14 août 2012

Les hommes qui n'aimaient pas les femmes - Stieg Larsson

9782330004996Attention, ce post va être plein de mauvaise foi !

Six ans après la bataille, je me suis enfin lancée dans cette série sur laquelle on a beaucoup beaucoup écrit. Je lis peu de romans policiers, et je suis honteusement frileuse dès qu'il s'agit de se plonger dans autre chose que de la littérature anglo-saxonne ou française, mais Daniel Craig ma curiosité a finalement été la plus forte.

Alors, pour les retardataires : Mikael Blomkvist, journaliste économique à la réputation jusque là irréprochable, vient d'être condamné pour diffamation dans l'affaire de détournement de fonds qui l'opposait au financier Hans-Erick Wennerström. Alors qu'il songe à son avenir et à celui de Millenium, le journal dont il est le coresponsable avec son amie-amante Erika, il est contacté par Henrick Vanger. Le riche industriel souhaite l'engager pour enquêter sur le meurtre de sa petite nièce, Harriet, qui a disparu en 1966.
Lisbeth Salender a vingt-quatre ans, des tatouages et des piercings, et travaille pour Milton Security en tant qu'enquêtrice. Son chemin va finir par rejoindre celui de Mikael Blomkvist.

Soyons honnêtes : j'ai avalé ce livre en trois jours, j'ai envie de lire la suite et j'ai déjà entamé un autre polar nordique. C'est donc que Millénium a un côté addictif et des qualités. J'ai apprécié la présentation détaillée de l'intrigue, qui permet de se plonger dans l'ambiance du livre, de découvrir les personnages, le contexte. Le fait que la rencontre et l'enquête ne démarrent que tardivement ne m'a pas du tout gênée. J'ai aussi très bien marché en suivant Mikael dans sa recherche de la vérité, et le génie de Lisbeth pour découvrir ce qui échappe aux autres. Pour finir, je trouve que c'était judicieux et original d'imbriquer deux histoires, l'affaire Wenneström et l'affaire Vanger.
Malgré tout, j'ai du mal à ne pas voir les défauts de ce livre. Tout d'abord, côté écriture, on est loin d'avoir affaire à un grand styliste. De plus, j'ai noté sur le début du livre des répétitions d'informations données un peu plus tôt, ce qui alourdit le livre. On va dire que l'auteur n'a pas eu le temps de se relire...
En ce qui concerne le fond, j'ai été gênée par le fin mot de l'histoire. Je ne vais pas le dévoiler, mais je m'attendais à quelque chose de très différent. Là, c'est tiré par les cheveux à l'extrême, et je trouve ça dommage lorsque la résolution du meurtre dévoile quelque chose qui n'a rien à voir avec ce qui est proposé dans le reste du livre. Je n'aurais strictement rien vu tellement je suis mauvaise enquêtrice, mais ça donne toujours plus de profondeur au livre lorsqu'à la relecture d'un roman policier notamment on peut voir les indices laissés par l'auteur avec un oeil nouveau. La seule très bonne surprise a été le moment où j'ai compris le titre, très bien trouvé (s'il s'agit de celui de l'édition originale).
J'ai aussi été un peu déçue par le côté caricatural des personnages. J'apprécie Mikael et Lisbeth, mais ils ont un côté très cliché, surtout Lisbeth, qui cumule vraiment tous les problèmes du monde. D'une façon générale, j'ai trouvé que Stieg Larsson voulait en faire un peu trop côté glauque, mais c'est tellement poussé que ça rend le résultat artificiel et peu crédible (comme la confrontation entre Lisbeth et son tuteur). Certaines scènes auraient dû provoquer un sacré malaise en moi, mais une fois passées, j'avais tourné la page pour de bon.

Mon billet semble plus sévère que je le voudrais. En fait, ce livre est un très bon divertissement, mais ce n'est pas un roman poignant qui marque durablement. Je suis prévenue pour la suite.

D'autres avis chez Manu, Fashion et Karine.

Babel. 705 pages.
Traduit par Lena Grumbach et Marc de Gouvenain.
2005 pour l'édition originale.

