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lilly et ses livres
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1 mai 2009

Femme de Chambre ; Markus Orths

resize_5_Liana Levi ; 131 pages.
Traduit de l'allemand par Nicole Casanova.
V.O. : Das Zimmermädchen. 2008.

Voilà un petit livre qui m'a attirée avec sa couverture. La femme qui pose me fait penser à une gouvernante anglaise.

Pas du tout. Il s'agit en fait de l'histoire de Lynn, une jeune femme qui vient de passer six mois dans un hôpital, afin de soigner une dépression. Elle se fait engager par son ancien compagnon comme femme de chambre dans un grand hôtel, et s'occupe en faisant le ménage avec une minutie extrême.
Un soir, elle s'allonge sous un lit, et passe la nuit avec un client qui ignore sa présence. Dès lors, chaque mardi, elle répète cette action. Comme elle répète les autres petits événements qui ponctuent son existence, comme elle en crée d'autres pour pouvoir les répéter.

Voilà un petit livre très étrange. Il se passe très peu de choses dans ce livre, les dialogues sont rares et brefs, le style est détaché et très précis. Pourtant, il s'agit d'un récit pesant, à cause des non-dits qui habitent chaque phrase, chaque événement. Lynn ne va pas bien, mais on ne saura jamais ce qui lui est arrivé. Pourquoi elle est allée à l'hôpital, qui elle était avant.
On l'observe, cherchant à ne pas penser, se liant de manière très étrange à des inconnus, se réfugiant sous les lits de ces chambres qu'elle connaît, un peu comme si elle était dans le ventre d'une mère. Une mère que Lynn n'a pas, car la sienne ne lui offre pas de réconfort. Cela peut sembler malsain de se cacher sous le lit d'une chambre d'hôtel, évidemment. Mais quand je dis qu'il ne se passe rien ou presque dans ce livre, c'est vrai. Se cacher sous le lit n'est pas un événement dans la vie de Lynn, du moins pas comme on se l'imagine. Lynn n'est pas quelqu'un de dangereux, elle est seulement blessée. Par des événements qu'elle ne peut exprimer, auxquels elle ne veut pas penser, et auxquels le lecteur n'aura jamais accès.
Un semblant d'horizon semble percer au cours du récit, un espoir amoureux et donc fragile, surtout lorsque l'on est une femme comme Lynn. Je m'arrête là pour ne pas tout vous dévoiler, mais disons que cette relation se noue de façon très intéressante, en totale harmonie avec qui est notre héroïne.

Une lecture qui m'a donc amenée à beaucoup m'interroger, et que je recommande.   
 

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Commentaires
C
La couverture et ton avis me font noter cette lecture.
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L
Lael : il est prenant ;o)
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L
il me semble très passionnant ce petit roman!!! et j'aime assez ton billet qui en parle bien, je le note
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L
pom' : oui, le contenu en vaut la peine aussi !<br /> <br /> Manu : moi aussi ;o) Mais je n'ose même pas imaginer ma réaction en trouvant quelqu'un sous le lit !<br /> <br /> Pimprenelle : je vais suivre ton avis ;o)<br /> <br /> Lou : oui, les gouvernantes anglaises sont souvent des personnages très intéressants ! Et moi je pense à découvrir Ogawa depuis quelques jours, tu aurais des conseils ?
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L
Je reviens sur cette note car je l'avais vue hier mais je n'avais pas eu le temps de la lire. Moi aussi j'aurais pensé à une gouvernante anglaise, et j'aime bien cette espèce-là ^^ Ce que tu en dis me tente malgré tout, j'aime ce genre de style un peu contemplatif donc je l'ajoute à ma wishlist en ligne. D'ailleurs ça me fait un peu penser à Ogawa (je suis en train de lire "La mer" à côté d'autres livres et puis j'ai déjà lu 6 autres livres de cet écrivain que j'aime particulierement).
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