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"L'homme en noir fuyait à travers le désert et le Pistoléro le suivait."

Roland de Gilead est le dernier pistoléro. Dans un monde qui ressemble à un Far West où les sorciers existent, il cherche à capturer un mystérieux homme en noir. Qui sont-ils ? D'où viennent-ils ? Quelle est cette Tour Sombre que cherche le Pistoléro et quelle rôle doit-elle jouer ?

J'avais tenté de lire le premier tome de La Tour sombre il y a quelques années. Si je me rappelle avoir passé un bon moment, j'avais surtout gardé l'impression qu'il ne s'y passait pas grand chose et qu'on en ressortait avec le sentiment de ne pas avoir avancé depuis la première page. D'une certaine manière, mes souvenirs ne m'avaient pas trompée. J'irai même jusqu'à dire qu'on pourrait en dire autant à la fin du second tome. On pourrait résumer en trois phrases ces vingt-cinq heures d'écoute. Et en même temps, cette lecture a été passionnante, à l'exception de quelques longueurs.
Je n'avais jamais lu Stephen King, mais cela ne m'empêche pas de savoir qu'il est considéré comme un maître du suspens et de l'horreur. C'est aussi un créateur de mondes remarquable. Lorsque débute le livre, nous n'avons aucune présentation des personnages et de leur univers. Il m'a fallu quelques chapitres pour comprendre qui était le héros de l'histoire. Les repères sont d'autant plus difficiles à trouver que l'auteur prend un malin plaisir à déstabiliser son lecteur dès qu'il pense savoir à peu près où il se trouve. Dans un monde où le temps et l'espace ont été bouleversés, on voit ainsi un personnage parler tout à coup de voiture et de télévision. Puis, nous partons dans une sorte de passé moyen-âgeux ressemblant à Game of Thrones, sans comprendre comment ce monde a pu se transformer en paysage de western lorsqu'il s'est écroulé.
Le deuxième tome jongle quant à lui entre une partie du monde du Pistoléro et le nôtre, mais à différentes époques, et dans le désordre afin que l'on ne se repose pas trop sur nos lauriers. De plus, nous ne passons jamais notre temps dans un joli pavillon de banlieue. Les milieux que nous fréquentons sont violents, racistes, et les personnages recrutés par le Pistoléro doivent sacrifier beaucoup avant de le rejoindre.

51VJbMSoabLOutre l'univers créé par Stephen King, ce qui fait l'intérêt de ces deux premiers tomes est la description des personnages qui croisent la route du Pistoléro. Certains ont un rôle primordial à jouer, d'autres sont seulement les héros de quelques pages. Il est surprenant de voir que d'un côté, King en fait de véritables caricatures : nous croisons une patronne de saloon également prostituée, des policiers mangeurs de donuts, un junkie à la botte d'un très vilain baron de la drogue, une schyzophrène tendance Gollum... Pourtant, ces personnages sont tous décrits avec un soin particulier. L'auteur nous fait pénétrer dans leur esprit, leur donnant ainsi un profondeur rare pour des personnages souvent secondaires à l'échelle du livre et laissant envisager à chaque fois qu'ils pourraient avoir un rôle plus important à jouer.
Le format audio est particulièrement adapté pour cette raison. Jacques Frantz interprète avec toute l'exagération nécessaire les nombreux personnages de cette histoire.

Dans ces deux premiers tomes, il y a une grande absente, la fameuse Tour Sombre. Son ombre plane, mais elle reste pour l'instant un but final. Les préparatifs étant désormais bien avancés et les compagnons de voyage recrutés, le prochain tome devrait voir Roland se mettre en marche. Ou pas.

Des avis bien plus éclairés que le mien sur le Golb ici et ici.

Je remercie Hermine Dammame pour ces lectures.

Ecoutez lire. 8 heures et 55 minutes et 16 heures et 4 minutes.
1982 et 1987 pour les éditions originales.