Harmonie du soir ; Charles Baudelaire
Harmonie du soir
Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige,
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.
Un cœur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !
Charles BAUDELAIRE
Commentaires sur Harmonie du soir ; Charles Baudelaire
- Pour moi ce poème se teinte aussi d'exotisme, ce qui est bête car ce n'est pas tout à fait le thème. Mais en fait, la forme de ce poème (retour systématique des vers, voyez par vous-même ^^) s'appelle un "pantoum", et c'est d'origine malienne. J'ai toujours l'impression de sentir des parfums sucrés et capiteux quand je lis, ce qui le rend très particulier pour moi.


















"ton souvenir en moi luit comme un ostensoir!"
Ça faisait si longtemps que je ne l'avais plus lu ni entendu...
Appris au collège...(encensoir, reposoir...)
Merci, Lilly !
Bzou. Lulu