resize_2_Folio Junior ; 318 pages.
Traduction de Jean Esch. 1985.
Titre Original : The Ruby in the Smoke.

J'avais vaguement entendu parler de la première série écrite par Philip Pullman, mais j'ignorais de quoi il s'agissait. J'ai appris lors du Victorian Christmas Swap que les Sally Lockhart se déroulait à l'époque victorienne, ce qui a attiré mon attention.

Sally Lockhart a seize ans, et son père vient de mourir à l'autre bout du monde, où il s'était rendu pour affaires. Recueillie par une parente peu attentionnée, elle reçoit un billet étrange, qui l'amène à aller voir l'ancien associé de son père. Elle a finalement une entrevue avec Mr Higgs, un autre membre de la compagnie, qui décède devant ses yeux après qu'elle ait évoqué les "sept bénédictions" auxquelles le billet anonyme reçu fait allusion.
Dans le même temps, un marin accro à l'opium et terrifié par les Chinois débarque à Londres, où une femme cupide le prend en pension, et le retient prisonnier.
Sally, qui comprend que sa vie est menacée pour des raisons qui lui échappent, entreprend alors d'enquêter sur les mystères qui entourent la mort de son père, et sur les cauchemars étranges qui troublent son sommeil.
En chemin, elle rencontre Frederic Garland, un jeune photographe, Rosa, la soeur de ce dernier, Trembleur, leur fidèle ami et ancien pickpocket, et Jim, un jeune garçon qui travaille pour Mr Selby, l'ex-associé de Mr Lockhart.

Si vous chercher une série à la hauteur de A la croisée des mondes, vous risquez d'être déçu en lisant les Sally Lockhart. J'ai beaucoup aimé ce premier tome, mais il faut bien reconnaître que Sally fait pâle figure à côté d'une Lyra. Bien que la première soit plus âgée, je suis moins surprise de voir Sally Lockhart en lecture jeunesse que je ne l'avais été pour A la croisée des mondes. L'intrigue est moins complexe, les personnages ne nous font pas tourner en bourrique (à part un), nous ne sommes pas dans un univers avec des tas de mondes parallèles...
Mais, Philip Pullman a quand même un style qui me plaît beaucoup, et dont il usait déjà lorsqu'il a écrit les Sally Lockhart. J'aime particulièrement sa façon de présenter les événements avec brutalité et détachement :

"Elle s'appelait Sally Lockhart, et dans moins d'un quart d'heure, elle allait tuer un homme." (je vous rassure, c'est la première page du roman, aucun spoiler donc).

J'ai dit au début de mon billet que La malédiction du rubis est plus enfantin que A la croisée des mondes. C'est exact, mais Pullman n'est pas un auteur qui y va avec des pincettes. Certains passages sont violents, et supprimer des personnages ne lui pose aucun problème.   
Malgré tout, j'aime infiniment voyager avec lui, et je veux absolument aller sous les tropiques maintenant :

"Si vous n'avez vu les étoiles qu'en Angleterre, vous n'avez jamais vu d'étoiles. Sous les tropiques, elles ne luisent pas faiblement comme ici, elles étincellent ! Dans notre sillage, les gerbes d'écume se composaient de milliards de lumières blanches, et des deux côtés du bateau, la mer était remplie de mouvements vifs et brillants : des poissons qui filaient dans les profondeurs, de grands nuages scintillants et des voiles de couleurs indistinctes, des petites houles et des tourbillons de lumière tout en bas. "

J'ai du mal à vous parler de ce livre, je m'en rends bien compte. J'ai eu la bonne idée de découvrir Sally Lockhart en n'ayant pas lu Philip Pullman depuis un an, mais cela m'a donné envie de lire The Amber Spyglass avant d'avoir rédigé mon billet, et je n'arrive pas à me détacher de ce dernier. Pourtant, ce livre le mériterait, parce que Pullman ne sait pas créer des personnages insignifiants, et il le prouve ici encore. De même, l'intrigue est très bien menée, je ne me suis pas du tout ennuyée à la lecture de ce roman, qui est idéal en cette période un peu morose d'après Noël.

Les avis d'Isil et Clarabel.