24 juillet 2018

Le Quidditch à travers les âges - J.K. Rowling

quidditch"J’ai lu pire."

Rita Skeeter, La Gazette du sorcier

Après avoir lu avec beaucoup de plaisir Les Animaux fantastiques, je me suis régalée avec l'écoute du Quidditch à travers les âges. Au livre publié il y a quelques années, cette édition ajoute le récit de la coupe du monde 2014, commentée par Rita Skeeter et Ginny Potter (devenue journaliste).

Tout comme Les Animaux fantastiques, ce livre est cité par J.K. Rowling dans Harry Potter. Le quidditch étant le sport le plus populaire du monde des sorciers, il fallait bien quelques ouvrages sur le sujet. Et, n'en déplaise à Mrs Pince, l'acariâtre bibliothécaire de Poudlard qui effraie même un peu Albus Dumbledore, Le Quidditch à travers les âges de Kennilworthy Whisp a été diffusé largement pour satisfaire tous les fans.

Ainsi, nous découvrons les origines du quidditch, un sport aux règles floues au départ, qui rend dubitatifs ceux qui ne s'y intéressent pas et qui risque d'attirer l'attention des Moldus (les traces des cognards, qui ressemblent à des boulets de canon, ne sont pas des plus discrètes). Assez vite, au Royaume-Uni et en Irlande, les adeptes du quidditch deviennent innombrables. Le ministère de la magie intervient alors pour normaliser et sécuriser ce sport, s'attirant les foudres de certains joueurs, qui préféraient la méthode dure et déloyale (tours de magie, buts de taille scandaleusement grande pour les adversaires et minimale pour les accueillants...). Puis, à mesure que le quidditch se répand à travers le monde, une compétition internationale est mise en place, la fameuse coupe du monde. 
En fait, J.K. Rowling s'est très largement inspirée de l'histoire du football pour écrire celle du quidditch. Les jeux de balais rudimentaires pratiqués par les sorciers un peu partout en Europe décrits dans le livre de Kennilworthy Whisp rappellent Les antiques jeux de balle. Quant au quodpot, qui surclasse le quidditch aux Etats-Unis, c'est évidemment l'équivalent sorcier du football américain.
Je ne suis pas une grande fan de sport en général, surtout ceux que l'on pratique depuis son canapé, mais l'auteur ajoute à l'énumération des équipes et des règles tellement d'anecdotes que j'ai ri pendant la majeure partie de mon écoute. Les sorciers ne sont pas meilleurs que les Moldus en matière de sport. Ils trichent, sont mauvais joueurs, de mauvaise foi, en résumé ils se comportent comme de vrais gosses.
Avec le récit de la coupe du monde 2014, nous retrouvons notre trio préféré, ainsi que Neville et Luna, décrits par une Rita Skeeter bien plus intéressée par l'observation des membres de l'ancienne armée de Dumbledore que par la finale opposant la Bulgarie au Brésil. Pourtant, à trente-huit ans, l'attrapeur Victor Krum pourrait bien réaliser son rêve de devenir enfin champion du monde de quidditch...

A réserver aux adeptes de l'univers d'Harry Potter, mais un délicieux moment découte, avec des lecteurs et des bruitages excellents.

D'autres avis ici et ici.

Je remercie Angèle Boutin et Audible pour cette lecture.

Pottermore. 3h28.
Lu par Féodor Atkine, Jessie Lambotte et Marie-Christine Letort.
2001 pour l'édition originale.


11 avril 2018

Autoportrait de l'auteur en coureur de fond - Haruki Murakami

muraDepuis Hawaï où il passe l'été et prépare activement le Marathon de New York de 2005, Murakami nous parle de son rapport à la course à pied, prétexte qu'il prend aussi pour nous raconter sa vie.
Nous découvrons alors que cet écrivain japonais a commencé sa vie professionnelle en tenant un bar et que c'est un match de baseball qui lui a donné l'envie d'écrire, assez tardivement.

"Je n’ai jamais eu la moindre ambition d’être romancier. J’ai juste eu le désir ardent d’écrire un roman. Je n’avais pas d’image concrète de ce que je voulais écrire, simplement la certitude que, si je me mettais à écrire sur-le-champ, j’irais jusqu’au bout et que je parviendrais à quelque chose de réussi. Rentré chez moi, je me suis installé à ma table et j’ai constaté que je n’avais même pas de stylo à plume correct."

Contrairement à ce que j'imaginais, Murakami a beaucoup vécu à l'étranger, en Italie, à Boston (où il a enseigné dans les plus prestigieuses universités) et à Hawaï, son lieu favori pour la période estivale.

Ses premiers pas en course à pied conïncident avec le début de sa vie d'écrivain.

"je dirai que je suis le genre d'homme qui ne trouve pas pénible d'être seul. Je n'estime pas difficile ni ennuyeux de passer chaque jour, une heure ou deux à courir seul, sans parler à personne, pas plus que d'être installé seul à ma table quatre ou cinq heures durant."

Murakami fait un parallèle entre les qualités nécessaires à un athlète et celles qu'un écrivain doit travailler. Convaincu que très peu d'écrivains correspondent au mythe de l'auteur tellement talentueux qu'il n'a besoin de presque rien pour travailler, il considère la concentration et la persévérance comme ses deux meilleures alliées pour pratiquer ses deux passions. 
Toutefois, il utilise la course pour contrebalancer le côté malsain nécessaire et présent selon lui chez tout romancier. Cette activité lui permet de diriger les émotions négatives lorsqu'elles le surprennent et d'avoir une hygiène de vie irréprochable. J'avoue être sceptique et ne pas adhérer à l'image de l'artiste forcément décadent (même si cela se limite, comme chez Murakami, à la pratique de son art) et au stéréotype selon lequel ces personnes vivraient des choses qu'ils sont les seuls à expérimenter, mais soit. C'est son essai après tout.

C'est le troisième ouvrage que je lis de Murakami, et s'il ne m'a jamais totalement convaincue, ce n'est pas Autoportrait de l'auteur en coureur de fond qui me fera changer d'avis. Si on est un peu sportif, on ne peut que se reconnaître dans le portrait que l'auteur fait de lui (en ce qui me concerne, je lui laisse la palme du champion, ma mauvaise foi ne va pas jusque là...). Cependant, Murakami a du mal à sortir des observations qu'on peut lire dans à peu près n'importe quel article parlant de course à pied (peur de l'échec, addiction aux endorphines, hantise de la blessure, dépassement et connaissance de soi...) et son style est des plus basiques. Certaines phrases sont d'une banalité qui ne m'avait pas frappée lors de mes précédentes lectures de l'auteur.

J'attendais de ce livre une ode à la course à pied et une réflexion originale sur le métier d'écrivain et de traducteur (ce dernier aspect est seulement survolé). Il ne s'agit pas d'un texte désagréable, mais ce n'est clairement pas un indispensable. Je vous conseille de vous tourner vers d'autres titres de l'auteur, c'est ce que je vais faire.

Hélène est bien plus enthousiaste.

Une lecture effectuée dans le cadre du Mois au Japon de Lou et Hilde.

Thélème. 5h30.
Traduit par Hélène Morita.
Lu par Pierre Tissot.

Source: Externe

Posté par lillylivres à 11:08 - - Commentaires [14] - Permalien [#]
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