10 janvier 2009

Le portrait de Dorian Gray ; Oscar Wilde

98375630_L_1_Presses Pocket ; 283 pages.
Traduction de Michel Etienne.
V.O. : The Picture of Dorian Gray. 1891.

Oscar Wilde est un auteur dont j'aime tout, et dont la vie me fascine. Pourtant, je n'avais jamais lu son unique roman, dont tout le monde connaît la trame sans même l'avoir lu tellement il a marqué les esprits. En voyant la couverture, j'ai du mal à croire que c'est moi qui ai acheté ce livre. Je suis plus exigeante d'ordinaire, j'essaie quand même d'acquérir des livres dont l'aspect fait envie.

Basil Hallward est peintre à Londres, à la fin du XIXe siècle. Sa vie bascule lorsqu'il rencontre le jeune Dorian Gray, au visage d'ange et à l'âme encore pure. Son portrait est un chef d'oeuvre complet, mais il sera aussi le début de la fin pour nombre de protagonistes de l'histoire. Car le tableau est magique, il vieillit et encaisse les erreurs de l'homme qu'il représente à la place de ce dernier. Dorian est en effet un esprit naïf, ce qui est très dangereux lorsque l'on possède la jeunesse éternelle et que rien ne semble pouvoir nous détruire.

A l'exception de quelques passages que j'ai trouvés un peu laborieux (quelques descriptions sont franchement longues et ennuyeuses), cette lecture a dépassé mes espérances (pourtant élevées). Le portrait de Dorian Gray est un roman incroyablement fort, dont on ne ressort pas indemne. Je crois que j'avais rarement utilisé autant de post-it pour noter les passages marquants d'un roman.
Celui-ci est composé de plusieurs couches. La première donne une apparence de légèreté à l'histoire. Dorian et Lord Henry sont de véritables dandys qui ne se préoccupent que de clubs, opéras, apparences, femmes, et autres plaisirs en tous genres. Ce sont des hommes très jeunes, qui semblent très éloignés des ennuis en général, et qui ne veulent que jouir de la jeunesse.
La deuxième couche est beaucoup plus sombre, et l'on réalise vite que la légèreté apparente de ce roman n'a pour but que de faire mieux ressortir le drame qui se noue. Mon personnage préféré est sans aucun doute Lord Henry Wotton. Il est délicieusement ironique et détaché, ses conversations sont toujours extrêmement drôles, mais c'est bien lui qui, par son insouciance, fait basculer Dorian. Basil avait prévenu :

" He has a very bad influence over all his friends, with the single exception of myself. "

Du début à la fin, Henry demeure le même, et malgré sa vivacité d'espritoscar_wilde, on réalise qu'il n'est pas plus clairvoyant qu'un autre. Ses propos sur la fin de son mariage m'ont beaucoup émue, et montrent à mon avis bien davantage le personnage et ses blessures dans ces quelques phrases échappées avec un ton ironique, que le reste du livre. Ce personnage m'a vraiment intéressée, pour moi il contient à lui seul tout le livre.
Plus discret, parce que plus timide, mais tout aussi émouvant, Basil Hallward est également un personnage indispensable au livre. Il est l'auteur du fameux portrait, et son amitié pour Dorian Gray est touchante, mais comme beaucoup de passionnés, il entraîne sa propre destruction.
Quant à Dorian, son insouciance est aussi grande que celle de ses amis. D'un caractère naïf et innocent, il se transforme peu à peu en individu instable. Il est impossible de le détester tout à fait, car il est une victime lui aussi, d'une certaine manière. J'ignorais la fin exacte du roman, aussi ai-je été surprise. Je pense qu'il peut y avoir une double interprétation de ce que Dorian désirait faire. Je préfère pour ma part penser qu'une part de lui même savait ce qu'il allait provoquer.

Oscar et moi sommes donc plus copains que jamais ! J'espère que vous ne tarderez pas à vous plonger dans cette merveille (pour ceux qui ne l'ont pas déjà fait).

Les avis de Livrovore, Papillon, et de Nanne.


25 janvier 2007

Le prince heureux Le géant égoïste et autres contes ; Oscar Wilde

2070516296Édition Folio Junior ; 120 pages.
4,60 euros.

