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lilly et ses livres
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22 avril 2014

Les filles de l'ouragan - Joyce Maynard

Les Filles de l'ouragan

Pour moi, Joyce Maynard, c'était à première vue une personne méprisable. Construire sa réputation et se faire de l'argent sur le dos de Salinger, qui était connu pour ne pas supporter que l'on s'imisce dans sa vie privée, ça me dérange.
Puis les blog sont passés par là, et j'ai mis mes reproches de côté pour découvrir Les filles de l'ouragan.

Ruth Plank et Dana Dickerson sont toutes les deux conçues lors d'un ouragan et naissent le même jour dans le même hôpital. Ces deux "soeurs d'anniversaire" n'ont pas grand chose en commun, mais leurs mères s'arrangeront pour qu'elles se croisent régulièrement durant toute leur vie.

Je ne vais pas y aller par quatre chemins, je suis très moyennement convaincue par ce livre.
Ca avait pourtant bien commencé avec les récits alternés de Ruth et de Dana. Ruth est élevée dans une famille de fermiers avec ses soeurs. Elle se sent très proche de son père qu'elle adore suivre dans son travail, mais ne comprend pas la froideur qu'elle lit dans les yeux de sa mère. Dana mène une vie complètement différente. Ses parents se complaisent dans la désinvolture, déménageant au gré des idées farfelues du père, et vivant des oeuvres de la mère. Chacune des jeunes filles se sent à l'écart, seule, et il est difficile de ne pas s'y attacher.

Dans ce roman, il est aussi question de l'évolution de la société américaine. Ruth se rend à Woodstock, rejoint le frère de Dana qui s'est réfugié au Canada pour échapper à la guerre du Viêtnam. Le domaine des Plank subit des intemperries et les vautours sont toujours plus nombreux à attendre qu'il soit vendu. Dans les années 1980, Dana, qui vit avec une femme universitaire, voit cette dernière perdre son poste de titulaire en raison de sa sexualité.
C'est donc toute une époque qui est apparaît derrière nos personnages, et c'est pas mal fait, même si je ne trouve pas que ce soit traité de façon originale.

ATTENTION Spoilers :

Mais mon principal problème avec ce livre est que je n'ai pas compris le besoin de créer un grand mystère (qui n'en est un que si l'on est ultra naïf au passage). Très vite, des indices énormes font comprendre au lecteur qu'il y a eu erreur sur la marchandise. Ruth est dédaignée par sa mère qui ne semble agir que par devoir et non par instinct maternel envers elle. Elle est aussi passionnée d'art et éprouve un grand attachement pour la ferme paternelle. Dana a pour sa part tout de la fermière forte et peu féminine. Je veux bien avoir l'esprit ouvert, mais l'amour de l'agriculture ou de l'art ne sont pas inscrits dans les gènes. Ici, on peut deviner l'identité des parents des deux personnages rien qu'en observant leur caractère...

Fin des spoilers

Je crois que je n'aime pas spécialement la manie qu'ont beaucoup d'auteurs américaines (Andrew Sean Greer, Laura Kasischke...) de créer un rebondissement final aussi bancal qu'inutile. On peut écrire sur la famille, le passé, l'adolescence, le sentiment de ne pas être à sa place sans inventer une histoire à coucher dehors.

J'ai lu ce livre avec intérêt dans l'ensemble, parce que j'aime la littérature américaine et qu'il traite des thèmes que j'apprécie particulièrement, mais je trouve que Joyce Maynard ne se distingue pas spécialement, que ce soit par son style ou par le fond de son livre.

Theoma, Miss Léo, Mrs Figg et Emma ne sont pas du tout d'accord avec moi.

Philippe Rey. 330 pages.2010 pour l'édition originale.

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Commentaires
L
Mrs : on verra si j'en lis un autre.
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M
Je ne savais même pas qu'elle avait été la compagne de Salinger !!! <br /> <br /> Je partage tes réserves sur l'inutilité d'un secret de famille qui n'en est pas un pour les lecteurs (à moins effectivement d'être extrêmement naïf) mais j'ai trouvé l'ensemble tellement charmant (c'est le mot juste) que j'ai oublié les autres défauts. De l'auteur, j'ai préféré "Baby love".
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L
Maggie : c'est une grave erreur ça !<br /> <br /> <br /> <br /> FondantOchocolat : tu auras peut-être une bonne surprise...<br /> <br /> <br /> <br /> Theoma : oui, on a le droit de ne pas être toujours du même avis.<br /> <br /> <br /> <br /> Tiphanie : ce n'est pas le roman américain que je te conseillerais le plus, mais c'est toi qui vois.<br /> <br /> <br /> <br /> Manu : j'exagère un peu. Je ne m'intéresse pas assez à Salinger pour me sentir vraiment concernée, mais quand je l'ai découverte, c'était par ce biais, et ça m'a beaucoup refroidie. C'est plus tard que j'ai entendu parler de ses autres livres.
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M
J'ai beaucoup aimé de mon côté et c'est vrai que ton spoiler n'en est pas un car on devine rapidement ce qu'il en est. Et j'avoue que les histoires avec Salinger me passent absolument par dessus la tête, même si mi aussi au départ, je n'avais pas envie de lire l'auteur car je pensais justement qu'elle n'avait écrit qu'à ce sujet.
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T
Je ne sais pas trop si j'ai envie de lire ce roman, le sujet ne me tente pas particulièrement, mais le fait que ce soit bien ancré dans la société américaine m'interpelle tout de même. Affaire à suivre donc, je n'ai pas lu les spoilers du coup!
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