51C1WYA431L10/18 ; 544 pages.

Ce livre faisait partie de mon challenge ABC 2007 que j’espère compléter avec un peu de retard. Ce livre m’avait été conseillé parce qu’il me fallait un auteur en « U ». Autrement, je ne pense pas qu’il me serait venu à l’esprit de le lire. D’ailleurs, j’ai mis un bon moment à me décider.

L’histoire : Edgar Mint a sept ans quand le facteur lui roule sur la tête. Ce petit métis, né d’une mère indienne alcoolique depuis sa grossesse et d’un apprenti cow -boy disparu dans la nature, passe trois mois dans le coma avant de passer de nombreux mois dans une nouvelle chambre d’hôpital. Là-bas, sa vie commence. Il réalise qu’il ne peut pas écrire, mais taper à la machine, il ne s’en prive pas. Sa mère ayant disparu après son accident, Edgar est envoyé chez son grand-oncle, qui le met dans une école d’enfants indiens où il ne rigole pas tous les jours, puis il partage quelques temps la vie d’une famille mormone.

Mon avis : Autant le dire tout de suite, ce roman m’a complètement emballée. Il m’a fallu une cinquantaine de pages avant de me retrouver un peu dans le récit, mais j’ai terminé ce livre en une journée.

En fait, Le destin miraculeux d’Edgar Mint est très typique des romans américains actuels au niveau de sa forme. Je n’en ai pas lu beaucoup, mais j’ai dès le début pensé aux romans de Stephen MacCauley, Jonathan Tropper ou Douglas Coupland. Le ton employé, le découpage des chapitres, le style direct et percutant est commun à tous ces auteurs. Sauf que je trouve que Brady Udall les utilise beaucoup mieux. L’histoire est originale (du moins je n’en avais jamais lu de pareille). On est loin des clichés assez présents chez les autres auteurs que je viens de citer (je précise que ça ne m’empêche pas d’avoir énormément aimé certains de leurs livres). Le personnage est un enfant né dans une réserve indienne, pas un célibataire branché et pommé vivant dans une grande ville américaine.

Et puis, c’est vraiment drôle, dynamique, voire même un peu flippant (ce Barry…). J’ai beaucoup aimé la façon de parler d’Edgar d’abord à la troisième, puis à la première personne dans la phrase suivante. On a deux récits en un, de façon assez subtile, qui nous permettent d’aborder l’histoire à deux niveaux différents. Comme spectateur d’abord, puis comme témoin pris à partie par Edgar.

Ne vous attendez pas à un livre débordant d’action, ou à une quête effrénée de la part d’Edgar pour mener à bien les missions qu’il se fixe. La mission d'Edgar, tant promise dans certains résumés du livre, se dessine vraiment progressivement, et est loin de constituer l’intérêt principal du roman. Ce livre est surtout une succession d’anecdotes. Chaque période, l’hôpital, l’école, la maison mormone, dure une bonne partie du livre. Ce n’est absolument pas ennuyeux, un garçon comme Edgar qui réfléchit en permanence est toujours captivant, amusant et touchant. Le ton est plutôt détaché sans être froid. Cela permet au lecteur d’éprouver de l’empathie pour les personnages (et ils en ont besoin) sans les traumatiser non plus.

La fin est drôle et bien ficelée, dans la continuité du roman. Vraiment un très bon moment de lecture que je vous recommande !

    

« Je m’aperçois aujourd’hui que, sous de nombreux aspects, j’ai vécu ma vie à l’envers. Pendant la première moitié, j’ai eu à faire des choix difficiles et à en subir les conséquences, tandis que pendant la deuxième, j’ai vécu l’existence simple et protégée d’un enfant. » (Page 537)