" Une petite hirondelle en route vers l'Egypte décide de passer la nuit à l'abri d'une statue dominant la ville.
Couverte de minces feuilles d'or, ses yeux faits de saphirs, un gros rubis ornant le pommeau de son épée, c'était la statue du Prince Heureux. Le ciel était plein d'étoiles brillantes. L'hirondelle allait s'endormir quand, soudain, une goutte d'eau glissa sur son aile : la statue pleurait ! Le Prince Heureux pleurait sur les misères de la ville... Le Prince Heureux, Le Rossignol et la Rose, Le Géant égoïste, L'Ami dévoué, La Fusée remarquable, cinq contes d'Oscar Wilde. "

Après Le fantôme de Canterville et L'anniversaire de l'infante, j'ai voulu continuer ma découverte d'Oscar Wilde avec ce livre, conseillé par Virginie. Je suis tombée sous le charme de ces cinq contes, qui traitent de l'amitié, de l'amour, de l'égoïsme, et du sacrifice. Chez Oscar Wilde, les histoires sont souvent fantaisistes, elles décrivent pourtant une réalité. Elles sont souvent cruelles, parce qu'il n'y a pas de prince ou de princesse, ou même une bonne fée qui arrive à temps pour sauver la bonne poire le gentil de l'histoire. C'est souvent rageant, ce n'est jamais très agréable de voir la bêtise humaine en face de soi.
Il y a quand même des contes touchants dans ce recueil, qui prouvent que certains savent reconnaître leurs erreurs et se repentir. Même si cela leur coûtera la vie.
Et puis, il y a l'humour, le cynisme de Oscar Wilde qui fait de certains contes des délices (je pense en particulier à La fusée remarquable).

A noter que malgré sa classification en "jeunesse", ce livre peut facilement heurter la sensibilité des touts petits.

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05 janvier 2007

L'anniversaire de l'infante suivi de L'Enfant de l'Etoile ; Oscar Wilde

2070522873Edition Folio Junior ; 76 pages.
2 euros.

" Pour les 12 ans de l'Infante d'Espagne, un somptueux divertissement a été organisé avant le goûter d'anniversaire. Corrida, marionnettes, prestidigitateur, tous les numéros sont réussis...mais celui qui remporte le plus grand succès est celui du nain monstrueusement disgracieux, qui fait beaucoup rire les enfants. La pauvre créature ne connaît pas sa laideur, et croit à la sincérité de la princesse qui lui offre une rose blanche. "

Le premier conte de ce livre est vraiment triste, et nous rappelle combien les enfants mais aussi les adultes peuvent être cruels. Le nain de cette histoire débute sa journée dans l'insouciance, ignorant pourquoi son père l'a vendu la veille, et inconscient de sa laideur. Ce petit garçon croit le temps d'un rêve que l'Infante lui lance une sublime rose blanche comme gage de son coeur. Mais ceci n'est que pure coquetterie. Et quand l'Infante apprend pourquoi le nain a le coeur brisé, elle n'éprouve aucune pitié, et son insouciance est d'une immense cruauté.
Oscar Wilde nous fait éprouver de la tendresse pour ce petit garçon, insulté par les fleurs pour qui seule l'apparence compte, notamment les roses qui n'hésiteront pas à user leurs épines contre lui s'il ose les approcher. Mais ces roses malveillantes, ces fleurs qui parlent dans le dos du nain, c'est parfois nous, lorsque nous nous laissons aller à nos préjugés et à notre méchanceté. Lui, le nain, il les aime ces fleurs, d'ailleurs il n'arrête pas d'embrasser la rose blanche que l'Infante lui a offerte. Même si elle refuse de lui parler. Il voudrait simplement qu'elles l'aiment aussi. Parce qu'il n'est qu'un petit garçon après tout.

L'Enfant de l'Etoile est beaucoup plus amusante. Un jour que deux bûcherons rentrent d'une journée de travail particulièrement rude, ils voient une étoile s'écraser un peu plus loin. Pensant trouver un trésor, ils accourent. A leur grande surprise, ils découvrent un bébé enveloppé dans un drap d'étoiles. L'un des deux refuse de le laisser dans la neige, et le ramène chez lui où il parvient à convaincre sa femme de l'élever malgré leur pauvreté. En grandissant, l'Enfant de l'Etoile devient particulièrement beau, mais aussi terriblement orgueilleux et cruel.
Un jour, une mendiante aux pieds meurtris et au ventre affamé s'arrête dans le village pour se reposer un peu. L'Enfant de l'Etoile s'apprête à lui jeter des pierres quand le bûcheron qui l'a recueilli intervient. La mendiante confie alors à ce dernier être la mère de cet être détestable. Lorsqu'il l'apprend, l'Enfant de l'Etoile se sent humilié, et la chasse. C'est alors qu'il se transforme en un être hideux que tout le monde méprise. Meurtri par les remords, il part à la recherche de sa mère, et subit trois ans durant les humiliations de ceux qui croisent son chemin, qui refusent de le renseigner et de l'aider.

