La dame en blanc ; Wilkie Collins
Le Masque ; 476 pages.
Traduction de L. Lenoir. 1860.
Titre Original : The Woman in White.
J'ai conscience de m'exposer à des représailles sévères avec la rédaction de ce billet, mais tant pis. La Dame en blanc était un livre qui avait tout pour me plaire, Wilkie Collins un auteur dont j'avais pu apprécier la plume, et Céline, qui partage souvent mes goûts, avait été soufflée par ce roman. Après cette lecture, je suis perplexe. J'ai même attendu quelques jours pour voir si mon avis bougeait, mais non...
Walter Hartright, un jeune professeur de dessin, rencontre à la veille de son départ chez deux nouvelles élèves, une étrange femme vêtue de blanc. Celle-ci est effrayée, et le quitte après avoir obtenu son aide. Il apprend un peu plus tard dans la soirée que la dame en blanc s'est échappée d'un asile.
Arrivé chez Mr Fairlie, l'oncle de l'une de ses deux élèves, il rencontre Marian Halcombe, soeur aînée bienveillante de Miss Fairlie, qui devient vite une amie et une alliée. Quand il voit Laura Fairlie, il en tombe amoureux. Mais celle-ci ressemble étrangement à la dame en blanc qu'il a croisée à Londres.
Côté défauts, j'ai trouvé que ce livre avait un côté profondément gnangnan. Ca peut sembler étrange pour quelqu'un qui a trouvé l'héroïne de Les mystères d'Udolphe attachante, mais cette Laura, je l'aurais étranglée avec sa bonté stupide et ses états d'âme exaspérants. Elle plonge la tête la première dans son malheur, et le seul moment où j'ai eu une (fausse) joie la concernant, c'est lorsqu'elle se rend à Londres chez son oncle. L'antipathie profonde que j'ai éprouvé pour ce personnage joue certainement beaucoup dans mon appréciation finale d'ailleurs.
Autre chose qui m'a gênée, le côté brouillon du livre. Certaines parties sont excellentes, d'autres arrivent beaucoup trop vite, et bonjour les situations invraisemblables (ce n'est pas un procédé nouveau, certes) ! Franchement, le coup du type qui enferme une jeune fille, puis décide d'épouser le sosie de cette dernière (comme si c'était la seule cruche du pays qu'il puisse trouver), ça m'a beaucoup fait rigoler. J'ai globalement lu ce livre avec avidité, Wilkie Collins n'est pas considéré comme un maître du suspens pour rien, mais les révélations et la résolution des problèmes m'ont déçue.
Là où Wilkie Collins est excellent, c'est pour dresser les portraits des méchants. L'ambiance est malsaine, et j'ai beaucoup pensé à Mary Elizabeth Braddon sur ce point. On enrage devant le comportement du comte, qui se joue non seulement de Marian mais aussi de nous. Ce personnage est fouillé, sa personnalité n'est jamais dévoilée, et Wilkie Collins laisse planer le doute sur la présence d'une quelconque bonté chez cet homme. Sir Percival est profondément antipathique, mais il se révèle davantage manipulé qu'autre chose. J'avais presque pitié pour lui à la fin. Leurs actions, très habiles, accentuent encore plus la complexité de leur caratère.
Sacrée déception donc. J'ai encore un livre de cet auteur en stock, donc je relirai sûrement Wilkie Collins, mais ça ne sera pas pour tout de suite.
Commentaires sur La dame en blanc ; Wilkie Collins
- De lui, j'ai préféré "Sans nom" qui est très cynique et passionnant. Et je te conseille aussi "Pierre de Lune". C'est dommage cette déception, mais bon, ça arrive, hein, de lire un auteur qui a tout pour nous plaire et de ne pas accrocher... Tu es toute pardonnée, va! (quelle magnanimité de si bon matin
))
- La Liseuse : ne t'arrête pas à mon avis, je suis la seule à ne pas avoir accroché je crois...
Sylire : d'ailleurs, ça fait que j'aurais lu deux livres du club de lecture en fait, même si jamais dans les temps...
))
Pimpi : oui, ça se lit quand même, mais bon...
Keisha : je ne suis pas très chaude pour relire Wilkie Collins prochainement, mais j'avais déjà noté "The Moonstone".
