lilly et ses livres

Un blog pour y décrire les livres que j'ai aimés, et que je désire partager avec les mordus de lecture ... mais aussi ceux qui m'ont déçue, et sur lesquels je serais ravie d'échanger mon point de vue. Les billets, notamment dans la catégorie jeunesse, qui

01 décembre 2008

Ailleurs ; Julia Leigh

51MUWMCBOMLBelfond ; 104 pages.
Traduction de Jean Guiloineau. 2008.
V.O. : Disquiet.

Je suis silencieuse depuis une semaine, mais c'est seulement parce que j'ai commencé plusieurs livres, qui me plaisent tous beaucoup, et que je lis donc en parallèle. Mais mon paquet victorian swap est presque prêt, j'attends juste que d'autres se lancent pour l'envoyer.

Pour en venir au livre de Julia Leigh, je l'ai repéré sur le blog de Lamousmé, généralement de très bon conseil, qui a adoré. Je ne vais pas revenir sur ma précédente phrase et vous dire que Lamousmé s'est trompée, parce que Ailleurs est véritablement un texte fort, travaillé, et profond. J'étais assez perplexe au début de ma lecture, mais je n'en ai pas moins dévoré ce livre, et il n'est pas question que je m'en sépare (sort auquel sont de plus en plus destinés les livres que je n'ai pas vraiment aimé, pour des questions de place).

En quelques phrases, Julia Leigh nous plonge dans l'ambiance désagréable de l'histoire d'une femme qui rentre dans la demeure familiale après avoir fuit l'Australie et son mari violent. Elle vient d'arriver avec ses deux enfants, lorsque son frère et sa belle-soeur rentrent de la maternité, un bébé mort-né dans les bras. Très vite, on sent que les personnages se retrouvent prisonniers dans une situation malsaine, qu'ils ne parviennent pas à crever.

Nous n'avons pas droit à de nombreuses explications par la suite, tout semble être fait de non-dits, d'actes manqués et de secrets de famille avec ces personnages. Ces derniers sont aussi fascinants que repoussants, désillusionnés et cruels. Ils restent volontairement distants, Olivia n'étant désignée par la narratrice que comme "la femme" par exemple.

A ce stade de mon billet, on pourrait penser que j'ai été totalement conquise. Cependant, je ressors de ce livre autant mal à l'aise parce que l'histoire est peu réjouissante que parce que je n'y ai rien compris.
En relisant le billet de Lamousmé, qui cite tout un tas de références (dont Lewis Carroll, que je dois décidément lire de toute urgence) que je ne connais pas, j'ai le sentiment qu'en fait, ce livre ne s'adresse pas à un public très vaste. Je ne dis pas que toute personne lisant ce livre sans connaître les dieux lamousméens perdra son temps en lisant ce roman, mais il me semble que cette ignorance nuit à la lecture dans ce cas précis. 

Je ne sais pas trop ce que je dois vous conseiller en fin de compte. J'ai envie de vous dire de vous précipiter dessus, tout en espérant qu'il ne vous fera ressentir que la partie positive de mon avis. 



29 mars 2008

La voleuse de livres ; Markus Zusak

9782266175968R1_1_Pocket ; 640 pages.
7,70 euros.

Un bon conseil : n'écoutez pas les mauvaises langues^^. Je viens de terminer ce livre, et je suis encore sonnée.

Liesel est encore une petite fille quand sa mère les conduit, elle et son petit frère dans la banlieue de Munich, à Molching. C'est dans le train que Liesel rencontre pour la première fois la Mort, qui vient emporter son cadet. Après les funérailles, Liesel trouve un livre dans la neige et l'emporte. A Molching, elle est accueillie par Rosa et Hans Huberman. C'est avec eux ainsi qu'avec Rudy, son meilleur ami, qu'elle va vivre la Deuxième Guerre mondiale, surveillée en coin par la Mort. Hans Huberman se lève toutes les nuits pour la consoler après son cauchemar récurrent. Avec lui, elle apprend à lire, se passionne pour les livres, qu'elle vole, et finit même par fasciner les autres habitants de la rue Himmel en leur faisant la lecture lors des bombardements.

La voleuse de livres est un livre auquel il est difficile de rester insensible quand on le croise sur un présentoir. La couverture est vraiment bien trouvée et le titre accrocheur. J'avais été un peu refroidie par les avis mitigés voire carrément écoeurés lus sur les autres blogs, du coup j'ai attendu la sortie poche (au grand bonheur de mon porte-monnaie).
En fait, même s'il m'a fallu une cinquantaine de pages pour vraiment rentrer dans l'histoire, le style m'a beaucoup amusée. J'imagine qu'en VO, cela doit encore mieux rendre, parce que Markus Zusak joue avec les mots, intègre différentes formes, et démontre le pouvoir des mots. Max se sauve de Stuttgart parce que le titre Mein Kampf écrit sur le livre qu'il porte dissimule qu'il est juif. Markus Zusak fait simple, puis nous dévoile certaines choses, avant de revenir en arrière. Tout cela sans créer de confusion, au contraire. Cela permet au lecteur de mieux enregistrer, de mieux comprendre. 
Contrairement à Clarabel, j'ai trouvé la Mort plutôt attachante. Son "Doux Jésus, Rudy..." est terrible. C'est bien simple, je n'ai pas pu retenir mes larmes sur la fin. Pourtant, je pleure rarement en lisant un livre.
Il faut dire qu'ils sont vraiment attachants ces personnages. Liesel, Rudy, Hans, Rosa, Tommy, et même la vieille guigne qui crache chaque jour sur la porte des Huberman. Le sujet est grave, mais l'histoire est ensoleillée. J'ai éclaté de rire à plusieurs reprises, Liesel n'est qu'une enfant, et ses actes sont ceux de quelqu'un qui ne s'attache qu'à ce qui compte vraiment. Rudy et elle ne comprennent pas tout, mais ils ont les bonnes intuitions. Il y a l'accordéon d'Hans, les hurlements de Rosa, les "saurkel" et les "saumensch" à tout va. Parce qu'il y aura toujours plus tard pour se dire que l'on s'aime. Enfin, c'est ce que l'on croit.
Ce livre est vivant, distrayant, grave et puissant.
Courez l'acheter !

" Désormais, je ne veux plus espérer. Je ne veux plus prier pour que Max soit sain et sauf. Ni Alex Steiner.
     Parce que le monde ne les mérite pas. "
(page 599)

Les avis d'Emjy et de BlueGrey.

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