L'Etrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde ; Robert L. Stevenson
Le Livre de Poche ; 93 pages.
Traduit par Jean-Pierre Naugrette.
VO : The Strange case of Dr Jekyll and Mr Hyde. 1886.
Après ma lecture de Jean-Pierre Ohl, j'ai naturellement plongé dans ma PAL à la recherche de livres de Stevenson. Je n'ai pas trouvé Le maître de Ballantrae (erreur que j'ai réparée depuis), mais un livre beaucoup plus connu, acheté il y a dix jours parce que je ne trouvais plus l'exemplaire de ma soeur, L'Etrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde. Que j'avais déjà lu. Je ne m'en souvenais pas, mais certains détails m'ont vite interpellée. En plus de cela, j'ai vu une des adaptations du livre quand j'étais au collège, mais je ne suis pas capable de me rappeler laquelle.
L'histoire est narrée par un notaire, Mr Utterson, qui apprend une étrange histoire de la bouche de son cousin, Mr Enfield. Une nuit, ce dernier est témoin d'un choc frontal entre une petite fille qui courait et un homme qui marchait d'un pas vif. Au lieu de s'arrêter, l'homme piétine la fillette, et tente de continuer sa route avant d'être arrêté par les passants. Il doit alors dédommager les parents de l'enfant, et pour cela il pénètre dans la maison du Dr Jekyll, un vieil homme tout à fait respectable. Mr Utterson se trouve être le notaire et l'ami du docteur, et lorsqu'il entend le nom de l'agresseur, Mr Hyde, il se souvient qu'il s'agit de l'homme auquel Jekyll offre la totalité de ses biens dans son testament. Il s'inquiète dès lors beaucoup sur les liens qui unissent ce respectable docteur et ce jeune homme brutal.
J'ai apprécié ma lecture de cette nouvelle, mais ce n'est pas du tout pour les raisons que j'imaginais. Parce
que je suis une lectrice du XXIe siècle, et que toute cette histoire est entrée dans les moeurs, les révélations qu'elle contient n'en sont plus. Le texte est très court, et laisse donc peu de place pour faire gonfler l'intrigue, ou pour développer d'autres aspects plus sociaux. Mais avec énormément de subtilité, Stevenson y parvient. Durant la majeure partie du récit, les personnages m'ont de plus semblé très lointains. Sans doute assez bien croqués pour en faire des êtres universels, mais pas assez personnalisés pour émouvoir.
Et puis, le personnage du Dr Jekyll, la figure même de l'homme respectable, mais qui s'ennuie, captive et éclaire tout le récit. A partir du moment où il prend les rênes du récit, il se transforme en un être dont on ne peut que pardonner les méfaits. "Il m'arrivait d'avoir envie de m'amuser, et comme mes plaisirs étaient (pour le moins) peu distingués, comme j'étais non seulement très connu et très estimé, mais déjà d'un âge respectable, l'incohérence de mon existence me pesait chaque jour davantage. C'est par ce biais que je fus séduit par ce nouveau pouvoir avant d'en devenir l'esclave." Dans une société où la réputation est à la fois tout et très fragile, la frustration peut avoir des conséquences terribles. La dernière phrase est sobre en apparence, mais elle clôt un récit bouleversant.
Le fait de créer un personnage principal qui n'est pas celui qui vit le drame qu'il raconte me semblait étrange, mais il permet de berner le lecteur, et de le mettre entre les mains d'un personnage qui n'est pas aussi neutre qu'on le pensait. Mr Utterson est un honnête homme pour la société victorienne, mais je me demande maintenant comment il a réagi au récit de son ami. Et qui est vraiment à mépriser dans cette histoire.
J'ai maintenant commencé Le Maître de Ballantrae pour poursuivre avec cet auteur. Je vous en reparle très vite !
Les avis d'Isil, Romanza et de Fée Bourbonnaise. Erzébeth en a écrit deux mots. Lou n'a pas aimé.
Commentaires sur L'Etrange cas du Dr Jekyll et de Mr Hyde ; Robert L. Stevenson
- Je pensais être la seule à ne pas aimer mais en faisant mon billet j'avais découvert que d'autres s'étaient ennuyés. Je compte maintenant voir le film avec Julia Roberts pour dépoussiérer l'image que j'en ai. J'ai aussi "Le Maître de Ballantrae" en attente, j'ai failli le lire ce mois-ci d'ailleurs. Je compte bien poursuivre même si jusqu'ici j'ai été bizarrement déçue par Stevenson (je dis bizarrement parce que je crois bien que c'est le seul Victorien à m'avoir ennuyée et que je pars avec beaucoup enthousiasme à chaque fois que je découvre un auteur de cette époque).