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01 mars 2009

Le mystère d'Edwin Drood ; Charles Dickens

resize_5_Laissez moi tout vous expliquer. Il y a quelques temps, j'ai décidé de lire Monsieur Dick ou le dixième livre de Jean-Pierre Ohl. La première page m'a convaincue que je ne pouvais qu'adorer ce livre, mais j'ai très vite renoncé à le lire avant de connaître Le mystère d'Edwin Drood, et le fameux Monsieur Dick du titre. Ce dernier roman est un inachevé de Dickens, et il a donné lieu à de nombreuses discussions depuis plus d'un siècle. Le problème avec ce roman, comme avec la plupart des livres de Dickens est que seule la Pléïade l'a édité en français. Je peux lire l'anglais, mais je suis très fainéante, et très impatiente, donc j'ai opté pour une méthode un peu étrange. Je me suis procuré L'affaire D. ou le crime du faux vagabond, qui contient le texte de Dickens, entrecoupé de chapitres écris par deux autres auteurs. Etant donné que je désirais me familiariser en toute innocence avec le texte original, je n'ai lu que les chapitres de Dickens.
Vous suivez ? Ça a été un peu laborieux : au début, je croyais que ce livre contenait d'abord le livre de Dickens, puis une version achevée. Vous imaginez ma surprise quand j'ai lu la première page en pensant qu'il s'agissait du texte de Charlie...

L'histoire se déroule dans le petit village de Cloisterham, à l'ombre de la cathédrale. Edwin Drood se rend chez son oncle John Jasper, qu'il aime tendrement et avec lequel il a un écart d'âge très peu important. Il vient pour rendre visite à celle qui lui a été fiancée par testament, la jeune Rosa, élève dans le collège de la ville. Edwin est désinvolte, et n'a pas conscience de ce que signifient réellement ses fiançailles, ce qui choque profondément Neville Landless, un jeune homme récemment arrivé à Cloisterham, qui a été ébloui par Rosa, et qui est sujet à des accès de violence. Les deux jeunes gens ont une altercation, puis un dîner est organisé afin de les réconcilier. Le lendemain, Edwin a disparu.

Il faut savoir que ce livre est terriblement frustrant. Il manque quand même la moitié du roman, et il s'agit de résoudre une disparition dans un milieu où chacun ou presque peut être le coupable. Alors oui, j'ai adoré découvrir de nouveaux personnages de l'auteur, lui qui sait si bien les croquer. On a droit à pas mal de scènes cocasses (j'aime particulièrement le face à face entre Edwin et Neville, et le sale gosse).
Mais on n'aura jamais le fin mot de l'histoire. Personnellement, je ne crois pas à la culpabilité de John Jasper (ce type m'a terrifiée autant que le le trouve à plaindre), sur qui les soupçons du lecteur sont très vite portés. Je suis loin d'avoir lu tout Dickens, mais pratiquement donner le nom du coupable avant le milieu de l'histoire me semble improbable. Personne ne savait que Rosa et Edwin avaient rompus leurs fiançailles. Nombreux étaient ceux qui les désapprouvaient. Le tuteur de Rosa me paraît tout aussi suspect que les autres (il est horrible avec ce pauvre Edwin, même s'il avait bien besoin de cela). En tout cas, je trouve étrange de publier un roman "policier" en feuilletons. Dickens n'avait peut-être pas d'autres options, mais cela devait exiger une attention de tous les instants, puisqu'il n'était ensuite possible de rien modifier...
Il est également frustrant de ne pas avoir plus qu'un bref aperçu de certains personnages (peut-être que Monsieur Dick ou le dixième livre me donnera de quoi calmer un peu ma frustration), et de ne pas savoir ce qu'est réellement devenu Edwin. Je l'aimais bien personnellement. J'ai vaguement trouvé une explication qui me satisfait dans L'Affaire D. (j'ai parcouru quelques pages) :  il a cru que son oncle avait voulu l'étrangler, et s'est donc enfuit en Egypte. A la fin, il doit revenir. Si Dickens ne nous donnera jamais la réponse, autant choisir celle qui nous correspond le mieux.

