27 octobre 2021

Nous avons toujours vécu au château - Shirley Jackson

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Les Blackwood font partie des familles les plus aisées de la région. On les hait pour cela. Depuis quelques années, il n'y a plus que Mary-Katherine qui sort faire les courses deux fois par semaine, sous les regards narquois et terrifiés des gens. Ensuite, elle referme le verrou qui empêche les intrus de pénétrer dans son immense propriété et retourne se terrer avec son oncle Julian et sa soeur Constance. Ils sont les seuls survivants.

Toujours dans l'ambiance du Challenge Halloween, j'ai sorti ce livre des tréfonds de ma PAL avec beaucoup d'attentes. De Shirley Jackson, j'avais lu une seule nouvelle, La Loterie, qui m'a marquée à jamais. Je n'ai pas trouvé dans ce roman le récit d'horreur que j'attendais, mais cette lecture est tout de même très dérangeante à sa façon.

Nous avons toujours vécu au château est un conte, sans lieu ni époque. Il pourrait être une métaphore pour d'inombrables situations. L'autrice nous plonge dans un univers ambigu, malsain, mêlant méchanceté humaine et rumeurs. Les habitants du village se comportent de façon ignoble envers la jeune Mary-Katherine, la harcelant et poussant les enfants à le faire. Le rapport de force n'est cependant pas si simple à évaluer. Les Blackwood sont aussi en position dominante sur leur territoire et aiment le rappeler. Même après les événements qui surviennent, ils apparaissent comme des demi-dieux capables de détruire ceux qui les ont offensés.

Ce livre flirte avec le surnaturel avec brio. On ignore s'il se déroule dans un monde où les sortilèges existeraient ou s'il ne décrit que des manies enfantines.  Il met en scène des êtres dont on ne sait s'ils sont fous ou hors de la réalité. La vérité est relative et Shirley Jackson distille les informations au compte-goutte.

Un texte d'autant plus déstabilisant qu'on ne sait de quel côté le couperet va tomber, et qui nous offre une vision de la nature humaine des plus sombres.

Rivages. Traduit par Jean-Paul Gratias.
234 pages.
1962 pour l'édition originale.

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04 mai 2018

La Tour Sombres. III. Terres perdues - Stephen King

kingAprès deux tomes d'exposition, Roland et ses deux compagnons reprennent le chemin de la Tour Sombre, dans des paysages semblant anciens et légendaires.
Cependant, le Pistoléro, tourmenté par le sacrifice de Jack, son jeune compagnon, dans le premier tome, perd progressivement la raison.

Je peux désormais dire avec certitude que j'adore cette série. Elle n'a rien à envier à d'autres grandes sagas de science-fiction ou de fantasy (certes, je ne suis pas la mieux placée pour l'affirmer) et j'attends avec impatience que la suite sorte au format audio (l'interprétation de Jacques Frantz est impressionnante).

Terres Perdues est divisé en deux temps. Il faut d'abord compléter le ka-tet, ce qui nous conduit de nouveau à arpenter les rues de New York et retrouver une construction et un rythme semblables au tome précédent. Si le trio formé par Susannah, Eddie et Roland n'avance plus, le quatrième compagnon doit se démener pour suivre les traces qui le mèneront à son groupe.
Puis, après avoir recruté leur dernier membre et un bafou-baffouilleux, nos pistoléros semblent partis pour affronter les épreuves d'un monde qui n'est ni le nôtre ni celui de Roland. Un monde dont les habitants sont parfois bons, parfois clairement mauvais, souvent simplement attachés à leur survie, et qui, tous, sentent que la fin approche. Que s'est-il passé ? Comment les compagnons de Roland, issus d'un autre monde, savent-ils toujours ce qu'ils doivent faire ? Pourquoi des technologies avancées se trouvent-elles dans un monde du passé ? On nous parle d'une guerre, de territoires qui s'étendent indéfiniment, et toujours de la fameuse Tour, mais nous n'en saurons pas beaucoup plus pour le moment.

Plus que dans les tomes précédents, j'ai pu voir à quel point Stephen King est un conteur hors pair. Il parsème son récit de références à des livres (La Loterie de Shirley Jackson par exemple), ses descriptions sont détaillées et plongent le lecteur dans les décors que nos personnages traversent. J'ai lu que King était passionné par le thème de l'enfance, ce livre le confirme. Un album et un livre de devinettes sont la clé vers la sortie, avec bien entendu une adaptation personnelle de l'auteur.
Autre atout de cette série, ses personnages. Les principaux sont à la fois naïfs, vulgaires, violents et incroyablement touchants. Quant aux autres, qu'il s'agisse de vielles personnes tentant de survivre avec les moyens du bord ou des ados bien particuliers, ils ont en commun d'être impossible à oublier.

Un tome passionnant, qui m'oblige à vous recommander une nouvelle fois de tenter l'expérience.

L'avis de Thom, très semblable au mien en plus érudit.

Je remercie Angèle Boutin et Audible pour cette lecture.

Ecoutez lire. 21h30.
1991 pour l'édition originale.