30 août 2018

Jean-Philippe Arrou-Vignod et la série des Jean-Quelque-chose

omeletteNous sommes en Normandie en 1968, et Jean-B est le second de cinq frères. Pour que leur père réussisse à retenir les prénoms de ses enfants, il les a tous appelés Jean : Jean-A, Jean-B, Jean-C, Jean-D et Jean-E. Pour Noël, Jean-A a été très clair, les enfants ne veulent qu'une seule chose, la télévision. Mais, les parents ont une grande nouvelle à annoncer qui va tout chambouler.

On me vend depuis longtemps la qualité des livres de Jean-Philippe Arrou-Vignod. J'avais pourtant été un peu déçue par Le Collège fantôme il y a quelques années. L'Omelette au sucre, offert par Audible, a été un régal, à tel point que j'ai acheté La Soupe de poissons rouges pour rester avec les Jean-Quelque-chose un peu plus longtemps.
Ce sont de très jolis petits romans sur l'enfance, avec des anecdotes à la piscine, en vacances, au ski ou encore à l'école. Toutes ces scénètes regorgent d'humour et d'affection.
Dans La Soupe de poissons rouges, la famille déménage à Toulon et Jean-B fait sa rentrée en sixième. Les choses semblent mal engagées lorsqu'il insulte involontairement le surveillant général dès le premier jour et que la voisine alsacienne commence à leur offrir des spécialités immangeables de sa région d'origine. Heureusement, les Jean ont de la ressource.
Les enfants de famille nombreuse ou qui en ont fréquenté se reconnaîtront dans les disputes, les rivalités, les inquiétudes et les manigances entre frères rapportées par Jean B. Les parents sont ravis avec leurs cinq (puis six) enfants, mais ils sont souvent épuisés, et les menaces d'inscrire les garçons aux scouts marins sont quotidiennes.
soupeAu fil de la lecture, les personnalités se détachent, surtout les deux aînés : Jean-A avec ses lunettes et ses cours de latin, est obsédé par l'idée d'avoir la télévision. Jean-B, le narrateur, a quelques rondeurs, et rêve d'être agent secret puis écrivain. A se demander si l'auteur n'a pas mis de lui dans ces histoires.*

Une série à recommander à tous ceux qui ont envie de replonger dans leurs souvenirs d'enfance. Cela m'a fait penser au Petit Nicolas (mes lectures remontent à une bonne vingtaine d'années) et je pense que les petits lecteurs seront charmés dès six ou sept ans. Pour ma part, je compte bien poursuivre la série des Jean-Quelque-chose.

Gallimard propose généralement des versions audio de très bonne qualité, et celles-ci ne dérogent pas à la règle avec un lecteur impeccable et une mise en scène sonore permettant de s'imerger complètement dans l'histoire.

Clarabel est aussi conquise que moi.

*Si j'en crois Wikipédia, c'est bien le cas.

Ecoutez lire. 2h20 et 2h14.
Livres lus par Laurent Stocker.
2000 et 2007.

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06 janvier 2008

Entre Dieu et moi, c'est fini ; Katarina Mazetti

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Le mec de la tombe d'à côté m'avait beaucoup plu, Entre Dieu et moi, c'est fini est un petit bijou.

Linnea est une jeune Suédoise de seize ans. Elle nous fait partager ses pensées un peu comme elle parle à un mur chez sa grand-mère. Elle nous raconte le lycée, le beau Markus, le pauvre Henrik, et surtout Pia. Pia était sa seule amie, pendant "cent-vingt jours". Mais maintenant, Pia est morte (ne lisez surtout pas la quatrième de couverture du livre, elle en dit beaucoup trop à ce sujet), et Linnea a du mal à s'en remettre.

La vraie réussite de Katarina Mazetti dans ce petit roman est de nous parler de choses pénibles avec énormément de recul et d'humour. Bon, c'est certain qu'à seize ans, on a rarement le sens de l'autodérision de Linnea, mais je me suis beaucoup retrouvée en elle (même si j'ai quelques années de plus). Comme toutes les adolescentes, Linnea est pleine de contradictions. Elle veut parler, mais trouve cela trop douloureux. Elle veut aimer, mais cela semble assez dangereux. Donc mieux vaut qu'elle se focalise sur un type inaccessible qu'elle aime tant qu'il ne la regarde pas, et snober celui qui l'aime parce qu'il lui permet de se détester  elle-même à travers lui...
J'ai adoré les réflexions pleines de n'importe quoi mais très vraies des personnages de ce livre. Même les piques que se balancent les filles, les rapports de force qui basculent parfois en quelques secondes, sont jubilatoires et plus vrais que nature.

Après plusieurs lectures assez éprouvantes (et je n'ai toujours pas ouvert Faulkner...), ce livre était tout à fait ce dont j'avais besoin.

" - [...] Est-ce qu'on peut être indifférent à ses enfants ? Ne pas les aimer ?
  - Dieu a sacrifié son propre fils, si ce qu'on raconte est vrai ", a dit Pia. "
(page 77)

Les avis de Cuné, Clarabel, et Gachucha.

Gaïa ; 160 pages.

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