lilly et ses livres

Un petit blog pour y décrire les livres que j'ai aimés, et que je désire partager avec les mordus de lecture ... mais aussi ceux qui m'ont déçue, et sur lesquels je serais ravie d'échanger mon point de vue.

21 avril 2007

La duchesse de Langeais ; Honoré de Balzac

9782253096290_G_1_Édition Le Livre de Poche ; 248 pages.
4 euros.

" A l'égal de la princesse de Clèves et de la Sanseverina, la duchesse de Langeais est l'une des grandes divinités féminines de notre littérature.
Elle réunit en sa personne le triple prestige de la beauté, de la naissance et du malheur. Issue d'un sang illustre, Antoinette de Navarreins voit le jour en 1794, sous la Terreur, une bien sombre étoile qui sera pour elle la marque du destin. Quelque vingt ans plus tard, séparée de son mari abhorré que lui avait imposé un père indifférent, c'est l'une des gloires mondaines du Faubourg Saint-Germain.
Mais que dissimule la coquetterie glacée de cette aristocratique Célimène ? Et par quel étrange sortilège l'incandescente passion d'Armand de Montriveau va-t-elle à son tour la consumer ? Comme tout vrai chef-d'œuvre, ce " roman noir " - primitivement intitulé " Ne touchez pas à la hache " - est pour partie une autobiographie sublimée, c'est-à-dire le contraire d'un roman à clefs. " Moi seul sais ce qu'il y a d'horrible dans La Duchesse de Langeais ", confiait Balzac à l'un de ses proches.
C'est pourquoi l'œuvre conserve, depuis plus d'un siècle et demi, son mystère et sa force de séduction. "


Cela faisait plusieurs années que je n'avais pas lu Balzac. Il y a quelques semaines, j'ai été accrochée à la librairie par La Duchesse de Langeais, dont la récente adaptation au cinéma a entraîné une nouvelle édition.

Ce livre m'a happée dès les premières pages. J'ai lu avec délice la description de cette île où "Soeur Thérèse" a trouvé refuge. J'ai tremblé d'émotion avec ce général, fou d'amour et désespéré, qui sent à nouveau la présence de celle qui l'a abandonné cinq ans plus tôt.
Outre l'histoire d'une "passion" inassouvie, on trouve dans ce roman un regard critique sur la société française du XIXe. Car c'est aussi un roman qui renferme beaucoup de rancoeur. Balzac règle ses comptes avec la noblesse française cramponnée à ses titres et renfermée sur elle même, avec une description impitoyable du faubourg Saint-Antoine. Dans ce lieu à la mode vit et séduit la Duchesse de Langeais, qui est à la fois victime et coupable dans cette société méprisable, et qui incarnerait pour beaucoup une femme aimée en vain par Balzac.
Antoinette commence, à force de coquetterie égoïste et d'hypocrisie, par séduire le Marquis Armand de Montriveau. Elle en joue, le repousse, au nom des convenances, de sa réputation. Surtout, elle refuse de voir ses sentiments pour cet homme s'éveiller afin de se protéger, mais c'est justement cet aveuglement qui cause sa perte. Elle blesse un homme orgueilleux et vengeur, qui lui fait comprendre, trop tard, combien les grands principes moraux sont dérisoires et dépassés. 
Balzac décrit les tourments amoureux avec une foule de précisions, des termes choisis avec minutie, ce qui nous permet de ressentir la peine des deux principaux personnages avec autant de violence que si on y était. C'est violent, c'est douloureux, mais c'est sublime. Balzac possède un style poétique dans lequel je me suis plongée avec délice.
Seule la fin, trop rapide, trop froide, qui contraste avec le style passionné et les longs commentaires du reste du livre m'a un peu déçue.   

A noter que l'édition du Livre de Poche est vraiment très bien faite. La préface est vraiment très intéressante. Et les nombreuses annotations permettent de comprendre sans alourdir la lecture un roman rempli de références historiques et de termes dont le sens a évolué.

