14 mai 2017

Le chemin du diable - Jean-Pierre Ohl

jpohlAngleterre, 1824. Alors que la construction du chemin de fer a commencé, supervisée par l'ingénieur George Stephenson, les ouvriers découvrent le cadavre d'une femme enfoui sous l'eau. Un poignard, encore enfoncé dans le corps de la victime, et les lambeaux de vêtements rafinés qui l'habillent font immédiatement penser qu'il pourrait s'agir de Lady Mathilde Beresford, l'épouse française du maître de Wooler Manor exilé depuis des années en Amérique du Sud.
Alors qu'Edward Bailey et son clerc Seamus Snegg débutent leur enquête, Leonard Vholes, avocat londonien des Beresford, se souvient de sa rencontre avec cette famille qui lui a apporté beaucoup de malheur.

Si je n'ai pas trouvé ce livre sans défaut, je ne me suis pas ennuyée une seconde en le lisant et je l'ai même trouvé bien trop court.
On retrouve bien dans ce livre l'amoureux des livres et surtout de l'Angleterre victorienne qu'est Jean-Pierre Ohl. Byron est abondamment cité, Jane Austen et Jane Eyre ne sont pas loin, de même que les romans  gothiques de Matthew G. Lewis et d'Ann Radcliffe. On retrouve tous ces auteurs dans les thèmes et l'ambiance du livre. Charles Dickens, qui occupe une place particulière dans l'univers de Jean-Pierre Ohl, est cette fois un personnage du roman.
Encore tout jeune garçon, le futur auteur est aussi bien croqué que les autres personnages centraux. J'espérais retrouver Crook, qui m'avait beaucoup marquée dans ses précédents romans, mais Ohl nous gâte avec le duo formé par Bailey et Snegg. De même, lorsqu'on suit Vholes dans ses souvenirs, les époux Beresford et la frêle Ophelia nous laissent entrevoir l'atmosphère tendue qui règne dans leur intimité, et l'exotique Newton nous donne l'impression d'être plongé dans un mystère de Wilkie Collins. Voir ces personnages évoluer à des époques et par des biais différents (témoignage, journal intime, enquête de Bailey) est d'autant plus intriguant qu'on ne comprend pas tout de suite qui est le personnage qui tire les ficelles.
Impossible de parler de ce livre sans évoquer son discours sur la condition ouvrière, les femmes et l'industrialisation dans l'Angleterre du XIXe siècle. J'ai lu ce roman en pleine période électorale, donc les réflexions de ces personnages de fiction sur le libéralisme d'Adam Smith, les luttes de classes ou encore la main d'oeuvre étrangère (même s'il s'agissait alors d'Irlandais) m'ont d'autant plus touchée.
En ce qui concerne l'enquête, je la trouve intéressante et j'aime découvrir la vérité par bribes, mais je trouve que les ficelles de certaines histoires périphériques (Byron, Sam Davies...) sont un peu grosses et les explications bancales. De même, l'attitude finale des Beresford me semble incohérente avec ce qu'ils ont montré durant tout le reste du roman.

Mais je chipote et il faut bien admettre que j'ai fini ce roman avec une furieuse envie de recroiser les personnages dans de futurs romans. Je pourrais bien relire Les Maîtres de Glenmarkie en attendant.

Gallimard. 367 pages.
2017.


24 mai 2009

Les maîtres de Glenmarkie ; Jean-Pierre Ohl

resize_4_Gallimard ; 360 pages.
2008.

