2700223039Edition Rageot ; 155 pages.
7,10 euros.

" Benjamin le petit frère de Sophie est décédé, tué par un chauffard: la famille est aussi heurtée de plein fouet. Leur vie est bouleversée. Ce récit décrit avec beaucoup d'intensité, de réalisme, l'état d'âme et le comportement de ces personnages profondément blessés. "

Collégienne, c'était l'un de mes livres préférés. Il raconte l'histoire d'une jeune fille qui perd son enfance en voyant sa mère hurler lorsque son père totalement bouleversé leur annonce d'une traite la mort de Ben. Quand on est encore une petite fille qui vit dans un milieu douillet, entourée de ses parents et de son petit frère adoré, un événement comme cela est terrible.
Sophie fait cependant preuve d'une incroyable maturité. La mère est totalement incapable de se maîtriser, c'est donc sa fille qui essaie de la rassurer et de la consoler. Ceci est d'autant moins évident qu'elle connaît au même moment ses premiers instants amoureux. Et puis, Sophie doit retourner en classe, affronter la pitié et la curiosité des autres. Surtout, elle doit réapprendre à vivre.
Elle s'aperçoit alors que l'on ne réagit pas tous de la même manière face à un deuil. Il y a le grand-frère qui lâche enfin toute l'amertume qu'il ressentait à l'égard de son petit frère. Il y a la mère, anéantie et qui en veut au monde entier. Le père qui veut tuer le salaud qui ne s'est même pas arrêté. Enfin, il y a la tante qui culpabilise d'être enceinte alors qu'un enfant vient de mourir. Mais tous partagent la même souffrance.
Se posent des questions très difficiles à gérer. Que va t-on faire de la chambre de Ben ? Ses affaires, inutiles désormais, faut-il vraiment s'en débarrasser ? Et le cours de violon de Ben, Simon a t-il vraiment le droit d'y aller ? Pourquoi le temps ne s'est-il pas arrêté quand Ben est mort ? Pourquoi tout le monde semble croire que Ben peut être remplacé ?

Ce livre est vraiment touchant, et s'achève sur une note positive pour Sophie. Je fais partie de ceux qui ne croient pas une seule seconde les gens qui disent ces mots répétés à l'infini selon lesquels "le temps guérit les blessures". Je pense seulement que l'on parvient à vivre avec, et à devenir ce que nous sommes grâce à elles, pour ceux qui nous manquent.