Les avis de Karine et d'Isil.

29 décembre 2008

Une étude en rouge ; Sir Arthur Conan Doyle

resize_2_Librio ; 126 pages.
Traduction de Lucien Maricourt.
Titre original : A Study in Scarlet. 1887.

Je rentre de vacances, et j'ai 186 billets non lus dans mon Google Reader, 186 ! (je voulais juste me plaindre...)

Sir Arthur Conan Doyle est encore un auteur que je voulais découvrir depuis très longtemps. Je ne suis pas du tout une connaisseuse en matière de romans policiers, et je crois qu'à part une obscure BD inspirée du Chien des Baskerville, je n'avais jamais eu aucun contact avec cet auteur. Comme tout le monde, je connaissais le nom de Sherlock Holmes, et son fameux "Elémentaire, mon cher Watson ! " (qui n'est d'ailleurs pas une invention de Doyle d'ailleurs) J'espère bien profiter de 2009 (année des classiques) pour faire plus ample connaissance avec les deux associés.

Une fois n'est pas coutume, j'ai décidé de faire preuve de logique en choisissant le titre de ce livre. Il s'agit tout simplement de la première apparition de Sherlock Holmes, et de sa rencontre avec le Docteur Watson, fraîchement rentré en Angleterre. Les deux hommes sont à la recherche d'un logement confortable, et la colocation leur apparaît comme une nécessité financière. Un ami les met en relation, et voilà Watson qui se retrouve devant un individu peu avenant (je commence d'ailleurs à croire qu'être très prétentieux est la condition sine qua none pour être un grand détective de la littérature), qui joue merveilleusement du violon, et qui exerce une profession un peu étrange, puisqu'il est amené à aider la police dans ses enquêtes.
Très vite, Sherlock Holmes démontre qu'il est difficile de lui dissimuler quoi que ce soit, et le meurtre pour lequel il est amené à s'associer à la police nécessite bien un tel talent. En effet, un homme a été retrouvé mort dans une maison vide. Rien sur le corps ne laisse soupçonner que le décès n'était pas dû à une cause naturelle, excepté le mot Rache (violence en allemand) écrit avec des lettres de sang sur le mur.

Cette rencontre avec Sherlock Holmes a été une vraie réussite ! Ce qui m'a le plus bluffée est le changement total (désolée d'être si vague, mais c'est pour ne pas vous gâcher la découverte de cette enquête) qui intervient au moment où Sherlock Holmes annonce le nom du tueur. C'est à ce moment que j'ai compris que j'avais affaire à un grand auteur, qui était capable de rompre le rythme de son histoire, et de nous embarquer dans un endroit totalement différent que l'on n'aurait jamais soupçonné, et qui s'est révélé être captivant. J'entends beaucoup parler des mormons ces derniers temps, et je n'aurais jamais pensé qu'un auteur de la fin du XIXe pouvait envisager ce mouvement avec autant de recul.
A part cela, l'ambiance est délicieuse, mais je crois que je ne me lasserais jamais de Londres et du XIXe siècle. J'ai déjà dit deux mots sur les personnages, mais je vais quand même en rajouter un peu. En fait, on comprend très vite que ces deux personnages ne sont pas parfaits, qu'ils n'ont pas grand chose en commun, mais il me semble que l'auteur n'a pas totalement levé le voile sur leur identité, ce qui me donne encore plus envie de lire le reste des aventures de Sherlock Holmes et du Docteur Watson. Je ne suis pas une connaisseuse en matière de romans policiers (c'est peu de le dire), mais il me semble que certains des éléments que je viens d'évoquer pour vous parler des deux personnages principaux se retrouvent dans beaucoup d'enquêtes publiées par la suite.

Je ne sais pas quoi vous dire de plus. Ce livre m'a vraiment enchantée, et j'ai déjà commencé à acquérir d'autres ouvrages de Sir Arthur Conan Doyle. Comme nous sommes bientôt en période de voeux, et qu'il faut garder espoir, on va dire que je vous en reparle très vite !