Hester Lilly ; Elizabeth Taylor
Payot-Rivages ; 114 pages.
Traduction de Jacqueline Odin. 1954.
A priori, ce livre avait tout pour me plaire. Commençons par l'argument le moins futile, j'ai adoré Angel de cette même Elizabeth Taylor. Ce titre a été publié juste après la sortie du film de François Ozon, et la couverture m'a tout de suite accrochée. Je la trouve très réussie, et puis je me disais qu'une jeune fille s'appelant un peu Lilly était forcément quelqu'un de passionnant...
En fin de compte, j'ai été moyennement emballée par ce livre, qui raconte le passage d'une jeune fille chez son cousin Robert, et l'épouse de celui-ci, Muriel. Muriel déteste avant même de l'avoir rencontrée cette nouvelle venue qui, elle en est sûre sonnera le glas de son mariage, et met au point une stratégie aussi inefficace qu'auto-destructrice afin de s'assurer du contrôle de la situation.
Je ne sais pas trop quoi dire en fait. C'est vrai qu'Elizabeth Taylor décrit une situation un peu plus complexe que celle à laquelle on s'attend en ouvrant ce livre. En fin de compte, Hester Lilly n'est que peu présente, et son rôle principal est davantage de mettre en lumière la situation déplorable du couple formé par Muriel et Robert, que d'être une réelle menace, comme les personnages en prennent peu à peu conscience. Ils ne voient presque plus que les défauts de l'autre, leur vie sexuelle est un désastre, ils ne savent même plus retrouver la personne qu'ils ont épousée. D'où l'attitude de Robert envers sa femme lorsqu'il la trouve lisant les lettres qu'elle lui a envoyées du temps où ils se faisaient la cour. Robert est furieux, et lorsqu'elle lui dit qu'il agit comme si les lettres venaient d'une autre, il lui répond un "C'est le cas" aussi cruel que sincère.
Le but de ce texte est en fait de croquer le désastre des personnages qu'il met en scène, en démontrant le pathétique de leur situation, et leur incapacité à s'en sortir. La fin est même encore pire que le début, ce qui est un exploit en soi.
Mais j'ai eu un mal fou à m'intéresser aux personnages, ou même à me mettre un peu à leur place. Ils sont soit peu sympathiques, soit complètement lisses, quand ils ne sont pas les deux. Angel avait une fougue et une innocence telles que je n'avais pu m'empêcher de l'aimer, voire même de l'admirer. Ici, je n'ai rien éprouvé de tel. Hester Lilly me semblait prometteuse, et Muriel si antipathique que j'avais presque envie de souffler à la jeune fille de séduire son cousin. Mais ses pleurnicheries m'ont exaspérée, du coup je n'ai plus eu personne à qui m'accrocher.
Elizabeth Taylor se moque de ses personnages, c'est évident. Mais il y a des situations qui ne me donnent malheureusement aucune envie de rire, et c'est le cas ici.
Les avis de Clarabel et Sylvie, beaucoup plus enthousiastes.
Commentaires sur Hester Lilly ; Elizabeth Taylor
- Manu : Barabra Pym et moi, ça ne passe pas... J'ai essayé deux fois, avec deux livres différents, mais je n'ai pas pu terminer ses livres.
Fashion : ce n'est pas non plus une bouse hein ! Je pense que certains aimeront plus que moi, et ils auront raison.
Lily : honte sur moi, j'ai vu la bande annonce 35678 fois, mais je n'ai toujours pas commandé le film...
Erzébeth : moi aussi j'ai aimé le billet de Holly, et je suis ravie qu'elle te tente ;o) - J'aime bien Elizabeth Taylor, mais c'est vrai que dans certains romans (ceux que j'aime le moins) son ironie devient amère (Angel n'échappe d'ailleurs pas complètement à ce travers ; le personnage est fascinant et ridicule, on sent que le portrait est un peu chargé). Mes préférés sont Une saison d'été et Vue sur le port, le regard y est amusé et plutôt tendre.
- ah j'adore barbara Pym. (Mon préféré est quatuor d'automne.)
en effet, souvent dans ses livres il ne se passe pas grand chose, c'est l'histoire de vieilles filles, de thés, d'amours platoniques, de pasteurs, de kermesses et de mousses au jambon: génial et infiniment dépaysant!
ça peut paraître plat, mais c'est souvent et très finement drôle, et il y a dans ses livres une ambiance que j'adore. Si je déménageais au bout du monde, j'emporterais avec moi quelques barbara Pym















