2709628155

Edition JC Lattès ; 426 pages.
19 euros.
(la version poche devrait sortir d'ici quelques mois je pense)

"Héros de la guerre d'Amérique mais banni par Louis XVI, Joachim Valencey d'Adana et ses amis sont rappelés de leur exil par la Révolution aux abois attaquée sur toutes les frontières. Il sait qu'en France se trouve Victoire, celle dont il partageait l'amour. Dans un Paris méconnaissable voué à la Révolution, Robespierre, qu'il a jadis sauvé, l'envoie en Vendée avec ses 714 compagnons. La Vendée où, justement, le comte de Blacfort, qui a tué son père et décimé presque tous ceux qu'il aimait, est devenu général royaliste. Il s'y déroule la plus horrible des guerres civiles. On se crucifie sur les portes d'églises, on achève les blessés, on torture, on mutile. Valencey d'Adana essaie de ne pas trahir son esprit chevaleresque et tient tête aux royalistes. Il ignore que Victoire, tour à tour captive et chef de bande, tente, au milieu de mille dangers, de traverser les lignes des deux armées pour le rejoindre. Entre Valencey d'Adana et Blacfort, la lutte est d'autant plus vive qu'ils furent amis d'enfance. L'un se réclame de la liberté et des Lumières, l'autre est un féodal, cruel et cynique. Et pourtant, ils se cherchent... L'auteur des Foulards rouges met en scène des héros plus romanesques que jamais, qui font merveille dans une guerre de bocage, de brouillards, de chemins creux, daubes incertaines. Avec F. H. Fajardie, le roman d'aventures historique a encore de beaux jours devant lui."

Voici la suite de La Tour des Demoiselles qui m'avait tant plu il y a quelques semaines. Je l'ai dévorée avec un immense plaisir. Quel bonheur de retrouver Joachim, Mahé, Victoire, et même Gréville... Dès le début du livre, on est happé dans cette histoire. On y apprend que Joachim, qui était si résolu à épouser Victoire à la fin du premier tome, n'a pas pu réaliser ses plans de la façon qu'il aurait désiré. Le Comte de Blacfort est bien là, symbolisant les atrocités de la guerre civile pendant la Révolution. Viols, massacres, pillages, tout ceci est décrit de façon assez crue, sans pour autant être choquante. L'ombre de la Terreur et de la guillotine planent autour de tous les personnages. Et dans ce livre également, les personnages historiques comme Robespierre sont présents de façon tout à fait acceptable. Frédéric Fajardie a visiblement étudié le personnage, afin de lui donner un rôle qu'il aurait pu jouer (sa grande clairvoyance sur son avenir, ses idées d'une fermeté absolue pour ce qui concerne la politique à mener), en s'affranchissant de l'image monstrueuse que la mémoire populaire garde de lui.

Mais je vous avoue quand même que c'est surtout le désir de savoir ce qui allait se passer entre Victoire et Joachim qui m'a poussé à lire cette suite. On enrage à chaque fois qu'ils se frôlent, et on espère pour eux que la chance tourne...

" - Imaginez-vous la scène... Au pied de l'échafaud, M. de Malesherbes butte sur un pavé, manque de tomber, se tourne vers le boureau qui l'a retenu et lui dit : "Voilà ce qui s'appelle un mauvais présage ; un Romain, à ma place, serait rentré chez lui."

On rit, malgré tout, et c'était souligner la supériorité de l'esprit sur toute chose, même la mort, en cela que, si elle a le dernier acte, il a le dernier mot ! "