Je sais, j'ai dit que c'était amusant. En fait, ça l'est. Parce qu'un jour, l'Enfant de l'Etoile rencontre un petit lièvre qui va changer sa vie. Et tout est bien qui finit bien ? Presque... Parce que ce cher Oscar Wilde n'a pu s'empêcher de faire une petite farce pour conclure son conte. Mais ce cynisme est tellement fin que je n'ai pas pu m'empêcher de trouver cela très drôle.

Ces deux contes reprennent des éléments du merveilleux, ce qui est extrêmement plaisant. Ceci ajouté à l'humour noir d'Oscar Wilde, qui n'a pas son pareil dans ce domaine. Pas aussi drôle et plaisant que Le fantôme de Canterville, mais vraiment sympa si vous voulez approfondir votre connaissance de cet auteur.

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20 décembre 2006

Le fantôme de Canterville ; Oscar Wilde

2290334022Librio ; 93 pages.
1887
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" Un ministre américain et sa famille achètent à Lord Canterville son château et tout ce qu'il contient... fantôme compris. Mais la famille Otis n'a vraiment pas peur des fantômes. Alors, lorsqu'un spectre qui a l'habitude de terroriser tout le monde se trouve confronté à deux jumeaux qui ne pensent qu'à lui jouer de mauvais tours, il est plus que déconcerté. "

Voilà un livre qui vous mettra du baume au coeur en cette période de fêtes. Certes, l'histoire n'a rien à voir avec Noël, mais elle est très agréable à lire, et si j'avais eu une cheminée, je me serais calée dans un fauteuil à côté pour lire.
Vous vous souvenez de Un chant de Noël de Charles Dickens ? Je suis sortie de ce livre tout aussi émerveillée. D'un côté, nous avons un fantôme qui hante son château, puni pour avoir assassiné son épouse trois siècles auparavant. Il a pris beaucoup de plaisir à faire mourir de frayeur ceux qu'il a rencontrés au cours de son errance.
Mais voilà que le dernier Lord Canterville décide de vendre sa demeure à un ministre américain, Mr Otis. Celui-ci vient avec son épouse, Mrs Otis, son fils aîné, Washington ( "prénommé ainsi par ses parents dans un instant de patriotisme qu'il n'avait jamais cessé de regretter" ), sa fille Virginia, et ses terribles jumeaux. Par avance, le fantôme de Canterville se réjouit à l'idée de jouer bien des tours à cette famille venue du Nouveau Monde.
C'était sans compter sur la personnalité américaine que nous dépeint avec beaucoup d'humour Oscar Wilde. Au lieu de s'émouvoir devant une tache de sang impossible à laver, Washington Otis s'attache à la nettoyer chaque jour avec le Super-Kinettoy et Extra-Détersif Pinkerton. Et quand il entend le bruit des chaînes que traîne le fantôme derrière lui, Mr Otis n'a pas les cheveux qui se dressent sur la tête. Non, il vient poliment lui demander de mettre du lubrifiant Soleil Levant Tammany dessus, pour que le bruit cesse...
En plus, notre pauvre fantôme n'est pas un fantôme comme les autres. Les jumeaux ne cessent de le maltraiter, il s'enrhume, doit garder le lit des jours durant. Et quand il croise un autre fantôme, il s'enfuit terrifié... pour s'apercevoir ensuite que ce n'est qu'un mauvais tour de plus de la part des enfants Otis. Parce que la Noblesse anglaise et ses fantômes, c'est dépassé...
Heureusement, la petite Virginia prendra la peine d'écouter le fantôme de Canterville, et essayera de lui faire retrouver la paix.

A noter que je vous ai indiqué l'édition Librio pour son prix très bas. Cependant, l'édition Hachette BiblioCollège est illustrée, pour seulement 1 euro de plus. C'est celle que je possède.2011682096

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