Emeraude : moi c'est clair que je ne le relirai pas ;o)
Fashion : Tu es malade ? ;o)
C'est justement "Sans nom" que j'ai encore en stock, mais ce ne sera pas tout de suite. - Je n'ai lu de lui que "L'hôtel hanté" dans une édition assez mauvaise (vous savez les livres à 1€ de je ne sais plus quel magasin) bourré de coquilles. Bref, ça n'a pas rendu ma lecture aisée et j'avoue ne pas en garder un souvenir grandiose mais j'ai décidé de mettre cet auteur sur mon questionnaire du Victorian Christmas Swap aussi. J'espère que j'ai raison ...
- Cryssalda : mais si tu n'aimes pas Thackeray, je lance une pétition contre ton blog, alors prends garde ! ;o)
Manu : ne me pose pas la question à moi
)
Canthilde : en fait, je m'attendais à des personnages plus modernes. Ici, je me croyais dans un roman gothique. J'aime bien ce genre pour ce que j'en sais, mais dans ce livre ça ne m'a pas plu. - Je suis d'accord sur un point, c'est bizarre de ne pas aimer Collins quand on aime "les mystères d'Udolphe" qui n'est pas non plus le temple du réalisme
C'est drôle que Lucy ait eu un tel effet sur toi. J'ai trouvé que tout tourne autour d'elle mais qu'elle est finalement peu importante. Et tu ne serais pas un peu de mauvaise foi quand tu parles de la fiancée de Sir Percival. Il a la chance de tomber sur une pauvre fille qui ne peut pas faire autrement que de l'épouser pour diverses raisons, pas toutes très bonnes, je te l'accorde, et qui se trouve être justement facilement manipulable et riche (deux qualités qu'il aime réunies chez une femme) et tu voudrais qu'il la laisse s'échapper?
Cela dit, je viens de lire un roman qui avait à priori tout pour me plaire et qui m'a laissée froide donc je te comprends. Parfois, le ressenti ne s'explique pas.
PS: Eh bien, les commentaires entre Cryssilda et toi tournent à l'aigre, ça devient dangereux par ici
- Madame Charlotte : d'accord. Je j'aime pas "La dame en blanc", donc toutes les fans me tombent dessus ? Je t'assure que ça me frustre de n'avoir pas accroché, vraiment. J'aurais presque envie de te demander si tu n'en as pas un à me conseiller qui pourrait me faire changer d'avis, mais je crois que je ne suis pas prête à relire Collins avant un bon moment...
Isil : en fait, avec un roman gothique, je sais que c'est la loi du genre. Pour Collins, je trouve que ça fait un peu solution de facilité.
Pour Sir Percival, ce qui m'étonne est le fait que ça ne semble pas le troubler d'élaborer son plan en jetant son dévolu sur Lucy. A mon avis, il aurait parfaitement été capable d'en trouver une autre.
Sinon, c'est quoi le livre dont tu parles que tu n'as pas aimé ? - Il en faut pour tous les goûts ^^ Chacun a sa propre perception, et c'est aussi très souvent une question d'humeur du moment
Le deuxième Collins que j'ai lui (et que je te recommande d'ailleurs :p) c'était Pierre de lune, je l'ai eu en VO dans ma PAL pendant au moins 7 ou 8 ans avant de le vendre car il ne m'inspirait plus tout et je ne pensais jamais le lire. Et l'an dernier, hop ça me prend et je lis La dame en blanc, puis Pierre de lune, etc...
Tu peux essayer Seule contre la loi, ou Basil, bien plus court. Ou pas !
- Je suis tout à fait d'accord avec toi si ce n'est que j'ai beaucoup aimé malgré tout. Laura Fairlie ne me revient pas non plus, quelle cruche ! J'ai déjà vu pire dans un Victorien mais franchement, qu'elle s'en sorte ou pas, c'était bien le cadet de mes soucis ! Je suis surtout d'accord pour le côté brouillon du récit. Je ne sais pas s'il a été publié en feuilleton, ça pourrait expliquer les pannes d'inspiration, les soudaines accélérations, etc.
- La dame en Blanc n'est effectivement pas le meilleur Collins (même si je l'ai néanmoins beaucoup aimé) j'ai préféré de loin Armadale, aux éditions phébus libretto, avec son histoire de doubles, son ambiance étrange, et Pierre de Lune. Sans Nom garde aussi une très bonne place dans mes souvenirs. Bref il faudra réessayer ;o)
















