18 août 2013

Percy Jackson : Le voleur de foudre - Rick Riordan

percyPercy Jackson est un jeune garçon à problèmes. Dyslexique, pas très bon à l'école, peu populaire, il met un point d'honneur à se faire renvoyer suite à un événement étrange de chaque école qu'il fréquente. La seule personne qui lui est vraiment attachée est sa mère, qui lui a cependant donné le pire des beaux-pères, Gaby Pue-Grave. Alors qu'il a onze ans, il trouve une école dans laquelle il se fait un ami, Grover, et où le professeur de latin semble avoir foi en lui et insiste pour que Percy connaisse la mythologie grecque sur le bout des doigts.
Tout bascule lors d'une visite au musée, quand Mrs Dodds, la prof de maths, se transforme en une horrible créature et agresse Percy.

J'ai ouvert ce livre surtout par obligation et en craignant le pire. En fin de compte, je l'ai suffisamment apprécié pour avoir envie de lire la suite.
Comme j'ai quelques réserves, on va commencer par là. Déjà, le livre ne brille pas par son originalité. J'ai passé la première partie avec la désagréable sensation de lire un remake de Harry Potter à la sauce grecque. Comme Harry, Percy passe les onze premières années de sa vie à être mal dans sa peau et rejeté par beaucoup de monde. Tous deux provoquent des incidents qu'ils ne s'expliquent pas lorsqu'ils ne parviennent plus à contrôler leurs émotions. Enfin, les deux garçons rencontrent finalement une personne qui va les mener dans un lieu d'apprentissage (école et colonie de vacances) où ils découvrent ce qu'ils sont vraiment (sorcier et demi-dieu), et à partir duquel ils vont se lancer dans une enquête flanqués chacun de deux compagnons.
Le style de l'auteur n'est pas non plus remarquable par son excellence. Les traits d'humour sont souvent forcés et semblent déjà destinés à être reproduits dans le scénario d'un film. Etant bon public et adepte des blagues pourries, j'ai quand même souri, mais je n'aime pas vraiment lire des livres que j'aurais presque pu écrire moi-même (si j'avais de l'imagination pour ça bien entendu).
Dernier reproche, j'ai sauté au plafond lorsque l'on apprend que l'Olympe est aux Etats-Unis, parce que c'est là que se trouve le coeur de l'Occident, que la civilisation occidentale a sorti le monde d'une époque sombre, et qu'il faut tout faire pour ne pas qu'elle s'effondre car cela provoquerait un chaos indescriptible. C'est très lourd et j'ai beau être fascinée par les Etats-Unis, cet aspect patriotique que l'on trouve dans beaucoup d'oeuvres (qui ne font souvent pas partie des meilleures) m'a toujours agacée.
Malgré cela, j'ai fini par me laisser porter par cette histoire et par beaucoup l'apprécier. D'une part, j'ai toujours aimé les histoires en rapport avec la mythologie grecque. Les dieux, les héros, leurs histoires de coeur et de pouvoir m'ont souvent régalée quand j'étais plus jeune. Rick Riordan ne s'en tire pas trop mal lorsqu'il réécrit certains des mythes ou nous présente des personnages comme Méduse ou Cerbère. Ensuite, une fois la colonie derrière nous, le livre s'affranchit beaucoup des histoires qui l'ont inspiré, ce qui permet au lecteur de partir pour des aventures qui n'ont pas trop un goût de déjà-vu et qui sont très distrayantes. J'ai eu du mal à lâcher le livre sur la fin, et je me suis retenue pour ne pas commencer immédiatement le tome suivant une fois la dernière page tournée.

Je n'ai donc pas que des éloges à adresser à ce livre, mais il est très sympathique malgré tout.

Yue Yin et Karine aiment aussi Percy Jackson.

Le Livre de Poche. 472 pages.
Traduit par Mona de Pracontal.
2005 pour l'édition originale.

