu en premier ??? Celui que tu estime le meilleur. Merci !

    Posté par L'or des chambre, 09 février 2010 à 22:56 | | Répondre
  • Ce que tu écris de la bio de Forrester ne me fait pas envie.
    Ça fait très longtemps que j'ai lu Virginia Woolf (en anglais).
    Tout écrivain (ou autre artiste...) qu'on a affublé d'une étiquette évoquant la folie est sérieusement handicapé par une certaine curiosité malsaine qui déteint sur l'appréciation critique de l'oeuvre.
    Pour ce qui concerne le rôle de Leonard...
    Même les enfants d'un couple n'ont pas la moindre idée de leur intimité, alors... un(e) biographe venant longtemps après la mort des intéressés ? Surréaliste comme position pour hasarder des jugements...

    Posté par Frenchy, 09 février 2010 à 23:33 | | Répondre
  • Titine : gnagnagna ! ;o)

    L'or des chambres : mon préféré est "Vers le Phare", mais j'ai aussi un gros faible pour "La Traversée des apparences", son premier roman.

    Frenchy : je suis tout à fait d'accord avec toi. Une bio est un peu un miroir de celui qui l'écrit, et là je pense que c'est évident que Forrester applique ses idées aux personnages dont elle parle. Duncan Grant, qui n'a plus de relations sexuelles avec Vanessa Bell après la naissance de leur fille est aussi appelé comme preuve. V. Forrester fait un parallèle entre les deux soeurs Woolf, qui pour elle ont été privées de sexualité par les hommes de leur vie. Les êtres masculins sont vraiment les méchants de l'histoire.

    Posté par Lilly, 10 février 2010 à 14:52 | | Répondre
  • Elle est quand même géniale Titine, et puis c'est demandé si gentiment... ) N'empêche, je suis sûre que tu aurais regretté de ne pas t'inscrire ^^

    Posté par Lou, 10 février 2010 à 21:23 | | Répondre
  • Finalement j'ai fini par m'acheter celle de Lemasson... je t'en dirai plus quand je l'aurai lue !

    Posté par George, 12 février 2010 à 16:52 | | Répondre
  • Lou : c'est vrai...

    George : je vais guetter ça !

    Posté par Lilly, 13 février 2010 à 09:07 | | Répondre
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