L'homme démasqué ; Thomas Hardy
Le Serpent à Plumes ; 84 pages.
Traduction de Diane de Margerie.
Titre Original : Barbara of the house of Grebe.
Elizabeth Gaskell me plaisant seulement à petites doses depuis que j'ai commencé Cranford, j'ai décidé de m'offrir une parenthèse avec Thomas Hardy qui m'a très récemment enchantée avec Far from the madding crowd. C'est chez Cryssilda, l'une des organisatrices du Victorian Swap auquel je me suis inscrite, que j'ai pioché cette lecture.
Alors qu'elle est courtisée par Lord Uplandtowers, Barbara Grebe s'enfuit avec celui qu'elle aime (un jeune homme sans rang), au cours d'un bal organisé par ses parents. Le mariage est heureux durant quelques semaines, puis Mr Willowes, afin d'achever son éducation et de devenir digne de son épouse, part pour le continent. Il y reste près d'un an et demi, et lorsqu'il revient, son visage a été ravagé par les brûlures d'un incendie. Or, il était autrefois un homme d'une remarquable beauté, et sa femme est paralysée d'horreur lorsqu'elle le revoit.
A nouveau, j'ai été séduite par Thomas Hardy. Ce livre s'attache à dénoncer la superficialité qui conduit certains au mariage, en mettant à nouveau en scène des situations qui ont dû faire grincer bien des dents lorsque Hardy a publié ses écrits, d'autant plus que l'auteur manie très bien le cynisme lorsqu'il s'agit de parler de bonheur conjugal.
Hardy fait d'ailleurs preuve d'une très grande maîtrise tout au long de ce texte finalement très court. L'ambiance est malsaine. On a l'impression d'être en permanence dans des lieux où la lumière a du mal à pénétrer. La personnalité des personnages, qui est très bien croquée par l'auteur, ajoute à cette ambiance gênante. Lord Uplandtowers m'a beaucoup plu par exemple.
Quant à la chute, elle est très bien trouvée, et expose une nouvelle fois et avec beaucoup d'ironie la position de Thomas Hardy face aux mariages.
En résumé, une nouvelle qui n'a certes pas le charme de Far from the madding crowd, mais qui n'en est pas moins un vrai bonheur de lecture.
Même si je ne peux pas m'empêcher d'arranger la chose à ma sauce, comme d'habitude, j'ai entrepris d'accompagner Lou, Isil et Cryssilda dans leur découverte de romans victoriens en attendant les paquets du swap. En voilà une autre de faite !
Commentaires sur L'homme démasqué ; Thomas Hardy
- Pimpi : Si, j'adore Gaskell. "Nord et Sud" m'avait énormément plu, et j'aime aussi "Cranford", mais à petites doses.
Karine
: Je crois que Hardy va devenir l'un de mes incontournables, alors si cette nouvelle peut t'introduire dans son univers, n'hésite pas !
Isil : pour "Cranford", j'aime beaucoup. Simplement, je lis chaque chronique de façon séparée, pour ne pas me lasser de cet univers qui est quand même très immobile.
Alice : tu participes aussi ? Chouette ! J'ai hâte de voir les photos des colis !
Choupy : j'ai adoré "Nord et Sud", et j'aime Gaskell !
Gambadou : il n'est pas aussi connu que Dickens ou les soeurs Brontë je crois. Personnellement, je n'en ai entendu parlé que quand j'ai commencé à m'intéresser à la littérature anglaise du XIXe.
Constance 36 : C'est gentil de penser à moi. On m'a déjà taguée, mais je ne suis pas sûre de participer... - Un nouveau bandeau
J'ai passé un tas de jours sans presque consulter les blogs et je retrouve avec plaisir tous ces billets atteints de victorianite aiguë ! Il me tente drôlement ce livre, mais je ne connais rien pour l'instant à Hardy dont j'ai juste commencé (en même temps que Thackeray et Collins!!) un roman il y a 10 jours.


















En tout cas, tu me donnes bien envie de découvrir Hardy, ça c'est sûr !!!