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lilly et ses livres
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12 janvier 2007

Rebecca ; Daphné du Maurier

9782253006732_G_1_Édition Le livre de Poche ; 384 pages.
5,50 euros.

Lettre D Challenge 2007

" Dès les premières heures à Manderley, somptueuse demeure de l'ouest de l'Angleterre, le souvenir de celle qu'elle a remplacée s'impose à la jeune femme que vient d'épouser Maxim De Winter.
Rebecca, morte noyée, continue d'exercer sur tous une influence à la limite du morbide. La nouvelle Mme
De Winter, timide, effacée, inexpérimentée, se débat de son mieux contre l'angoisse qui l'envahit, mais la lutte contre le fantôme de Rebecca est par trop inégale.
Daphné Du Maurier, dans Rebecca, qui est sans doute le roman le plus caractéristique de son talent, fascine le lecteur et l'entraîne à la découverte d'inquiétantes réalités sans quitter le domaine familier de la vie quotidienne. "

En ce moment, je lis peu par manque de temps, mais pas seulement. J'ai commencé plein de livres que j'ai reposés au bout de quelques pages seulement. Rebecca me tente depuis le collège, mais je ne l'ai acheté que récemment. De plus, au lieu de me jeter dessus, je l'ai soigneusement rangé avec les livres de ma PAL. La couverture est la même que celle de Les Hauts de Hurle-Vent d'Emily Brontë, livre que j'aime autant qu'il me met mal à l'aise. Mais hier, je l'ai ouvert, et je suis entrée dès la première page dans l'histoire fabuleuse que nous raconte ce livre.
Je l'ai littéralement dévoré. Il n'y a pas un seul moment où l'on peut souffler dans ce livre, à chaque fois que l'on termine un chapitre, il faut lire le suivant. L'atmosphère intrigante et chargée de non-dits me rappelle un peu celle de Jane Eyre, les personnages aussi d'ailleurs. J'ai été très heureuse de constater qu'une fois de plus, le livre était bien plus riche que ce que nous racontent les résumés que l'on peut lire. Certes, Mrs Danvers, l'ancienne confidente de Rebecca est extrêmement antipathique. Cependant, elle n'est pas omniprésente comme je l'avais toujours cru. Et Maxim, s'il est souvent préoccupé, n'a pas un rôle effacé non plus.
Le fantôme qui hante les jours et les nuits de Maxim de Winter et de sa nouvelle épouse, c'est Rebecca. Son odeur, ses objets, ses robes, et même sa domestique sont là pour veiller à ce que Rebecca soit présente à chaque instant. Dès que la nouvelle Mme de Winter entre en contact avec Maxim de Winter, elle est totalement évincée par le souvenir de Rebecca. On ne connaît de la nouvelle Mme de Winter que son âge, vingt et un ans. Son passé est très flou, et semble être considéré comme inintéressant, puisque Rebecca n'en fait pas partie.
Dès lors, comment une jeune fille qui n'est que maladresse et timidité pourrait elle se sentir à l'aise ? Peu à peu, un doute s'insinue en elle. Elle se met à penser que Maxim aime encore Rebecca. Et pourtant, les regards fuyants, les silences gênés et l'atmosphère pesante de Manderley semblent renfermer bien d'autres secrets.
Nous sommes tenus en haleine du début à la fin du livre. Les descriptions de Manderley, la maison chérie et souillée de Max de Winter sont époustoufflantes. Et puis Rebecca, dont l'ombre plane du début à la fin du livre. A chaque fois que l'on pense l'avoir chassée, elle revient, et continue à déterminer l'existence de nos héros. Comme elle l'avait prévu.

Un mot de la traduction tout de même. Il me semble qu'elle est assez ancienne, et quelques tournures qui reviennent fréquemment sont assez gênantes, même si le reste nous permet de ne pas trop y accorder d'attention.

"La maison était un sépulcre, notre peur et notre souffrance étaient enterrées dans ses ruines. Il n"y aurait pas de résurrection. Quand, éveillée, je penserais à Manderley, je n'éprouverais pas d'amertume. Je me rappellerais l'été dans la roseraie et les chants d'oiseaux à l'aube, le thé sous le marronnier et le murmure de la mer derrière la courbe des pelouses.
Je penserais au lilas en fleur et à la Vallée Heureuse. Ces choses là étaient éternelles et ne pouvaient pas disparaître. Il y a des souvenirs qui ne font pas mal."
(page 7)

"J'aurais pu lutter contre une vivante, non contre une morte. S'il y avait une femme à Londres que Maxime aimât, quelqu'un à qui il écrivit, rendît visite, avec qui il dîna, avec qui il couchât, j'aurais pu lutter. Le terrain serait égal entre elle et moi. Je n'aurais pas peur. La colère, la jalousie sont des choses qu'on peut surmonter. Un jour cette femme vieillirait, ou se lasserait, ou changerait et Maxim ne l'aimerait plus. Mais Rebecca ne vieillirait jamais." (page 226)

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Commentaires
L
Elzevier : je lisais aussi ces BDs ! Mais je ne connais que celle de "Jane Eyre", et j'avais connu "Rebecca" parce qu'ils avaient fait un dossier sur le film.
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E
ce livre je l'ai découvert grâce à la revue Je Bouquine qui présentait (peut être encore?) chaque mois l'extrait d'un roman en BD. Et bien Rebecca et Jane Eyre avait été présentés par le même illustrateur. Et pour moi ils sont irrémédiablement lié, quand je pense à l'un je pense à l'autre. J'adore le début de Rebecca :"J'ai rêvé que je retournais à Manderley..." D'ailleurs Manderley, avec un nom pareil comment des choses romanesques pourraient ne pas se dérouler dans cette propriété...
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L
Bonjour Anna ! Je n'ai pas trop aimé "Le moine", mais "La foire aux vanités" est un bijou. Pour "Middlemarch", il est dans ma PAL. Je pense le lire cette année, mais plutôt cet été ;)
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A
Fan compulsive de Jane Austen, j'ai trébuché sur ton blog en cherchant des informations sur Nord et Sud, impossible (ou presque) à dégoter où que cela soit...<br /> En lisant quelques unes de tes critiques, j'ai eu envie de me lancer dans quelques lectures, en commençant par Rebecca. J'en suis ressortie avec les mêmes impressions, quoi que le net sentiment de l'avoir déjà lu/vu. Cela n'a pas amputé mon plaisir le moins du monde, et j'en ai donc profité pour suivre ton avis concernant Le moine, sur lequel je lorgnais depuis jolie lurette.<br /> <br /> En tous les cas, merci beaucoup ! Après Le moine, j'irai trainer du coté de Thackeray que je ne connais absolument pas mais dont le bien que tu en dis est plus que suffisant pour motiver l'achat (spécialement concernant les analogies avec le style de Jane Austen). Bonne continuation (étant férue de la période du 19ème siècle en Angleterre, je ne peux que t'encourager à nous faire découvrir des ouvrages de cette époque... pourquoi pas Middlemarch ?) !
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J
Manderley est-il fictif ou a-t-il vraiment existé??
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