Pêle Mêle
En raison de problèmes divers, je n'ai pas pu faire de billets très nombreux ces derniers temps. Il se trouve que j'ai aussi, dans ce laps de temps, effectué des lectures sur lesquelles je ne sais pas vraiment quoi dire, soit parce que je connais trop mal leur auteur ou la période à laquelle ces livres ont été écrits, soit parce qu'ils ne m'ont pas enthousiasmée et sont désormais beaucoup trop lointains pour que j'écrive un billet dessus.
Commençons avec La Symphonie pastorale d'André Gide. Un pasteur, à la fin du XIXe siècle, est appelé après la mort d'une vieille femme. Dans la maison, il découvre une étrange créature, aveugle et muette, qu'il recueille chez lui afin de l'éduquer. Alors qu'il pensait se poser simplement en maître, auprès de celle qu'il baptise Gertrude, il découvre lui aussi une nouvelle vision du monde. La jeune fille ne sait pas mentir, faire semblant de comprendre. "Est-ce que vraiment, disait-elle, la terre est aussi belle que le racontent les oiseaux ? Pourquoi, vous, ne me le dites-vous pas ? Est-ce par crainte de me peiner en songeant que je ne puis la voir ? Vous auriez tort. J'écoute si bien les oiseaux ; je crois que je comprends tout ce qu'ils disent." Progressivement, le pasteur, sans qu'il le devine, tombe éperdument amoureux de Gertrude. Il tente de la modeler, de la garder dans ce monde intemporel et bien régenté qu'ils semblent habiter. Il refuse de voir ses sentiments pour la jeune fille. C'est sa propre femme qui tente de lui ouvrir les yeux ! Gertrude, elle, est d'une docilité et d'une sincérité totale. Jusqu'à ce que la bulle éclate.
Ce texte est rempli de poésie, et met en scène des personnages en dehors de tout, dans un monde qui se suffit presque à lui même.
Je n'ai pas été subjuguée par cette lecture, mais elle m'a permis de passer un agréable moment, et m'a donné envie de déterrer Les Faux Monnayeurs qui dort dans ma PAL depuis un moment déjà.
Les avis de Sylvie et de Kalistina.
J'ai aussi replongé dans diverses lectures concernant Virginia Woolf. Je vous parlerai de celles
qui m'ont apporté quelque chose plus tard, et je vais me contenter de vous toucher deux mots de Virginia Woolf ou la dame sur le piédestal d'Anne Bragance. Je ne connais pas du tout cette dernière, mais le titre m'a fait foncer tête baissée dans ce livre qui ne m'a rien appris sur Virginia Woolf, et qui raconte d'une façon très étrange et très personnelle l'impact que cette dernière a eu sur la vie d'Anne Bragance. La forme est très étrange, le livre est décousu, et je me suis sentie une indiscrète dans une sorte de journal intime plein de ratures, de retours en arrière, de tentatives d'écritures (Bragance insère par exemple des extraits de ses propres romans, ce qui est totalement sans intérêt quand on ne la connaît pas). Un essai pas du tout concluant.

"Ce n'est pas à force de chercher l'infini que Van Gogh est mort,
qu'il s'est vu contraint d'étouffer de misère et d'asphyxie,
c'est à force de se le voir refuser par la tourbe de tous ceux qui, de son vivant même, croyait détenir l'infini contre lui."
Commentaires sur Pêle Mêle
- Bon, je suis une grande quiche, mais dans "La symphonie pastorale", comment la jeune fille peut-elle parler (si je comprends bien, l'extrait que tu cites est une parole d'elle, non ?) si elle est muette ? (je suis désolée, je suis vraiment la seule à me poser ce genre de questions stupides)
Je garde un bon souvenir des "Faux-monnayeurs", même si un peu confus.
Et Artaud n'a pas tort, notre société n'est pas conçue pour les "génies", et je comprends que ça soit étouffant pour certains. Moi aussi, je compte "La nuit étoilée" parmi mes peintures préférées.
(et dis-moi, qu'as-tu fait du 4e billet sur "Twilight" ? c'était pas celui-là qui pulvérisait tous les commentaires ?) - (au temps pour moi, c'est "La nuit étoilée sur le Rhône", que j'aime par-dessus tout. Je viens de remarquer que Van Gogh avait peint deux tableaux avec pratiquement le même titre)
(et quand je suis allée à Orsay, ils avaient prêté le tableau, j'étais dé-pi-tée)
(et j'espère que tes problèmes s'arrangent...) - Chiffonnette : Il faut absolument que tu redonnes une chance à Woolf. Tu as lu quoi ?
Erzébeth : le pasteur l'éduque, j'ai encore été très claire ;o)
Pour Artaud, je suis d'accord avec toi, mais j'essaie de prendre quand même un minimum de recul, je pense que c'est nécessaire.
Sinon, il n'y a jamais eu de quatrième billet, je n'ai même pas lu le livre. C'était le premier qui avait plein de com, mais j'ai fait le ménage, c'était du grand n'importe quoi.
Pour finir, quand je suis allée à Orsay, j'ai vu ton tableau mais pas le mien... Et mes problèmes de mise à jour du blog n'ont rien de très grave ;o) - Erzébeth : je crois que je me suis lassée. J'ai acheté le tome 4 dès qu'il est sorti, mais je n'ai jamais eu envie de la sortir de ma PAL. Pourquoi ces questions ? Tu les as lus ?
Ys : pourquoi pas ? Ca me semble faisable, même si j'ai une montagne de boulot ;o)
Karine
: le truc bien, c'est qu'on sait maintenant que toi, Erzébeth et moi lâchées dans le musée d'Orsay face à ces deux toiles, il n'y en a pas deux qui réagissent de la même façon (et tu restes la plus folle, bien entendu ;o))
- Je suis en train de les lire. J'ai fini le pathétique tome 3 hier soir (vraiment, bien de ses aspects m'ont irritée) et je vais enchaîner avec le 4, au moins pour tout lire en entier, et savoir le dernier mot. Mais je comprends aussi fortement ta lassitude, ça aurait d'ailleurs pu être hautement raccourci, tout ça... Mais bon. Je lis quand même.















