jl5613-2001Richard Mayhew mène une vie simple et banale. Un soir, alors qu'il se rend au restaurant avec sa fiancée, une jeune fille ensanglantée lui demande de l'aide tout en refusant qu'il appelle les secours. Abandonnant sa compagne furieuse derrière lui, il emmène l'inconnue chez lui et la soigne. Il s'agit en réalité de Porte, la fille de Lord Portico, un important personnage du Londres d'En Bas, monde dont Richard découvre l'existence. Lord Portico vient d'être assassiné, et ses meurtriers poursuivent Porte pour la tuer également. Finalement, le marquis de Carabas intervient et emmène Porte avec lui pour la protéger, laissant Richard retourner à sa vie.
Cependant, dès le lendemain, il s'aperçoit qu'il n'existe plus pour personne. Ayant perdu son travail, son appartement, ses amis et toutes ses ressources, il décide de retrouver Porte et de pénétrer dans le monde d'En Bas.

Décidément, moi qui avait été très déçue lors de ma première rencontre avec Neil Gaiman, puis séduite par ma seconde lecture de cet auteur, je vais finir par le ranger parmi ceux que j'affectionne le plus.
Ce livre est assez particulier dans sa conception, puisqu'il s'agit à l'origine d'une série que Neil Gaiman (qui était le créateur de la version télévisée) a adaptée à l'écrit. Cela explique sans doute pourquoi le roman grouille de descriptions très précises et amusantes du monde d'En Bas. J'ai adoré m'y promener, bien qu'il soit plus inquiétant que les mondes parallèles de livres tels Harry Potter ou A la croisée des mondes. Richard découvre un monde qui semble être bloqué à l'ère victorienne, dont les quelques membres qui s'aventurent à la surface de la Terre sont à nos yeux des sans-abris ou des fous qui parlent seuls. Sur les marchés, on s'arrache des choses abîmées, sales, mortes, et l'on se sustente avec des plats à base de chiot ou de chat. Les tueurs qui poursuivent Porte sont d'une cruauté et d'une violence rares, et les morts auxquelles nous assistons sont décrites avec moults détails. Heureusement, de nombreux passages très drôles détendent l'atmosphère, et rien n'est gratuit.
Dans la quête que poursuivent Porte et ses compagnons, le suspens est omniprésent. A l'exception du duo formé par les horribles Croup et Vandemar, tous les personnages semblent capables de révéler un visage tout autre que celui qu'ils présentent au premier abord. Même Richard, qui se contente d'exister au début du livre, se met à rêver de devenir l'égal des héros légendaires.
Pour les amateurs de la capitale anglaise, Neverwhere est également un livre qui rend un magnifique hommage à Londres. On y rencontre l'ange Islington, les moines de Blackfriars, on visite des stations de métro inconnues, les toits de la ville, on cherche l'un des secrets du British Museum...

Un très beau livre !

L'avis de Cachou.

J'ai lu. 350 pages.
Traduit par Patrick Marcel.
1996 pour l'édition originale.