Manu a été fabuleuse lors du Victorian Christmas Swap. Ce troisième livre, que je viens de refermer, m'a procuré un plaisir de lecture immense. Fashion, Cryssilda, Erzébeth, Karine, Isil, Pimpi, Cuné (pour Dickens) et tous les amoureux de littérature anglaise, vous devez ab-so-lu-ment lire ce roman ! (les autres aussi d'ailleurs)

Ce texte à deux voix commence dans les années 1950, en Ecosse, sur l'île d'Islay. Mary Guthrie s'apprête à partir à Edimbourg afin d'y effectuer des études de lettres. Elle est curieuse et impulsive. "Je raffolais des têtes de chapitres interminables à la Tom Jones, tous les Dans lequel..., Où il advient que... Ma propre vie, pensais-je, n'en était encore qu'à ces préambules, mais connaîtrait bientôt des développements insoupçonnés." Elle est troublée par Ebenezer Krook, le prêtre catholique de l'île, avec lequel elle connaît une aventure d'une nuit. Le lendemain, il fuit, mais Mary a découvert un moyen de continuer à le sentir près d'elle. Il a le sang des Lockhart, une famille écossaise restée fidèle aux Stuarts lors de la première révolution anglaise. Thomas Lochkart est son représentant le plus célèbre. Cet auteur farfelu a, selon la légende, amassé un trésor destiné à la lutte pour le rétablissement des Stuarts sur le trône d'Angleterre, avant de mourir de rire en 1660. Mary va donc entreprendre un mémoire de recherche sur ce personnage, ce qui va la mener à fréquenter la demeure des Lockhart, peuplée de personnages improbables, et de secrets aussi intrigants que dangereux.
En parallèle, Krook renonce à l'Eglise après sa nuit avec Mary, qui est suivie d'une bonne cuite en compagnie de Robin Dennison, un journaliste d'Edimbourg, et d'une bagarre avec son évêque. Il part donc en compagnie de Robin, qui lui trouve un emploi à la librairie Walpole, où l'on ne vend que des livres qui ont plus de cinquante ans, et qui possède des clients aussi loufoques qu'attachants. Krook ne se sépare jamais de Martin Eden, le roman de Jack London que son père, disparu pendant la guerre civile espagnole affectionnait, mais au départ il n'aime pas lire. Il va en découvrir peu à peu le plaisir, et remonter peu à peu la trace du passé de sa famille.

Les maîtres de Glenmarkie est l'un de ces livres qui nous font nous demander comment on a pu attendre aussi longtemps avant de les lire, et qui nous obligent à rogner sur nos heures de sommeil.
La première chose qui séduit est bien évidemment le cadre dans lequel se déroule le récit, les Hébrides intérieures, Edimbourg, le manoir des Lockhart. Le charme de ces lieux semble encore plus familier grâce aux multiples références qui parsèment l'histoire. Dickens est le premier que l'on repère, avec le personnage d'Ebenezer Krook. Stevenson également, est très présent, et je pense que je réaliserais à quel point lorsque j'aurais davantage découvert son oeuvre. Walter Scott, Jacques London, George Orwell, Shakespeare, mais aussi quelques auteurs français et américains sont encore convoqués.
Car ce livre est une véritable déclaration d'amour à la littérature, aux livres, au lecteur et à l'écrivain. Je me suis régalée en notant les références des romans dont il est question, en faisant la connaissance de la librairie Walpole (pour Horace ? ), en écoutant le libraire Walpole parler des livres qu'il vend et des lecteurs loufoques qui poussent la porte de sa merveilleuse boutique (Duff et ses petites-amies qui lui volent toujours sa collection complète de Shakespeare quand elles le quittent, Mitchell qui voudrait établir les règles de la librairie), ou en observant le rapport entre Krook et les livres évoluer. "La première fois que je suis venu, j'ai poussé la porte et j'ai dit : 'Vous avez le dernier... ? ' Mais il ne m'a pas laissé finir, il a dit simplement : ' Non. - Comment ça, non ? - Non, je n'ai pas le dernier roman de Mr. Encore-lui. Ni le quatorzième tome des mémoires de Mrs. Toujours-là... et pas davantage l'ultime opus des gentlemen Coucou-c'est-moi, Je-publie-impertubablement-un-livre-par-an, et Celui-là-est-encore-plus-mauvais-que-le-précédent...' Vous imaginez la tête que je faisais... 'Mais qu'est-ce que vous vendez alors ? - Seulement des livre parus depuis au moins cinquante ans. - Dommage pour James Joyce, Virginia Woolf et Malcolm Lowry... -Sans doute, mais c'est la règle. Cinquante ans, pas un de moins : c'est le no man's land qui nous sépare de l'ennemi... La digue qui nous sépare du flot malsain des livres de circonstance. Des livres superflus, vite écrits, vite lus, vite oubliés.' Il avait son petit air en coin, à la fois patelin et furibard. Puis il m'a tendu la main et offert un cigare ! Et vous savez le plus drôle ? Chez McAvoy ou chez Stone, j'achète les nouveautés en douce, comme si j'avais quelque chose à me reprocher ! "
A ces éléments, Jean-Pierre Ohl a associé une intrigue absolument passionnante, qui amène le lecteur à explorer dans une course folle les secrets d'une famille minée par les émotions trop fortes, par la folie et par la haine, en voyageant dans le temps et dans l'espace, depuis Cromwell jusqu'à la guerre civile espagnole. Le tout avec une bonne dose d'humour, des personnages irresistibles (la folie des Lockhart a eu un effet aphrodisiaque sur moi, je suis tombée amoureuse de Thomas, d'Alexander et de Krook, rien de moins !).

