JBurnside

Je sais... un billet de lecture sur ce blog, vous n'y croyiez plus. Moi non plus d'ailleurs. J'ai commencé plusieurs billets ces dernières semaines, qui sont restés en friche. Cette fois, c'est un roman conseillé par Titine que j'ai lu, qui est bien de saison, puisque c'est en Écosse que je vais finalement commencer mon année bloguesque.

Un jour, les empreintes du diable auraient été aperçues dans la neige, à Coldhaven.
Des années plus tard, Moira, une femme du pays, prend son mari pour le diable, et se tue, emportant avec elle ses enfants, à l'exception d'Hazel, sa fille aînée.
Michael, qui est sorti avec Moira des années auparavant, est frappé par la lecture de ce fait divers dans le journal. Dans la maison de ses parents, où il vit désormais avec sa femme, Amanda, il se souvient de son arrivée à Coldhaven, et de tout ce qui a suivi. En plongeant dans le passé, il rouvre de vieilles blessures, et tente de jeter un regard plus net sur ce qu'il a fait de sa vie.

John Burnside nous offre un roman étrange, que l'on pourrait facilement diviser en deux parties.
Le livre débute de manière plutôt romanesque. Le narrateur nous conte alors de nombreuses histoires qui nous font plonger dans l'Écosse brumeuse, sauvage que l'on imagine souvent. Il nous parle de son enfance, des rêves et des déceptions de ses parents, de sa rencontre avec Mrs Collings, cette femme retirée du monde, de sa confrontation avec Malcolm Kennedy, qui s'achèvera par la mort de ce dernier. Cette partie est fabuleuse. John Burnside possède une écriture merveilleuse, qui nous berce et nous permet d'imaginer tout ce qu'il décrit avec précision. Coldhaven apparaît à la fois comme un lieu irrésistible, où l'on rêverait de se perdre, et comme un endroit repoussant, à cause de son atmosphère malsaine et de la malveillance de ses habitants.
La deuxième partie m'a clairement moins plu. On abandonne alors ce qui faisait le charme du début du livre, toutes ces intrigues qui promettaient un dénouement passionnant, et on se met à suivre Michael dans un délire vain. Sa rencontre avec Moira, la sœur de Malcolm, des années après la mort de celui-ci, donne lieu à une relation malsaine, mais qui ne le marquera pas vraiment. Ce n'est qu'à la mort de Moira que les démons de Michael se réveillent. Il est mal dans sa vie présente, et imaginer qu'il est le père d'Hazel lui donne l'occasion de tout envoyer balader. J'attendais la confrontation entre ces deux personnages avec impatience, mais elle s'est avérée très décevante. Michael est juste un type incapable de faire quoi que ce soit. Ses questionnements et son attitude m'ont laissée perplexe. Hazel et lui ne font que s'utiliser mutuellement pour fuir. J'ai trouvé regrettable que les questions posées durant les trois quarts du livre restent finalement sans réponse, et que tout ne soit finalement destiné qu'à explorer la personnalité de Michael.

Une déception sur la fin, mais quand même beaucoup de plaisir à lire la majeure partie de cette histoire.

Bon, pas un billet des grands jours, mais je suis contente d'avoir réussi à le boucler. Maintenant, prochaine mission : jeter un oeil aux blogs des copines !

Les avis de Titine et Essel.

Métaillé. 217 pages.
Traduit par Catherine Richard. 2006.