Le jardin de ciment ; Ian McEwan
Points ; 174 pages.
Traduction de Claire Malroux. 1978.
Titre Original : The cement garden.
J'ai acheté On Chesil beach il y a quelques semaines, mais il se trouve que je ne l'avais pas sur moi lors d'un récent voyage en train. De ce fait, je me suis décidée à choisir ce titre de Ian McEwan qui me semblait assez peu attirant jusque là.
Quand leur mère meurt, quatre enfants qui ont déjà perdu leur père, la placent dans une cantine de la cave et la recouvrent de ciment. Ils ont peur d'être séparés si quelqu'un découvre leur situation. Comme l'été a commencé, et que les enfants sont en vacances, personne ne s'aperçoit de la situation, d'autant plus que la maison dans laquelle ils vivent est isolée.
Le jardin de ciment est le troisième roman de Ian McEwan que je lis, et même s'il n'a pas un rebondissement final aussi incroyable que dans Expiation ou Amsterdam, l'auteur avait de toute évidence décidé dès son premier roman que c'était lui qui mènerait la danse.
C'est vraiment glauque. D'ailleurs je pense que c'est le livre le plus glauque que j'ai jamais lu. Pendant tout le début du livre, je me suis sentie de plus en plus mal à l'aise. Sauf que c'est tellement glauque que ça en devient comique. En cela, Le jardin de ciment m'a beaucoup fait penser à Tandis que j'agonise. D'autant plus que là aussi nous sommes en présence d'une fratrie dont les membres sont un peu étranges, mais s'aiment profondément. Du coup, ils sont à la fois repoussants et extrêmement attachants. Comme d'habitude avec McEwan, j'ai été incapable de lâcher les personnages, j'ai tourné les pages avec avidité, et j'en suis même arrivée à souhaiter qu'on les laisse tranquilles. Situation assez incroyable quand on y réfléchit deux minutes, tellement Derek a raison de trouver cette histoire malsaine, entre la mère encastrée dans du ciment (j'ai cru vomir quand Jack s'approche de la fente du ciment abîmé), Tom qui s'habille en fille et se prend pour un bébé, et l'inceste menaçant. Le problème est que les alternatives à cette existence sont celles qui paraissent absurdes.
Bref, encore un chef d'oeuvre à rajouter au crédit de Ian McEwan.
Les avis de Lily, Florinette, Yueyin, et Thom.
Commentaires sur Le jardin de ciment ; Ian McEwan
- Ameleia : c'est vrai qu'on reste un peu sur sa faim avec cet auteur, mais personnellement je trouve toujours ça bien joué.
Lily : je n'ai pas aimé le Faulkner, j'en parle seulement parce que j'y ai pensé. Pour "Amsterdam", je l'ai lu depuis un moment aussi, mais j'avais vraiment adoré.
Deliregirl1 : n'hésite pas, c'est vraiment un grand auteur ! - Je l'ai lu il y a plus de 10 ans, même plutôt 15 peut-être. J'étais donc assez jeune et j'en garde un mauvais souvenir, surtout du côté malsain et des liens entre frères et soeurs qui m'ont traumatisé (oui rien que ça !!!) J'avais d'ailleurs hésité à relire cet auteur et heureusement, j'ai franchi le cap et "Expiation" m'a réconcilié avec lui
- Pimpi : "Expiation" est merveilleux, tu vas te régaler!
Manu : en fait, je trouve cette histoire vraiment belle au final. Et je suis d'accord que tu as bien fait de te réconcilier avec McEwan ;o)
Choupy : tu as tort de ne pas noter celui-ci
)
Ys : je n'ai pas encore tout lu (loin de là), mais du coup je suis désormais décidée à tout lire de cet auteur. Ses livres sont incroyablement forts et bien construits.
Florinette : il me semblait que tu étais un peu mitigée en lisant ton avis, mais l'important est que tu en gardes un bon souvenir !
















Je place un lien sur mon blog sous mon article sur "sur la plage de Chésil"
amitiés... bravo encore pour ton blog !