Je ne peux pas vous en dire plus, ce serait un crime de vous gâcher un peu du plaisir intense que l'on éprouve à la lecture de cet excellent livre. Pour ma part, je tente de ne pas me jeter tout de suite sur le premier livre de l'auteur, parce qu'après il n'y en a plus...

Merci encore Manu pour ce cadeau.

Lou, Cécile (Le grand nulle part), Cécile (Cécile's Blog), Ys, Sentinelle, Chiffonnette, Celsmoon et Choupynette ont été conquises elles aussi.
Brize a été déçue. 

20 décembre 2008

Victorian Christmas Swap...

Et ma swappeuse était... Manu !!!

Quand mon paquet est arrivé, j'avoue que j'étais encore tranquillement en train de dormir. Heureusement, je n'étais pas seule. J'ai d'abord entendu les grelots qui faisaient beaucoup de bruit, alors je suis descendue en trombe me jeter sur mon paquet.

J'ai tout juste eu le temps de me rappeler qu'il fallait que je prenne des photos. Le colis était éventré en moins de dix secondes.

Projet3

Manu n'aurait pas pu me faire un plus joli colis. Tout ce qu'elle a choisi m'a rendue à moitié dingue. Admirez un peu :

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Les livres d'abord : j'avais complètement succombé au billet de Lou sur Les maîtres de Glenmarkie, au point que j'ai failli l'acheter quelques jours avant d'avoir mon paquet. Le portrait de Madame Charbuque était encore une envie due à Lou. Quant à Conrad, il était sur ma liste d'auteurs à découvrir depuis quelques temps déjà. Excellente enquête de la part de Manu donc, j'en ai d'ailleurs déjà lu deux (le billet sur Typhon arrive d'ici dimanche soir je pense). 

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Ensuite, les douceurs : la fan de thé que j'ai fini par devenir a été comblée par ces deux boîtes que je n'ai jamais goûtées. J'ai aussi eu droit à des confiseries de Noël, qui ne raviront pas que moi d'ailleurs...

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Ce n'est pas fini, j'ai aussi eu droit à une superbe boîte de Noël, à des décorations de Noël ravissantes, à une bougie en forme de Père Noël, et à une boule pour le bain :

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Le tout accompagné d'une jolie carte de Noël ! C'est ce que j'appelle être pourrie gâtée. Encore mille merci pour tous ces cadeaux Manu !

Et merci à nos organisatrices, Lou et Cryssilda, qui nous ont vraiment gâtées avec ce swap.

Pour ma part, j'ai envoyé un colis chez Praline.

Posté par lillounette à 00:01 - Commentaires [25] - Permalien [#]
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