06 octobre 2008

J'aime vos blogs

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En règle générale, je me fais toute petite dès qu'un tag commence à circuler. Mais Levraoueg, Karine :), Ariane (dont, à ma grande honte, je ne connaissais pas le blog) et Erzébeth ont eu l'extrême gentillesse de me taguer, donc je vais me plier à la règle.

Pour ceux qui ne sont pas encore tombés sur des billets à propos de ce tag, il s'agit de citer 7 de nos blogs préférés. Alors, comme tout le monde, j'ai vraiment du mal à me cantonner à sept, donc j'ai choisi de citer des blogueurs dont les goûts se rapprochent des miens. Mes tagueuses sont hors concours, même si elles méritent naturellement toutes les félicitations du jury.

Alors, verdict :

- Allie : c'est son blog qui m'a donné envie d'en créer un à mon tour, et il s'avère que nous avons toutes les deux une passion pour la littérature anglaise du XIXè siècle.

- Céline : nous avons créé notre blog presque en même temps, ses goûts sont toujours très sûrs, elle peut me passionner avec n'importe quoi, et je milite activement pour son retour !

- Choupynette : pour sa mauvaise foi et ses histoires de LAL et de PAL légendaires !

- Erzébeth* : Même si elle n'aime pas Jane Austen, elle a généralement très bon goût en matière de littérature, et ses billets me rendent toujours jalouse en plus de me faire rire (même quand elle jure que ce sont de mauvais billets).

- Fashion : pour son goût très sûr en matière de livres, d'hommes (même si Christian est à moi !!), et pour son humour qui me permet de sourire à chaque fois que je lui rend visite.

- Lou : Elle est tout simplement adorable, j'adore la facilité qu'elle a à rendre ses billets vivants, et à dénicher des romans dont personne n'a entendu parler mais qui vont faire mouche à coup sûr.

- Pour le septième blog, je voulais mettre Thom, mais il a dit de telles horreurs sur mon livre préféré que je l'ai disqualifié d'office. Il y a aussi quelques blogueurs incontournables, comme Holly, Alice, Lamousmé, Lily, et les regrettés Gaelle et InColdBlog, dont je suis absolument fan. Il règne sur leur blog une ambiance rafinée (à moins que cela ne vienne de Blogspot...), et je sais toujours que leurs billets seront passionnants. Mais impossible de les départager. J'ai un gros faible aussi pour deux blogueuses qui postent quotidiennement, même si je m'abstiendrai de les citer parce que nos lectures ne sont pas souvent semblables. Je vais aussi citer Gaël, parce qu'un garçon qui aime Orgueil et Préjugés est forcément quelqu'un de bien...

Voilà donc la liste incomplète des sept blogs que je visite le plus souvent.

*J'ai écrit ce billet hier, avant qu'elle ne me tague, d'où sa présence dans ce classement.

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05 octobre 2008

Mrs Dalloway ; Virginia Woolf

9782253030584_G_1_Le Livre de Poche ; 218 pages.
Traduction de Pascale Michon. 1925

Virginia Woolf a été l'un de mes premiers grands coups de coeur littéraires. Pourtant, mes deux dernières rencontres avec elle n'avaient pas été très concluantes. J'ai abandonné Mrs Dalloway plusieurs fois, et je n'ai rien compris à Orlando. En fait, c'est Karine qui m'a redonné l'envie d'ouvrir ce roman, sans doute le plus célèbre de Virginia Woolf, en l'évoquant à travers le roman de Michael Cunningham, Les Heures.

Le livre se déroule entièrement à Londres, sur une journée de 1923, rythmée par Big Ben. Clarissa Dalloway, épouse d'un membre du Parlement, organise une réception, et passe la journée à la préparer, tout en s'adonnant à des questions existentielles. Contrairement à ce que le titre laisse entendre, Mrs Dalloway n'est pas seule. D'ailleurs, elle n'est même pas présente à chaque instant, bien que toute l'histoire soit liée à elle, puisque Peter et Sally rappelent sa jeunesse et ses amours impossibles, et Septimus sa mélancolie, même si ces deux-là ne se rencontrent qu'à l'occasion d'une conversation à propos du poète perçue par Clarissa.

