17 septembre 2018

Charlie et la chocolaterie - Roald Dahl

charlieCharlie Bucket vit dans un tout petit logement avec ses parents et ses quatre grands-parents. Bien qu'il travaille dur, M. Bucket ne parvient pas à subvenir correctement aux besoins de sa famille. La seule entorse à la rigueur financière des Bucket est l'achat annuel d'une petite barre de chocolat pour l'anniversaire de Charlie. Ce chocolat n'est pas ordinaire puisqu'il vient de la fabrique de M. Willy Wonka, un créateur de génie qui vit cloîtré dans son usine pour échapper aux gens et à l'espionage industriel.
Un jour, alors que les Bucket doivent faire face à une nouvelle épreuve suite au licenciement du père de Charlie, Willy Wonka annonce qu'il a décidé d'ouvrir son usine aux cinq enfants qui trouveront un ticket d'or dans une barre de chocolat. 

J'ai découvert ce roman pour la première fois lorsque j'avais une dizaine d'années et j'avais été émerveillée. Ma relecture a été tout aussi délicieuse.
Les bruitages sont encore une fois excellents (le catalogue audio jeunesse de Gallimard est décidément irréprochable) et les comédiens font un travail remarquable. Je lirai sans nul doute d'autres titres de Roald Dahl dans ce format.
Le texte de Roald Dahl est également savoureux et intemporel. Nous plongeons avec délice dans la chocolaterie de Willy Wonka qui ressemble bien plus à un univers merveilleux qu'à une usine traditionnelle. 
L'histoire même de Charlie est un vrai conte. La pauvreté de sa famille est extrême. Malgré les sacrifices des adultes, le jeune garçon est maigre à force de manquer de nourriture. Heureusement, la famille reste unie et les relations entre Charlie et ses grands-parents sont très belles.
Je ne me souvenais pas que Willy Wonka était un homme aussi singulier, une sorte de génie à la fois hypersensible et complètement irresponsable. Moi qui aime les être inadaptés au monde, c'est sans doute le personnage qui m'a le plus touchée.

Bien qu'il soit souvent grave dans son propos, Charlie et la chocolaterie est un livre avant tout réjouissant. Roald Dahl est un maître de l'humour noir. Nous nous réjouissons de voir certains personnages caricaturés à l'extrême et les sales gosses pris dans des situations fort désagréables (d'autant qu'il ne leur arrive rien de vraiment fâcheux). L'adulte que je suis a forcément un peu froncé les sourcils en écoutant les remarques humiliantes sur le physique de certains enfant (j'ai le même problème avec la famille Dudley dans Harry Potter, série que je vénère pourtant) et les Oompas-Loompas sont un peu trop considérés comme des animaux à mon goût. Cela dit, remis dans son contexte, la magie opère, et il n'y a rien d'étonnant à ce que ce livre ait fait rêver des générations d'enfants.

Je remercie Angèle Boutin et Audible pour ce livre.

Ecoutez lire. 2h52.
1964 pour l'édition originale.

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16 octobre 2006

Mansfield Park ; Jane Austen

2264024704Mansfield Park est le roman préféré de beaucoup de janéites, à en croire ce que j'ai pu lire. Pour ma part, c'est celui qui m'a le moins plu.

Il raconte l'histoire de Fanny Price, recueillie et élevée dans une belle demeure anglaise, par son oncle et ses tantes. Mais ce n'est pas par amour filial que l'on reçoit cette petite fille sale et inculte, dont la mère a osé déshonorer la famille en faisant un mariage d'amour avec un homme de basse condition. Mrs Norris voit là un moyen de faire un acte de charité, d'une drôle façon d'ailleurs, puisqu'elle confie l'enfant à la charge de son beau-frère, Sir Thomas Bertram.

La petite fille grandit donc à Mansfield Park, entourée de ses quatre cousins, dont seul Edmund lui porte de la sympathie et de l'intérêt. Cette attitude lui vaudra d'abord de la reconnaissance et de l'affection, sentiments innocents et enfantins, puis de l'amour. Pourtant, lui continue à voir Fanny comme sa cousine, qu'il aime certes profondément, mais pas d'amour. Ainsi, lorsqu'un riche et élégant jeune homme viendra faire la cour à Fanny, il en sera ravi pour elle, et ne tardera pas lui même à tomber amoureux d'une belle jeune fille. Mais Jane Austen est un maître en l'art d'étudier les comportements humains, aussi pouvons nous nous douter que ce ne sera pas si simple.

Dans ce livre, Jane Austen nous présente une héroïne qui possède très peu de caractère, et dont le seul repère est son amour pour Edmund. Mais, un amour n'est pas toujours inébranlable, surtout lorsque le devoir et l'honneur se rappellent à la personne qui l'éprouve. Plus que les autres héroïnes pauvres de Jane Austen, Fanny est confronté à un choix difficile lorsqu'un homme qu'elle n'aime pas lui demande de l'épouser.
Mansfield Park est un vrai roman austenien, avec le sujet traditionnel du mariage d'une jeune fille de condition modeste. Les personnages ridicules sont également présents pour nous distraire, à l'image de Mrs Norris, qui martyrise la Cendrillon de Jane Austen.
Ce roman met aussi en scène des personnages vils prêts à se marier par intérêt tout en simulant des sentiments d'amitié et d'amour qu'ils n'éprouvent pas. Mary Crawford pourrait ainsi presque donner des leçons à une Isabella Thorpe.
Ce livre a aussi une particularité, celle d'avoir une fin dont nous ne sommes pas totalement sûrs jusqu'à la fin. Car nous sommes amenés à douter du fait que Jane Austen achève son roman de manière habituelle.

Malgré tout, j'admets que le suspens ne m'a pas vraiment tenue en haleine. Ce livre est trop long à mon goût. Emma excepté, je n'avais jamais vu passer les pages des autres romans d'Austen. Cette fois-ci, ma concentration a été mise à rude épreuve.