- Mango : je connais encore trop peu Stevenson pour être d'accord avec toi, mais j'espère pouvoir en dire bientôt très vite !
Alwenn : et moi je note "Le club du suicide".
Lou : il en faut bien quelques uns pour confirmer la règle ;o)
Erzébeth : j'espère que j'aurais envie de jouer les tentatrices ;o)
Alice : il est pour toi !
Celsmoon : il est très court, donc ce sera vite fait ! - Je l'ai lu aussi il y a quelques années (après avoir vu le film La ligue des Gentlemen extraordinaires... tous les chemins mènent à la lecture) et j'avais bien aimé aussi. Je ne me souviens plus exactement ce que j'en avais pensé précisément, par contre... faudrait peut-être que je le relise...
Rien à voir... je récupère Vera ce soir!!! Yes! - Lael : c'est desespérant quand on pense à tous les classiques qu'on voudrait avoir le temps de découvrir... et palpitant aussi ;o)
Pimpi : il faut absolument que je revois "La ligue..." Je l'ai vu au cinéma quand j'étais au collège, et je ne me souvenais pas d'un navet absolu (en fait, je ne me souviens de rien), mais tout le monde s'accorde à lui donner cette appellation.
Fashion : tu m'as offert des lots de larmes toi aussi... ;o) - je lis, tu lis, il LitBonjour Lilly,
Je passe de temps à autre sur ton blog et je ne me rends compte que maintenant que je ne t'ai jamais demandé si l'on pouvait mettre tes avis en lien sur Je Lis, Tu Lis, Il Lit (c'est un peu le même principe que Blog-o-book en gros). Peut-être Angélita t'as déjà contacté à ce sujet ?
N'hésites pas à user de mon mail si tu veux en discuter
A bientôt,
Plume - Sissi : Je ne comprends pas le sens de ta démarche... Tu es une prof de français en mal de copies ? Fashion sera ravie de t'en filer quelques unes.
Erzébeth : je vois que tu es encore plus susceptible quand il s'agit de moi que quand il s'agit de Bukowski, je suis flattée ;o)
Fashion : Je fais partie des gens mal élevés. En plus d'être une blogueuse médiocre, j'efface les commentaires des bonnes âmes voulant venir à mon secours...
Tu as reçu mon livre au fait ? - N'ayant aucune mémoire, j'avais oublié l'affaire Bukowski, figure-toi. Me la remettre à l'esprit fait saigner mon petit cœur.
Mais que veux-tu, critiquer la tenue d'un blog alors que c'est justement un espace *libre*, *personnel*, ça m'énerve. Et ça m'énerve encore plus quand on s'en prend à un des blogs que je préfère, bien sûr.
Ce commentaire contient un compliment. Sauras-tu le retrouver ?
- Non, mais vous vous méprennez complètement sur ma démarche.
Lorsque vous faites la critique d'un livre, vous êtes sincères, non? Vous n'irez pas jusqu'à dire qu'un livre est réussi et bien écrit s'il ne l'est pas?
Bah, il s'agit de la même chose. Ayant fait des études littéraires, les chroniques que je lis ici me semblent bien plates et peu pertinentes. Après, je me doute bien que vous n'avez rien de critiques littéraires et qu'il s'agit d'un passe-temps pour vous.
Sans rancune - Sissi : je crois que c'est toi qui n'a pas tout saisi. J'ai beau avoir l'air stupide, je fais moi aussi des études littéraires. Et étrangement, la dissertation est un exercice que je maîtrise plutôt bien. Le seul problème est que je ne veux absolument pas de cela ici.
Je suis la première à ne pas être satisfaite de beaucoup de mes billets, mais j'aime échanger sur mes lectures, je ne lis pas avec un crayon en main, j'appuie sur les points qui m'ont interpelée moi, et peu importe si ce n'est pas ce que les spécialistes trouvent le plus intéressant. Quand je veux en savoir plus sur un auteur ou un sujet en particulier, je lis des ouvrages spécialisés, mais je n'en parle pas ici, et j'évite de ramener ma science dans mes billets.
Et excuse moi, mais débarquer ici en déclarant que je ne suis pas la hauteur des ambitions que tu m'attribues, avant de jouer les maîtresses d'école, était un peu plus que donner ton avis. - Pimpi : ça ne me dérange pas que Sissi n'aime pas mon blog. Elle en a le droit, et honnêtement je m'en fous. Ce qui me dérange, ce sont les tons condescendants.
Yueyin : je l'ai fini hier matin, et j'ai été mille fois plus convaincue par cette deuxième lecture de Stevenson. Mon billet paraît dans une heure ;o)
