Maintenant que j'ai achevé ma lecture, je suis complètement sous le charme. Mais il n'empêche que j'ai peiné à lire le début de ce livre. Je persiste à penser que les cinquante premières pages sont assommantes. Désolée pour les fans, mais à l'exception de certains passages captivants, je ne suis pas parvenue à chercher à comprendre le sens de chaque phrase. Certes, Virginia Woolf écrit merveilleusement bien, ne comptez pas sur moi pour dire le contraire. Il n'empêche que je n'ai pas été sensible à tout ce qu'elle écrit durant la visite de Mrs Dalloway chez le fleuriste.
Dans cette première partie, les seuls moments qui trouvent grâce à mes yeux sont ceux où les personnages se livrent, ceux où le rythme s'accélère un peu. Tous les personnages qui sont liés à Clarissa Dalloway d'une manière sincère, même s'ils ne l'ont jamais rencontrée, sont à fleur de peau et incroyablement attachants. Richard Dalloway, Sally, et Rezia Warren Smith, bien que secondaires, sont ceux qui m'ont le plus émue. J'ai adoré le dernier moment de complicité entre Septimus et son épouse, l'un des rares passages ensoleillés du livre :

"Oui, elle serait toujours heureuse en voyant ce chapeau. Il était redevenu lui même à ce moment-là, il avait ri. Ils avaient été seuls ensemble. Elle aimerait toujours ce chapeau." (p 165)
 
Quant à Richard, il est vraiment trop craquant lorsqu'il rentre chez lui les bras remplis de fleurs, parce qu'il est trop timide pour dire à son épouse à quel point il tient à elle.
Car une fois le début du livre passé, ce n'est que du bonheur ou presque, et j'ai alors définitivement cessé de rechercher des liens entre Les heures et Mrs Dalloway. Virginia Woolf dresse un portrait très fin de la société londonienne, usant souvent un ton dramatique, et parfois de l'ironie. Si Clarissa tient une réception, c'est aussi parce que l'auteur veut montrer l'importance du paraître dans la haute société londonienne. Le comportement de Mrs Dalloway lors de la soirée est à cet égard très éloquent. Elle passe d'une vague connaissance à l'autre, avec un sourire collé sur son visage, quand ses vrais amis sont présents un peu plus loin, et contemplent la scène d'un oeil un peu triste. Ils sont ce qu'elle a refusé d'être, des individus qui ne sont pas parvenus à rentrer dans les cases qui leur étaient destinées. Même elle a conscience d'agir parfois de façon trop conventionnelle :

"Elle aurait de beaucoup préféré être de ces gens comme Richard qui faisaient les choses pour ce qu'elles étaient, alors que la plupart du temps, se disait-elle en attendant de traverser, elle ne faisait pas les choses simplement, pour elles-mêmes ; mais pour que les gens pensent ceci ou cela." (p 25)

Elle reste un peu un mystère cette Mrs Dalloway, tout comme Septimus Warren Smith. Mais il n'empêche que ce roman est extrêmement émouvant et envoûtant, même si je n'en a pas aimé la totalité. Je n'ai pas l'impression de voir la vie autrement suite à cette lecture, mais je me suis réconciliée avec Virginia Woolf d'une belle façon, et c'est déjà beaucoup.

Erzébeth et Céline en parlent beaucoup mieux que moi.
 

04 octobre 2008

Der Andere ; Bernhard Schlink

41ZPZLLAl_2BLFolio Bilingue ; 171 pages.

Lisa vient de mourir d'un cancer, laissant ainsi son mari seul. Celui-ci est complètement désorienté. Un jour, il reçoit une lettre adressée à sa femme provenant d'un homme qu'il ne connaît pas. Il apprend ainsi que son épouse, avec laquelle il croyait être très complice, a eu un amant. En colère et jaloux, il décide de démasquer cet amant en correspondant avec lui, puis en lui rendant visite.

Il fut un temps où j'étais capable de lire l'allemand sans trop de difficultés. Comme j'aime bien Bernhard Schlink d'ordinaire, je me suis dit qu'il était tout désigné pour faire un nouvel essai.
C'était la première fois que je lisais un texte de Schlink qui n'avait aucun lien avec la Seconde Guerre mondiale, même s'il s'agit une nouvelle fois d'une histoire de secret de famille.
En fin de compte, je n'ai pas trop aimé. Le ton employé par Bernhard Schlink est comme toujours assez neutre, mais cette fois cela crée une distance gênante entre le lecteur et l'histoire. Je n'ai ressenti aucune empathie pour le mari trompé, d'autant plus qu'il est du genre à avoir du mal à exprimer ce qu'il ressent. Quant à l'amant, il est tout ce qu'il y a de plus méprisable.
Même en ce qui concerne la construction de la nouvelle, je n'ai pas été convaincue. Il n'y a pas vraiment de chute, il s'agit plutôt d'une sorte de retournement de situation un peu bizarre. En fait, je crois aussi que j'ai de plus en plus de mal à apprécier les nouvelles.

Tant pis, je lirai plutôt les romans de Schlink qui ont une dimension historique... En ce qui concerne la lecture en allemand, je dois avouer que, n'étant pas convaincue par l'histoire, j'ai adopté le texte français au bout de quelques dizaines de pages afin d'aller plus vite.

Posté par lillounette à 13:40 - - Commentaires [9] - Permalien [#]
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