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16 septembre 2009

Malpertuis, histoire d'une maison fantastique ; Jean Ray

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Espace Nord ; 285 pages.
1943
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Malpertuis est un nom qui a longtemps été pour moi un simple titre sans attache. C'est chez Sentinelle que j'ai appris qu'il s'agissait d'une histoire fantastique, et le fait qu'elle l'ait fortement préféré à Les Envoûtés de Witold Gombrowicz (que j'ai adoré) m'a naturellement mis l'eau à la bouche.

L'histoire de Malpertuis, cette demeure inquiétante située dans une rue tranquille nous est contée par quatre narrateurs. Le premier est un voleur, qui a dérobé dans un établissement religieux les récits manuscrits de trois témoins des événements qui ont provoqué le drame de toute une famille.
Avant sa mort, le richissime oncle Cassave réunit les siens autour de lui, et leur annonce les conditions de sa succession. Tous devront s'installer à Malpertuis sans autorisation de quitter la demeure, et jouiront d'une somme d'argent importante pour leurs dépenses courantes. Les deux derniers à y demeurer, car l'Oncle Cassave compte bien sur quelques désertions et meurtres, devront s'unir, et recevront la totalité de l'héritage du viel homme.
L'homme meurt : " - Mon coeur dans Malpertuis... pierre dans les pierres...", laissant ses descendants se plier à ses dernières volontés.

J'avais de grandes attentes concernant ce roman lorsque je l'ai ouvert, et je n'ai pas du tout été déçue. Ce récit est tout bonnement incroyable, passionnant, et bien plus profond que ce à quoi je m'attendais.
L'ambiance créée par Ray est cauchemardesque. Malpertuis est une bâtisse effrayante de l'extérieur : "Sa façade est un masque grave, où l'on cherche en vain quelque sérénité, c'est un visage tordu de fièvre, d'angoisse et de colère, qui ne parvient pas à cacher ce qu'il y a d'abominable derrière lui. Les hommes qui s'endorment dans ses immenses chambres s'offrent au cauchemar, ceux qui y passent les jours doivent s'habituer à la compagnie d'ombres atroces de suppliciés, d'écorchés vivants, d'emmurés, que sais-je encore ?" A l'intérieur, c'est pire. Les bougies sont soufflées par des forces inconnues, des voix s'élèvent sans qu'aucune créature vivante ne soit présente dans la pièce, des meurtres effroyables sont commis sans que personne ne les mentionne à posteriori, comme si les victimes n'avaient jamais existé, et les habitants de Malpertuis ont tous des comportements inexplicables. C'est Jean-Jacques, l'un des neveux de l'oncle Cassave qui nous raconte la majeure partie des événements, mais l'incompréhension du lecteur est encore renforcée par le fait que d'autres voix, évoquant des faits parfois bien antérieurs au drame final de Malpertuis, s'élèvent.
Il est difficile de parler de ce roman, de vous faire comprendre à quel point il est bien mené, parce que dévoiler ses mystères serait criminel. Mais Malpertuis est bien plus qu'un roman d'épouvante. Jean Ray utilise les légendes et la mythologie pour sonder l'âme humaine et incarner ses idées dans ses personnages. Il embarque le lecteur bien plus loin que d'autres romans fantastiques, parce qu'il est mené par un auteur qui sait parfaitement où il veut en venir. Il faut juste accepter de cesser de se cramponner à une rampe rassurante, et se laisser guider.

C'est un coup de coeur.

"A plusieurs reprises, j'ai vu une jeune fille de grande beauté, assise immobile auprès de ce tombeau.
J'ai voulu lui adresser la parole, mais chaque fois que je me dirigeai vers elle, je la vis disparaître comme une fumée. J'ai pourtant pu voir qu'elle portait un bandeau noir sur les yeux et que sa chevelure, rouge comme du cuivre brûlant, était bien étrange."

Les avis de Laurence, A girl from Earth, La liseuse et Sophie (qui n'a pas du tout aimé)

Posté par lillounette à 00:10 - - Commentaires [27] - Permalien [#]
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