P1120713Vintage ; 192 pages.
1958.

Il y a quelques jours, j'ai déclaré mon amour à mes blogs préférés, qui parlaient beaucoup de livres que j'ai moi-même aimés. Malheureusement, le temps de la rupture arrive je crois, car je vais me brouiller avec pas mal de gens bien en écrivant ce billet. Ma rencontre avec la vraie Holly Golightly n'a pas été aussi concluante que je l'imaginais. J'ai aimé, que ce soit clair, mais je reste beaucoup plus attachée à La traversée de l'été qui m'a fait découvrir Truman Capote il y a quelques semaines.

Alors, le résumé : notre narrateur, un jeune écrivain tranquille, se souvient de sa rencontre, quelques années auparavant, d'avec la fantasque Holly Golightly, qui vivait alors dans un appartement proche du sien. Leurs relations, d'abord cantonnées à des échanges verbaux dans un interphone, toujours en pleine nuit, deviennent peu à peu une sorte d'amitié, si tant est que l'on peut être ami avec Holly. Car cette jeune femme toujours entourée d'hommes d'âge mûr (ce sont les seuls qui l'intéressent) et qui adore traîner chez Tiffany's, dresse finalement des barrières infranchissables entre elle et les autres. Fasciné par la jeune fille, le narrateur en tombe amoureux, et est l'un des derniers à la soutenir lorsque les choses dérapent. 

Je l'ai déjà dit, cette nouvelle n'a pas provoqué chez moi l'enthousiasme que j'imaginais. Toutefois, elle n'est pas non plus inintéressante. Il y a d'ailleurs de très bonnes choses dans ce livre. Holly, pour commencer. Elle paraît d'abord frivole, presque stupide, mais c'est en fait un personnage complexe, qui a gardé une âme d'enfant, ou qui désire en avoir une, elle qui n'a pas vraiment eu d'enfance. Et puis, je trouve cela absolument exquis de marquer "Miss Holly Golightly, Traveling", sur sa boîte aux lettres. Autre moment que j'ai vraiment adoré, lorsque le narrateur reçoit sa belle cage à oiseaux à trois cent cinquante dollars, ornée d'un ruban rouge pour Noël. Holly lui dit alors :" Promise me, though. Promise you'll never put a living thing in it." Cette simple remarque contient à elle seule tout Holly, celle qui a en fait un grand coeur, qui reconnaît ses amis, qui tient à eux, et celle qui tient plus que tout à sa liberté, et qui ne peut se résoudre à établir des projets sérieux.
L'ambiance est à l'image d'Holly, multiple. C'est frivole, drôle, mais aussi sombre et pesant. Et puis, qu'est-ce que j'aime l'écriture de Capote ! Ce type écrivait incroyablement bien. Tous les personnages sont très bien cernés, on les entend presque parler. J'ai même lu des passages à haute voix, afin de m'en rapprocher encore.
Cependant, j'ai quand même trouvé qu'il y avait quelques longueurs dans cette nouvelle, un peu au début, et dans les dernières pages. Pas le dernier paragraphe, qui est parfait. Mais j'ai trouvé que Capote s'étendait un peu trop sur la fin, et j'ai craint que cela se termine de façon un peu abrupte. Et puis, j'ai trouvé cette histoire un peu cruelle, elle m'a mise mal à l'aise. Je sais que c'est volontaire, et j'aime qu'un livre me bouscule d'ordinaire, mais pas cette fois.

Je suis contente d'avoir rencontré Miss Golightly, et je compte bien poursuivre ma découverte de Truman Capote, mais ce livre ne restera pas parmi mes coups de coeur de l'année. J'avais peut-être trop d'attentes... 

Les avis de Céline, Clarabel, et Lou (dont j'ai parcouru vingt-sept fois l'index avant de retrouver l'avis ! ).