" Mais il n'y a point de petits événements pour le coeur ; il grandit tout ; il met dans les mêmes balances la chute d'un emprire de quatorze ans et la chute d'un gant de femme, et presque toujours le gant y pèse plus que l'empire. Après les faits viendront les émotions. " (page 59)

Posté par lillounette à 18:38 - Romans Français - Commentaires [16] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Je ne suis pas fan de Balzac, il y a trop de descriptions à mon goût, mais vu ta critique je me laisserais bien tenter par La duchesse de Langeais.

Posté par Caroline, 21 avril 2007 à 19:53

Tu as le don pour faire envie !
Parmi les romans de Balzac que j'ai lus, celui-ci ne figure pas et bien entendu je le rajoute à ma longue liste !
Tu as vu le film ? Moi j'avoue avoir zappé l'info, je n'étais pas du tout au courant ! :)

Posté par Clarabel, 21 avril 2007 à 20:34

Caroline : Je n'aime pas beaucoup les descriptions moi non plus, mais dans ce roman, je trouve qu'elle sont indispensables pour comprendre les personnages.

Clarabel : C'est écrit en gros sur la couverture que c'est tiré d'un film, mais j'ai réussi à ne pas le voir... C'est en voyant une critique de l'adaptation par hasard que j'ai regardé de plus près mon livre... Je ne sais pas si j'ai envie de voir le film, les critiques de spectateurs sont très mitigées...

Posté par Lilly, 21 avril 2007 à 21:01

Je n'ai jamais lu Balzac et tu me donnes très envie de le faire! Je ne le note..bah un autre dans la LLLAL: la longue liste à lire! ;p

Posté par Jules, 21 avril 2007 à 23:40

Tu me donnes vraiment envie de replonger dans les classiques. Je viendrai chez toi faire ma sélection et celui-ci pourrait bien en faire partie. Bon dimanche Lilly !

Posté par sylire, 22 avril 2007 à 10:39

Jules : d'ici une centaine d'années alors ;P

Sylire : Bon dimanche à toi aussi !

Posté par Lilly, 22 avril 2007 à 13:12

C'est vrai qu'un classique de temps à autre, c'est bien. Mais on est tellement tentée par les nouveautés...Une adaptation ciné peut redonner, c'est vrai, un regain de curiosité envers un ancien roman.

Posté par Anne, 22 avril 2007 à 17:11

un seule Balzac dans mon souvenir et au moins 20 pages pour décrire un escalier vermoulu au point que je pourrai le dessiner , cet escalier donc je me tâte pour un nouvel essai

Posté par beat, 22 avril 2007 à 17:47

En règle générale, même si les descriptions sont parfois longues, elles ont un intérêt dans l'histoire. Je trouve qu'en prenant de l'âge les descriptions de Balzac sont de moins en moins ennuyeuses... Il faudrait que je lise celui-ci qui a l'air fort bien!

Posté par fashion victim, 22 avril 2007 à 19:20

Anne : On peut aussi essayer de lire un peu des deux ;o)

Beat : J'espère que ça te plaira !

Fashion Victim : Ici, les descriptions ne sont pas très nombreuses, ou plutôt, elles sont vraiment en harmonie avec les personnages. Je ne les ai pas du tout trouvées pesantes.

Posté par Lilly, 23 avril 2007 à 14:19

Balzac, je connais très peu, donc je note ton titre, merci ... Bisous

Posté par nathalie, 23 avril 2007 à 19:47

Nathalie : j'espère que ça te plaira :o)

Posté par Lilly, 24 avril 2007 à 15:19

Je pense que ça devrait me plaire ... En tout cas, j'adore la couverture du livre ! Bisous

Posté par nathalie, 25 avril 2007 à 18:33

Nathalie : c'est vrai qu'elle est jolie. Bonne lecture et bonne soirée !

Posté par Lilly, 25 avril 2007 à 22:15

Je l'ai cherché partout et je ne l'ai pas trouvé, j'ai placé une commande spéciale que je devrais recevoir dans deux semaines! Donc, je devrais le lire avant 100 ans!! ;p

Posté par Jules, 27 avril 2007 à 12:33

Jules : excellente nouvelle ;)

Posté par Lilly, 27 avril 2007 à 21:37

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